| | SI TU DÉMISSIONNES, J’ANNULE TOUT • «Rétablir l’ordre, rétablir l’ordre, rétablir l’ordre», avait martelé Retailleau à son arrivée place Beauvau en septembre 2024. Si les fruits de ce mantra, comme son bilan à l’Intérieur en général, n’ont pas laissé un souvenir impérissable après son départ un an plus tard, le patron de LR n’abandonne pas sa lubie pour autant. Le voilà qui veut rétablir l’ordre dans son parti en fermant la porte à deux fauteurs de troubles : les ministres Annie Genevard (Agriculture) et Nicolas Forissier (Commerce extérieur). Après avoir été suspendus par LR à leur entrée au gouvernement Lecornu II - à l’instar de Rachida Dati (Culture), Philippe Tabarot (Transports), Vincent Jeanbrun (Logement) et Sébastien Martin (Industrie) -, les deux rebelles n’ont pas pu reprendre leur carte au parti comme ils le souhaitaient. Selon France inter, leurs demandes de réadhésion en ligne, afin de pouvoir voter à la consultation interne de ce week-end, ont été refusées illico par Retailleau. Après avoir perdu 40 000 adhérents en un an, LR n’était plus à ça près. Une info confirmée à Chez Pol par l’entourage du chef de LR, qui précise que pour que les renégats soient réintégrés, il faudrait «qu’ils ne soient plus ministres». On imagine qu’ils seraient alors démacronisés comme par magie. | | Manger son pain noir, allégorie. Photo Virginie Haffner. Hans Lucas via AFP (2026) | SI JE CONNAISSAIS LE CON QUI A FAIT SAUTER LA DIGUE • Lui aussi fraye avec d’autres familles que LR mais il n’est pas renié pour autant. Il faut dire que le bénéficiaire de ce traitement de faveur était l’une des plus belles prises des dernières européennes pour le parti de droite : l’ancien général Christophe Gomart. Ce dernier est l’auteur d’une tribune publiée hier par le Figaro dans laquelle - tout en soutenant la candidature de Retailleau pour 2027 - il appelle à la fin du front républicain et à l’union des droites, qui n’est en fait que l’union de la droite et de l’extrême droite. En bon militaire, l’eurodéputé résume : «Se rassembler maintenant, derrière Retailleau, avancer sans attendre et sans se fermer de portes à droite.» Certains ont été évincés du parti pour moins que ça (suivez notre regard vers la Côte d’Azur). D’autant plus que l’ex-patron du renseignement militaire n’en est pas à son coup d’essai. Pendant les municipales, Xavier Bertrand avait déjà demandé son exclusion quand Gomart avait affirmé que «bien évidemment s'il était Niçois», il voterait pour Éric Ciotti, pourtant banni de LR après son alliance avec le RN. | SANS ENTRAIN-TRAIN • Les âmes les plus poétiques parmi vous le savent : «Le temps n'a pas d'importance, seule la vie est importante.» Oui eh bien, c'est bien joli tout ça, mais y'en a qui bossent quand même, figurez-vous. Et notamment au gouvernement. Néo-ministre du Travail issu de la société civile™, Jean-Pierre Farandou déplore ainsi une perte de (son) précieux temps du fait de nuisances archaïques qu'on ne tolèrerait jamais dans le privé où l'efficacité fait loi. Tenez, cette histoire de travail parlementaire, par exemple, c'est quand même fou, non ? «Le blocage systématique, c’est un gâchis de temps de parlementaires, de ministres, de fonctionnaires !, peste l'ancien patron de la SNCF auprès de l'Express. Je peux passer 8 ou 10 heures au banc… pour rien ! C’est dingue. En entreprise, ce serait aberrant de gâcher autant de temps de dirigeants.» C'est vrai quoi : la démocratie, la fabrique de la loi... S'agirait de grandir, non ? Et puis reconnaissez que, dans le merveilleux monde de l'entreprise, personne ne perd jamais son temps en réunions interminables et autres conciliabules qui ne débouchent sur aucune décision concrète. Mais qui sommes-nous pour juger mieux que l'ex-chef de la SNCF des questions de retard, temps perdu et autres choses en rade sur les rails ? | | C'est moi ou on se fait un peu chier, là ? Photo Telmo Pinto. NurPhoto via AFP (2026) | LE PÉPETTES SHOW • Vouloir être candidat à la présidentielle, comme une bonne vingtaine d'ambitieux, c'est bien. Avoir les ronds pour l'être vraiment dans un an, c'est mieux. C'est pourquoi la plupart des prétendants à l'Élysée ont commencé une tournée des pépettes pour récolter des dons pour financer leur campagne. Pas totalement déclaré mais assumant «se préparer», François Hollande aussi s'est lancé dans cette quête. Un signe de plus de la solidité de ses intentions. Selon l'Opinion, des proches de l'ancien Président ont ainsi créé une association de soutien destinée à organiser des levées de fonds. D'autres n'ont pas attendu. Le Parisien rapportait il y a quelques jours qu'Attal fait déjà un dîner par semaine avec de potentiels donateurs. Un rythme un peu plus élevé que pour Raphaël Glucksmann, qui se consacre à cette tâche 3 fois par mois, ou que Philippe qui alterne entre dîners et petits-déjeuners. | CAP TEST • Glucksmann, d'ailleurs, ne rate pas une miette de l'activisme décuplé de Hollande, qui pourrait le coiffer au poteau sur le créneau de la social-démocratie pour 2027. Et s'il sent le vent du boulet, le patron de Place publique tente de se rassurer en montrant qu'il voit clair dans le jeu de l'ex-Président et qu'il sait comment le contrer. Le Parisien rapporte ce matin ces propos de l'eurodéputé : «À chaque signe de fébrilité, il va venir : et bim ! Il attend que je tombe. Mais si t'es pas capable de gérer Hollande, t'es pas capable d'être Président.» Rendez-vous dans quelque temps pour vérifier ce qu'il en est réellement. | | L'ingérable. Photo Alex Martin. AFP (2026) | ET SINON ••• Moins visible médiatiquement que Hollande, mais tout aussi tourné vers 2027, Bernard Cazeneuve aussi se prépare. Voyant tous ses rivaux sur le créneau social-démocrate s'agiter, l'ancien Premier ministre aussi se met en marche. Selon TF1, Cazeneuve va ainsi réunir demain les instances de La Convention pour «structurer son mouvement et rendre public un organigramme». Pas trop tôt, serait-on tenté de dire, pour un parti créé en 2022 en opposition à l'émergence de feu la Nupes. | ET ENCORE ••• Obligation de parité confortée. L’UDR, le parti créé par Ciotti, n’a pas obtenu gain de cause dans sa tentative de contester la loi de 1988 qui prévoit de réduire l’aide publique aux partis politiques quand la parité entre les hommes et les femmes n’est pas respectée. Le Conseil constitutionnel a rendu publique sa décision ce matin sur le sujet, après avoir été saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité. Comme on vous le racontait en mars, ce parti d’extrême droite ne va toucher que 33 000 € d’aide publique alors qu’il aurait pu gagner près d’1,4 million grâce aux voix recueillies lors des dernières législatives de 2024, scrutin auquel il a proposé 52 hommes… et 11 femmes. | |
|
Commentaires
Enregistrer un commentaire