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CHEZ POL 10 AVRIL

 

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Emmanuel Macron. Photo Christopher Furlong. Getty Images Europe

#Humiliation #Maison #Gadin #Chair #Fêtards
Chez Pol n°1700 - Réservé aux abonnés Libé



Bonjour, nous sommes le 10 avril et c'est le bon jour pour papoter.


Ce matin à 10h, Emmanuel et Brigitte Macron ont le privilège d’être reçus au Vatican par Léon XIV

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Emmanuel Macron. Photo Christopher Furlong. Getty Images Europe. AFP (2024)

AU COMPTOIR Ruffin va «présenter son CV» aux Français ; Aulas voit le verre à moitié plein ; et le MoDem essaye de recruter Borne

LE CHIFFRE 4

LIBÉ DANS LE RÉTRO Il y a 20 ans, Chirac et Villepin reculaient sur le CPE

YOUPOL LFI, la mamie et les raves party

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI Lecornu de retour sur le perron de Matignon

L'ADDITION Jouons avec l'inspiration

QUI PERD GAGNE • Battu dans le temps additionnel aux municipales à Lyon par les écolos et Grégory Doucet alors qu'il faisait figure d'immense favori, Jean-Michel Aulas veut pourtant voir le verre à moitié plein. «Ne considérez pas que ce soit une défaite. Pour nous, c'est une grande victoire et le résultat est au-delà de toute espérance», assure l'ex-boss de l'OL à l'Équipe, en référence à la victoire de la droite à la métropole, dont Aulas est devenu le premier vice-président. L'ex-candidat, qui avait rassemblé la droite, de LR à la macronie, se «demande» ainsi «si ce n'est pas un mal pour un bien»«Cela permet d'être à la tête d'un pôle économique qui va beaucoup conditionner ce qui se passera à Lyon, car un grand nombre de mesures qui concernent la ville se prennent à la Métropole», positive-t-il, semblant oublier la «remontada» phénoménale de Doucet aux municipales, alors qu'Aulas était un temps donné par les sondages comme large vainqueur.

Deux têtes de vainqueurs. Photo Olivier Chassignole. AFP (2026)

LE GRAND DÉTOURNEMENT • Comme l’avait écrit Gabriel Attal sur ses réseaux sociaux pour s’afficher en train de voter aux municipales : «La démocratie n’est belle que quand elle s’exerce.» Faites ce que je dis, pas ce que je fais : une proposition de loi de son groupe devait être examinée aujourd’hui pour donner la possibilité aux fleuristes et aux boulangers de faire travailler leurs salariés «volontaires» le 1er mai, mais les macronistes veulent contourner les débats. Le but : éviter l’examen des 228 amendements déposés sur le texte. Le député LFI Hadrien Clouet promettait ainsi de «se battre minute par minute», rapportait le Parisien. L’insoumis avait d’ailleurs déjà fait ses calculs : «Si on arrive à être très lent et faire du 30 amendements à l'heure, on peut y arriver.» Comprendre : arriver, avec les écolos et les cocos, à empêcher l'adoption du texte avant 17h30, heure de fin des débats. Oui mais voilà, la motion de rejet pourrait l’envoyer directement en commission mixte paritaire, où la droite est majoritaire. «Ce serait un détournement des procédures... et une humiliation pour le Parlement !», s’étranglait le chef des députés communistes Stéphane Peu. C’est pourtant déjà cette tactique qui avait permis l’adoption de la très controversée loi Duplomb.

CASTING  Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour un CDD ? François Ruffin a ressorti des cartons la mode du CV vidéo pour mettre en scène sa candidature à l’Élysée, et annoncer la première étape de sa campagne présidentielle. L’offre d’emploi ? Un «CDD [de] 5 ans, logé, nourri, blanchi, salaire à déterminer, grandes responsabilités», liste sa publication sur X. «J’appelle de mes vœux [la primaire] mais je n’attends pas», complète le député de la Somme ce matin sur Sud Radio, de peur que le processus ne capote. Avant de concéder qu’il se «rangerait loyalement» derrière le vainqueur de ladite primaire, puisque de toute façon, «ce sera moi», pense-t-il. Le 25 avril, Ruffin donne rendez-vous pour son premier «entretien d’embauche» (comprendre meeting) pour «présenter son CV» aux Français à Lyon, car «ce seront eux les patrons, et moi l’employé». Qu’en penseront les RH ?

