Parmi les informations transmises figurent, selon le WaPo, les positions de navires de guerre et d’aéronefs américains au Moyen-Orient. Le journal cite trois responsables familiers des renseignements américains, selon lesquels l’effort russe semble même “assez complet”.
Autrement dit, Moscou ne se contente plus d’exprimer verbalement sa solidarité avec Téhéran. Elle l’aide, très concrètement, à repérer les actifs militaires américains.
C’est la première indication claire qu’un autre grand adversaire stratégique des États-Unis participe, même indirectement, à cette guerre. Pas en envoyant des soldats. Pas en entrant officiellement dans le conflit. Mais en fournissant ce que la guerre a de plus précieux après les munitions.
L’information.
D’après ces mêmes responsables, l’Iran a vu sa propre capacité à localiser les forces américaines se dégrader en moins d’une semaine de conflit. L’aide russe viendrait donc combler une faiblesse très concrète. Cela permet aussi d’expliquer la précision de certaines frappes iraniennes relevée par plusieurs experts.
Une station de la CIA à l’ambassade américaine de Riyad a ainsi été visée ces derniers jours. Au Koweït, une attaque de drone iranienne a tué six militaires américains. À Bahreïn, un bâtiment voisin du quartier général de la 5e flotte a été endommagé.
Pour les experts interrogés par la presse américaine, cette précision est difficile à expliquer sans soutien extérieur. L’Iran ne dispose que de quelques satellites militaires. La Russie, elle, possède des capacités bien plus avancées, affinées encore par des années de guerre en Ukraine.
Le plus intéressant est que Washington semble vouloir minimiser l’affaire. Je vous ai dit ce que répond le président.
Sa porte-parole Karoline Leavitt assure que cela “ne faisait clairement aucune différence” puisque les États-Unis sont en train de “décimer” l’Iran. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth explique que l’administration surveille tout cela, sans paraître outre mesure préoccupée.
La Russie semble rendre à l’Iran une partie de ce que l’Iran lui donne depuis le début de la guerre en Ukraine. Téhéran a aidé Moscou en partageant sa technologie de drones bon marché, utilisés contre l’Ukraine pour saturer les défenses aériennes et épuiser les stocks occidentaux d’intercepteurs. Cette fois, selon un responsable cité par le Washington Post, les Russes sont “très heureux” d’obtenir une forme de revanche.
Dézoom
Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth était interrogé ce dimanche soir dans 60 Minutes sur CBS sur ce soutien de la Russie à l’Iran. Il a botté en touche.
“Personne ne nous met en danger. C’est nous qui mettons les autres en danger. C’est notre travail. Donc nous ne sommes pas préoccupés par cela. Nous prenons les mesures nécessaires pour y faire face. Nos commandants tiennent compte de tout cela.
Les seuls qui devraient s’inquiéter en ce moment sont les Iraniens qui pensent qu’ils vont survivre.”
En l’entendant dans 60 Minutes, ça m’a fait penser à la chronique de Peggy Noonan que j’ai lue samedi dans le Wall Street Journal (je vous ai déjà parlé de Peggy Noonan, qui était la plume du président Reagan, et dont je vous recommande la chronique hebdomadaire, l’une des meilleures de la presse américaine) :


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