| QUI PERD GAGNE • Battu dans le temps additionnel aux municipales à Lyon par les écolos et Grégory Doucet alors qu'il faisait figure d'immense favori, Jean-Michel Aulas veut pourtant voir le verre à moitié plein. «Ne considérez pas que ce soit une défaite. Pour nous, c'est une grande victoire et le résultat est au-delà de toute espérance», assure l'ex-boss de l'OL à l'Équipe, en référence à la victoire de la droite à la métropole, dont Aulas est devenu le premier vice-président. L'ex-candidat, qui avait rassemblé la droite, de LR à la macronie, se «demande» ainsi «si ce n'est pas un mal pour un bien». «Cela permet d'être à la tête d'un pôle économique qui va beaucoup conditionner ce qui se passera à Lyon, car un grand nombre de mesures qui concernent la ville se prennent à la Métropole», positive-t-il, semblant oublier la «remontada» phénoménale de Doucet aux municipales, alors qu'Aulas était un temps donné par les sondages comme large vainqueur. | | Deux têtes de vainqueurs. Photo Olivier Chassignole. AFP (2026) | LE GRAND DÉTOURNEMENT • Comme l’avait écrit Gabriel Attal sur ses réseaux sociaux pour s’afficher en train de voter aux municipales : «La démocratie n’est belle que quand elle s’exerce.» Faites ce que je dis, pas ce que je fais : une proposition de loi de son groupe devait être examinée aujourd’hui pour donner la possibilité aux fleuristes et aux boulangers de faire travailler leurs salariés «volontaires» le 1er mai, mais les macronistes veulent contourner les débats. Le but : éviter l’examen des 228 amendements déposés sur le texte. Le député LFI Hadrien Clouet promettait ainsi de «se battre minute par minute», rapportait le Parisien. L’insoumis avait d’ailleurs déjà fait ses calculs : «Si on arrive à être très lent et faire du 30 amendements à l'heure, on peut y arriver.» Comprendre : arriver, avec les écolos et les cocos, à empêcher l'adoption du texte avant 17h30, heure de fin des débats. Oui mais voilà, la motion de rejet pourrait l’envoyer directement en commission mixte paritaire, où la droite est majoritaire. «Ce serait un détournement des procédures... et une humiliation pour le Parlement !», s’étranglait le chef des députés communistes Stéphane Peu. C’est pourtant déjà cette tactique qui avait permis l’adoption de la très controversée loi Duplomb. | CASTING • Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour un CDD ? François Ruffin a ressorti des cartons la mode du CV vidéo pour mettre en scène sa candidature à l’Élysée, et annoncer la première étape de sa campagne présidentielle. L’offre d’emploi ? Un «CDD [de] 5 ans, logé, nourri, blanchi, salaire à déterminer, grandes responsabilités», liste sa publication sur X. «J’appelle de mes vœux [la primaire] mais je n’attends pas», complète le député de la Somme ce matin sur Sud Radio, de peur que le processus ne capote. Avant de concéder qu’il se «rangerait loyalement» derrière le vainqueur de ladite primaire, puisque de toute façon, «ce sera moi», pense-t-il. Le 25 avril, Ruffin donne rendez-vous pour son premier «entretien d’embauche» (comprendre meeting) pour «présenter son CV» aux Français à Lyon, car «ce seront eux les patrons, et moi l’employé». Qu’en penseront les RH ? | | Vous vous voyez où dans 5 ans ? Capture d'écran du compte X de Ruffin | CHANTIER EN COURS • Voilà une idée novatrice. À la longue liste des représentants politiques qui veulent «parler des idées avant des personnes» en vue de la présidentielle s’ajoute l’ancien Premier ministre Michel Barnier. Le député de Paris a lancé hier «Bâtir ensemble», un document d’une quinzaine de pages contenant 10 propositions pour 2027, auquel s’ajoute une «plateforme» sur internet. Celle-ci est censée recueillir des propositions de citoyens pour enrichir le programme de la droite et du centre, avant de se trouver un candidat commun. «C'est le temps des idées et des projets, pas le temps des personnes», explique le Savoyard sur RTL, au cas où on ne l’aurait pas encore compris. À l’heure où Chez Pol écrit ces lignes, seules 8 propositions ont été déposées dont une demande simplement à l'ancien Premier ministre d’être candidat. Pour expliquer ce démarrage poussif, une seule hypothèse : les internautes se sont trompés et sont allés sur le site de Bâtir-Ensemble, une entreprise homonyme de construction de maisons individuelles en Bourgogne-Franche-Comté. | ET SINON ••• Après avoir renoncé à prendre la tête de Renaissance en 2024 au profit d’Attal, Élisabeth Borne pourrait tourner casaque et rejoindre le MoDem. Selon l’Express et la Tribune Dimanche, son vice-président Jean-Noël Barrot (par ailleurs ministre des Affaires étrangères) «œuvre» à la recruter tout comme l’ancien ministre de l’Économie Éric Lombard afin «d’ouvrir» la formation bayrouiste. | |
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