Vous vous voyez où dans 5 ans ? Capture d'écran du compte X de Ruffin

CHANTIER EN COURS  Voilà une idée novatrice. À la longue liste des représentants politiques qui veulent «parler des idées avant des personnes» en vue de la présidentielle s’ajoute l’ancien Premier ministre Michel Barnier. Le député de Paris a lancé hier «Bâtir ensemble», un document d’une quinzaine de pages contenant 10 propositions pour 2027, auquel s’ajoute une «plateforme» sur internet. Celle-ci est censée recueillir des propositions de citoyens pour enrichir le programme de la droite et du centre, avant de se trouver un candidat commun. «C'est le temps des idées et des projets, pas le temps des personnes», explique le Savoyard sur RTL, au cas où on ne l’aurait pas encore compris. À l’heure où Chez Pol écrit ces lignes, seules 8 propositions ont été déposées dont une demande simplement à l'ancien Premier ministre d’être candidat. Pour expliquer ce démarrage poussif, une seule hypothèse : les internautes se sont trompés et sont allés sur le site de Bâtir-Ensemble, une entreprise homonyme de construction de maisons individuelles en Bourgogne-Franche-Comté.

ET SINON ••• Après avoir renoncé à prendre la tête de Renaissance en 2024 au profit d’Attal, Élisabeth Borne pourrait tourner casaque et rejoindre le MoDem. Selon l’Express et la Tribune Dimanche, son vice-président Jean-Noël Barrot (par ailleurs ministre des Affaires étrangères) «œuvre» à la recruter tout comme l’ancien ministre de l’Économie Éric Lombard afin «d’ouvrir» la formation bayrouiste.

Ce matin à 10h, Emmanuel et Brigitte Macron ont le privilège d’être reçus au Vatican par Léon XIV, pape plus discret et mesuré que son prédécesseur argentin François, dont il prolonge pourtant l’héritage social. Ce sera la première rencontre en chair et en os entre le président français et le souverain pontife natif de Chicago, près d’un an après l’élection du premier pape américain et en pleine guerre au Proche-Orient, pour laquelle ils prônent tous deux une solution diplomatique. Les deux hommes s’étaient contentés jusqu’ici d’un échange téléphonique en mai 2025, juste après l’élection de Robert Francis Prevost à la tête de l'Église catholique. Macron y avait affirmé partager avec le pape «l’ambition de concilier lutte contre la pauvreté et protection de la planète». Cette audience papale sera la quatrième pour le chef de l’État français, après celles de 2018, 2021 et 2022 avec François. Elle s’inscrit, dixit l’Élysée, dans le cadre d’«une visite républicaine et laïque» qui abordera, outre les enjeux internationaux, le multilatéralisme, la régulation de l’intelligence artificielle, le climat ou l’humanitaire. L’occasion, aussi, pour Macron d’inviter Léon XIV dans l’hexagone.

Un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître

Par E.L.

Un uppercut et puis s’en va. «Le CPE en terre et Villepin à terre», titrait Libé, le 11 avril 2006. Il y a 20 ans, jour pour jour, un projet de loi était présenté en conseil des ministres pour revenir sur cette disposition, promulguée par Jacques Chirac avec la promesse de ne pas l'appliquer. L’édito, titré «KO debout», sonne alors comme un poème : «Abrogé, mort et enterré : les mots n’auront pas été officiellement prononcés, mais le CPE a rejoint hier sans fleurs ni couronnes le cimetière des lois mort-nées.» Après 3 mois d’une opposition intense de la part de la gauche unie, Dominique de Villepin, alors Premier ministre, abandonne donc le contrat première embauche, qui prévoyait une période de précarité de deux ans pour tout primo-employé. «Regard fatigué, joues creusées, Villepin porte ses échecs comme des stigmates. "Il s’est pris un gadin"»relatent nos colonnes.

Arnaud Montebourg, alors vice-président de la commission des lois de l’Assemblée, s’offre alors une tribune dans notre journal et s’en donne à cœur joie pour dézinguer l’adversaire libéral. «Courtisan en chef du monarque, manipulateur hors pair, tenancier de l’officine des coups tordus et du cabinet noir, obsessionnel de sa carrière, dépourvu de la moindre connaissance de notre pays, étranger du suffrage universel», assène-t-il. Et il faut croire que les Français n’en pensent pas moins. En 3 mois, Villepin passe de 49% d’opinions favorables à seulement 25%.

Face au mouvement social d’ampleur provoqué par l’annonce de la loi et l’utilisation du 49.3, la droite elle-même s’était déchirée sur le texte. Une semaine avant son abandon, Libé racontait comment, «maltraité par Chirac, le CPE pourrait être achevé par Sarkozy, sous le regard impuissant de Villepin». L’un en tirera les bénéfices l’année suivante. L’autre voudrait peut-être faire oublier l’épisode en vue de 2027.

