Après onze jours de compétition, le cinéaste sud-coréen Park Chan-wook, nommé président du jury du 79e Festival de Cannes, a annoncé ce samedi 23 mai avec les autres jurés, dont la star américaine Demi Moore, les films et artistes récompensés cette année. Parmi les lauréats, le Roumain Cristian Mungiu qui s’est vu décerner la Palme d’or pour «Fjord».
Lors de la conférence de presse qui s’est tenue à l’issue de la cérémonie de clôture, Park Chan-wook est revenu sur cette quinzaine et notamment ce prix tant convoité. «Pour être tout à fait honnête, je ne voulais donner la Palme d’or à aucun film», a-t-il lancé.
Après cette remarque, il a souhaité ajouter : «Pourquoi ? Parce que je ne l’ai jamais eue, moi. Mais bon, nous n’avions aucun autre choix !». Le vainqueur du prix de la mise en scène en 2022 pour «Decision to leave» a néanmoins tenu à préciser que le long-métrage «Fjord» «méritait définitivement la Palme d’or».
«C’est la dernière fois. James Gray est encore reparti les mains vides. On ne l’y reprendra plus. Avec Paper Tiger, il s’agissait de sa sixième tentative pour obtenir la récompense suprême. Comment s’est-il débrouillé ? Le jury a pourtant été d’une générosité inhabituelle. Il a distribué les médailles par poignées», écrit-il dans nos colonnes. Et de conclure : «Tous ces duos, tous ces doublés, cela manquait d’audace. Au casino, les jurés auraient joué à la couleur au lieu de miser sur un numéro plein. Comme la plupart des films, les discours étaient longuets. Il y avait une logique. Dans sa robe rouge, Tilda Swinton lança : « Vive la différence, vive le cinéma, vive la race humaine. L’éventail était un peu large. Elle compara le festival à un radeau. Effectivement, on en sort médusé».

La 79e édition, présidée par Park Chan-wook, a dévoilé ce soir son palmarès à l’issue d’une compétition très ouverte.
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Fjord du réalisateur roumain Cristian Mungiu repart ce soir avec la palme d’or. La deuxième de sa carrière après son sacre en 2007 pour Quatre mois, trois semaines et deux jours. Le jury présidé par Park Chan-wook a également sacré Minotaure du réalisateur russe Andreï Zviaguintsev, reparti avec le Grand prix, et L’Aventure rêvée de la cinéaste allemande Valeska Brisebach, qui s’est vu remettre le Prix du jury.

Certaines récompenses ont été décernées à plusieurs réalisateurs ou acteurs. Virginie Efira et Tao Okamoto ont reçu le Prix d’interprétation féminine pour leur performance complice dans Soudain. Le Prix d’interprétation masculine est, lui, revenu au duo Emmanuel Macchia et Valentin Campagne, vedettes du film Coward du réalisateur belge Lukas Dhont.
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Les temps forts de ce 79e palmarès en un clin d’oeil

