ZEITGEIST

 

Zeitgeist, par Philippe Corbé <philippecorbe@substack.com>9 mars 2026 à 01:57
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 le sénateur Lindsey Graham, le faucon le plus influent de Washington, avait réussi à convaincre le président Trump d’attaquer l’Iran.

Vous allez croire que je fais une fixation sur lui, mais il faut écouter attentivement ce qu’il dit, surtout quand il le dit dans l’une des émissions préférées du président, celle de Maria Bartiromo qu’il regarde chaque dimanche matin sur Fox“Quelle question stupide à poser en ce moment.”

Et Doocy a dû courir jusqu’à son point de direct dans les jardins de la Maison-Blanche pour le raconter en direct :

“Je lui ai posé une question sur ces informations selon lesquelles les Russes aideraient les Iraniens à cibler des Américains : le président, qui voulait rester sur le sujet du jour, a répondu qu’il trouvait que c’était une question stupide.”

Quelle question stupide à poser en ce moment.”


Ce n’était pas une question stupide.

Pas du tout.

C’est le Washington Post qui le premier a révélé que la Russie fournit à l’Iran des informations de ciblage pour frapper les forces américaines dans la région.


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🟨🟧 La guerre de Trump embrase les pompes

Le baril s'approche ce matin des 120 dollars, les marchés paniquent. La guerre contre l’Iran commence à peser sur le portefeuille des Américains, et donc sur la politique intérieure.

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Hi everyone, nouveau numéro spécial de Zeitgeist.

Une majorité d’Américains était déjà sceptique sur cette guerre contre l’Iran. Les sondages sont atones. Donald Trump ne bénéficie pas de l’effet drapeau dont ses prédécesseurs avaient souvent mécaniquement profité après avoir déclenché des interventions militaires à l’étranger.

Et maintenant, le prix du baril, propulsé à des niveaux qui n’avaient pas été atteints depuis des années, va être un choc pour les Américains, qui savent que le prix de leurs courses va grimper. Ils étaient déjà mécontents que la baisse des prix promise par le président Trump tarde à se concrétiser.

Dans ce numéro, je vais aussi vous raconter comment la Russie aide l’Iran à cibler les forces américaines. Le ministre iranien des Affaires étrangères l’admet entre les lignes dans une interview sur NBC. Mais lorsque Fox News pose la question à Donald Trump, le président répond que c’est “une question stupide”.

Après l’Iran, Cuba ? Celui qui a convaincu Trump d’attaquer l’Iran ne cache pas ses intentions et dégaine une casquette “Cuba libre” en direct sur Fox News.

Je vous parlerai aussi du secrétaire à la Défense Pete Hegseth, qui était dans 60 Minutes sur CBS cette nuit. Ses déclarations martiales commencent à inquiéter certains conservateurs à Washington.

Et enfin, je vous raconterai un petit scandale médiatique qui en dit long sur ces derniers jours. Fox News a dû présenter ses excuses après avoir diffusé une mauvaise vidéo pour masquer une polémique autour de Donald Trump lors de l’hommage aux soldats américains tués dans la guerre.

Mais d’abord, que Donald Trump ait ou non cherché à détourner l’attention des Américains de ses turpitudes intérieures en lançant cette guerre contre l’Iran, à quelques mois des élections de mi-mandat, il est probable qu’il préférerait voir les journaux faire leurs gros titres sur l’affaire Epstein plutôt que sur le prix du pétrole.

À l’heure où je termine d’écrire ce numéro de Zeitgeist, le baril s’approche des 120 dollars.

Il était à 77 dollars le premier jour de son mandat.

C’est la première fois depuis quatre ans qu’il dépasse les 100 dollars.

Et surtout, il n’avait pas grimpé aussi vite en une seule journée depuis près de quarante ans

Yahoo Finance

Le président a posté ce dimanche soir un message sur son réseau Truth Social :

“Les prix du pétrole à court terme, qui chuteront rapidement lorsque la menace nucléaire iranienne sera détruite, sont un très petit prix à payer pour la sécurité et la paix des États-Unis et du monde. SEULS DES IMBÉCILES PENSERAIENT LE CONTRAIRE ! Président DJT”

Un écho à la phrase qu’ont répétée tout le week-end ses soutiens sur les antennes, je l’ai entendue je ne sais combien de fois sur Fox, NBC, CNN, CBS, etc :

“Short-term pain for long-term gain”

“Une douleur à court terme pour un gain à long terme.”

