Affaire Epstein :
à quoi joue Melania ?
« Les mensonges qui m’associent à ce personnage infâme qu’est Jeffrey Epstein doivent cesser aujourd’hui ».
Alors que Donald Trump avait demandé aux Américains de « passer à autre chose » sur le scandale Epstein, Melania Trump a surpris tout le monde, jeudi, en convoquant une conférence de presse à la Maison Blanche. La première dame a nié tout lien avec le criminel, alors que certaines rumeurs affirmaient que Jeffrey Epstein avait présenté Melania à Donald Trump.
Cette conférence de presse est un nouveau rebondissement dans une affaire qui a largement agité le début de second mandat du président. Celui qui avait initialement promis de faire toute la lumière sur le dossier a finalement changé d'avis, alimentant les rumeurs sur ses liens avec l'homme d'affaires, décédé en 2019 en prison. Il y a une semaine Donald Trump a licencié sa ministre de la Justice Pam Bondi, accusée d'avoir mis trop d'énergie et de moyens pour enquêter sur cette affaire.
Pendant ce temps, les victimes présumées de Jeffrey Epstein observent avec dégoût la gestion du scandale sexuel par la Maison blanche.
Parmi elles, Liza Philipps, 49 ans. Ancienne mannequin, désormais animatrice du podcast « From Now On », elle dit avoir été violée par l'homme d'affaires en 2004, lorsqu'elle avait 21 ans. À l'occasion d'un shooting photo dans les Caraïbes, une amie lui avait proposée d'aller dans la maison du riche homme d'affaires. Il l'aurait alors agressée sexuellement en compagnie d'une autre jeune femme. « Il aimait la peur, c'est sûr. Il aimait ça, vous savez, le fait que nous étions paralysés », raconte-t-elle à C dans l'air. Après des années de silence et de déni, elle a finalement décidé de participer à l'ouverture de la parole : « C'est seulement après la mort de Jeffrey Epstein que j’ai eu un déclic. C'est à ce moment-là que j'ai eu mon effondrement émotionnel, en voyant à la télévision qu'il était mort. »
Et si l'affaire Epstein n'était autre qu'un « kompromat » russe : une affaire destinée à faire chanter Donald Trump ?
La rumeur est persistante, et pour cause : sur les 3,5 millions de documents publiés par le ministère de la Justice américain en janvier, près de 10 000 font référence à la Russie, et au moins 1 000 à Vladimir Poutine. Deux échanges, en 2011 et 2014, évoquent même des rendez-vous avec le président russe, même si la rencontre n'a semble-t-il jamais eu lieu. Le prédateur sexuel américain s’était également lié à Sergueï Beliakov, haut-fonctionnaire russe formé au FSB, les services secrets du Kremlin. De quoi alimenter la piste du « kompromat » ? Début février, le porte-parole du Kremlin avait qualifié ces rumeurs de « pas sérieuses ».
. Comment expliquer la récente prise de parole de Melania Trump sur l'affaire Epstein ?
. Comment les victimes du prédateur sexuel américain vivent-elles la gestion du dossier par la Maison Blanche ?
. Et que vaut la piste du « kompromat » russe ?
Nous en parlerons ce soir dans #cdanslair à partir de 17h45 sur France 5. Posez-nous dès maintenant toutes vos questions sur Twitter avec le hashtag #cdanslair ou sur notre site : http://bit.ly/EmissionCdanslair.
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LA CHUTE DE LA MAISON TRUMP, MELANIA PREND SES DISTANCES AVEC SON MARI
Hier, dans une conférence de presse bizarre, mais où toute la presse américaine était présente, Mélania Trump a tenu a dire, après qu'un sondage l'ait décrite comme la Première dame la plus impopulaire de l'histoire des USA, que pour sa part, elle n'avait jamais eu aucun lien avec Epstein et que les victimes du pédophile devraient venir témoigner devant le Congrès, ce qui s'oppose frontalement à la volonté de la Maison Blanche de tourner définitivement la page Epstein et relance complètement l'affaire Epstein contre Trump.
Apparemment, la Maison Blanche ne savait rien du contenu de la conférence de presse avant qu'elle n'ait lieu. Du moins, c'est ce qu'elle dit. Et tout le monde se demande pourquoi Melania a fait cela.
Quoi qu'il en soit, ce qu'elle a dit a paru tout à la fois particulièrement stupide parce que sa relation avec Epstein est de notoriété publique et largement documentée avec nombreuses lettres et photos et, en même temps, comme une prise de distance prudente avec son mari, pour tenter de se préserver elle de l'effondrement qu'elle sent venir.
Ça a rendu Trump fou furieux (encore plus que d'habitude) comme dans une tragédie shakespearienne où tout le monde trahit l'autre et le poignarde dans le dos. Car après sa prestation, Melania pourrait devoir comparaître devant la commission de surveillance de la Chambre des représentants - ce que le député Subramanyam de Virginie a immédiatement demandé - où elle devrait dénoncer son mari ou risquer d'aller en prison.
