COLUMBO

 Entre ciel et terre : le dernier voyage de Columbo






 les  hommages à Peter Falk ensuite de sa disparition. La mémoire collective de notre petit groupe de fidèles  a surtout capturé deux instantanés, deux images cristallisant pour l’éternité l’homme mais aussi le personnage marquant qu’il a porté pendant quatre décennies.


L’une est la couverture du numéro 3241 de Paris Match. Non que nous soyons des lecteurs fidèles du « poids des mots et du choc des photos » (slogan bien connu de la publication) mais force est de constater le talent du magazine pour l’accroche des couvertures qui capture d’emblée toute l’essence du sujet. Ici, sur une plage de Malibu, le 3 juin 1999, Peter Falk scrute le vol des mouettes d’un regard qui se perd sur l’horizon, entre ciel et terre.  La photo nous porte avec émotion vers la disparition de l’artiste, les mots du titre vers l’humilité du Lieutenant. Il y a quelque chose de céleste dans cette image, et le frisson de la nostalgie d’une fin d’époque nous a tous traversés autour de la table à l’évocation de cette couverture.


L’autre hommage évoqué durant la soirée est celui du Lion Peugeot à Peter Falk et l’inénarrable 403. L’affiche de la firme, d’une grande sobriété dans l’image comme dans les mots, si fidèle au personnage de Columbo, évoque à merveille la place qu’occupe sa voiture pas comme les autres dans le cœur et la mémoire de chacun. L’hommage met en exergue un attachement à travers le temps qui ne se dément pas. Que doit on lire à travers le prisme des mots et de l’image? Une petite annonce de vente rédigée à la première personne du singulier. Columbo raccroche l’imper, il s’en va et se défait ici de la voiture qui lui rappelle ses années de service. Tout ceci a une portée symbolique : l’objet ne lui appartient plus, il est entré dans la mémoire collective et dans le patrimoine culturel de chacun de nous. Nous avons tous un bout de la 403 accroché au cœur malgré ses 650000 km au compteur. Aucun prix n’est annoncé car sa valeur est inestimable. Sur l’échelle de l’émotion elle n’a pas de prix, elle est placée haut au panthéon de notre estime. Dans nos mémoires, elle brille de mille feux dans sa magnifique décrépitude. Vedette de cette affiche, la 403 en éclipserait presque son illustre propriétaire, si une phrase ne venait parachever le tableau : un bouquet de mots adressé à Peter Falk lui même, sans le nommer, mais est-il nécessaire de le faire…le message parle de lui même.


Le pouvoir évocateur de l’image est puissant et ravive instantanément le souvenir vivant  d’un artiste qui nous a accompagné de l’enfance à la vie adulte. Comme un ami ou un membre éloigné de la famille. Il y a des absences dont on refuse qu’elles éteignent leurs feux quand la médiocrité ambiante envahit nos vies. Quand un artiste crée un tel vide c’est qu’il a laissé entrer la lumière.


#hommage


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