51e cérémonie des César

 Au palmarès de la 51e cérémonie des César qui se tenait jeudi, on retrouve (presque) tous les films favoris, qui ont décroché au moins une statuette. Un palmarès tout en nuances, à l’image d’une année 2025 sans grosse locomotive.



César 2026 : alors, il est comment ce palmarès ?

Ce n’était pas Jacques Martin, mais bien Benjamin Lavernhe qui présentait les César ce jeudi soir. Le maître de cérémonie nous a époustouflés, dès sa virevoltante introduction, jusqu’à la fin de la soirée. Le sociétaire de la Comédie-Française a dansé, chanté, joué de la guitare avec Matthieu Chedid, fait des grimaces et des blagues, rendu des hommages touchants... Mais même sans Jacques Martin, c’est bien l’ombre bienveillante de « L’École des fans » - émission de chant dans laquelle tous les jeunes candidats recevaient la note de 10/10 - qui planait sur cette 51e grand-messe du cinéma français, où presque tous les « postulants » sont repartis les bras chargés de récompense(s). Pas de jaloux, des cadeaux pour tout le monde !

Quatre autres films sont repartis avec deux compressions chacun à la maison : le documentaire Le chant des forêts, le film d’animation Arco, et les drames L’Inconnu de la grande Arche et Nino. En lice dans huit catégories, le film sur les bavures policières Dossiers 137 sauve l’honneur avec l’unique prix décerné à Léa Drucker. Un seul prix aussi pour le récit de l’affaire Betancourt La Femme la plus riche du monde, Laurent Lafitte qui incarne François-Marie Banier repart avec le titre de meilleur acteur.

En recevant l’ultime statuette - celle du meilleur film - la réalisatrice de « L’Attachement » Carine Tardieu l’a d’ailleurs souligné : « Je suis très heureuse parce que j’ai l’impression que tout le monde en a eu un peu et je suis heureuse du partage ». La cinéaste a même conclu son discours par un : « Ce soir, c’est tous ensemble qu’on ramène la Coupe à la maison », dont on ne savait pas vraiment s’il était destiné à l’équipe de son film ou à la grande communauté des nommés.

Un an après que Jacques Audiard et son chef d’œuvre musical « Emilia Perez » a plié le match avec sept César, l’Académie et ses 4955 votants ont donc décidé de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. C’est le brillant « Nouvelle vague » de l’Américain Richard Linklater, le film cumulant le plus de nominations (dix au total), qui a récolté le maximum de trophées avec ceux de la meilleure réalisation, des costumes, de la photo et du montage. Mais cette plongée fascinante dans les coulisses du tournage d’« À bout de souffle » de Jean-Luc Godard en 1959 n’a pas raflé la mise pour autant.



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Au palmarès de la 51e cérémonie des César qui se tenait jeudi, on retrouve (presque) tous les films favoris, qui ont décroché au moins une statuette. Un palmarès tout en nuances, à l’image d’une année 2025 sans grosse locomotive.

Ce n’était pas Jacques Martin, mais bien Benjamin Lavernhe qui présentait les César ce jeudi soir. Le maître de cérémonie nous a époustouflés, dès sa virevoltante introduction, jusqu’à la fin de la soirée. Le sociétaire de la Comédie-Française a dansé, chanté, joué de la guitare avec Matthieu Chedid, fait des grimaces et des blagues, rendu des hommages touchants... Mais même sans Jacques Martin, c’est bien l’ombre bienveillante de « L’École des fans » - émission de chant dans laquelle tous les jeunes candidats recevaient la note de 10/10 - qui planait sur cette 51e grand-messe du cinéma français, où presque tous les « postulants » sont repartis les bras chargés de récompense(s). Pas de jaloux, des cadeaux pour tout le monde !

En recevant l’ultime statuette - celle du meilleur film - la réalisatrice de « L’Attachement » Carine Tardieu l’a d’ailleurs souligné : « Je suis très heureuse parce que j’ai l’impression que tout le monde en a eu un peu et je suis heureuse du partage ». La cinéaste a même conclu son discours par un : « Ce soir, c’est tous ensemble qu’on ramène la Coupe à la maison », dont on ne savait pas vraiment s’il était destiné à l’équipe de son film ou à la grande communauté des nommés.

