| | ÇA JOUE LA MONTRE • Ce devait être le plat de résistance du jour à l'Assemblée : l'examen de la proposition de loi portée par la députée Renaissance Caroline Yadan, qui entend lutter contre «les nouvelles formes d’antisémitisme». Un texte poussé par le gouvernement mais qui suscite de fortes réserves des oppositions, surtout de gauche. Mais les députés vont peut-être devoir patienter avant de se rassasier. Car l'apéro a tendance à traîner en longueur avec les textes inscrits avant à l'ordre du jour. «Nous allons tout faire pour empêcher que l'examen de la PPL Yadan dans l'hémicycle démarre», a prévenu hier à l'AFP la députée LFI Gabrielle Cathala, dont le groupe pratique une obstruction délibérée. Plus d'une centaine d'amendements ont ainsi été déposés sur les textes précédents pour ralentir l'arrivée de la proposition polémique qui, selon ses opposants, ferait peser un risque sur la liberté d’expression et entretiendrait un amalgame dangereux entre les juifs et Israël. | | Gabrielle Cathala. Photo Telmo Pinto. NurPhoto via AFP (2026) | LE POIDS DES MOTS • Le sujet est si inflammable qu'une partie du bloc central, censé soutenir le texte, ne voudrait plus le soutenir ou, du moins, aurait plutôt envie d'aller à la piscine que de le défendre dans l'hémicycle. Régulièrement critique des choix du camp présidentiel, le député macroniste Éric Bothorel a expliqué hier pourquoi, «en l'état», il ne votera pas l'article 1 de la PPL ainsi rédigé : «Le fait de provoquer directement, même implicitement, à des actes de terrorisme ou de faire publiquement l'apologie de ces actes ou de leurs auteurs [...] sera puni de 5 ans d'emprisonnement et de 75 000€ d'amende.» «L’usage du terme implicitement pose difficulté, en ce qu’il renvoie à une notion excessivement large de ce qui pourrait être poursuivi et sanctionné pénalement», a développé l'élu des Côtes-d'Armor, ajoutant : «S’il est nécessaire de faire preuve de fermeté pour condamner les nouvelles formes d’antisémitisme, cela ne saurait se faire au prix d’une restriction, elle-même implicite, du droit à la critique, qui constitue une composante essentielle de la liberté d’expression.» | POLLUTION, JE DIS NON • Emballé, c’est pesé. Après le feu vert de l’Assemblée, le projet de loi de «simplification» de la vie économique, qui s’en prend aux ZFE, a été également voté par le Sénat hier. Mais le sort des ZFE n’est pas totalement scellé : les députés socialistes, écologistes et MoDem ont annoncé un recours devant le Conseil constitutionnel. Avant la décision des Sages, le maire vert de Lyon Grégory Doucet tente de peser dans le débat en publiant un communiqué pour défendre les ZFE et mettre en garde contre une «mise en danger de la santé des Lyonnais». «Les zones à faibles émissions ne sont pas un problème, mais une solution. Ce dispositif […] méritait d'être renforcé, pas d'être supprimé», lance-t-il. «À Lyon, on commençait d’ailleurs tout juste à en ressentir les effets avec une baisse significative de la pollution», souligne l’édile alors qu’une récente étude a révélé la diminution du dioxyde d’azote et des particules fines dans l’air de sa ville. Et Doucet d’ajouter : «L’État prend le risque […] d’augmenter la pollution de l’air. […] Les grands perdants […], ce seront […] les enfants, les aînés, les habitants des quartiers populaires.» Comme quoi, tous les Français ne sont pas «attachés à la bagnole». | | Et bravo la macronie. Photo Olivier Chassignole. AFP (2026) | LE BAL DES FOCUS • Il fallait s’y attendre. Alors que le Medef présentait hier la stratégie de son mouvement en vue de la présidentielle, son président Patrick Martin a surtout été interrogé sur les relations entre son organisation et le RN. Il faut dire que, comme nous vous en parlions mardi, ce dernier rencontrera lundi prochain Jordan Bardella avec le bureau exécutif du Medef. Une rencontre officielle inédite qui n’a rien de choquant pour Martin. Selon lui, le patronat n'a pas «massivement pris parti» pour le RN et organise des rencontres similaires avec 10 autres dirigeants de partis représentés au Parlement. «Cela ne suscite pas autant d'intérêt et de commentaires», a-t-il lancé, se disant «dépité» par ce «focus». Reste que ce déjeuner avec Bardella fait définitivement sauter la digue après quelques épisodes de reniflage entre le parti d’extrême droite et le patronat. Marine Le Pen avait déjeuné avec Martin en mars. Puis, le 7 avril, elle et un groupe de patrons du CAC40 - parmi lesquels ceux de LVMH, TotalEnergies ou Engie - ont partagé leur table dans un restaurant de la capitale. | ET SINON ••• Dans leur rapport «sur l'influence de la France dans un monde postcolonial» présenté hier à l’Assemblée et cité par LCP, les députées Amélia Lakrafi (EPR) et Sabrina Sebaihi (Les Écologistes) proposent de créer un musée sur l'histoire de la colonisation. L’établissement, distinct des musées parisiens du Quai Branly et de l'immigration, aurait vocation à encourager un travail historique approfondi sur la question. | |
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