C DANS L'AIR 23 AVRIL

Blocus contre blocus... 

qui cèdera le premier ?



Les tensions s’intensifient dans le détroit d’Ormuz après l’attaque de trois porte-conteneurs, dont deux ont été saisis par l’Iran, en dépit de la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. Ces opérations sont menées par des vedettes rapides des Gardiens de la Révolution, surnommées « flotte moustique » pour leur agilité et leur capacité de nuisance.

Dans le même temps, la marine américaine maintient son blocus afin d’entraver les exportations de pétrole iranien et d’asphyxier les ressources financières et militaires de Téhéran. Selon le Financial Times, 34 tankers seraient toutefois déjà parvenus à le contourner.


À Washington, Donald Trump défend une stratégie qu’il juge efficace. « Nous contrôlons totalement le détroit d’Ormuz. Aucun navire ne peut y entrer ou en sortir sans l’accord de la marine américaine. Il est «hermétiquement fermé » jusqu’à ce que l’Iran soit en mesure de conclure un ACCORD !!! » a-t-il écrit ce jeudi sur son réseau social. « L’Iran s’effondre financièrement. Ils veulent l’ouverture immédiate du détroit d’Ormuz. Ils sont à court d’argent. Ils perdent 500 millions de dollars par jour », a également souligné un peu plus tôt le président américain, laissant entrevoir une possible reprise des négociations d’ici vendredi.


Côté iranien, les autorités mettent en avant leurs premières recettes issues des droits de passage à Ormuz. Elles refusent toujours de se rendre au Pakistan pour un second round de négociations tant que le blocus américain des ports iraniens se poursuit. Téhéran a par ailleurs diffusé une vidéo générée par intelligence artificielle montrant Donald Trump face à des chaises vides, avec pour seule réplique : « Trump, shut up » (« Trump, ferme-la »).


Parallèlement, le ton monte entre Washington et Pékin. Donald Trump accuse la Chine, partenaire de l’Iran, de soutien militaire implicite, évoquant des marchandises suspectes à bord d’un cargo iranien arraisonné par l’US Navy après avoir quitté un port chinois. « Ce navire transportait certaines choses, ce qui n’était pas très bien, peut-être un cadeau de la Chine », a-t-il déclaré sur CNBC, se disant « surpris » par l’attitude de Xi Jinping, qu’il prévoit de rencontrer à Pékin à la mi-mai — une visite déjà reportée une première fois en raison du conflit au Moyen-Orient.


Sans répondre directement, Pékin élude, tandis que les critiques visant Donald Trump se multiplient sur les réseaux sociaux chinois, pourtant étroitement contrôlés. Affectée par le blocus du détroit d’Ormuz, la Chine avait déjà dénoncé la semaine précédente « un comportement dangereux et irresponsable ».


Au-delà d’Ormuz, la rivalité sino-américaine s’étend à d’autres points stratégiques. Le canal de Panama, dont l’importance s’accroît avec la guerre en Iran, fait l’objet d’une attention renouvelée, tout comme le détroit de Malacca. Près d’un tiers du commerce maritime mondial y transite, avec un goulet d’étranglement de seulement 2,8 kilomètres de large à proximité de Singapour, avec qui l’administration Trump vient de renforcer ses liens militaires. De son côté, La Chine s'est emparée en mer de Chine méridionale, d'une île artificielle, située à 400 kilomètres au large des côtes vietnamiennes. L’Empire du Milieu a également menacé le Panama de "payer le prix fort sur les plans politique et économique" après avoir perdu deux ports sur le canal. L'expulsion des entités chinoises du canal de Panama était réclamée par Donald Trump.


Enfin, aux États-Unis, la disparition ou la mort, dans des circonstances jugées suspectes, de 11 ingénieurs, chercheurs et officiers impliqués dans des programmes sensibles en l’espace de quatre ans suscite des interrogations. D’abord relayée sur les réseaux sociaux, l’affaire a conduit le FBI à ouvrir une enquête.



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