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CHEZ POL 16 AVRIL

 

#Apéro #Piscine #Chaise #Panoplie #Dégringolade
Chez Pol n°1704 - Réservé aux abonnés Libé








Bonjour, nous sommes le 16 avril et c'est le bon jour pour se préparer.

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The name is Bond, James Bond (à peu près). Photo Albert Facelly. Libération (2026)

FAIT MAISON Le maire, le colistier RN et les mystères de l'entrisme

AU COMPTOIR Les opposants à la loi Yadan tentent de repousser l'inévitable, le patron du Medef s'étonne qu'on lui reproche de rencontrer Bardella et Doucet ne veut pas lâcher les ZFE

PASSION ARCHIVES Comme d'hab, Hollande se «prépare» à être «prêt»

L'HIPPOLDROME Attal complète sa panoplie

LE CHIFFRE 76 653

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI Macron reçoit les «alvéoles du poumon démocratique du pays»

L'ADDITION Jouons avec l'après

TROMPERA BIEN QUI TROMPERA LE DERNIER • On vous en parlait hier : comme le rapportait Ici Occitanie, le nouveau maire DVD de Figeac (Lot), Philippe Landrein, a exclu de sa majorité un de ses colistiers lui ayant, selon lui, affirmé après l’élection être membre du RN. «Je me suis senti trahi, surtout en tant qu'homme car le RN ne reflète en rien mes valeurs humanistes», a notamment déclaré l’édile auprès du média local, y voyant une forme «d’entrisme de l’extrême droite». Mais il n’en est rien, selon la responsable RN de la 2è circonscription du Lot, Marie Treullé. La lepéniste affirme à Chez Pol que le maire «connaissait pourtant [les] convictions» du frontiste évincé et que «cette information lui avait été communiquée avant l’élection, sans que cela ne suscite la moindre réserve de sa part». Ce matin dans la Dépêche, l’entourage du maire dément à nouveau cette version. L’édile assure être «proche de Renaissance» et avoir «précisé que la liste était ouverte à tous sauf aux extrêmes». Faux, rétorque la responsable locale du parti d’extrême droite, selon qui le trompé est en réalité le trompeur : «[Landrein] se revendique désormais macroniste dans la presse, sans avoir été transparent sur ce positionnement politique en amont des élections, et trompant donc les électeurs.» Et Treuillé d’ajouter : «En l’absence de liste RN à Figeac, une partie des électeurs du RN a contribué à son élection. A-t-il exprimé le refus de ces voix ?» La balle est renvoyée et la rupture consommée. «Il est finalement cohérent qu’Alain Auguié siège dans l’opposition. Il permet une représentation assumée et courageuse des électeurs du RN au conseil municipal», estime la lepéniste. Qu’elle se rassure, peut-être les macronistes ménageront-ils autant leur opposition à Figeac que les députés RN à l’Assemblée. A.L.

C'est toi le menteur ! Non, c'est toi !

ÇA JOUE LA MONTRE • Ce devait être le plat de résistance du jour à l'Assemblée : l'examen de la proposition de loi portée par la députée Renaissance Caroline Yadan, qui entend lutter contre «les nouvelles formes d’antisémitisme». Un texte poussé par le gouvernement mais qui suscite de fortes réserves des oppositions, surtout de gauche. Mais les députés vont peut-être devoir patienter avant de se rassasier. Car l'apéro a tendance à traîner en longueur avec les textes inscrits avant à l'ordre du jour. «Nous allons tout faire pour empêcher que l'examen de la PPL Yadan dans l'hémicycle démarre», a prévenu hier à l'AFP la députée LFI Gabrielle Cathala, dont le groupe pratique une obstruction délibérée. Plus d'une centaine d'amendements ont ainsi été déposés sur les textes précédents pour ralentir l'arrivée de la proposition polémique qui, selon ses opposants, ferait peser un risque sur la liberté d’expression et entretiendrait un amalgame dangereux entre les juifs et Israël.