La 79e édition s’est close samedi soir en sacrant le réalisateur roumain Cristian Mungiu pour son drame familial Fjord, après une soirée très politique. Rwanda, Liban, Vladimir Poutine interpellé, le chaos du monde n’a jamais quitté l’esprit des remettants et des lauréats. Le jury a souvent vu double dans ses récompenses, privilégiant le travail d’équipe et des binômes d’acteurs et de réalisateurs.
Un palmarès qui manque d’audace pour notre critique Eric Neuhoff
Absence de James Gray parmi les primés, bizarrerie, doublés... Les récompenses du 79e Festival de Cannes ont désorienté notre confrère Eric Neuhoff.
«C’est la dernière fois. James Gray est encore reparti les mains vides. On ne l’y reprendra plus. Avec Paper Tiger, il s’agissait de sa sixième tentative pour obtenir la récompense suprême. Comment s’est-il débrouillé ? Le jury a pourtant été d’une générosité inhabituelle. Il a distribué les médailles par poignées», écrit-il dans nos colonnes. Et de conclure : «Tous ces duos, tous ces doublés, cela manquait d’audace. Au casino, les jurés auraient joué à la couleur au lieu de miser sur un numéro plein. Comme la plupart des films, les discours étaient longuets. Il y avait une logique. Dans sa robe rouge, Tilda Swinton lança : « Vive la différence, vive le cinéma, vive la race humaine. L’éventail était un peu large. Elle compara le festival à un radeau. Effectivement, on en sort médusé».
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Une septième palme d’or d’affilée pour Neon
Le distributeur américain a le nez creux. Depuis 2019 et Parasite, il acquiert toujours pour le distribuer aux Etats-Unis le film lauréat de la palme d’or. Ayant mis la main sur Fjord, il poursuit son grand chelem.
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Fjord en pole position pour les Oscars
Les Oscars ont changé le règlement qui s’applique à la catégorie meilleur film international. Sont d’office éligibles à concourir et à être présélectionnés les films primés dans les grands festivals que sont Venise, Cannes, Berlin, Toronto, Sundance et Busan. Plus besoin pour les heureux élus d’être retenus par le comité de sélection de leur pays de production.
Fjord fait donc partie des premiers candidats en piste pour obtenir une nomination.
James Gray encore snobé
Le réalisateur américain, qui avait subjugué les critiques du Figaro avec son drame familial mafieux Paper Tiger, reste un éternel perdant. Il repart encore une fois bredouille de la Croisette.
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Et la palme d’or revient à Fjord, de Cristian Mungiu
Cristian Mungiu rentre dans le cercle très fermé des cinéastes deux fois palmés, qui compte neuf autres heureux élus. Notamment Coppola ou Ruben Ostlund. Le réalisateur roumain avait reçu sa première palme en 2007 pour Quatre mois, trois semaines et deux jours.
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«Je savoure l’instant présent. Laissez-moi cela», plaide le lauréat. «La première fois, c’est une surprise. Après il y a le plaisir. On se souvient toujours de sa deuxième fois. Cette soirée restera gravée dans ma mémoire. Ce prix me rend heureux mais il faudra attendre vingt ans pour savoir quels étaient les meilleurs films. L’état du monde n’est pas le meilleur. Je ne suis pas très fier de ce que je laisse à nos enfants. Le changement devrait commencer avec nous. Il faut parler des choses pertinentes et c’est à portée de main. Nous avons pris le risque d’élever la voix. Ce que je ressens ce sont la radicalisation et la fracturation de la société. Ce film est un engagement contre toute forme d’intégrisme, un plaidoyer pour l’empathie qu’il faut appliquer plus souvent».
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Fjord suit un couple roumano-norvégien très pieux, les Gheorghiu. Ils s’installent dans un village au bout d’un fjord où ils se lient rapidement d’amitié avec leurs voisins, les Halberg. Les enfants des deux familles deviennent proches, malgré des éducations différentes. Lorsque le corps enseignant découvre des ecchymoses sur le corps de l’aînée des enfants Gheorghiu et alerte les services sociaux. La communauté se demande si l’éducation traditionnelle qu’ils reçoivent de leurs parents pourrait en être la cause.
Le grand prix couronne Minotaure
C’est la médaille d’argent du palmarès. Et cette victoire laisse le chant libre à Fjord pour décrocher la palme d’or.
Andreï Zviaguintsev demande «un peu de temps pour s’en remettre». Son film, tourné en Lettonie, montre comment la guerre percute le quotidien de la bourgeoisie russe.
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Le cinéaste, qui vit en exil à Paris, alpague ensuite Vladimir Poutine : «des millions de gens de part et d’autre de la ligne de conflit espèrent la fin du carnage et le seul qui puisse le faire et arrêter cette boucherie est le président de Russie».
Le prix de la mise en scène ex-aequo à La Bola Negra et Fatherland
Le remettant Xavier Dolan se fait vigoureusement applaudir en citant le poète palestinien Mahmoud Darwich. Le prix de la mise en scène tombe dans l’escarcelle d’un nouveau tandem. Le trophée est remis ex-aequo au réalisateur polonais Pawel Pawlikowski pour son road-trip en noir et blanc Fatherland et au duo espagnol Los Jarvis, les maestros de La Bola Negra.

«Je me demandais si je rends hommage à ceux qui m’ont précédé et en réalisant ce film j’ai compris que la seule façon de rendre hommage à ces gens était de veiller à ce que la prochaine génération ait la même réflexion», ont souligné Javier Calvo et Javier Ambrossi, qui ont rendu hommage à leurs aînés, en lice à la palme d’or, Pedro Almodovar et Rodrigo Sorogoyen. Et de conclure : «C’est vraiment un rêve. Ce film est plein d’empathie et parle des autres comme des êtres humains. l’art nous permet de devenir des gens meilleurs. J’espère que l’art changera les gens qui regarderont ce film. Nous devons porter la souffrance en nous d’une génération à l’autre et s’employer à faire changer les choses».
Pawel Pawlikowski plaisante : «Quel désastre autant de réalisateurs et de personnes sur scène et moi je suis seul, sans mes acteurs... J’espère qu’ils regardent», lâche-t-il dans une pensée pour sa comédienne Sandra Hüller. «Nous vivons dans la politique. Le cinéma doit bien sûr refléter la politique, mais pas celle des activistes. Il faut du courage pour résister aux algorithmes, l’art doit aller au-delà des bulles informationelles et doit évoquer ce qui se passe ou ce qui va se passer. Nous vivons dans un monde effrayant où de plus en plus de gens sont persuadés d’avoir raison. Le cinéma doit résister à cette tendance manichéenne». Il avait reçu le même prix, il y a une décennie pour Ida.
Une pensée pour les «pires scénarios» que vit le Liban

Avant de remettre le prix du scénario, la réalisatrice Nadine Labaki (Capharnaüm) n’a pu « s’empêcher de penser au Liban ». Un pays « condamné à vivre les pires scénarios » depuis sa naissance. « Était-il sage de quitter notre pays qui traverse une guerre dévastatrice ? », s’est-elle demandée. À l’entendre, le pays du Cèdre ne tient que par son amour de « l’art » et de « la vie ».
Le prix du jury attribué à L’Aventure rêvée de Valeska Grisebach
Ce western frontalier au goût bulgare se voit récompensé du prix du jury, qui doit distinguer des œuvres particulièrement originales. La réalisatrice Valeska Grisebach explore ici une face cachée de l’Europe des confins à travers la quête d’une femme pour retrouver son ami d’enfance.
Le prix d’interprétation féminine est décerné à Virginie Efira et Tao Okamoto

