Par Rita SASSINE
Le régime de Téhéran mise plus gros encore, il joue en fait son va-tout. Bien davantage que son stock de missiles et sa profondeur stratégique, la carte maîtresse qu’il croit détenir est sa capacité de nuisance tous azimuts. Faute de pouvoir encore exporter sa révolution, c’est le chaos qu’il s’emploie à semer à tout vent dans l’espoir d’internationaliser son duel avec le tandem israélo-américain, de susciter peut-être quelque réaction de la Chine qui observe de loin, ou de la Russie enlisée en Ukraine. À cette fin, et dès les tout premiers jours de la guerre, l’Iran se sera acharné sur ses voisins arabes du Golfe, ceux-là mêmes pourtant qui, bien qu’abritant des bases américaines, n’ont cessé ces dernières semaines de plaider avec insistance auprès de Washington pour un règlement négocié de la crise. Ces monarchies croyaient avoir trouvé une sécurité sans faille en se plaçant sous l’ombrelle militaire US, et les voilà soudain devenues des cibles prioritaires au même titre que l’État hébreu. Le réveil est particulièrement dur pour l’émirat du Qatar, ce vibrionnant touche-à-tout de la crypto-diplomatie qui, en l’espace de quelques mois, aura eu le peu enviable privilège d’être bombardé par Israël et par l’Iran. L’ironie de la situation ne s’arrête pas là d’ailleurs. En s’attaquant à des installations pétrolières ou gazières dans le Golfe, en paralysant le détroit d’Ormuz, l’Iran est certes conscient que ses propres industries en hydrocarbures sont, elles aussi, de verre. Il n’en escompte pas moins un choc pétrolier universel propre à stimuler les efforts de médiation au sein du camp occidental notamment. Une fois de plus, le Hezbollah a brillamment démontré son allégeance totale, absolue, exclusive, à la République islamique d’Iran, au mépris des intérêts les plus élémentaires du Liban. Et plus particulièrement de la communauté chiite, trop longtemps arraisonnée. Issa GORAIEB igor@lorientlejour.com Les plus lus
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