Gabrielle Cathala. Photo Telmo Pinto. NurPhoto via AFP (2026)

LE POIDS DES MOTS • Le sujet est si inflammable qu'une partie du bloc central, censé soutenir le texte, ne voudrait plus le soutenir ou, du moins, aurait plutôt envie d'aller à la piscine que de le défendre dans l'hémicycle. Régulièrement critique des choix du camp présidentiel, le député macroniste Éric Bothorel a expliqué hier pourquoi, «en l'état», il ne votera pas l'article 1 de la PPL ainsi rédigé : «Le fait de provoquer directement, même implicitement, à des actes de terrorisme ou de faire publiquement l'apologie de ces actes ou de leurs auteurs [...] sera puni de 5 ans d'emprisonnement et de 75 000€ d'amende.» «L’usage du terme implicitement pose difficulté, en ce qu’il renvoie à une notion excessivement large de ce qui pourrait être poursuivi et sanctionné pénalement», a développé l'élu des Côtes-d'Armor, ajoutant : «S’il est nécessaire de faire preuve de fermeté pour condamner les nouvelles formes d’antisémitisme, cela ne saurait se faire au prix d’une restriction, elle-même implicite, du droit à la critique, qui constitue une composante essentielle de la liberté d’expression.»

POLLUTION, JE DIS NON  Emballé, c’est pesé. Après le feu vert de l’Assemblée, le projet de loi de «simplification» de la vie économique, qui s’en prend aux ZFE, a été également voté par le Sénat hier. Mais le sort des ZFE n’est pas totalement scellé : les députés socialistes, écologistes et MoDem ont annoncé un recours devant le Conseil constitutionnel. Avant la décision des Sages, le maire vert de Lyon Grégory Doucet tente de peser dans le débat en publiant un communiqué pour défendre les ZFE et mettre en garde contre une «mise en danger de la santé des Lyonnais». «Les zones à faibles émissions ne sont pas un problème, mais une solution. Ce dispositif […] méritait d'être renforcé, pas d'être supprimé», lance-t-il. «À Lyon, on commençait d’ailleurs tout juste à en ressentir les effets avec une baisse significative de la pollution», souligne l’édile alors qu’une récente étude a révélé la diminution du dioxyde d’azote et des particules fines dans l’air de sa ville. Et Doucet d’ajouter : «L’État prend le risque […] d’augmenter la pollution de l’air. […] Les grands perdants […], ce seront […] les enfants, les aînés, les habitants des quartiers populaires.» Comme quoi, tous les Français ne sont pas «attachés à la bagnole».

Et bravo la macronie. Photo Olivier Chassignole. AFP (2026)

LE BAL DES FOCUS  Il fallait s’y attendre. Alors que le Medef présentait hier la stratégie de son mouvement en vue de la présidentielle, son président Patrick Martin a surtout été interrogé sur les relations entre son organisation et le RN. Il faut dire que, comme nous vous en parlions mardi, ce dernier rencontrera lundi prochain Jordan Bardella avec le bureau exécutif du Medef. Une rencontre officielle inédite qui n’a rien de choquant pour Martin. Selon lui, le patronat n'a pas «massivement pris parti» pour le RN et organise des rencontres similaires avec 10 autres dirigeants de partis représentés au Parlement. «Cela ne suscite pas autant d'intérêt et de commentaires», a-t-il lancé, se disant «dépité» par ce «focus». Reste que ce déjeuner avec Bardella fait définitivement sauter la digue après quelques épisodes de reniflage entre le parti d’extrême droite et le patronat. Marine Le Pen avait déjeuné avec Martin en mars. Puis, le 7 avril, elle et un groupe de patrons du CAC40 - parmi lesquels ceux de LVMH, TotalEnergies ou Engie - ont partagé leur table dans un restaurant de la capitale.

ET SINON ••• Dans leur rapport «sur l'influence de la France dans un monde postcolonial» présenté hier à l’Assemblée et cité par LCP, les députées Amélia Lakrafi (EPR) et Sabrina Sebaihi (Les Écologistes) proposent de créer un musée sur l'histoire de la colonisation. L’établissement, distinct des musées parisiens du Quai Branly et de l'immigration, aurait vocation à encourager un travail historique approfondi sur la question.