C’est la soirée des victoires en double. Les deux comédiennes portent le film Soudain de Ryusuke Hamaguchi. Virginie Efira n’arrive pas à retenir ses larmes et a du mal à commencer son discours. «C’était une joie et un honneur à chaque instant. Cette aventure a été collective, une espérance de vie qui restera gravée à jamais. Notre réalisateur a eu le courage inouï de regarder la meilleure partie de nous qui existe au milieu de nos contradictions».
Le public applaudit énormément. «La seule raison pour laquelle je suis ici c’est grâce à notre réalisateur incroyable, son amour son soutien pour nous deux et toute l’équipe. Cela nous a donné le courage de poursuivre. Merci de nous avoir reconnues en tant que couple», souligne Tao Okamoto.
«Il y a Thelma et Louise, mais il y a peu de films où deux femmes portent le film», souligne Virginie Efira, qui campe une directrice d’Ehpad parisienne. Elle se lie d’amitié avec une metteuse en scène japonaise, atteinte d’un cancer.
Le prix du scénario revient à Emmanuel Marre pour Notre salut

Dans Notre salut, le réalisateur français Emmanuel Marre part sur les traces d’Henri Marre, un de ses aïeuls qui a tenté sa chance auprès du régime de Vichy. Audacieux, le film porté par Swann Arlaud reçoit le prix du scénario. Au micro, le cinéaste commence par rendre hommage aux techniciens - « ce sont eux avant tout qui font le cinéma » -, avant de durcir le ton : « On a essayé de comprendre le besoin de dominer, de se rassurer en excluant (...), de comprendre ces espèces de petits chefs qui, quand ils sont à la tête d’un état ou d’une entreprise, excluent, bombardent et génocident (sic). »
Le prix d’interprétation masculine revient aux acteurs de Coward Emmanuel Macchia et Valentin Campagne

Les jeunes comédiens du film historique Coward, de Lukas Dhont, qui plonge dans l’enfer de la Première Guerre mondiale, sont très émus et laissent échapper des cris de joie. Qui commence, se demandent-ils ? «Merci Lukas d’avoir changé notre vie. Coward rappelle l’importance de l’art, de danser et d’aimer. Au début Emmanuel et moi, on ne s’est pas compris puis on s’est compris. Oui il est possible d’être maladroit», débute Valentin Campagne. «Coward a été une expérience de vie pour nous», poursuit Emmanuel Macchia. «J’espère que ce film aidera les jeunes à s’aimer eux-mêmes et s’accepter comme ils sont car c’est la plus belle chose.»
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«Vous avez les plus belles mains du cinéma» : Isabelle Huppert déclare sa flamme à Barbra Streisand
Sa voix, mais aussi son son caractère et même ses « mains ». Pour Isabelle Huppert, Barbra Streisand possède les plus belles menottes de l’histoire du cinéma. La chanteuse américaine, qui n’a pas pu faire le déplacement à Cannes pour recevoir sa palme d’or d’honneur, a laissé la Française parler pour elle. Huppert célèbre en Streisand une femme « qui pense, qui désire, qui choisit ». Qui a osé choquer en occupant tous les postes de Yentl (1983). Qui a toujours exigé un contrôle artistique.

« Ma chère Barbara, je me souviens de vous dans chacun de vos films », jure l’actrice des Valseuses, dans ce qui ressemble à une déclaration d’amour. « Drôle, mélancolique, charmante », ajoute-t-elle, avant d’évoquer l’envers de l’icône : « Il y a toujours une femme seule derrière sa partition, son texte, son film. Une femme qui ne s’est jamais sentie tout à fait à l’aise avec la célébrité et ne croyait qu’en le travail ». Isabelle Huppert parlait-elle, aussi, un peu d’elle-même ?
La Caméra d’or à un film poignant sur le Rwanda

Marie-Clémentine Dusabejambo revisite l’histoire du génocide rwandais dans Ben’Imana, film poignant qui a exigé treize ans de travail à la réalisatrice pour récolter des témoignages et gagner la confiance de femmes qui ont vécu dans leur chair le drame de 1994. La Caméra d’or récompense le meilleur premier film du Festival, toutes catégories confondues. « Je voulais faire ce film pour rendre hommage aux femmes de mon pays, qui ont trouvé la faculté de pardonner et d’avancer même imparfaitement et même douloureusement », explique la lauréate.
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La palme d’or du court-métrage remise à un film argentin
Dans Aux adversaires, un garçon d’un quartier très populaire se confronte à son grand rêve : devenir champion de boxe. Le court-métrage a eu l’effet d’un uppercut sur le jury, qui remet la palme d’or de cette catégorie à son réalisateur de 36 ans, Federico Luis. « Nous savons que des choses cruelles se produisent en ce moment », a noté l’artiste, avant de multiplier les remerciements.
Eye Haïdara refait une entrée musicale dans un panache de fumée

«Onze jours que les salles vivent au rythme des projections, que les musiques s’installent pour ne plus nous quitter. Ce soir c’est la dernière nuit. Les films sont venus chargés du bruit du monde, des guerres, de l’intime, autant de manières de ne pas se taire. Chaque film laisse une trace, un cri, un écho qui existera longtemps au-delà des images», déclame la maîtresse de cérémonie Eye Haïdara qui fait son entrée en scène en fumée et en musique et ose une référence aux polémiques suscitée par la pétition anti-Bolloré. «Quels sont les dialogues, les visages qui nous feront relever la tête dans dix ou vingt ans et nous ramèneront sur la croisette ? Cette croisette où se sont conjugées deux passions françaises, celle pour le cinéma et les débats», a lancé la comédienne de Mata.
La cérémonie de clôture démarre
Le 79e Festival de Cannes se clôt dans le Grand Théâtre Lumière, au cours d’une cérémonie animée par l’actrice Eye Haïdara. Le magnifique Fatherland sera-t-il primé ? Javier Bardem va-t-il être couronné ? La compétition se révèle très ouverte cette année. Premières réponses dans quelques minutes.
Looks atypiques pour le jury sur le tapis rouge