Antoine Léaument. Capture d'écran

LFI, la mamie et les raves party

Trublion contre trouble-fête. Les insoumis étaient d’humeur farceuse hier à l’Assemblée, à l’occasion de l’examen d'une proposition de loi visant à pénaliser les free parties, rassemblements festifs sauvages non autorisés. Antoine Léaument (LFI), se sentant offensé qu’un député mentionne sa défunte grand-mère, s'est fendu d’un rappel au règlement. «Tout à l’heure, un député m’a dit "même ta grand-mère n’en peut plus". Ma grand-mère est décédée»a-t-il commencé. Le vice-président du RN, Sébastien Chenu, qui préside la séance, lui fait couper le micro. Avant de lui rendre la parole : «Terminez votre phrase, mais n’en profitez pas.» «Ma grand-mère était de droite, est-ce qu’on peut parler d’une personne de droite dans cet hémicycle ? Elle mettait de la musique militaire à fond pour embêter ses voisins. Elle faisait des free parties tous les jours, ma grand-mère», a conclu rapidement Léaument, avant de retourner s'asseoir, arrachant au passage un sourire à Chenu. Le reste de son groupe a également joué la montre, tentant de repousser le plus de textes de la niche Horizons après minuit, afin de ne pas les examiner. Tenez, Louis Boyard par exemple, qui a proposé, plutôt que d’interdire ces fêtes sauvages, de mettre «des endroits vides» à disposition des fêtards, comme «le local de Horizons, les bancs de LR»a-t-il lancé, moqueur. Le trio comique insoumis est complété par Pierre-Yves Cadalen, ironisant sur le nom du parti ayant déposé la proposition de loi : «Chers collègues d’Horizons, vous êtes tristes. Lorsqu’on examine ce texte [...] on ne voit qu’un seul horizon : celui des dîners d’Édouard Philippe et Sébastien Lecornu avec Le Pen»s'est-il amusé, avant de revendiquer l’héritage de mai 68 et son slogan «jouir sans entraves». Les manœuvres dilatoires des insoumis n’ont toutefois pas permis de contrer le texte, finalement adopté de justesse à 22h. Si cette loi est validée par le Sénat, organiser une free party sera passible de 6 mois de prison et de 5 000€ d’amende, et y participer exposera également à une contravention. Sombre horizon pour les teufeurs.

• Matignon, fin de journée Le retour de Lecornu sur le perron. Le Premier ministre prévoit de «tirer les leçons» de la crise énergétique, alors que la trêve entre l'Iran et les États-Unis au Proche-Orient reste fragile et les prix des hydrocarbures instables. Il s’exprimera ainsi en fin de journée depuis Matignon pour faire des annonces sur le sujet.

• Et aussi Macron achève son voyage au Vatican ;


 l'Assemblée examine la loi sur le 1er mai ; et à 14h30 se tiennent les élections des nouveaux présidents de la métropole européenne de Lille, de Brest Métropole ou encore du conseil communautaire de l'agglomération de Lens-Liévin.

• Et aussi ce week-end Samedi, l'Assemblée organise la 35e journée du livre politique ; les Gracques organisent leur Grand débat, avec de nombreux invités politiques (Attal, Bergé, Bertrand, Borne, Braun-Pivet, Hollande, Philippe, Tondelier…) ; et se tiennent les Rencontres de Montreuil avec une table ronde autour du thème «La social-écologie peut-elle être le socle commun de la gauche ?» (sans Tondelier ni Autain mais avec Faure et Glucksmann, entre autres) ; et dimanche, les insoumis se retrouvent à Paris pour faire le bilan des municipales à l'occasion de leur Assemblée représentative.

On termine avec notre jeu du jour. Alors que leur candidat s’embrouillait en plein débat des municipales sur son projet de mega-tunnel à Lyon, où les équipes d'Aulas sont-elles allées chercher des arguments pour le défendre sur les réseaux ?

• Sur X
• Sur ChatGPT
• Dans un bar PMU
• Dans le rapport d’un cabinet de conseil
• Sur un forum de passionnés d’automobile
• Dans son autobiographie Chaque jour se réinventer

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus. 


Absolument !

C'est ce qu'on apprend dans le documentaire de France Télé, Aulas, le match de trop.

 Pour retrouver les articles de Chez Pol, c'est juste ici 
 
 


Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. En effet, selon certains de ses anciens collègues, Rachida Dati était sur ses deux téléphones (alors qu'ils sont censés être interdits) pendant les conseils des ministres. Et non, elle ne jouait pas au morpion.

Sur ce, bonne journée et excellent week-end👋. Et à lundi sur les routes de l'info.


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