♫ Ready or not, here I come, you can't hide ♪

Scout, toujours prêt

Vous n'allez pas tomber de votre chaise ce matin en lisant ici ou là que François Hollande travaille à une possible candidature présidentielle pour 2027. Car son éventuel come-back est en gestation depuis son départ de l'Élysée il y a maintenant bientôt 10 ans - eh oui. Mais il a rarement semblé autant d'actualité dans son esprit qu'aujourd'hui, à un peu plus d'un an de l'échéance. C'est à la une de Marianne que le député de Corrèze s'affiche, avec un tonitruant «Je me prépare» tiré de sa «grande interview» à l'hebdo.

Quand on se «prépare», c'est qu'on n'est pas encore tout à fait «prêt» mais pas loin. C'était à l'inverse le cas en octobre 2016. S’adressant au centre-gauche à la une de l'Obs cette fois, plus d'un an et demi avant la présidentielle, le Président en exercice plastronnait : «Je suis prêt.» Lâché par sa propre majo à l'Assemblée, vilipendé par le reste de la gauche, concurrencé ouvertement par Manuel Valls et Emmanuel Macron, le chef de l'État prévenait qu'on allait voir ce qu'on allait voir. À peine un mois et demi plus tard, début décembre, il annonçait pourtant... renoncer à briguer sa succession, «conscient des risques que ferait courir une démarche comme la [s]ienne, qui ne rassemblerait pas largement autour d’elle». Comme quoi, ce n'est pas parce qu'on se «prépare», ni même parce qu'on est «prêt», qu'on finit par être de la fête.

Mais ça peut. Plus loin dans le temps, en 2010-2011, Hollande répétait partout (essuyant alors moult moqueries) vouloir «être le prochain président de la République»Début janvier 2011, il assumait par exemple : «Je me prépare personnellement.» En septembre de la même année, dans le très droitier le Point, l'ancien patron du PS disait encore : «Je me suis préparé, j'ai fait un long chemin.» Un mois plus tard, il remportait la «primaire citoyenne» du parti à la rose qui le propulserait vers l'Élysée. Quoi qu'il en soit, vous êtes prévenus. Avec Hollande, soyez prêts à tout.

La rupture dans la continuité

En avant, marche ! Photo Xose Bouzas. Hans Lucas via AFP (2024)

Mais Hollande n'est pas le seul à ne pas nous surprendre par l'affirmation de ses ambitions présidentielles dans la presse ce matin. Comme toute personne venue de la gauche mais s'adressant surtout à la droite, Gabriel Attal fait ainsi la couverture du Point cette semaine, pour y déclarer entre autres : «Je pense savoir comment il faut présider la France.» Le jeune ex-Premier ministre de Macron complète ainsi sa panoplie de plus en plus fournie du parfait petit candidat putatif : un parti (avec bientôt un nouveau nom à sa sauce ?), quelques idées bien médiatisées, un storytelling (la rupture avec Macron sans trahir comme Édouard Philippe) un livre et donc la une d'un hebdo. C'est ainsi, de façon révolutionnaire, «en homme libre» (le titre de son bouquin) que le patron du parti macrono-attaliste continue de vendre sa pré-candidature sans rien officialiser - quel suspense. Prenant une fois encore ses distances avec les «promesses déçues du macronisme», et même s'il prône toujours «le dépassement» des clivages, il affirme qu'«on ne gagnera pas en 2027 en photocopiant 2017». Sur le régalien, par exemple, où il semble annoncer une campagne bien à droite : «Dans le macronisme des origines, il y avait l’idée que quand l’économie va, tout va. Et, donc, que sur les questions de sécurité et d’immigration, il y avait moins besoin d’agir - parce que le fait d’avoir tous un travail permettrait aux Français de bien vivre ensemble. C’est important, mais ça ne suffit pas. Quand l’économie va, tout ne va pas. Les questions régaliennes sont au moins aussi importantes.» 

