29 novembre 1516

 

La paix à perpétuité ?


Nous sommes le 29 novembre 2025 soit très exactement cinq-cent-douze ans après la signature du traité de Fribourg, également connu sous le nom ambitieux de « paix perpétuelle ». Peut-être parce que 1516 sonne moins bien que 1515, cet épisode est moins connu sous nos contrées que la bataille de Marignan mais engage les mêmes protagonistes : la France de François Iᵉʳ et la Confédération des cantons suisses. Car les Suisses n’ont pas toujours été neutres et leur armée est partie prenante des guerres d’Italie : c’est bien une armée montée par des cantons helvétiques qui est défaite par François Iᵉʳ.

Après Marignan, le roi de France négocie donc avec les treize cantons confédérés pour parvenir à une réconciliation durable. Et il y met le prix, la France s’engage à payer à chaque canton un versement de 2 000 francs – une promesse qui ne sera pas vraiment tenue. Le traité signé le 29 novembre 1516 à Fribourg comprend treize articles dont le premier annonce la couleur (en allemand et en latin) : « Nulle inimitié » entre roi de France et les cantons ne doit subsister. Le texte prévoit aussi un échange de prisonniers, des arbitrages territoriaux et des dispositions commerciales. Et surtout, il anticipe l’avenir, en prévoyant qu’en cas de conflit futur, les deux camps devraient privilégier la diplomatie. Le manuscrit de ce traité, qui marque une étape fondatrice dans l’histoire de la neutralité suisse, est inscrit depuis cette année au patrimoine de l’Unesco.

Quant à cette « paix perpétuelle », elle a fonctionné relativement longtemps dans une Europe traversée par les guerres : ce n’est qu’en 1798 que le Directoire français y met fin en envahissant le pays de Vaud.

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