Donc, après ce coup de poignard qui paraît être la conséquence de de la crise au sommet fortement aggravée par la défaite de Trump en Iran - et des vidéos iraniennes se moquant satiriquement de Trump que les internautes américains plébiscitent et qui deviennent virales- Trump, complètement fou, a publié sur le site de la Maison Blanche, une vidéo de l'assassinat horrible d'une femme avec un marteau par un criminel, en accusant Biden avec forces injures, du crime puisque l'assassin est un immigré haïtien !
Et puis, quelques instants après que Melania Trump a relancé l'enquête sur Epstein, Trump s'en est violemment pris aux dirigeants MAGA qui l'ont dénoncé à propos de ses menaces d'anéantir l'Iran.
Trump a ainsi dénoncé le QI très bas des imbéciles et incapables, dit-il, que sont Tucker Carlson, Megyn Kelly, Candace Owens et Alex Jones, précisant qu'ils ont tous été virés de la télévision… parce que ce sont des cinglés et des fauteurs de troubles… Il a encore accusé Candace Owens, baptisée la “folle” pour l'occasion, parce qu'elle "accuse la Première dame de France, très respectée, dit-il, d’être un homme, ce qui est faux, et qui, je l’espère, empochera une fortune dans le procès en cours. Franchement, à mes yeux, la Première dame de France est bien plus belle que Candace, il n’y a même pas photo ! » Et puis encore, "Alex Jones est ruiné… il a perdu toute sa fortune… à cause de ses attaques odieuses contre les familles des victimes de la tuerie de Sandy Hook"… (tuerie en milieu scolaire qui avait fait 32 victimes et qu'Alex Jones, avait nié, devant 1,5 milliards d'indemnité aux victimes, mais que Trump n'avait jamais dénoncé à l'époque). Il a aussi attaqué Marjorie Taylor Green, débaptisée "green" pour "brown" à l'occasion, et qualifié de traitresse parce qu'elle a déclaré que la parti Républicain doit être rasé. Puis, il a continué : "Ces soi-disant « experts » sont des PERDANTS, et ils le resteront toujours ! Maintenant, CNN, le New York Times (qui est en déclin), et tous les autres organes de presse d'extrême gauche les encensent et leur offrent une couverture médiatique positive pour la première fois de leur existence. Ce ne sont pas des partisans de Trump, ce sont des ratés."
Bref, Trump perd les pédales et attaque tous les dirigeants MAGA, et coule son propre bateau, ce qui est absolument magnifique. D'autant plus que les voix qui s'étaient élevées pour sa destitution il y a quelques jours à l'occasion de sa menace de destruction de l'Iran, continuent à l'exiger parce qu'il n'y a qu'un cessez-le-feu de 15 jours, alors que les dirigeants Démocrates et le Congrès semblent aux yeux de l'opinion publique bien trop passifs. Du coup, fleurit l'idée un peu partout que c'est le peuple lui-même qui devrait être doté de ce pouvoir de destitution. Cela s'est particulièrement entendu dans les manifestations contre la guerre en Iran qui ont été massives dans plus de 60 villes aux USA ces 7 et 8 avril - et qui continuent - mais aussi sur les réseaux sociaux, et se concluent souvent avec l'objectif commun de réussir la grève générale du 1er mai (qui est interdite aux USA et où le 1er mai n'est ni férié, ni chômé) et renouer avec le mouvement ouvrier avant 1947 où la grève générale a été interdite comme la grève tout court (sauf très encadrée et qu'à certains moments), et avec le projet initial de la grève générale insurrectionnelle du 1er mai 1886 à Chicago, à l'origine du 1er mai mondial, puisqu'il s'était étendu au monde, pour en faire la journée de lutte internationale actuelle des travailleurs.
A cette même date du 1er mai, le juge Jeffrey M. Bryan a ordonné aux procureurs de fournir à la justice tous les documents que l'ICE et le FBI possèdent mais ne veulent pas transmettre, sur l'agent Ross de l'ICE qui a tue Renée Nicole Good à Minneapolis, pour pouvoir le juger pour meurtre. Ce qui fait peser la menace sur tous les agents de l'ICE.
En même temps, 70 grandes entreprises dont Patagonia, REI, Columbia Sportswear, Orvis, Black Diamond, KEEN Footwear, Arc’teryx, Osprey... viennent de dénoncer le démantèlement de l'Office des forêts par Trump, pour livrer des milliers et des milliers d'hectares protégés à l'exploitation sauvage des compagnes minières, dont des parcs nationaux, ou des eaux du golf du Mexique.
Et ça, juste pour ces deux derniers jours, car tous les jours, c'est une avalanche d'échecs et de reculs pour Trump, ce qui le rend peut-être d'autant plus dangereux, qu'il sent que c'est la fin. La guerre en Iran et ses menaces de raser le pays en ont été l'illustration.
(Image satirique de Melania Trump envoyée ouvrir le détroit d'Ormuz après sa conférence de presse)



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