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Le trésor maudit du Central America refait surface

CORRESPONDANCE AUX ÉTATS-UNIS, STÉPHANE CUGNIER
Fin février, le Convention Center de Long Beach (Californie) dévoilera l’or retrouvé il y a plus de 30 ans dans l’épave d’un navire ayant sombré en 1857. Un trésor ayant fait tourner bien des têtes…
Il s’agit de l’une des expositions les plus attendues de ce début d’année aux États-Unis. Trois décennies après avoir été tiré des flots de l’océan Atlantique, à quelques milles nautiques du Triangle des Bermudes, le fabuleux trésor du SS Central America sera enfin présenté au public du 22 au 24 février, près de Los Angeles.
45 lingots, 3 100 pièces d’or et plus de 36 kg de poudre d’or, pour une valeur estimée à plus de 500 millions de dollars, s’offriront ainsi au regard des curieux et dévoileront, en creux, une aventure des plus rocambolesques.

Une partie du trésor du SS Central America sera présentée à Long Beach fin février.

Pour comprendre, l’importance de ce trésor, il faut remonter à l’année 1857. Au mois de septembre, le bateau à vapeur SS Central America quitte le port de Colon (Panama) pour rejoindre New York. À son bord se trouvent 477 passagers, mais surtout près de dix tonnes d’or récoltées durant la ruée vers l’or en Californie et en Amérique centrale. Après une première partie de voyage sans encombre et une escale à La Havane, le navire de 85 m se trouve bientôt pris dans un violent ouragan au large de la Caroline du Sud.
Une malédiction ?
Mal conçu pour résister aux tempêtes, trop chargé en passagers et marchandises, et déséquilibré par la roue à eau placée sur l’un de ses flancs, le SS Central America sombre le 11 septembre. 425 personnes trouvent la mort et l’or est englouti par l’océan. Dès l’annonce du naufrage, les rumeurs les plus folles circulent, évoquant une malédiction liée à cet or en grande partie pillé sur les terres et possessions des populations indigènes. D’autres parlent d’une mutinerie qui aurait éclaté à bord du bateau, chacun ayant voulu s’attribuer une part de ce « trésor qui rend fou ».

Plusieurs lingots retrouvés sous les flots seront exposés, avant d’être mis en vente.

La disparition de cette cargaison d’or impacte vite l’économie de la jeune république américaine, et participe à la panique financière de 1857. Quant au coût humain, il s’agit à l’époque de la plus grande catastrophe jamais connue. Mais en dépit de la tragédie, la fascination de l’or reprend vite le dessus.
Durant plus d’un siècle, des dizaines d’expédition seront lancées par la marine américaine, des entreprises privées ou des pêcheurs locaux, sans le moindre succès et parfois avec d’autres drames à la clé. Un bateau disparaît ainsi lors de recherches, tandis que deux scaphandriers perdent la vie. Il n’en faut pas plus pour renforcer l’idée d’une malédiction.
Toutefois, au milieu des années 1980, Tommy Thompson, un ingénieur maritime, parvient à convaincre 161 investisseurs privés de financer une nouvelle opération, à hauteur de 13 millions de dollars. Le chef de l’expédition recrute alors une équipe d’experts scientifiques et de plongeurs qualifiés, puis lance en 1988 le « Columbus-America Discovery Group ». Après plusieurs mois de recherches, leurs efforts sont récompensés en 1988. L’épave est localisée à 2 134 m de profondeur, de même que des dizaines de lingots jonchant les fonds marins, ainsi que plus de 5 200 pièces d’or, notamment des pièces de 20 dollars « 857-S Coronet ».
À qui appartient l’or ?
La découverte vaut une gloire immédiate à Tommy Thompson, lequel apparaît dans tous les médias du pays. Mais une bataille juridique débute alors pour savoir à qui appartient réellement cet or. L’État et les compagnies d’assurance veulent leur part du gâteau. La justice donne pourtant gain de cause à Thompson et ses investisseurs.

Ingénieur maritime, Tommy Thompson a dirigé une expédition à succès en 1988 pour retrouver l’épave, avant de tenter de conserver le trésor. 

Loin d’être satisfait, Thompson décide en 2000 de faire cavalier seul et vend 532 lingots et des milliers de pièces d’or à l’entreprise « California Gold Marketing Group » pour 50 millions de dollars, sans reverser le moindre pourcentage à ses investisseurs. Ceux-ci le poursuivent donc en justice en 2005, mais Thompson prend la fuite en Floride. Un mandat fédéral est lancé en 2012 et l’ingénieur maritime est finalement arrêté en décembre 2015. S’il se décide à indemniser ses investisseurs, il refuse toutefois de dire où sont passées plus de 500 pièces d’or sur lesquelles il a fait main basse. Il est par conséquent envoyé en prison.
Dans le même temps, en avril 2014, une nouvelle expédition sous-marine est lancée par l’entreprise « Recovery Limited Partnership », laquelle trouve à son tour des lingots et pièces d’or pour une valeur totale de plus d’un million de dollars.

Une autre expédition fut menée en 2014, dirigée par Craig Mullen (à gauche) et Bob Evans, consultant scientifique, déjà présent lors de la découverte de 1988. 

Cette seconde partie du trésor ne sera toutefois pas présentée lors de l’exposition prévue fin février à Long Beach et organisée par « California Gold Marketing Group », une entreprise gérée par Dwight Manley, l’ancien agent du basketteur Dennis Rodman. Seule la partie du trésor retrouvée en 1988 sera dévoilée, après un long processus de nettoyage à l’aide pinceaux, brosse à dents et solutions chimiques non corrosives.
Une fois l’exposition terminée, l’or sera mis en vente et devrait faire exploser les enchères. La moindre pièce d’or est en effet estimée aux environs d’un million de dollars, du fait de sa rareté, de son parcours et de son importance historique. L’or du SS Central America n’a donc pas fini de défrayer la chronique et de faire l’objet de folies. Et de nouveaux rebondissements sont à prévoir, puisque Tommy Thompson, depuis sa prison, a annoncé son intention de faire valoir ses droits sur les ventes à venir…

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