(Oui, ça sonne mieux en anglais.)

Quelle est cette “douleur à court terme” ?

C’est-à-dire qu’au dixième jour de la guerre au Moyen-Orient, la réaction des marchés est brutale. Les contrats à terme sur le pétrole américain ont bondi de 36 % en une semaine. C’est la plus forte hausse depuis la création du marché en 1983.

Le trafic n’avait jamais cessé dans le détroit d’Ormuz, où transite habituellement près d’un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz naturel liquéfié. C’est l’une des artères vitales de l’économie mondiale.

Le Wall Street Journal raconte ce matin que des messages attribués à un officier de la marine iranienne circulent parmi les armateurs, leur enjoignant de ne pas entrer dans le détroit. Des centaines de navires attendent au large, les équipages craignant d’être attaqués après des frappes sur plusieurs tankers.

Certains producteurs de pétrole du Golfe, incapables d’exporter leur production, commencent à manquer de capacité de stockage. L’Irak a déjà réduit sa production de plus des deux tiers. Les réservoirs se remplissent aussi au Koweït et aux Émirats.

Selon JPMorgan, cité par le WSJ, la production de la région pourrait chuter de plus de quatre millions de barils par jour, et jusqu’à neuf millions d’ici la fin du mois, soit environ un dixième de la demande mondiale.

Pour les marchés, cela signifie que les prix pourraient encore grimper. Certains analystes évoquent déjà la possibilité d’un baril à 150 dollars si la crise se prolonge.

C’est pour cela que les marchés boursiers asiatiques chutent brutalement ce matin. Le Nikkei japonais a perdu plus de 7 %, tandis que l’indice sud-coréen a dû suspendre les échanges pendant vingt minutes pour enrayer la panique.

Et ce n’est pas que le pétrole. Les prix de l’aluminium atteignent des sommets. Le carburant aérien flambe.

Et les Américains vont sentir la hausse à la pompe. Très vite.

Pour Donald Trump, le problème est donc aussi politique.

Une flambée de l’essence, c’est comme une nouvelle taxe pour les consommateurs. Tout devient plus cher, les transports, les courses au supermarché. Dans un contexte où Trump, qui s’est fait élire en promettant de faire baisser les prix rapidement, voit une partie de sa base populaire s’impatienter à ce sujet.

Voici ce que poste cette nuit le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, qui se prépare à la primaire démocrate de 2028 pour succéder à Trump à la Maison-Blanche.

Il ressort aussi un tweet de Donald Trump en 2012 :

“La hausse des prix de l’essence entraîne une forte augmentation des prix à la consommation et ralentira toute croissance économique future. C’est une taxe qui pèse sur tous les Américains.”

Et un autre de 2013 :

“Vous avez remarqué que les prix du pétrole viennent de bondir ?”

Dézoom

Je vous ai déjà dit dans les derniers numéros de Zeitgeist à quel point le site Axios est l’un des mieux renseignés sur la diplomatie et la sécurité nationale sous l’ère Trump, particulièrement sur les relations entre les États-Unis et Israël.

Or Axios révèle ce matin que “les États-Unis sont consternés par les frappes israéliennes sur les installations pétrolières iraniennes”.

Je vous raconte.

Ce sont ces frappes qui ont provoqué d’importants incendies à Téhéran, avec des flammes visibles à des kilomètres et un épais nuage de fumée recouvrant la capitale.

“Les frappes israéliennes contre 30 dépôts de carburant iraniens samedi sont allées bien au-delà de ce que les États-Unis attendaient lorsque Israël les a prévenus à l’avance, provoquant le premier désaccord significatif entre les alliés depuis le début de la guerre (…)

Les États-Unis craignent que les frappes israéliennes contre des infrastructures utilisées par des civils iraniens puissent se retourner stratégiquement contre eux, en ralliant la société iranienne au régime et en faisant grimper les prix du pétrole (…)

Des responsables israéliens et américains indiquent que l’armée israélienne a prévenu l’armée américaine avant les frappes.”

