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CHEZ POL 17 AVRIL

 

#Pouce #Nuit #Dingue #Pépettes #Miette
Chez Pol n°1705 - Réservé aux abonnés Libé



Bonjour, nous sommes le 17 avril et c'est le bon jour pour compter sur les siens.

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Alleeeeez, votez pour moiiiiii. Photo Albert Facelly. Libération (2025)

FAIT MAISON LFI demande une faveur à Pécresse

AU COMPTOIR Retailleau refoule toujours les ministres LR mais pas ceux qui prônent l'union avec l'extrême droite ; Hollande fait la tournée des pépettes ; et ce ministre en a marre de perdre son temps à l'Assemblée

LE CHIFFRE 19

VU DE... Carcassonne : finance-moi pas, tu me salis

LE MOT «Équipe»

BO BO BONUS Voter contre soi-même

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI Retailleau au séminaire

L'ADDITION Jouons avec Macron

LE GROUPE VIVRA-T-IL ? • Ce que LFI a gagné d'un côté aux municipales, le parti mélenchoniste risque de le perdre de l'autre, au conseil régional d'Île-de-France. En étant élue conseillère de Paris, la députée insoumise Sophia Chikirou a été contrainte de démissionner de son mandat régional. Sauf que sa remplaçante, qui la suivait sur la liste en 2021, est une écolo. Conséquence : LFI passe de 7 à 6 unités, perdant de facto son groupe puisque le seuil pour en constituer un est de 7. La Tribune dimanche rapporte que la petite escouade mélenchoniste a tenté de fusionner avec les verts et les communistes pour passer le cut«mais sans succès». Les insoumis ont donc tenté un coup de poker pour subsister en demandant à la présidente LR de la région, Valérie Pécresse, un petit coup de pouce : abaisser le seuil requis pour avoir un groupe à 6 élus. Mais ça sent le roussi pour Paul Vannier et ses camarades élus franciliens. «Les différents groupes seront consultés», nous souffle-t-on dans l'entourage de Pécresse, tout en soulignant «qu'au début du mandat, le seuil avait déjà été abaissé à 7 au lieu de 10». Et pas sûr que les diverses forces politiques, de LR au PS, ainsi que Pécresse, qui ne portent pas les insoumis dans leur cœur, soient pressées de faire ce cadeau à LFI. S.T.

Sophia Chikiroups. Photo Zakaria Abdelkafi. AFP (2026)

CHACUN SA ROUTE • «J'admets que ça ne m'empêche pas de dormir la nuit.» Ce haut dirigeant de LR n'est clairement pas bouleversé que son parti ait été laissé de côté par Gabriel Attal. L'ancien Premier ministre a impulsé la création du «comité de liaison» entre les pontes de Renaissance, Horizons, MoDem et UDI, qui s'est réuni pour la première fois mercredi afin d'entretenir l'espoir d'un rapprochement des candidatures présidentielles d'Attal et Édouard Philippe. Sans LR et les représentants de Bruno Retailleau, donc, actant une nouvelle fois la mort du «socle commun» qui réunissait tout ce petit monde au gouvernement il y a à peine quelques mois. «On ne court pas derrière une place à la table des derniers macronistes», renchérit l'entourage de Retailleau, précisant qu'il existe «un canal de discussion» personnel entre le boss de LR et le maire du Havre et que «c'est très bien comme ça». Rien de tel en revanche avec Attal, les deux hommes ne cessant de répéter partout à quel point eux, leurs partis et leurs idées sont opposés. D'autant que le Vendéen devrait être désigné candidat à la présidentielle par le vote des adhérents LR ce week-end - le contraire tiendrait de l'humiliation -, ce qui doit lui conférer un statut le dispensant d'envisager avec la macronie un quelconque effacement... pardon, «rassemblement» pour éviter l'élimination de tous dès le 1er tour en 2027. Même si «ce n'est pas incompatible sur le principe», assure encore un proche de Retailleau. Mais pas avec les personnes en présence, donc : «On peut travailler avec le centre droit, comme on l'a toujours fait. Mais pas avec les macronistes de gauche.» Non non, vous ne rêvez pas, c'est bien d'Attal qu'il s'agit ici. E.B.