Park Chan-wook guide son jury vers le tapis rouge. À ses côtés, Demi Moore lui vole la vedette avec une robe verte irlandaise enveloppée par une étole qui fait penser à une housse de couette (un peu trop) gonflée. Et qui semble l’encombrer. L’Ivoirien Isaach de Bankolé attire aussi l’œil des spectateurs et des photographes avec une tunique bariolée de carrés de toutes les couleurs.
L’arrivée de Zoé Saldana, une remettante cinq étoiles
Une actrice parmi les plus lucratives du septième art. Vedette des sagas Avatar, Les Gardiens de la galaxie et Pirates des Caraïbes, Zoé Saldana vient remettre un prix ce soir. L’Américaine est apparue devant les photographes dans une élégante robe noire et blanche.

L’équipe de Fjord fait crépiter les flashs et les suppositions

Le réalisateur Cristian Mungiu fait sensation en revenant flanqué de ses deux interprètes, Sebastian Stan et Renate Reinsve, deux acteurs ayant déjà fait sensation à Cannes.
Le retour en force de l’équipe présage-t-il un prix conséquent : la palme d’or ou le grand prix ?
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Double chance pour Virginie Efira d’obtenir un prix
La plus française des actrices belges pose devant les dizaines de photographes. L’ancienne animatrice télé peut prétendre à un prix d’interprétation pour ses rôles dans Soudain et Histoires parallèles, tous deux en compétition. Le Figaro, lui, a décerné à Virginie Efira le prix de la pire actrice de la compétition. Aïe.

Lukas Dhont et l’équipe de Coward
Le réalisateur belge foule le tapis rouge de la cérémonie de clôture, aux côtés des deux acteurs principaux de son film, Coward. Son histoire de jeunes soldats vivant leur amour pendant la Première Guerre mondiale a visiblement plu au jury.

Léna Situations encore là...
L’influenceuse Léna Mahfouf, habituée à faire des interviews sans trop d’intérêt sur les tapis rouges des cérémonies des César et des Oscars, est présente à Cannes pour la cérémonie de clôture du festival. Elle a foulé le tapis rouge seule, dans une robe dorée.

Notre salut de retour sur le tapis rouge : un film français devrait être primé
Swann Arlaud aura fait parler de lui pendant ce festival. En signant la tribune anti-Vincent Bolloré d’abord, mais surtout en portant Notre salut. L’audacieux film en compétition d’Emmanuel Marre qui revisite la période de la collaboration. L’acteur et le réalisateur grimpent les marches.
Et voici le réalisateur du film Soudain

Virginie Efira porte le (très) long-métrage Soudain, de Ryusuke Hamaguchi, qui imagine une directrice d’un établissement pour personnes âgées tenter de trouver une autre approche du soin. L’équipe fait son retour, ce qui promet un prix.
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L’équipe de Minotaure également rappelée

Prix du jury à Cannes 2017, le réalisateur russe Andreï Zviaguintsev revient avec un film inspiré de La Femme infidèle de Chabrol, transposé au début de l’invasion en Ukraine. Un choc qui va se concrétiser au palmarès probablement !
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Bonne nouvelle, l’équipe de Fatherland arrive sur le tapis rouge
Troisième équipe de retour ! La troupe de Fatherland du Polonais Pawel Pawlikowski monte les marches, ce qui promet un prix pour ce long-métrage centré sur le crépuscule de l’existence de l’écrivain Thomas Mann. Un grand film.
Les réalisateurs de La bola negra peuvent se réjouir

Leur film, une grande fresque queer sur trois décennies a fait l’effet d’un électrochoc. Ses réalisateurs Javier Calvo et Javier Ambrossi sont de retour sur les marches, accompagnés de leur actrice Penélope Cruz qui tient un petit rôle clef. Leur présence suggère que le jury n’a pas été non plus insensible au grand souffle de leur récit.
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Isabelle Huppert, comme chez elle sur le tapis rouge

Ici, elle a déjà reçu deux prix d’interprétation. La mission de l’actrice de 73 ans, ce soir, est de se mettre dans la peau de Barbra Streisand. La grande chanteuse américaine doit recevoir une palme d’or d’honneur, mais elle ne pourra faire le déplacement en raison d’un problème de santé. À Cannes pour défendre le dernier film d’Asghar Farhadi, Histoires parallèles, Huppert prononcera quelques mots à sa place. Un rôle de composition...
Moulin, Notre salut… À Cannes, l’irrésistible appel de la Seconde Guerre mondiale
Elle ne fait pas ses 80 ans. La Seconde Guerre mondiale revient avec des blindés brillants de soleil, des petits soldats et des grands hommes. La bataille de Gaulle a été projeté en avant-première pendant le Festival. Notre salut, sur un homme qui se perd dans la machine vichyste, lui a emboîté le pas (de l’oie) et pourrait obtenir une récompense ce soir. Tout comme Moulin, biopic du héros de la résistance. En tout, quatre films sur la période ont été projetés durant la quinzaine. Ils sondent le cœur des héros comme des collabos.

