LE CENTRE POMPIDOU

 

Où sont passés les tuyaux ?


nous sommes le 31 janvier 2026 soit très exactement quarante-neuf ans après l’inauguration du centre Pompidou : « l’Incroyable pari de Beaubourg », titrait alors « le Nouvel Observateur » qui y consacrait sa une. Guy Dumur décrit « la nouvelle usine à culture, qu’on ne s’est pas privé de comparer à une raffinerie de pétrole, crache ses tuyaux multicolores : tuyaux d’aération, de chauffage, circuits électriquesLa technologie se montre à découvert. » Trop à découvert pour le « Figaro », où Jean d’Ormesson tranche : « C’est atroce ! On dirait une usine, un paquebot, une raffinerie. Une espèce d’écorché monstrueux et multicolore, avec ses tripes à l’air. »

Si le bâtiment conçu par les architectes Renzo Piano, Richard Rogers et Gianfranco Franchini fait aujourd’hui partie du paysage parisien, le pari n’était effectivement pas gagné d’avance : un musée d’art moderne doublé d’une grande bibliothèque publique dans un monument immense émergeant d’un vieux quartier du centre de Paris… Porté dès son élection en 1969 par le président de la République Georges Pompidou, le projet s’est d’ailleurs heurté à une certaine hostilité administrative et a bien failli ne pas survivre à la mort de son initiateur : arrivé à l’Elysée en 1974, Valéry Giscard d’Estaing veut en stopper la construction et c’est son Premier ministre, un certain Jacques Chirac, qui défend le projet. Le même Jacques Chirac annoncera sa candidature à la mairie de Paris quelques jours avant l’inauguration, le 31 janvier 1977… face à Michel d’Ornano, le candidat soutenu par VGE.

Quant aux tuyaux, ils ne devaient pas être multicolores. Dans une enquête publiée l’été dernier, « le Nouvel Obs » avait raconté la bataille qui s’est jouée impliquant l’Elysée, les architectes, le monde de l’art, l’administration et même la Nasa, pour parvenir à ce choix de couleurs qui est désormais la signature du bâtiment, dont seule la façade est visible depuis le 22 septembre dernier : le Centre Pompidou a fermé ses portes pour une rénovation qui doit durer cinq ans.

En attendant, il reste heureusement de nombreux autres lieux d’expositions – et pas seulement à Paris : vous pouvez retrouver un programme pour le mois de février dans notre sélection de la semaine.

Commentaires