SI TU DÉMISSIONNES, J’ANNULE TOUT • «Rétablir l’ordre, rétablir l’ordre, rétablir l’ordre», avait martelé Retailleau à son arrivée place Beauvau en septembre 2024. Si les fruits de ce mantra, comme son bilan à l’Intérieur en général, n’ont pas laissé un souvenir impérissable après son départ un an plus tard, le patron de LR n’abandonne pas sa lubie pour autant. Le voilà qui veut rétablir l’ordre dans son parti en fermant la porte à deux fauteurs de troubles : les ministres Annie Genevard (Agriculture) et Nicolas Forissier (Commerce extérieur). Après avoir été suspendus par LR à leur entrée au gouvernement Lecornu II - à l’instar de Rachida Dati (Culture), Philippe Tabarot (Transports), Vincent Jeanbrun (Logement) et Sébastien Martin (Industrie) -, les deux rebelles n’ont pas pu reprendre leur carte au parti comme ils le souhaitaient. Selon France inter, leurs demandes de réadhésion en ligne, afin de pouvoir voter à la consultation interne de ce week-end, ont été refusées illico par Retailleau. Après avoir perdu 40 000 adhérents en un an, LR n’était plus à ça près. Une info confirmée à Chez Pol par l’entourage du chef de LR, qui précise que pour que les renégats soient réintégrés, il faudrait «qu’ils ne soient plus ministres». On imagine qu’ils seraient alors démacronisés comme par magie.

Manger son pain noir, allégorie. Photo Virginie Haffner. Hans Lucas via AFP (2026)

SI JE CONNAISSAIS LE CON QUI A FAIT SAUTER LA DIGUE • Lui aussi fraye avec d’autres familles que LR mais il n’est pas renié pour autant. Il faut dire que le bénéficiaire de ce traitement de faveur était l’une des plus belles prises des dernières européennes pour le parti de droite : l’ancien général Christophe Gomart. Ce dernier est l’auteur d’une tribune publiée hier par le Figaro dans laquelle - tout en soutenant la candidature de Retailleau pour 2027 - il appelle à la fin du front républicain et à l’union des droites, qui n’est en fait que l’union de la droite et de l’extrême droite. En bon militaire, l’eurodéputé résume : «Se rassembler maintenant, derrière Retailleau, avancer sans attendre et sans se fermer de portes à droite.» Certains ont été évincés du parti pour moins que ça (suivez notre regard vers la Côte d’Azur). D’autant plus que l’ex-patron du renseignement militaire n’en est pas à son coup d’essai. Pendant les municipales, Xavier Bertrand avait déjà demandé son exclusion quand Gomart avait affirmé que «bien évidemment s'il était Niçois», il voterait pour Éric Ciotti, pourtant banni de LR après son alliance avec le RN.

SANS ENTRAIN-TRAIN • Les âmes les plus poétiques parmi vous le savent : «Le temps n'a pas d'importance, seule la vie est importante.» Oui eh bien, c'est bien joli tout ça, mais y'en a qui bossent quand même, figurez-vous. Et notamment au gouvernement. Néo-ministre du Travail issu de la société civile™, Jean-Pierre Farandou déplore ainsi une perte de (son) précieux temps du fait de nuisances archaïques qu'on ne tolèrerait jamais dans le privé où l'efficacité fait loi. Tenez, cette histoire de travail parlementaire, par exemple, c'est quand même fou, non ? «Le blocage systématique, c’est un gâchis de temps de parlementaires, de ministres, de fonctionnaires !, peste l'ancien patron de la SNCF auprès de l'ExpressJe peux passer 8 ou 10 heures au banc… pour rien ! C’est dingue. En entreprise, ce serait aberrant de gâcher autant de temps de dirigeants.» C'est vrai quoi : la démocratie, la fabrique de la loi... S'agirait de grandir, non ? Et puis reconnaissez que, dans le merveilleux monde de l'entreprise, personne ne perd jamais son temps en réunions interminables et autres conciliabules qui ne débouchent sur aucune décision concrète. Mais qui sommes-nous pour juger mieux que l'ex-chef de la SNCF des questions de retard, temps perdu et autres choses en rade sur les rails ?

C'est moi ou on se fait un peu chier, là ? Photo Telmo Pinto. NurPhoto via AFP (2026)

LE PÉPETTES SHOW  Vouloir être candidat à la présidentielle, comme une bonne vingtaine d'ambitieux, c'est bien. Avoir les ronds pour l'être vraiment dans un an, c'est mieux. C'est pourquoi la plupart des prétendants à l'Élysée ont commencé une tournée des pépettes pour récolter des dons pour financer leur campagne. Pas totalement déclaré mais assumant «se préparer», François Hollande aussi s'est lancé dans cette quête. Un signe de plus de la solidité de ses intentions. Selon l'Opinion, des proches de l'ancien Président ont ainsi créé une association de soutien destinée à organiser des levées de fonds. D'autres n'ont pas attendu. Le Parisien rapportait il y a quelques jours qu'Attal fait déjà un dîner par semaine avec de potentiels donateurs. Un rythme un peu plus élevé que pour Raphaël Glucksmann, qui se consacre à cette tâche 3 fois par mois, ou que Philippe qui alterne entre dîners et petits-déjeuners.