Philippe mangé à la sauce aigre-doudouce 

Autre enjeu pour lui : se démarquer de l'autre ex-Premier ministre macroniste qui brigue l'Élysée. Interrogé sur sa conception du modèle social et sans qu'on lui parle de Philippe, Attal décoche ainsi : «La réponse ne peut pas passer uniquement par des réformes paramétriques. C’est pour ça que je ne propose pas la retraite à 67 ans : ça ne sauvera pas le modèle ! Au contraire, en plus de créer de la désespérance face à une mesure perçue comme brutale, c’est inefficace.» Des mots bien peu doux, qui ne l'empêchent pas, plus loin, d'en appeler au «rassemblement final» avec le maire du Havre : «Nous nous parlons avec Philippe, nous en sommes tous les deux conscients. C’est pour cela que j’ai proposé la mise en place d’un comité de liaison.» Une première réunion entre les ténors de Renaissance, du MoDem, d’Horizons et de l’UDI s’est ainsi tenue hier pour entretenir l’idée d’un futur où, ensemble, tout devient possible, et acter un pacte de non-agression d’ici là.

C'est le nombre d'adhérents à jour de cotisation à LR qui pourront voter, ce week-end, à la consultation lancée par Bruno Retailleau sur la stratégie présidentielle du parti de droite (primaire interne, ouverte ou désignation automatique de Retailleau). «Aucun autre parti que LR n’est capable de faire voter 76 653 personnes dans une procédure interne», se gargarise Othman Nasrou, le secrétaire général de LR, dans le Figaro. Et le même d'assurer que le parti a «enregistré 30 000 adhésions» la semaine dernière. Ce qui voudrait dire que LR était tombé à 46 000 adhérents environ alors qu'en mai 2025, 98 111 électeurs (sur 120 000 adhérents revendiqués) avaient voté pour la présidence du parti. Une dégringolade que Nasrou ne minimise pas mais nie tout simplement : «Le corps électoral en mai dernier comprenait les adhérents 2024 et 2025. Pour le vote de ce week-end, ce sont seulement les adhérents 2026 qui voteront. Malgré une période de réadhésion très courte, entre le 24 mars et le 10 avril, nous enregistrons un afflux massif d’adhésions.» Et d'assurer : «La trajectoire des adhésions devrait nous permettre d’atteindre un niveau supérieur à celui de 2025 dans les prochaines semaines.» Ce qui reste à prouver. Car, sous le couvert de l'anonymat, un sénateur LR livre à Public Sénat une vision moins optimiste de la situation. «Il y a eu un engouement particulier l’année dernière, qui est peut-être retombé. Il faut voir la réalité en face», raconte cet élu LR, confiant que, «bien sûr», «on est moins fringants qu’au moment de l’élection de Retailleau».

• Élysée, 19h Un mois après les municipales, Macron reçoit environ 500 maires, de tous bords politiques et de tous les territoires, pour «soutenir» et «mobiliser» ces «alvéoles du poumon démocratique du pays», a annoncé son entourage. Avant cette petite sauterie, il se rend à la Cité internationale de la langue française à Villers-Cotterêts à l’occasion du lancement de la «journée hors ligne».

• Et aussi Jean-Pierre Farandou et Sébastien Lecornu reçoivent les représentants des boulangers-pâtissiers après l'échec de la loi 1er mai ; Marine Tondelier poursuit sa virée londonienne et le RN organise un «séminaire présidentiel», aussi stratégique que mystérieux, pour préparer la suite des événements.



On termine avec notre jeu du jour. Que fera le macroniste François Patriat quand Macron quittera l'Elysée ?

• Il arrêtera la politique
• Il lancera le hashtag #Macron2032
• Il créera l'association des amis d'Emmanuel Macron
• Il écrira un livre dithyrambique sur le bilan des 2 quinquennats
• Il dirigera une fondation pour défendre l’héritage du macronisme
• Il emménagera dans la maison voisine de celle des Macron au Touquet

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus. 





#Macron2032

Bien vu !

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Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. En effet, le nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a bien offert à Macron un t-shirt Stop au racisme. Et non une invitation à un débat sur les discriminations, car il est lucide.

Sur ce, bonne journée 👋. Et à demain sur les routes de l'info.

 

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