Un an après que Jacques Audiard et son chef d’œuvre musical « Emilia Perez » a plié le match avec sept César, l’Académie et ses 4955 votants ont donc décidé de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. C’est le brillant « Nouvelle vague » de l’Américain Richard Linklater, le film cumulant le plus de nominations (dix au total), qui a récolté le maximum de trophées avec ceux de la meilleure réalisation, des costumes, de la photo et du montage. Mais cette plongée fascinante dans les coulisses du tournage d’« À bout de souffle » de Jean-Luc Godard en 1959 n’a pas raflé la mise pour autant.

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Un subtil saupoudrage

Le long-métrage en noir et blanc est suivi de peu par « L’Attachement » de Carine Tardieu. En plus de la statuette de meilleur film - la plus prestigieuse du palmarès -, cette histoire très sensible et émouvante de la rencontre entre un jeune veuf et sa voisine de palier, interprétés par Pio Marmaï et Valeria Bruni-Tedeschi, récolte deux prix : celui de la meilleure adaptation et celui de l’actrice dans un second rôle pour la flamboyante Vimala Pons.

La réalisatrice de "Nino", Pauline Loques (à droite) et sa productrice Sandra de Fonseca. LP / Fred Dugit
La réalisatrice de "Nino", Pauline Loques (à droite) et sa productrice Sandra de Fonseca. LP / Fred Dugit

Juste derrière, quatre productions décrochent deux César chacun : « L’Inconnu de la grande arche » de Stéphane Demoustier (décors et effets visuels), « Nino » de Pauline Loquès (premier film et espoir masculin pour Théodore Pellerin), « Le Chant des forêts » de Vincent Munier (documentaire et son) et « Arco » d’Ugo Bienvenu (film d’animation et musique originale).

Un subtil art du saupoudrage que l’on retrouve jusqu’aux prix d’interprétation. Les statuettes des meilleurs acteurs ne viennent pas renforcer les grands gagnants de la soirée mais plutôt consoler d’autres films qui ne méritaient pas de repartir bredouille. Léa Drucker remporte ainsi le César de la meilleure actrice pour « Dossier 137 » de Dominik Moll, tandis que Laurent Lafitte est sacré meilleur acteur pour « La Femme la plus riche du monde » de Thierry Klifa. Logique et justifié pour l’un comme pour l’autre.

« Partir un jour » injustement boudé

Enfin, Nadia Melliti (« La Petite Dernière ») décroche le César du meilleur espoir féminin et Pierre Lottin (« L’Etranger ») celui du meilleur acteur dans un second rôle, évitant ainsi à ces deux films marquants de 2025 - le premier avait été primé à Cannes, le deuxième a rencontré un joli succès public - de ne pas faire fanny.

Seule « Partir un jour » d’Amélie Bonnin, comédie musicale pleine de charme, de nostalgie et de romantisme, a fait chou blanc. Et ça, pour le coup, on le regrette. Le long-métrage avec Juliette Armanet et Bastien Bouillon totalisait quatre nominations. C’est la seule vraie déception d’un palmarès équilibré, tout en nuances, très proche de celui que nous avions établi au « Parisien » et qui célèbre la diversité du cinéma français. Car finalement, cette soirée des César aura été à l’image d’une année cinéma 2025 marquée par des films de qualité, mais sans véritable locomotive.

Les votants ont donc donné sa part de gâteau à chacun. Sur celui-ci, ils ont choisi de déposer une savoureuse cerise, en récompensant pour la première fois Franck Dubosc. Avec Sarah Kaminsky, l’acteur, réalisateur et scénariste a décroché le César du meilleur scénario pour « Un ours dans le Jura »... Un an après avoir reçu le trophée imaginaire de « celui qui n’a jamais eu de César ». Joli pied de nez.







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