Un mannequin et l’éternel Costa-Gavras sur le tapis rouge
Cannes est une entourloupe. Le Festival se fait « glamour », entre soirées sur la plage et showcases privés, pour inviter le monde entier à parler de cinéma. Sur le tapis rouge, le mannequin Stella Maxwell ouvre le bal ce soir, alors que le public rentre patiemment dans le Grand Théâtre Lumière pour assister à la cérémonie de clôture. L’insubmersible réalisateur Costa-Gavras, 93 ans, apparaît non loin de l’acteur Raphaël Personnaz.


L’équipe de L’Aventure rêvée sur le tapis rouge
Le western frontalier au goût bulgare a été projeté hier, vendredi. Sa réalisatrice Valeska Grisebach remonte les marches. De quoi accréditer les rumeurs qui annoncent son film au palmarès.

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Neon gagnera-t-il sa septième palme d’or d’affilée ?
Depuis Parasite en 2019, le distributeur américain a acquis le film qui a décroché la palme d’or en récupérant les droits d’Anora, Juste un accident ou Anatomie d’une chute. Est-ce que 2026 mettra fin à cette hégémonie ? Le distributeur a misé, cette année, sur Paper Tiger, Fjord, L’Inconnue, Soudain, Hope et Sheep In The Box. Mais c’est Netflix qui a décroché La Bola Negra et Mubi qui a raflé l’autre grand favori de cette édition Minotaure.
Netflix prêt à débourser 4 à 5 millions de dollars pour La bola negra

Un prix de la mise en scène ? Ou du scénario ? La bola negra, fresque espagnole à la fois queer et historique, pourrait repartir récompensé si le jury a été aussi séduit que la critique et les distributeurs. Deadline relate que Netflix est prêt à débourser 4 à 5 millions de dollars pour s’offrir son exploitation aux États-Unis. Y compris en salle pendant un certain laps de temps. La plateforme, qui estime son sujet prometteur, aurait aussi des vues sur Gentle Monster. Autre film en compétition porté par Léa Seydoux.
La pétition anti-Bolloré, palme de la polémique
Elle a fait couler plus d’encre, certains jours, que les films projetés. À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, 600 professionnels du septième art, dont Juliette Binoche et Swann Arlaud, ont dénoncé dans Libération « une prise de contrôle fasciste sur l’imaginaire collectif » après l’acquisition d’une partie du capital du réseau UGC par le milliardaire français.
La tension est montée d’un cran après l’annonce du patron de Canal+, dimanche, de boycotter les signataires. La ministre de la culture Catherine Pégard a tenté de calmer le jeu : « Au milieu des inquiétudes et des critiques des professionnels, inquiétudes légitimes, je voudrais que la raison et le dialogue puissent l’emporter sur les menaces », a-t-elle insisté.
Mais la pétition continue d’engranger les soutiens. D’après le collectif Zapper Bolloré, 3 460 professionnels du secteur ont désormais signé cette tribune, dont des stars étrangères telles que Javier Bardem, Mark Ruffalo, les réalisateurs Aki Kaurismäki, Yorgos Lanthimos et Walter Salles. La polémique s’internationalise.
Samedi matin, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et la CGT Spectacle ont annoncé engager une action en justice contre Canal +, dénonçant une discrimination envers les signataires de la tribune. La CGT a indiqué ne prévoir aucune action durant la cérémonie, mais elle « encourage les artistes à prendre la parole » sur le sujet.
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Fjord, déjà multi-primé
Quel que soit le verdict du palmarès du jury de Park Chan-wook, Fjord de Cristian Mungiu ne repartira pas les mains vides. Le drame tourné en Norvège, qui réunit deux visages révélés par le Festival de Cannes, Renate Reinsve (prix d’interprétation en 2021 pour Julie en 12 chapitres) et Sebastian Stan (The Apprentice), a remporté plusieurs trophées indépendants : le prix François Chalais qui honore une œuvre vouée aux valeurs du journalisme., le prix de la Citoyenneté, le prix du jury œcuménique et celui de la fédération des critiques internationaux FIPRESCI.

Le film suit un couple roumano-norvégien très pieux, les Gheorghiu. Ils s’installent dans un village au bout d’un fjord où ils se lient rapidement d’amitié avec leurs voisins, les Halberg. Les enfants des deux familles deviennent proches, malgré des éducations différentes. Lorsque le corps enseignant découvre des ecchymoses sur le corps de l’aînée des enfants Gheorghiu, la communauté se demande si l’éducation traditionnelle qu’ils reçoivent de leurs parents pourrait en être la cause.
Le carnet de notes du Figaro au 79e Festival de Cannes
Après « BB », Alain Delon honoré à Cannes
Les festivaliers se souviennent du Samouraï, canne à la main mais éternel regard d’acier, grimpant les marches du Palais en 2019 pour y recevoir une palme d’or d’honneur. Un peu moins de deux ans après sa disparition, et après une plage renommée en l’honneur de Brigitte Bardot, Cannes baptise en marge du Festival une place du nom de Delon. La petite-fille du comédien et fille d’Anthony Delon, Liv, a fait le déplacement.
Le Figaro décerne sa palme d’or... et sa palme de plomb

