| PRENDRE UNE VESTE • C’est l’histoire de l’opposition qui monte, qui monte. Marine Tondelier avait la tête au foot hier soir, assistant au Stade Bollaert à la victoire de Lens face à Toulouse en demi-finale de coupe de France. Mais dans le même temps, elle a perdu un vote symbolique, au sein des Écologistes, révélateur d’une coalition interne hétéroclite dirigée contre elle. Laetitia Sanchez, poussée par Tondelier pour prendre la présidence du conseil fédéral (le parlement du parti), était pourtant passée largement en tête au premier tour (43 voix contre 27 pour le deuxième candidat, Waleed Mouhali). Force est de constater que les tendances ont convergé contre elle au 2d, lors duquel elle a perdu face à Mouhali (54-51), le candidat de Karima Delli, l’une des opposantes les plus vocales à la ligne Tondelier, avec Sandrine Rousseau. Déjà fortement contestée depuis des mois, la secrétaire nationale des verts avait encore été bousculée ce week-end par ses deux principales rivales lors d’une réunion. «Est-ce qu’on va prendre des décisions avec plus de démocratie interne ?», l’interrogeait Karima Delli, citée par le Parisien, alors que sa cheffe venait de proposer à toute la gauche hors-LFI de se réunir autour de ses «21 propositions» pour la présidentielle. La question a été vite répondue. | | Quand le ciel menace de te tomber sur la tête. Photo Ian Langsdon. AFP (2026) | THÉORIE DE L’ÉVOLUTION • Dans la nature, seuls les plus forts survivent. Si l'on transpose cette règle darwinienne à la politique française, on pourrait parfois croire que seuls les gens de droite ont un avenir à long terme, les autres étant voués à disparaître. C'est en tout cas ce que semble avoir conclu Gabriel Attal, passé en quelques années de militant PS et conseiller ministériel de Marisol Touraine sous François Hollande à Premier ministre macroniste et wannabe candidat du centre droit à la présidentielle. À une ministre qui le vannait récemment sur le fait qu’il soit «devenu de droite», le patron de Renaissance a ainsi répondu, comme le raconte le Parisien ce matin : «Tu sais, on s’adapte.» Attention toutefois, car en politique comme dans la vie, on tombe souvent sur un prédateur plus fort que soi. | CHEZ DÉPOL • On vous conseille de bien préparer vos vacances d'été pour souffler un grand coup, car dès la rentrée, on replongera tous dans le si passionnant et agréable débat budgétaire au Parlement. Tout le monde y réfléchit déjà et cherche le moyen d'en tirer un avantage grâce à la campagne présidentielle qui sera alors toute proche. Tel François Hollande, qui imagine un nouveau 49.3 négocié lui permettant de revendiquer des concessions arrachées au gouvernement. Mais ce dernier cogite aussi, à l'instar de sa porte-parole. Dans un grand classique macroniste, Maud Bregeon propose de ~dépolitiser~ le Budget pour parvenir à le faire adopter. Citée par le Canard enchaîné, celle qui est aussi ministre déléguée à l'Énergie explique qu'il «ne faut pas en faire un enjeu» : «On a tout intérêt à le présenter comme un Budget transitoire que la future Assemblée [élue après la présidentielle] modifiera en profondeur. Si on commence à politiser l'enjeu, je ne vois pas qui nous suivra.» | | Qu'est-ce que je pourrais bien dépolitiser aujourd'hui ? Photo Ludovic Marin. AFP (2026) | METHOD MAN • Combien de ses 9 textes prioritaires, inscrits à l'agenda d'ici cet été, Sébastien Lecornu parviendra-t-il à faire passer ? Les déboires du gouvernement à l’Assemblée la semaine dernière ont fait gamberger l’exécutif sur une nouvelle méthode pour se rendre «utile» avant la fin de cette session parlementaire. La feuille de route : «Un gros objet par semaine, en plus d’un petit, comme une proposition de loi», écrit l’Opinion. «L’accident du rejet de l’accord sur les ruptures conventionnelles doit servir d’exemple à tout le monde», affirme l'entourage du ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement (MRP), Laurent Panifous. Sur ce texte élaboré entre syndicats, la gauche est parvenue à voter un amendement de suppression, dans un hémicycle vidé de ses députés du centre et de la droite. Mais il va bien falloir que l’exécutif, plongé dans l'immobilisme, trouve des solutions pour gouverner malgré ce Parlement remuant. Car «il reste une bonne année de législature», prévient le «MRP» auprès du quotidien libéral. Eh oui, c’est long, surtout vers la fin. | PAS BANKABLE • Jordan Bardella commençait à le dire prudemment hier : même si «des démarches sont en cours» auprès des banques françaises, les refus probables de ces dernières devraient pousser le RN à recourir, à nouveau, à un prêt à l'étranger pour financer sa campagne présidentielle 2027. Le trésorier du parti d'extrême droite, Kévin Pfeffer, le reconnaît encore plus franchement dans le Figaro ce matin : «On a déjà des retours négatifs. D'autres discussions sont en cours, mais ce sera difficile de signer avec une banque française.» Un alarmisme qui permet aux frontistes de rejouer la petite musique d'une discrimination bancaire dont ils seraient victimes et de justifier de se faire financer hors des frontières tricolore. Et généralement, plus ou moins directement, par des régimes pas tout à fait blancs comme neige. | |
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