VIGICRUES

 Alors que fleuves et cours d'eau débordent ces derniers jours, la Seine est aussi scrutée de près par Vigicrues. Une montée des eaux qui n'est pas sans rappeler le vieux démon de la crue centennale de 1910. En 2026, une telle catastrophe coûterait plusieurs milliards d'euros, comme l'avancent plusieurs enquêtes.

Balayée par les tempêtes depuis plusieurs semaines, la France boit la tasse dans certaines régions. Et si la Seine est, en cette 3e semaine de février, moins menacée que la Garonne et la Loire, Vigicrues prévoit un pic du fleuve à 3,68 m dès 11h ce mardi, contre une moyenne d'1,20 m en temps normal. Une montée des eaux de la Seine qui rappelle aux Franciliens combien la capitale et sa banlieue sont vulnérables à une crue majeure.


La direction régionale et interdépartementale de l'environnement, de l'aménagement et des transports (DRIEAT) a déjà publié une carte prévisionnelle des zones touchées en cas d'inondation à Paris.

©DRIEAT

Sur celle-ci, on constate que certains quartiers de Paris, notamment dans l'est de la ville et dans le sud seraient impactés par cette crue. Mais ce sont surtout les villes de banlieue qui souffriraient de cette inondation. Ainsi, certaines d'entre elles comme Ivry-sur-Seine, Vitry-sur-Seine ou encore Neuilly-sur-Marne seraient les principales concernées par ces dégâts. 

L'OCDE confirme : «La crue ne toucherait pas que Paris, mais tout le bassin de la Seine, les villes en amont et en aval. 435.000 logements seraient potentiellement exposés, 700.000 emplois menacés». Au total, on estime que 90% des constructions se situent dans une zone inondable en région parisienne.

En simulant une hausse de 8,62 mètres du niveau de la Seine au niveau d'Austerlitz (comme ce fut le cas en 1910), l'OCDE explique de son côté que 5 millions de personnes pourraient voir leur train de vie bousculé et que les pertes se chiffreraient en dizaines de milliards d'euros.

Pour permettre de protéger davantage les 850.000 habitants d'Île de France vivant dans une zone inondable (dont 240.000 Parisiens), plusieurs mesures ont déjà été prises. En janvier 2025, le casier Seine Bassée a par exemple terminé la construction d'une retenue d'une capacité de 10 millions de mètres cubes d'eau qui doit permettre d'abaisser le niveau de la Seine de 15 centimètres en cas de crues. Un chantier à 150 millions d'euros, qui pourrait permettre d'en économiser bien plus si la catastrophe se présentait.

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