Nos cinq critiques se sont mis dans la peau des jurés de Park Chan-wook et livrent un palmarès sans langue de bois. Ils remettent leur palme d’or à Paper Tiger de James Gray, «l’un de ses meilleurs films». «Le réalisateur américain retrouve la veine de Little Odessa et de La nuit nous appartient. Une paisible famille de la classe moyenne implose sous la menace de la mafia russe. Une véritable tragédie grecque à Brighton Beach. Il y a aussi du Shakespeare dans cette descente aux enfers qui résonnera longtemps dans l’esprit du spectateur. Et c’est ainsi que James Gray est grand».
En revanche palme de plomb pour Pédro Almodovar et son Autofiction, qui aligne tous les clichés sur les mystères de la création.
Isabelle Huppert choisie pour rendre hommage à Barbra Streisand

Une palme d’or d’honneur sera attribuée à Barbra Streisand qui, en raison d’une blessure au genou, ne pourra pas être présente à Cannes. À la demande de Barbra Streisand, Isabelle Huppert procédera à la remise de cette palme d’or d’honneur et prononcera quelques mots pour saluer sa carrière.
Film onirique sur le deuil, Everytime remporte le prix Un certain regard
Everytime, troisième long-métrage de la réalisatrice autrichienne Sandra Wollner sur le deuil d’une famille confrontée à la mort de la fille aînée, a remporté vendredi le prix Un certain regard à Cannes.
Cette catégorie est la principale section parallèle du festival, dédiée aux découvertes. Le film raconte l’histoire d’une mère élevant seule ses deux filles à Berlin, jusqu’au jour où l’aînée est victime d’un accident alors qu’elle est avec son petit ami. Le récit se concentre sur le deuil et le sentiment de culpabilité. Les trois décident de partir en vacances aux Canaries, voyage qui bascule alors dans l’étrange et le fantastique.
Le prix du jury, présidé par l’actrice française Leïla Bekhti, est allé au film népalais Les éléphants dans la brume, qui aborde la question des femmes trans au Népal et également le sort des éléphants sauvages.
Xavier Dolan, Pierfrancesco Favino, Zoe Saldaña... Les remettants de cette cérémonie de clôture

Les prix seront remis par Geena Davis, Xavier Dolan, Pierfrancesco Favino, Gael García Bernal, Nadine Labaki et Zoe Saldaña, de retour sur scène deux ans après le triomphe d’Emilia Pérez de Jacques Audiard. La palme d’or du 79e Festival de Cannes, qui viendra couronner le palmarès, sera remise par la comédienne écossaise Tilda Swinton.
La soirée se déroulera également en présence de Carla Simón, présidente du jury des courts-métrages, et de Monia Chokri, présidente du jury de la Caméra d’or, qui récompenseront un premier film présenté dans l’une des sélections cannoises. Elles seront entourées de leurs jurés.
Premières rumeurs cannoises sur les équipes de films rappelées
Selon le critique du New York Times auraient été rappelées sur la Croisette les équipes de Minotaure, Soudain, Fjord, Fatherland, Notre salut, Coward, La bola negra, L’Aventure rêvée et pour la Caméra d’or La Gradiva.
Cela augure d’une mention spéciale ou d’un ex aequo.
La Semaine de la critique a déjà remis son Grand prix
À Cannes, il existe une sélection officielle (compétition officielle, Un certain regard, Cannes première, Hors compétition, Séances spéciales) mais aussi des sections parallèles. Parmi elles, la Semaine de la critique a déjà décerné son Grand prix à La Gradiva, de la réalisatrice française Marine Atlan. Les représentants de la presse internationale, qui devaient se pencher sur des premier et second longs-métrages, ont été séduits par cette odyssée de lycéens en vadrouille à Pompéi. Tout comme Le Figaro.

Sandra Hüller et Swann Arlaud, futurs prix d’interprétation ?

Cela se bouscule chez les femmes. Comment départager Sandra Hüller, fille dévouée de Thomas Mann dans le road-trip crépusculaire Fatherland, Virginie Efira en directrice d’Ehpad parisien de Soudain et sa partenaire Tao Okamoto, Léa Seydoux, Adèle Exarchopoulos ? Le juré Stellan Skarsgard confiait, dès la première semaine, que cette catégorie était extrêmement compétitive.
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Chez les hommes, Javier Bardem, père et réalisateur toxique dans L’être aimé, a longtemps fait cavalier seul avant d’être rattrapé par Sebastian Stan (Fjord) et Rami Malek (The Man I Love). Porté par l’aura d’Anatomie d’une chute et de Notre salut, Swann Arlaud a peut-être ses chances également.
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Un cru jugé trop mou, mais pléthore de favoris
« Cannes, c’était mieux avant », « Comment faire mieux que 2023 avec Anatomie d’une chute et La Zone d’intérêt ? », « Une édition 2026 sans relief »... La 79e édition du Festival de Cannes, qui s’achève ce samedi 24 mai, n’aura pas eu bonne presse, et laisse un goût fade en bouche. La faute à une première semaine de compétition trop inégale même si les coups de cœur ont fini par apparaître.