Axios raconte que le Pentagone a été surpris par leur ampleur, et cite un haut responsable américain.

“Nous ne pensons pas que c’était une bonne idée.”

“Les responsables américains craignent que les images de dépôts en flammes effraient les marchés pétroliers et fassent encore grimper les prix de l’énergie.”

Axios cite un conseiller de Trump :

“Le président n’aime pas cette attaque. Il veut préserver le pétrole. Il ne veut pas le voir brûler. Et cela rappelle aux gens la hausse des prix de l’essence.”

Et d’ailleurs ce matin, le sénateur républicain Lindsey Graham, qui l’a poussé à lancer cette guerre contre l’Iran (je vais y revenir), retweete cet article d’Axios et adresse cette mise en garde aux Israéliens :

“Je vous demande d’être prudents dans le choix de vos cibles.

Notre objectif est de libérer le peuple iranien d’une manière qui ne compromette pas ses chances de commencer une vie nouvelle et meilleure lorsque ce régime s’effondrera.

L’économie pétrolière de l’Iran sera essentielle à cet effort.”

Laissez un commentaire.


Le faucon huit toujours

Je vous ai raconté la semaine dernière comment le sénateur Lindsey Graham, le faucon le plus influent de Washington, avait réussi à convaincre le président Trump d’attaquer l’Iran.

Vous allez croire que je fais une fixation sur lui, mais il faut écouter attentivement ce qu’il dit, surtout quand il le dit dans l’une des émissions préférées du président, celle de Maria Bartiromo qu’il regarde chaque dimanche matin sur Fox News.

Et hier, je n’ai pas été déçu.

Voici quelques extraits de cet entretien.

D’abord, Lindsey Graham explique que la guerre contre l’Iran est, au fond, un bon placement financier.

Maria Bartiromo lui rappelle que les frappes coûtent environ un milliard de dollars par jour.

Réponse du sénateur de Caroline du Sud :

“Le meilleur argent jamais dépensé.”

“L’argent que nous dépensons pour faire tomber ce régime est un bon investissement.”

“Quand ce régime tombera, nous allons gagner énormément d’argent.”

Un peu plus tard, il annonce que le conflit va entrer dans une nouvelle phase.

“Attendez simplement de voir ce qui va se passer dans les deux prochaines semaines.”

Bartiromo lui demande ce qu’il veut dire.

“Nous allons faire exploser ces gens-là.”

Autre moment frappant. La journaliste lui demande si les alliés arabes devraient entrer directement dans la guerre.

“Êtes-vous en train de nous dire que vous voulez que les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite frappent l’Iran dès maintenant ?”

Réponse de Graham :

“Oui. Je veux qu’ils entrent dans le combat.”

Puis vient une vision presque prophétique de l’avenir du Moyen-Orient :

“Ils vont tomber. Ce n’est pas une question de savoir si le régime va tomber, mais quand.”

“Quand ce régime tombera, nous aurons un nouveau Moyen-Orient.”

Mais la fin de l’entretien devient presque surréaliste.

Graham montre la casquette qu’il porte :

“Vous voyez cette casquette ? Cuba libre.”

Puis il ajoute :

“Restez à l’écoute. La libération de Cuba est en marche.”

Et Graham conclut avec une phrase qui résume toute sa vision du monde :

“Nous marchons à travers le monde. Nous sommes en train de nettoyer les méchants.”

Avant la dernière promesse :

“L’Iran va tomber, et Cuba est le prochain.”

Dézoom

Ce ton de croisade permanente n’est pas seulement une posture médiatique.

Je vous ai souvent parlé de Graham dans Zeitgeist pendant ces semaines qui ont conduit à cette guerre. Mais j’y reviens ce matin après avoir lu dans le Wall Street Journal une enquête passionnante qui raconte comment le sénateur a joué un rôle central dans la décision de Donald Trump d’attaquer l’Iran. J’ai décidé d’en faire le 📚 Food for Thought de ce numéro de Zeitgeist.