CAP TEST  Glucksmann, d'ailleurs, ne rate pas une miette de l'activisme décuplé de Hollande, qui pourrait le coiffer au poteau sur le créneau de la social-démocratie pour 2027. Et s'il sent le vent du boulet, le patron de Place publique tente de se rassurer en montrant qu'il voit clair dans le jeu de l'ex-Président et qu'il sait comment le contrer. Le Parisien rapporte ce matin ces propos de l'eurodéputé : «À chaque signe de fébrilité, il va venir : et bim ! Il attend que je tombe. Mais si t'es pas capable de gérer Hollande, t'es pas capable d'être Président.» Rendez-vous dans quelque temps pour vérifier ce qu'il en est réellement.

L'ingérable. Photo Alex Martin. AFP (2026)

ET SINON ••• Moins visible médiatiquement que Hollande, mais tout aussi tourné vers 2027, Bernard Cazeneuve aussi se prépare. Voyant tous ses rivaux sur le créneau social-démocrate s'agiter, l'ancien Premier ministre aussi se met en marche. Selon TF1, Cazeneuve va ainsi réunir demain les instances de La Convention pour «structurer son mouvement et rendre public un organigramme». Pas trop tôt, serait-on tenté de dire, pour un parti créé en 2022 en opposition à l'émergence de feu la Nupes.

ET ENCORE ••• Obligation de parité confortée. L’UDR, le parti créé par Ciotti, n’a pas obtenu gain de cause dans sa tentative de contester la loi de 1988 qui prévoit de réduire l’aide publique aux partis politiques quand la parité entre les hommes et les femmes n’est pas respectée. Le Conseil constitutionnel a rendu publique sa décision ce matin sur le sujet, après avoir été saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité. Comme on vous le racontait en mars, ce parti d’extrême droite ne va toucher que 33 000 € d’aide publique alors qu’il aurait pu gagner près d’1,4 million grâce aux voix recueillies lors des dernières législatives de 2024, scrutin auquel il a proposé 52 hommes… et 11 femmes.

Les interminables débats budgétaires des deux dernières années vous avaient manqué ? Ne vous inquiétez pas, la version 2026-2027 arrive à grands pas. Oui oui, déjà. Si Sébastien Lecornu a commencé à réunir les ministres concernés et que l'opposition s'interroge sur cette prochaine séquence qui intervient dans une année de présidentielle (ordonnances, loi spéciale ?), un autre signe ne trompe pas sur l'imminence du retour du Budget. Au Journal Officiel ce matin, on apprend ainsi que le ministre des Comptes publics (et toujours de la Fonction publique), le très macroniste David Amiel en l'occurrence, bénéficie d'une petite dérogation pour muscler son cabinet. «À titre exceptionnel, le cabinet du ministre de l'Action et des Comptes publics peut compter jusqu'à 19 membres», peut-on lire dans le décret signé par le Premier ministre. Les règles de 2024 en vigueur jusqu'à présent permettent à un ministre de plein exercice de compter jusqu'à 14 membres de cabinet quand un ministre délégué ne peut en avoir plus que 8. Autre privilégié : le ministre délégué aux Relations avec le Parlement qui dispose lui aussi d'une dérogation pour pouvoir gonfler son cab jusqu'à 14 membres également.

Carcassonne : finance-moi pas, tu me salis

Photo Matthieu Delaty. Hans Lucas via AFP (2025)

L'extrême droite en général n'aime pas autant la culture que la cancel culture. C'est particulièrement vrai pour le RN. Dans les villes qu'ils dirigent, les lepénistes font un travail de sape contre une bonne partie de ce qui est culturel. À Carcassonne, où sévit désormais le nouvel édile Christophe Barthès («un Trump version discount», selon le socialiste Alix Soler-Alcaraz), le Festival international du film politique, qui monte en puissance depuis sa création en 2018 avec notamment plus de 22 000 festivaliers en 2025, est concerné. Cet événement a ainsi fait le choix, mardi, de renoncer à toute demande d'aide à la mairie, jusqu'ici co-organisatrice du festoche, car les orientations du RN «sont incompatibles avec les valeurs qui fondent cet événement». Une décision prise «à l'unanimité par le conseil d’administration de l’association CinéBastide, organisatrice du festival». Et l'organisation d'ajouter, dans un communiqué : «Par sa programmation, le festival n’a jamais cessé de lutter contre toutes les formes de discrimination. Sans s’inscrire dans une démarche partisane, il défend le sens premier du mot politique : celui de l’attention portée à la vie de la Cité.» Jusqu'ici, le Festival bénéficiait chaque année d'une subvention de 10 000€ de la municipalité, soit 5% de son budget, précise à Ici Occitanie l'organisateur qui assure que l'événement n'est pas en péril et que «son modèle repose sur l'autofinancement et les financements privés».