Six films pour le moment se détachent des grilles de notation critique avec des scores proches ou supérieurs à 3 sur 5 et semblent bien placés pour viser la palme, le Grand prix, le Prix du jury. Dans le trio de tête se trouve Soudain, du Japonais Ryusuke Hamaguchi, qui a endormi Le Figaro, mais ravi et ému une bonne partie de la presse internationale. Minotaure, la charge anti-Poutine, le coiffe d’une tête. En haut du podium trône Fatherland, road-trip en noir et blanc dans les ruines de l’Allemagne nazie du romancier Thomas Mann et sa fille, campé par Sandra Hüller.
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Mentions honorables (au-dessus de 2,5) pour Paper Tiger, de James Gray, jamais prophète chez ses compatriotes américains, Fjord, Hope, Notre salut (palme d’or de nombre de journalistes tricolores), La bola negra. Ils plaisent autant qu’ils clivent mais ne voleraient pas un prix de la mise en scène ou du scénario.
Palm Dog 2026 : Yuri, du refuge à la Croisette
Avant la palme d’or vient la Palm Dog. Depuis vingt-cinq ans, le Festival de Cannes accueille dans sa section « off » une cérémonie dédiée aux acteurs-canins. Une initiative du journaliste britannique Toby Rose, qui a détaillé les coulisses de l’événement dans un entretien au Figaro cette semaine. Vendredi après-midi, un jury composé de six journalistes spécialistes du septième art a récompensé l’attachante Yuri, boule de poils vedette du film La Chienne de la réalisatrice chilienne Dominga Sotomayor, attendu dans les salles obscures au printemps 2027. Trouvée dans un refuge avant le tournage, l’animal a été adopté par une famille dans laquelle il se sent « heureux ».

Teenage Sex and Death at Camp Miasma remporte la Queer Palm
Teenage Sex and Death at Camp Miasma, film sur l’identité trans, réalisé par Jane Schoenbrun, a remporté vendredi soir la Queer Palm, un prix alternatif distinguant les films abordant les questions LGBT+. Le long-métrage sacré reprend les codes du slasher, un sous-genre de l’horreur.
Ce troisième film du réalisateur américain, qui se revendique non-binaire, a fait l’ouverture d’Un certain regard, une section officielle du festival de Cannes mettant en avant les talents de demain. Il raconte l’histoire d’une metteuse en scène qui souhaite relancer une vieille franchise de cinéma d’horreur tombée en désuétude, Camp Miasma, à la Scream ou Vendredi 13.
Lorsqu’elle rencontre l’héroïne du tout premier opus de la saga - jouée par Gillian Anderson présente lors de la remise du prix - qui vit recluse dans le décor du film de l’époque, un trouble s’empare d’elle. Ce long-métrage visuellement ambitieux et totalement délirant par moments questionne la difficulté de porter des récits pour les personnes trans, parle de sexe et parodie les codes des films d’horreur des années 1980 et 1990 à coups de grandes giclées de sang.
La coprésidente du jury Anna Mouglalis a salué « un film qui ne se prend jamais au sérieux, alors qu’il est brillant, drôle. Il est extrêmement puissant sur sa façon d’accueillir la culture, l’espèce de propagande capitaliste qui a complètement formé nos imaginaires à travers un cinéma de divertissement ».
Créé cette année, le prix «Découverte» de la Queer Palm est décerné à Du Fioul dans les artères de Pierre Le Gall qui suit une histoire d’amour passionnée entre deux routiers.
Pegah Ahangarani lauréate de L’Œil d’or
Comme pour la Palm Dog et la semaine de la critique, l’Œil d’or est décerné la veille de la dernière journée du Festival de Cannes. Vendredi après-midi, le prix récompensant depuis onze éditions le meilleur documentaire de la Quinzaine a été remis à la réalisatrice Pegah Ahangarani pour Viendra la révolution. Un film de 1 h 35 « plongeant le spectateur dans la complexe réalité de l’histoire contemporaine de l’Iran à travers un subtil tissage de cinéma personnel, poétique et historique », a écrit dans un communiqué le jury présidé par Mstyslav Chernov et composé de Tabitha Jackson, Géraldine Pailhas, Lina Soualem et Victor Castanet.

« Le jury a été frappé par l’excellence de la narration, par l’urgence et la vivacité du récit, et par la proposition artistique d’une cinéaste qui nous fait naviguer dans les turbulences de l’histoire en ne perdant jamais de vue la valeur de chaque vie humaine », a-t-il complété. Une mention spéciale a également été décernée à Tin Castle d’Alexander Murphy. Un drame présenté dans la section La Semaine de la critique.
L’année dernière, la palme revenait à Jafar Panahi
En 2025, le jury présidé par Juliette Binoche avait choisi de récompenser le dissident iranien Jafar Panahi pour sa fable Un simple accident, tournée dans la clandestinité. Elle interrogeait le dilemme moral d’Iraniens tentés de se venger de leurs tortionnaires.
Le grand prix était allé à Valeur sentimentale, celui du jury à Sirat et Sound of Falling, ex æquo. La caméra d’or, qui récompense un meilleur premier film, toutes catégories confondues, a salué le très prometteur Gâteau du président et a remis un prix spécial à Un jour avec mon père.

