Choc pétrolier :
qui profite de la crise ?
Alors que la guerre se poursuit au Moyen-Orient et que le litre de SP95-E10 atteint en moyenne les 2 euros à la pompe, le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé à ses ministres, dans une lettre rendue publique, de « travailler à une affectation des éventuels surplus de recettes fiscales » liés à la hausse des prix des carburants vers l’électrification de l’économie. Il a réaffirmé cette orientation lors d’une réunion du gouvernement à Matignon, mercredi matin.
Pourtant, depuis plusieurs semaines, plusieurs membres du gouvernement assurent que l’État ne bénéficie pas de la situation, en réponse aux attaques de l’opposition.
« Quand on a dit qu'il ne fallait pas que l'État profite de la crise, le Premier ministre et l'ensemble des ministres nous ont expliqué qu'il n'y avait pas de recettes fiscales supplémentaires. C'était déjà un mensonge », a immédiatement taclé Marine Le Pen. La semaine dernière, la cheffe de file des députés du Rassemblement national (RN) avait accusé le gouvernement d’être un « profiteur de crise » en refusant de baisser les taxes sur le carburant.
« Il n'y a pas de cagnotte quand on a un déficit de 5 % », a répliqué le ministre des Comptes publics, rappelant les conséquences de la hausse du prix du pétrole : baisse des volumes et hausse des taux d’intérêt… Le gouvernement a également promis la transparence sur ce surplus de recettes, une fois les recettes de TVA du mois de mars consolidées. Mais déjà, certains avancent leurs propositions.
Laurent Wauquiez, député LR de la Haute-Loire, « demande que cet argent soit intégralement redonné aux automobilistes sous forme de baisse des taxes ». Au PS également, on souhaite que ces recettes soient reversées aux automobilistes. De son côté, LFI dénonce les « superprofits » des « multinationales du pétrole » et plaide pour un blocage des prix à la pompe.
Selon un récent rapport de Greenpeace, les compagnies pétrolières engrangeraient plus de 80 millions d’euros de « surprofits » par jour dans l’Union européenne. En France, elles amasseraient en moyenne 11,6 millions d’euros supplémentaires par jour par rapport à la période précédant la guerre.
Dans un contexte de forte volatilité des cours mondiaux du pétrole, les géants des énergies fossiles sont de plus en plus accusés de « tirer profit » de l’escalade du conflit au Moyen-Orient, qui semble loin de s’achever. Dans la nuit, le président américain a douché les espoirs d’un apaisement rapide, se donnant deux à trois semaines pour mener à bien son opération et ramener l’Iran à l’« âge de pierre ».
Dans les heures qui ont suivi, le régime iranien a promis des attaques « écrasantes » contre les États-Unis et Israël, tandis que l’État hébreu signalait plusieurs tirs de missiles.
Dans la foulée, le prix du baril de pétrole s’est envolé sur les marchés. Des médias américains s’intéressent depuis plusieurs jours à des spéculateurs anonymes qui s’enrichiraient avant même l’annonce de décisions du président des États-Unis. Par ailleurs, plusieurs médias américains et internationaux ont documenté, ces derniers mois, une accélération des activités commerciales liées à Donald Trump et à sa famille depuis le début de son second mandat.
Entre cryptoactifs, immobilier, licences de marque et investissements dans des secteurs stratégiques, le retour du président à la Maison-Blanche s’accompagne d’un enrichissement qui alimente des soupçons récurrents de conflit d’intérêts.
Nous en parlerons ce soir dans #cdanslair à partir de 17h45 sur France 5. Posez-nous dès maintenant toutes vos questions en commentaire ou sur notre site : http://bit.ly/EmissionCdanslair.


Commentaires
Enregistrer un commentaire