| NOSTRADAMUS • Dans une semaine, Bruno Retailleau sera fixé. Les adhérents de LR, moins nombreux qu'il y a un an pour sa victoire contre Laurent Wauquiez, doivent trancher entre une primaire (ouverte ou fermée) et une intronisation directe de leur chef de parti. L'ex-ministre de l'Intérieur compte sur ce vote pour lui servir de rampe de lancement vers l'Élysée. Surtout, ça doit lui permettre de tuer le match, veut-il croire, avec les autres prétendants de droite. «À l’automne, vous verrez, nos courbes se croiseront avec Philippe», assure Retailleau au Figaro. Pour parvenir au croisement des courbes, le Vendéen compte sur son «projet de rupture» qu'il dévoilera prochainement. Avec notamment des réformes constitutionnelles qui promettent de faire parler. «Ça va faire pleurer dans les chaumières», prévient celui qui a plusieurs remis en cause l'État de droit, s'attirant les foudres des macronistes. Mais s'il ne plie pas le game, Retailleau se dit prêt à «passer par une confrontation» via une primaire «à condition que Philippe joue le jeu». «Mais Philippe acceptera-t-il une primaire qui inclut Sarah Knafo ?», interroge-t-il, ne souhaitant pas participer à une compétition «de seconds couteaux». | | Le V de victoire. Photo Julien de Rosa. AFP (2026) | CONFLIT FAMILIAL • Divergence au sein du bloc central, qui ne faisait déjà plus très bloc. Mais la séquence parlementaire actuelle révèle les fractures existantes entre les alliés du camp présidentiel. Hier, le président du groupe MoDem à l'Assemblée, Marc Fesneau, a fustigé un agenda parlementaire fait de «textes clivants (...) qui ont moins cherché à résoudre des problèmes concrets qu'à un jeu de posture en vue de 2027». Dans le viseur de l'ancien ministre bayrouiste, selon son entourage à l'AFP : Gabriel Attal et les propositions de loi du groupe EPR, comme sur l'Alsace, le 1er mai ou encore la PPL Yadan sur la lutte contre les «formes renouvelées» d'antisémitisme. Les deux premières ont donné lieu à des débats chaotiques cette semaine, et la troisième - dont le MoDem a demandé le retrait au moins temporaire de l'agenda - doit être débattue en fin de semaine. Conséquence de cet ordre du jour provocateur, «les débats ont été rendus impossibles par l'obstruction et les procédures détournées du règlement, chacun renvoyant à l'autre la responsabilité du désordre», poursuit Fesneau qui rêve peut-être d'un autre monde mais surtout «que les prochaines semaines parlementaires soient envisagées de manière radicalement différente» afin que «le Parlement cesse d'être l'otage des ambitions de chacun». | INDÉPENDANT CE TEMPS • Et encore un nouveau parti en France. Le petit dernier s'appelle le Parti de la liberté, lancé ce week-end par le très libertarien ex-ministre macroniste Guillaume Kasbarian. Et ce proche d'Attal d'assurer, dans le Parisien, qu'il reste bien parallèlement à Renaissance même s'il affirme que son mouvement, destiné à «porter un sursaut libéral», est «un parti indépendant, sans tabou, qui n'a pas froid aux yeux». Or, selon les statuts du parti présidentiel, «l’adhésion est exclusive de toute autre adhésion à un autre parti politique». Bénéficie-t-il d'une dérogation exceptionnelle ? Contactés, ni l'entourage d'Attal ni Kasbarian ne nous ont répondu. | | Rock the Kasba. Photo Daniel Perron. Hans Lucas via AFP (2025) | MI-FIDESZ MI-RAISIN • Mis à part le RN, qui, gêné aux entournures, a fait le service minimum avec un tweet de Jordan Bardella, la défaite de Viktor Orban et du Fidesz en Hongrie a réjoui tout le monde. De la droite à la gauche. Surtout la gauche d’ailleurs, qui y a vu la preuve qu’il était possible de battre l’extrême droite populiste. «Ce soir, l’extrême droite française perd son allié autoritaire et corrompu, son modèle en matière de xénophobie d’État et de soumission à Poutine et Trump. C’est un triste jour pour Le Pen et Bardella. Et une belle soirée pour la France et l’Europe», s’est félicité Raphaël Glucksmann, à l’unisson d’Olivier Faure - pour une fois. «Ne boudons pas notre plaisir, a lancé le patron du PS. Orban, soutenu par Trump, Poutine et Le Pen a perdu en Hongrie. Non, la victoire de l’extrême droite n’est inéluctable nulle part. Il n’y a de fatalité que dans la résignation.» S’il reconnaît que la défaite d’Orban est «une bonne nouvelle», Alexis Corbière temporise un peu la joie de ses camarades : «Sans grande illusion sur Péter Magyar, idéologiquement proche du pouvoir sortant, libéral conservateur lui aussi…» | TOUCHÉ MAIS PAS COULÉ • Il n'est pas resté longtemps en rade. L’ancien maire de Brest François Cuillandre a été largement battu au 2d tour des municipales dans la ville qu’il dirigeait depuis 2001 mais le socialiste a de la ressource. Le Télégramme a en effet révélé que l’ex-édile allait de nouveau être candidat à un scrutin communal : celui organisé le 17 mai prochain à Molène, à 35 kilomètres de Brest. Alors que l’élection municipale n’a pas pu se tenir sur l’île (où Cuillandre possède une maison de vacances), faute de candidats, une liste a finalement pu se monter pour que les 176 Molénais puissent élire un conseil municipal. Le socialiste en fera partie mais n’en prendra pas la tête, il a simplement proposé ses services à celui qui devrait devenir maire, Bruno Corolleur. «Ça va nous aider. Il a de l'expérience, sur certains dossiers il aura plus de facilité ou pour contacter certaines personnes, détaille ce dernier à ICI Breizh Izel. Nous, la plupart, nous sommes novices.» Ce qui est loin d’être le cas de Cuillandre qui a été maire et président de la métropole de Brest pendant 25 ans. | | Quand tu te trouves une nouvelle terre d'élection. Photo Fred Tanneau. AFP (2025) | ET SINON ••• Après Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, Gabriel Attal, Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann (et on en oublie sûrement)… François Hollande aussi a pris la plume. Le nouveau bouquin de l'ancien Président doit paraître à la fin de l'année, rapporte le Parisien. | |
|
Commentaires
Enregistrer un commentaire