Mort de Quentin : l'ultra gauche en accusation, LFI sous pression
Quentin Deranque, militant identitaire de 23 ans, est mort samedi soir à Lyon après avoir été passé à tabac jeudi dernier, en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Science Po. Une enquête criminelle a été ouverte pour « homicide volontaire » a annoncé le procureur de la République ce lundi lors d’une conférence de presse. « Au moment où je vous parle, il n’y a pas eu interpellation. À ce stade, l’enquête cherche à identifier l’ensemble des auteurs directs des faits criminels en se basant non pas sur des rumeurs, mais sur des éléments recueillis lors des investigations de police. Puis les interpellations seront effectuées » a -t-il ajouté alors que ce drame provoque le choc et enflamme la classe politique.
Dimanche, le ministre de l’Intérieur avait estimé au 20 heures de France 2 que « manifestement, l’ultragauche » était « à la manœuvre ». Laurent Nunez avait également pointé du doigt la possible implication du groupe antifasciste La Jeune Garde. « L’enquête permettra de confirmer ou non s’il s’agissait de militants de la Jeune Garde. Mais les témoignages vont manifestement en ce sens », avait-il ajouté.
Selon le collectif identitaire Némésis, proche de l’extrême droite, Quentin Deranque aurait été agressé jeudi soir par des militants antifascistes, alors qu’il faisait partie du service d’ordre chargé d’assurer la sécurité de ses militantes qui manifestaient contre une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Il avait été pris en charge en début de soirée par les secours et placé dans le coma, avec un pronostic vital engagé. Il est décédé samedi.
Depuis, la droite et l’extrême droite ont accusé l’ultragauche d’en être responsable.
Le Rassemblement national parle de milices d’extrême gauche et réclame leur qualification de terroristes. Dans la foulée, des locaux de campagne LFI ont été vandalisés à Metz et à Lille.
Le président Emmanuel Macron, après avoir lancé samedi un appel « au calme, à la retenue et au respect », a souhaité que soient condamnés « les auteurs de cette ignominie ». Il a également dénoncé dimanche les « expressions antisémites » d’un parti, selon lui « à l’extrême gauche ».
« Tous les récits qui ont été faits dans les heures qui ont suivi n’ont aucun rapport avec la réalité », a déclaré depuis Montpellier le leader des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, qui a également exprimé la « sidération », l’« empathie » et la « compassion » des Insoumis après l’agression du jeune homme. Le député LFI Raphaël Arnault, cofondateur du groupe antifasciste La Jeune Garde, a exprimé samedi « horreur et dégoût » après l’annonce de la mort de l’étudiant, et a dit sur X souhaiter que « toute la lumière soit faite ». Son collaborateur parlementaire, mis en cause par le collectif identitaire Némésis, « dément formellement être responsable de ce drame » et « se retire de ses fonctions » de collaborateur « durant le temps de l’enquête », a déclaré son avocat dans un communiqué.
La présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet, a annoncé sur X ce lundi avoir décidé, « à titre conservatoire et sans préjudice des suites de l’enquête judiciaire, de suspendre ses droits d’accès à l’enceinte de l’Assemblée nationale, afin de prévenir les troubles à l’ordre public que sa présence est susceptible de susciter ». Début février, dans une interview accordée à nos journalistes à retrouver dans l'émission du jour, la président de l’Assemblée nationale a appelé à tirer des leçons des débats autour du budget et à changer les règles avant l’été.
. Alors, que s’est-il passé jeudi dernier à Lyon ?
. Où en est l’enquête sur la mort de Quentin Deranque ?
. Qu’est-ce que La Jeune Garde, le groupe antifasciste pointé du doigt ?
. La spirale de la violence est-elle enclenchée ?
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