OSCARS

 98e cérémonie des Oscars ce dimanche 15 mars.


Les informations de la nuit
Palmarès des Oscars 2026 : découvrez les grands gagnants en images - Une bataille après l’autre sacré meilleur film, Paul Thomas Anderson meilleur réalisateur, Michael B. Jordan et Jessie Buckley meilleurs acteur et actrice, Valeur sentimentale meilleur film étranger, le bilan d’une cérémonie ni festive ni politique. [En savoir plus]


SÉANCE DE RATTRAPAGE - Benjamin Lavernhe et nos César n’ont pas à rougir. Cette 98e édition, qui a sacré Une bataille après l’autre, s’est révélée enjouée mais sans beaucoup de relief. La palme de l’émotion revient à la meilleure actrice Jessie Buckley.





Ne pas oublier le budget pour organiser des projections privées et tenter de convaincre les votants (qui dépasse parfois les trente millions de dollars)[33],[34].

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Alexandre Devecchio : « Le petit théâtre antifasciste d’Hollywood sera-t-il le grand vainqueur des Oscars ? »

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Leonardo DiCaprio dans Une bataille après l’autre.
Leonardo DiCaprio dans Une bataille après l’autre. Warner Bros

LA BATAILLE DES IDÉES - Une bataille après l’autre, le pamphlet anti-Trump de Paul Thomas Anderson, est le favori des Oscars. Derrière la satire, se cache une légitimation de la violence d’extrême gauche.

«Si vous gagnez un prix ce soir, ne faites pas un discours politique, vous n’êtes pas bien placé pour donner des leçons à la population. Venez prendre votre prix, remerciez Dieu et votre agent et barrez-vous ! » lançait l’humoriste britannique, Ricky Gervais, lors de l’ouverture de la cérémonie des Golden Globes en 2020. C’était un excellent conseil, mais il est peu probable qu’il soit écouté lors de la 98e cérémonie des Oscars ce dimanche 15 mars.

À n’en pas douter, elle sera placée sous le signe de la « résistance » à Donald Trump. Depuis le retour à la Maison-Blanche du milliardaire, « HollyWoke » se pose en dernier rempart du progressisme. Et la cérémonie des Oscars devrait cette année encore avoir des allures de meeting démocrate, avec un palmarès qui s’annonce comme un doigt d’honneur au président américain.




Car le grand favori pour l’oscar du meilleur film n’est autre qu’Une bataille après l’autre, véritable pamphlet antitrumpiste. Échec en salles, le long-métrage de Paul Thomas Anderson a été acclamé par la critique internationale et par le monde du cinéma.

Soyons honnête, sur le plan formel, Anderson est l’un des meilleurs réalisateurs de sa génération, et son dernier film ne manque pas de qualités techniques et esthétiques. De même, il faut souligner l’excellence de l’interprétation, Leonardo DiCaprio et Sean Penn en tête.

Un message politique lourdingue et manichéen

Reste un message politique lourdingue et manichéen qui est probablement la clé d’explication de l’engouement des médias et du monde artistique pour le film. Fable dystopique, Une bataille après l’autre nous plonge dans une Amérique où s’affrontent à balles réelles l’extrême gauche révolutionnaire et l’extrême droite néonazie au pouvoir. Si Paul Thomas Anderson ne s’est jamais exprimé sur ses intentions politiques, sans doute parce que le film est sorti dans le contexte brûlant de la mort de Charlie Kirk, Une bataille après l’autre est souvent présenté comme une satire de la polarisation de l’Amérique, renvoyant dos à dos les extrêmes.

Les fractures de l’Amérique contemporaine mériteraient un grand film politique. À condition d’analyser avec justesse les racines et les ressorts du trumpisme, sans déshumaniser ses aficionados, ni sombrer dans le militantisme

En vérité, dès la scène d’ouverture, le réalisateur choisit son camp, montrant l’assaut d’un centre de détention pour libérer des migrants retenus par des agents du gouvernement brutaux. Le colonel Steven J. Lockjaw, incarné par Sean Penn, est d’emblée présenté comme violent, suprémaciste et obsédé sexuel ! Certes, le réalisateur se moque du côté loser et paranoïaque des militants « antifascistes », mais ces derniers apparaissent tout de même nettement plus sympathiques, quand bien même ils prennent les armes pour tirer sur des adversaires ou des policiers. Dès lors, difficile de ne pas y voir une légitimation de la violence d’extrême gauche au nom de la lutte contre un prétendu retour du fascisme. Les fractures de l’Amérique contemporaine mériteraient un grand film politique. À condition d’analyser avec justesse les racines et les ressorts du trumpisme, sans déshumaniser ses aficionados, ni sombrer dans le militantisme.

Le Hollywood des années 1970, dont se revendique Paul Thomas Anderson, bien qu’ancré à gauche, savait saisir une époque. Aujourd’hui, si l’on recherche ce type de cinéma, c’est vers l’Iran qu’il faut se tourner. Dans un contexte de censure, Jafar Panahi, le réalisateur d’Un simple accident, palme d’or à Cannes, ou Saeed Roustayi, auteur de Woman and Child, ont réussi à peindre avec subtilité le climat politique de leur pays. Peut-être parce qu’ils ne jouent pas aux résistants, mais luttent, au péril de leur vie, contre un régime réellement totalitaire.

 Entendra-t-on parler d’eux aux Oscars ?

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