Dans les secrets de la délibération du jury

Quel est le rituel de ce moment clef du festival ? Les neuf membres du jury se réunissent en conclave dans un lieu tenu secret. Lors des éditions précédentes, une ville sur les hauteurs de Cannes. Les téléphones sont confisqués. Le jour J, «chacun a le même temps de parole pour exprimer son point de vue et évidemment, à la fin, chacun dit ce qu’il pense» et «il y a des aménagements, des arrangements: pour que celui-là passe, ok pour celui-ci... De toute façon, ce n’est pas une science exacte», se souvient un membre d’un jury, qui souhaite rester anonyme. «Il y a des moments qui étaient passionnés, mais pas acharnés dans mon cas», ajoute-t-il. Le président du jury, le cinéaste coréen Park Chan-wook a déjà été membre du jury à Cannes, en 2017. «Il était super. Sensible, sensé, pas du tout dans l’énervement», selon une personne qui l’a alors côtoyé.
Le jury doit obligatoirement attribuer sept prix: la palme d’or, le grand prix, les prix de la mise en scène, du jury, du scénario et les prix d’interprétation féminine et masculine. Le palmarès ne peut comporter qu’un seul prix ex æquo et cette disposition ne peut s’appliquer à la palme d’or. Un même film ne peut recevoir qu’un seul des prix du palmarès, sauf dérogation. L’urne est un seau à champagne.
Les dix dernières palmes d’or décernées à Cannes
2025 : Un simple accident – Jafar Panahi (Iran)
2024 : Anora – Sean Baker (États-Unis)
2023 : Anatomie d’une chute – Justine Triet (France)
2022 : Sans filtre – Ruben Östlund (Suède)
2021 : Titane – Julia Ducournau (France)
2019 : Parasite – Bong Joon-ho (Corée du Sud)
2018 : Une affaire de famille – Hirokazu Kore-eda (Japon)
2017 : The Square – Ruben Östlund (Suède)
2016 : Moi, Daniel Blake – Ken Loach (Royaume-Uni)
2015 : Dheepan – Jacques Audiard (France)
Brigitte Bardot, entre coquillages et crustacés
Bientôt cinq mois sans BB. Le 28 décembre dernier, une icône du cinéma nous a quittés, laissant derrière elle un souvenir indélébile, sur la pellicule et dans le cœur des Français. À 91 ans, l’actrice s’est éteinte chez elle, à Saint-Tropez, dans son domicile de La Madrague. Pour honorer sa mémoire, la ville voisine de Cannes a choisi de renommer une des plages publiques à son nom.
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Le baptême a été officialisé le lundi 18 mai en plein Festival de Cannes, au cours d’une cérémonie à laquelle ont assisté le maire David Lisnard, la présidente du festival, Iris Knobloch, le délégué général du festival, Thierry Frémaux, et Bernard d’Ormale, veuf de Brigitte Bardot et président de sa fondation. Clin d’œil à sa lutte pour la cause animale, la ville réserve une portion de la plage aux chiens, à certaines heures, hors période estivale. Y verra-t-on Yuri, la Palm Dog 2026 ?

À part la palme, quels sont les autres prix ?
Les membres du jury, réunis le dernier jour dans à une adresse tenue secrète et privés de leur téléphone portable, procèdent à un vote. Le grand prix vaut comme une médaille d’argent. Le prix du jury, même si cette spécificité n’est pas toujours respectée, doit récompenser une œuvre particulièrement originale. Les prix du scénario, de la mise en scène, d’interprétation masculine et d’interprétation féminine, parlent d’eux-mêmes. À noter qu’un film ne peut recevoir qu’une seule récompense, sauf les prix du jury et du scénario qui peuvent s’adjoindre un prix d’interprétation.
Petite histoire de la palme d’or
Si le festival a été créé en 1939, l’histoire de la palme d’or débute en 1954, soit 72 ans avant la 79e édition qui sera clôturée ce soir. L’idée vient de Robert Favre Le Bret, délégué général du festival entre 1952 et 1972. Il s’inspire alors des armoiries de la ville de Cannes : un blason bleu sur lequel figurent une palme d’argent posée en barre et deux fleurs de lys dorées. Comme un symbole, le cinéphile propose d’en utiliser la palme. L’idée fait consensus.

Le premier récipiendaire de ce trophée se nomme Delbert Mann. Il l’obtient en 1955 pour son film Marty. La palme d’or, c’est aussi une histoire de style. Ce qui fait son prestige, c’est son apparence. Un design plein d’élégance, de brillance et de sobriété. La tige de 18 centimètres et les 19 folioles sont faites d’un or 18 carats. Son socle est scié, taillé et poli dans un cristal de roche de 3 kg. Au cours de son histoire, la palme d’or a été décernée à plus de 70 films et réalisateurs.
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Bienvenue dans ce Live
C’est bientôt la fin! La cérémonie de clôture, animée par Eye Haïdara, débutera à 20h15 en direct sur France 2. Qui pour succéder à Un simple accident de Jafar Panahi, palme d’or 2025 ?
Sur la Croisette, les rumeurs vont bon train. On annonce comme favoris Cristian Mungiu, James Gray, Pawel Pawlikowski, Andreï Zviaguintsev, le duo de réalisateurs espagnols Javier Ambrossi et Javier Calvo. Mais le jury présidé par Park Chan-wook peut nous réserver plusieurs surprises. Nos tricolores, Emmanuel Marre, Charline Bourgeois-Tacquet, Arthur Harari, Jeanne Herry, Léa Mysius ont-ils une chance d’inscrire leur nom au palmarès ? Les paris sont lancés.
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