Car peu de personnes dans l’entourage du président ont plaidé pour la guerre avec autant de constance et d’efficacité que le sénateur de Caroline du Sud.

Pendant des mois, Graham a fait ce qu’il fait depuis des années avec Trump.

Il lui a parlé directement, souvent, obstinément. Au téléphone, sur les terrains de golf, dans les clubs de Mar-a-Lago. Parfois au point d’irriter les conseillers de la Maison-Blanche, dont l’un le décrivait comme “un oncle un peu fou et envahissant”.

Mais Lindsey Graham sait comment parler à Trump.

Pour le convaincre, raconte le Wall Street Journal, il avait même inventé un petit jeu d’association de phrases historiques. Il demandait au président : “Franklin Roosevelt ?” et attendait la réponse célèbre : “La seule chose que nous ayons à craindre est la peur elle-même.”

Puis il lui demandait quelle serait sa propre phrase pour entrer dans l’histoire.

Trump disait qu’il n’en savait rien.

Alors Graham lui en proposait une :

“Continuez à manifester, les secours arrivent.”

Une référence à un message que Trump a publié en janvier pour encourager les Iraniens à manifester contre leur régime.

Lindsey Graham ne vendait pas seulement une opération militaire. Il vendait aussi l’idée d’un moment historique pour Trump.

Dans son bureau du Sénat, raconte encore le WSJ, Graham était presque euphorique après les frappes. Autour de lui, des piles de papiers, des boîtes de cacahuètes et plusieurs casquettes MAGA dédicacées.

L’une d’elles porte un slogan nouveau :

“Make Iran Great Again”

Il a d’ailleurs montré cette casquette hier matin chez Maria Bartiromo sur Fox.

À ceux qui lui reprochent d’avoir poussé le président vers la guerre, Graham répond avec un sourire :

“Qu’est-ce qu’ils vont bien pouvoir me faire ?”

Et surtout, auprès du Wall Street Journal, il ne semble pas particulièrement inquiet de ce qui pourrait se passer ensuite.

“Ils disent que si vous cassez quelque chose, vous en êtes responsable.”

“Moi, je n’y crois pas. On casse quelque chose quand c’est une menace.”

Dans son esprit, la question n’est donc pas ce qui se passera après la chute du régime iranien. Mais quand elle aura lieu.

Le plus stupéfiant dans ce récit du Wall Street Journal, c’est comment Graham a travaillé avec des responsables du renseignement israélien qu’il est allé rencontrer en Israël à plusieurs reprises ces dernières semaines.

Il se vante même d’avoir conseillé le premier ministre Netanyahu sur la meilleure manière de convaincre le président américain.

“Ils me disent des choses que notre propre gouvernement ne me dirait pas.”

Une campagne d’influence via un pays étranger qu’il assume.

Il a également parlé avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane pour le prévenir que l’opération se préparait.

“Je suis allé voir MBS pour lui dire : “Bon, je pense que ça va se produire.””

En parallèle, Graham travaillait avec deux autres figures des faucons, le général à la retraite Jack Keane, devenu commentateur sur Fox News, et Marc Thiessen, ancien plume de George W. Bush.

Les trois hommes se coordonnaient, s’appelaient, publiaient des tribunes et intervenaient à la télévision.

Ils travaillaient ensemble pour attirer l’attention du président et lui rappeler que l’Iran représentait, selon eux, l’occasion historique de remodeler le Moyen-Orient.

Graham raconte lui-même que, pendant ces mois de lobbying, il n’y avait “pas beaucoup d’autres voix” pour pousser cette ligne.

En face, certains conseillers de la Maison-Blanche, qu’il appelle avec mépris le camp de la “non-ingérence”, tentaient d’éviter une nouvelle guerre au Moyen-Orient.

Mais Graham a parié sur quelque chose d’essentiel. Il a compris que Donald Trump, dans son second mandat, se sent plus puissant que jamais.

“Trump au second mandat a des instincts différents de ceux du premier mandat.”

Selon lui, la capture du dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro par les forces américaines et maintenant les frappes contre l’Iran ont renforcé cette confiance.

“C’est quelque chose que les gens ne comprennent pas, à quel point il est plus confiant.”