Depuis son arrivée à la tête de la ville, Barthès n'a pas arrêté de faire parler de lui. Fin mars, il s'est mis en scène dans une vidéo trumpienne pour signer son premier arrêté municipal contre la mendicité. Dans la foulée, une séquence relayée sur son compte X l'a montré au balcon de la mairie, empoignant le drapeau européen pour le remplacer par une bannière tricolore, accompagnée d'un rageur «dehors». Quelques jours plus tard, Barthès a été mis en cause pour s'être infiltré dans un groupe Instagram de lycéens appelant à manifester contre lui, avec un message mettant en garde contre de potentielles «dégradations» lors de ce rassemblement et affirmant que les pseudos des membres du groupe étaient connus. Depuis, le maire a aussi supprimé une subvention à la Ligue des droits de l'Homme ou interrompu les achats d'espaces publicitaires et les partenariats culturels avec le groupe la Dépêche du Midi.

Voilà un chantier qui risque davantage de ressembler à celui de la Sagrada Familia qu’à celui de la cathédrale de Saint-Denis. Dans un entretien au Monde, le maire LFI de la ville de Seine-Saint-Denis, Bally Bagayoko, réaffirme sa volonté de voir Jean-Luc Mélenchon se présenter à la présidentielle. «Quand on se présente 3 fois à une élection et que l’on progresse, c’est qu’il y a une possibilité de victoire», veut-il croire. Jusqu’ici rien de fantasque mais l’édile va plus loin et ajoute : «Mais Mélenchon et LFI ne doivent pas être seuls, il faut une équipe. Nous avons vocation à rassembler la gauche du PS, les écolos et le PCF, pour nous adresser à l’ensemble de l’électorat de gauche.» Et alors que le maire s’est fait élire en étant à la tête d’une liste commune avec les communistes, il «pense pouvoir jouer un rôle en contribuant à rassembler». Une idée qui ressemble davantage à un vœu pieux qu’à une perspective réaliste : difficile en effet d’imaginer une «équipe» composée de formations que les insoumis n’ont pas ménagées ces derniers temps avant que celles-ci ne leur renvoient la pareille. Difficile aussi d’imaginer Mélenchon, dont la verticalité du mouvement est souvent critiquée, réussir à jouer en «équipe» bien longtemps. Reste que pour Bagayoko, cette stratégie est bien meilleure que celle des unitaires. «Ceux qui sont en train d’organiser une primaire qui va accoucher d’une souris sont des spécialistes de l’échec. Ils nous font perdre du temps», lance-t-il. Le rassemblement commence bien.

Voter contre soi-même

En politique aujourd'hui, plus rien ne nous étonne. Mais quand même...

• Nancy, depuis 8h À la veille du vote des adhérents, Retailleau va serrer les rangs lors d'un séminaire avec une centaine de sénateurs LR.

• Élysée, dès 12h Après avoir passé une tête au festival du livre de Paris au Grand Palais, dans la continuité de son déplacement à Villers-Cotterêts, Macron retourne au Château pour un nouveau rendez-vous consacré à l'international. Il accueille ainsi le Premier ministre britannique Keir Starmer avec qui il préside une conférence relative à l’Initiative pour la navigation maritime dans le détroit d’Ormuz.

• Et aussi ce week-end Samedi, à partir de 8h, et jusqu'à dimanche 18h, les adhérents de LR sont appelés à voter électroniquement pour leur stratégie présidentielle : veulent-ils d'une primaire, ouverte ou fermée, ou d'une investiture automatique de leur chef Retailleau ?



On termine avec notre jeu du jour. Qu'a lancé un lycéen hier à Emmanuel Macron, déclenchant des rires dans l'assistance ?

• For sure
• C'est finito ?
• Enfourche le tigre
• Merci Gérard Majax
• Je suis un gaulois réfractaire
• Tu vas bientôt devoir traverser la rue

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus. 


Absolument !

Lors d'un débat sur la lecture, à Villers-Cotterêts, un lycéen a bien lancé un For sure, faisant rire l'assistance.

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Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. En effet, le macroniste François Patriat prévoit, quand Macron quittera l'Élysée, de lancer le hashtag #Macron2032. Et non d'emménager dans la maison voisine de celle des Macron au Touquet.





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