Et une fois la guerre lancée, Lindsey Graham n’a pas attendu longtemps pour penser à la suite.

Quand Trump l’a appelé cette semaine pour le féliciter de ses interventions à la télévision, le sénateur a immédiatement saisi l’occasion pour lui proposer une nouvelle opération militaire, cette fois au Liban contre des positions iraniennes et du Hezbollah.

Trump lui a répondu qu’il allait y réfléchir.

Pour Lindsey Graham, la logique est simple. Il la résume lui-même dans une phrase qui ressemble presque à un credo :

“C’est un moment d’histoire mondiale. Il faut simplement plonger dans le grand bain.”

Laissez un commentaire.


Le renfort russe

Pendant que Lindsey Graham était sur Fox, Meet the Press accueillait le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghtchi. Son troisième entretien sur NBC en une semaine.

Kristen Welker l’interroge sur des révélations de plusieurs médias américains (dont NBC), dans la foulée du Washington Post, sur l’aide que la Russie apporte à l’Iran pour localiser les forces américaines.

Welker : Recevez-vous une aide de la Russie ?

Araghtchi : Nous avons un partenariat stratégique avec la Russie.

Welker : Donc c’est oui ?

Araghtchi : C’est une coopération entre l’Iran et la Russie. Ce n’est pas un secret et cela continuera à l’avenir.

Welker : Est-ce que la Russie vous aide à localiser les forces américaines ? Je veux être très claire sur ce point.

Araghtchi : Je n’ai pas d’informations militaires précises. Autant que je sache, ils ont un très bon partenariat avec la Russie.

Welker : Donc ils vous aident, ils vous fournissent des informations.

Araghtchi : Ils nous aident dans de nombreuses directions.

Pourtant Trump ne veut pas en entendre parler, et cela a même donné lieu à une scène très trumpienne en fin de semaine.

Donald Trump terminait une table ronde sur le sport universitaire. Il accepte une ou deux questions. Peter Doocy, l’un des journalistes qui suivent la Maison-Blanche pour Fox News, l’interroge alors sur ces révélations selon lesquelles la Russie aiderait l’Iran à localiser des cibles américaines dans la région, notamment des navires et des avions.

Un président en guerre aurait pu saisir l’occasion pour rassurer, clarifier, menacer Moscou, ou au moins faire semblant de prendre la question au sérieux.

Trump fait l’inverse.

“Quelle question stupide à poser en ce moment.”

Et Doocy a dû courir jusqu’à son point de direct dans les jardins de la Maison-Blanche pour le raconter en direct :

“Je lui ai posé une question sur ces informations selon lesquelles les Russes aideraient les Iraniens à cibler des Américains : le président, qui voulait rester sur le sujet du jour, a répondu qu’il trouvait que c’était une question stupide.”

Ce n’était pas une question stupide.

Pas du tout.

C’est le Washington Post qui le premier a révélé que la Russie fournit à l’Iran des informations de ciblage pour frapper les forces américaines dans la région.

Parmi les informations transmises figurent, selon le WaPo, les positions de navires de guerre et d’aéronefs américains au Moyen-Orient. Le journal cite trois responsables familiers des renseignements américains, selon lesquels l’effort russe semble même “assez complet”.

Autrement dit, Moscou ne se contente plus d’exprimer verbalement sa solidarité avec Téhéran. Elle l’aide, très concrètement, à repérer les actifs militaires américains.

C’est la première indication claire qu’un autre grand adversaire stratégique des États-Unis participe, même indirectement, à cette guerre. Pas en envoyant des soldats. Pas en entrant officiellement dans le conflit. Mais en fournissant ce que la guerre a de plus précieux après les munitions.

L’information.

D’après ces mêmes responsables, l’Iran a vu sa propre capacité à localiser les forces américaines se dégrader en moins d’une semaine de conflit. L’aide russe viendrait donc combler une faiblesse très concrète. Cela permet aussi d’expliquer la précision de certaines frappes iraniennes relevée par plusieurs experts.

Une station de la CIA à l’ambassade américaine de Riyad a ainsi été visée ces derniers jours. Au Koweït, une attaque de drone iranienne a tué six militaires américains. À Bahreïn, un bâtiment voisin du quartier général de la 5e flotte a été endommagé.

Pour les experts interrogés par la presse américaine, cette précision est difficile à expliquer sans soutien extérieur. L’Iran ne dispose que de quelques satellites militaires. La Russie, elle, possède des capacités bien plus avancées, affinées encore par des années de guerre en Ukraine.

Le plus intéressant est que Washington semble vouloir minimiser l’affaire. Je vous ai dit ce que répond le président.

Sa porte-parole Karoline Leavitt assure que cela “ne faisait clairement aucune différence” puisque les États-Unis sont en train de “décimer” l’Iran. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth explique que l’administration surveille tout cela, sans paraître outre mesure préoccupée.

La Russie semble rendre à l’Iran une partie de ce que l’Iran lui donne depuis le début de la guerre en Ukraine. Téhéran a aidé Moscou en partageant sa technologie de drones bon marché, utilisés contre l’Ukraine pour saturer les défenses aériennes et épuiser les stocks occidentaux d’intercepteurs. Cette fois, selon un responsable cité par le Washington Post, les Russes sont “très heureux” d’obtenir une forme de revanche.

Dézoom

Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth était interrogé ce dimanche soir dans 60 Minutes sur CBS sur ce soutien de la Russie à l’Iran. Il a botté en touche.

“Personne ne nous met en danger. C’est nous qui mettons les autres en danger. C’est notre travail. Donc nous ne sommes pas préoccupés par cela. Nous prenons les mesures nécessaires pour y faire face. Nos commandants tiennent compte de tout cela.

Les seuls qui devraient s’inquiéter en ce moment sont les Iraniens qui pensent qu’ils vont survivre.”

 

“Au passage, à propos de M. Hegseth : quelqu’un devrait le calmer. Il est censé convaincre le monde de la sagesse des décisions de l’administration. Au lieu de cela, il ressemble à un croisement entre un présentateur surexcité de matinale télé et le coq qui croyait faire lever le soleil.

“Nous jouons pour de bon.”

“Nous les frappons pendant qu’ils sont à terre.”

Il se vante de notre “létalité”.

Arrêtez de parler comme ça ! N’alimentez pas les stéréotypes, ne provoquez pas les dieux.”




Parmi les informations transmises figurent, selon le WaPo, les positions de navires de guerre et d’aéronefs américains au Moyen-Orient. Le journal cite trois responsables familiers des renseignements américains, selon lesquels l’effort russe semble même “assez complet”.

Autrement dit, Moscou ne se contente plus d’exprimer verbalement sa solidarité avec Téhéran. Elle l’aide, très concrètement, à repérer les actifs militaires américains.

C’est la première indication claire qu’un autre grand adversaire stratégique des États-Unis participe, même indirectement, à cette guerre. Pas en envoyant des soldats. Pas en entrant officiellement dans le conflit. Mais en fournissant ce que la guerre a de plus précieux après les munitions.

L’information.

D’après ces mêmes responsables, l’Iran a vu sa propre capacité à localiser les forces américaines se dégrader en moins d’une semaine de conflit. L’aide russe viendrait donc combler une faiblesse très concrète. Cela permet aussi d’expliquer la précision de certaines frappes iraniennes relevée par plusieurs experts.

Une station de la CIA à l’ambassade américaine de Riyad a ainsi été visée ces derniers jours. Au Koweït, une attaque de drone iranienne a tué six militaires américains. À Bahreïn, un bâtiment voisin du quartier général de la 5e flotte a été endommagé.

Pour les experts interrogés par la presse américaine, cette précision est difficile à expliquer sans soutien extérieur. L’Iran ne dispose que de quelques satellites militaires. La Russie, elle, possède des capacités bien plus avancées, affinées encore par des années de guerre en Ukraine.

Le plus intéressant est que Washington semble vouloir minimiser l’affaire. Je vous ai dit ce que répond le président.

Sa porte-parole Karoline Leavitt assure que cela “ne faisait clairement aucune différence” puisque les États-Unis sont en train de “décimer” l’Iran. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth explique que l’administration surveille to

 

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