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CHEZ POL 22 AVRIL




On termine avec notre jeu



#Veste #Prédateur #Gamberger #Musique #Imbroglio
Chez Pol n°1708 - Réservé aux abonnés Libé



Bonjour, nous sommes le 22 avril et c'est le bon jour pour se (la) raconter.

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Ma vie, mon oeuvre. Photo Alexis Aubin. AFP (2024)

AU COMPTOIR Tondelier prend une veste ; encore un truc que la macronie veut dépolitiser ; et comment Lecornu veut rester «utile» pendant un an

VU DE... Elme (Occitanie) : l'extrême droite s'attaque déjà aux symboles LGBT+

LE CHIFFRE 63 462

POURQUOI... l'élection d'Attal pourrait secouer à Bruxelles

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI Le copycat de Sarkozy en dédicace

L'ADDITION Jouons avec les titres

PRENDRE UNE VESTE • C’est l’histoire de l’opposition qui monte, qui monte. Marine Tondelier avait la tête au foot hier soir, assistant au Stade Bollaert à la victoire de Lens face à Toulouse en demi-finale de coupe de France. Mais dans le même temps, elle a perdu un vote symbolique, au sein des Écologistes, révélateur d’une coalition interne hétéroclite dirigée contre elle. Laetitia Sanchez, poussée par Tondelier pour prendre la présidence du conseil fédéral (le parlement du parti), était pourtant passée largement en tête au premier tour (43 voix contre 27 pour le deuxième candidat, Waleed Mouhali). Force est de constater que les tendances ont convergé contre elle au 2d, lors duquel elle a perdu face à Mouhali (54-51), le candidat de Karima Delli, l’une des opposantes les plus vocales à la ligne Tondelier, avec Sandrine Rousseau. Déjà fortement contestée depuis des mois, la secrétaire nationale des verts avait encore été bousculée ce week-end par ses deux principales rivales lors d’une réunion. «Est-ce qu’on va prendre des décisions avec plus de démocratie interne ?», l’interrogeait Karima Delli, citée par le Parisien, alors que sa cheffe venait de proposer à toute la gauche hors-LFI de se réunir autour de ses «21 propositions» pour la présidentielle. La question a été vite répondue.

Quand le ciel menace de te tomber sur la tête. Photo Ian Langsdon. AFP (2026)

THÉORIE DE L’ÉVOLUTION • Dans la nature, seuls les plus forts survivent. Si l'on transpose cette règle darwinienne à la politique française, on pourrait parfois croire que seuls les gens de droite ont un avenir à long terme, les autres étant voués à disparaître. C'est en tout cas ce que semble avoir conclu Gabriel Attal, passé en quelques années de militant PS et conseiller ministériel de Marisol Touraine sous François Hollande à Premier ministre macroniste et wannabe candidat du centre droit à la présidentielle. À une ministre qui le vannait récemment sur le fait qu’il soit «devenu de droite», le patron de Renaissance a ainsi répondu, comme le raconte le Parisien ce matin : «Tu sais, on s’adapte.» Attention toutefois, car en politique comme dans la vie, on tombe souvent sur un prédateur plus fort que soi.

CHEZ DÉPOL • On vous conseille de bien préparer vos vacances d'été pour souffler un grand coup, car dès la rentrée, on replongera tous dans le si passionnant et agréable débat budgétaire au Parlement. Tout le monde y réfléchit déjà et cherche le moyen d'en tirer un avantage grâce à la campagne présidentielle qui sera alors toute proche. Tel François Hollande, qui imagine un nouveau 49.3 négocié lui permettant de revendiquer des concessions arrachées au gouvernement. Mais ce dernier cogite aussi, à l'instar de sa porte-parole. Dans un grand classique macroniste, Maud Bregeon propose de ~dépolitiser~ le Budget pour parvenir à le faire adopter. Citée par le Canard enchaîné, celle qui est aussi ministre déléguée à l'Énergie explique qu'il «ne faut pas en faire un enjeu» : «On a tout intérêt à le présenter comme un Budget transitoire que la future Assemblée [élue après la présidentielle] modifiera en profondeur. Si on commence à politiser l'enjeu, je ne vois pas qui nous suivra.»

Qu'est-ce que je pourrais bien dépolitiser aujourd'hui ? Photo Ludovic Marin. AFP (2026)

METHOD MAN • Combien de ses 9 textes prioritaires, inscrits à l'agenda d'ici cet été, Sébastien Lecornu parviendra-t-il à faire passer ? Les déboires du gouvernement à l’Assemblée la semaine dernière ont fait gamberger l’exécutif sur une nouvelle méthode pour se rendre «utile» avant la fin de cette session parlementaire. La feuille de route : «Un gros objet par semaine, en plus d’un petit, comme une proposition de loi», écrit l’Opinion«L’accident du rejet de l’accord sur les ruptures conventionnelles doit servir d’exemple à tout le monde», affirme l'entourage du ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement (MRP), Laurent Panifous. Sur ce texte élaboré entre syndicats, la gauche est parvenue à voter un amendement de suppression, dans un hémicycle vidé de ses députés du centre et de la droite. Mais il va bien falloir que l’exécutif, plongé dans l'immobilisme, trouve des solutions pour gouverner malgré ce Parlement remuant. Car «il reste une bonne année de législature», prévient le «MRP» auprès du quotidien libéral. Eh oui, c’est long, surtout vers la fin.

PAS BANKABLE • Jordan Bardella commençait à le dire prudemment hier : même si «des démarches sont en cours» auprès des banques françaises, les refus probables de ces dernières devraient pousser le RN à recourir, à nouveau, à un prêt à l'étranger pour financer sa campagne présidentielle 2027. Le trésorier du parti d'extrême droite, Kévin Pfeffer, le reconnaît encore plus franchement dans le Figaro ce matin : «On a déjà des retours négatifs. D'autres discussions sont en cours, mais ce sera difficile de signer avec une banque française.» Un alarmisme qui permet aux frontistes de rejouer la petite musique d'une discrimination bancaire dont ils seraient victimes et de justifier de se faire financer hors des frontières tricolore. Et généralement, plus ou moins directement, par des régimes pas tout à fait blancs comme neige.

Elne : l'extrême droite s'attaque déjà aux LGBT+

La kryptonite de l'extrême droite. Photo Noémie Coissac. Hans Lucas via AFP (2025)

Par E.L.

Après les drapeaux européens, l’extrême droite s’attaque aux drapeaux LGBT+. Le maire d’Elne (66), Steve Fortel, classé «divers extrême droite» a décidé de retirer le drapeau arc-en-ciel du fronton de sa mairie, et de recouvrir un passage piéton aux mêmes couleurs. Ces symboles avaient été installés par l’ex-municipalité de gauche, «dans le cadre de la lutte contre toutes les discriminations et pour la défense des droits des lesbiennes, gays, bi et trans», rappelle l’ancien maire communiste Nicolas Garcia, qui dénonce ce «premier geste de la nouvelle municipalité» auprès d’Ici Roussillon

Joint par Chez Pol, Steve Fortel n’a pas souhaité expliquer son geste, et conserve ses réponses pour le «prochain conseil municipal, où l’opposition ne manquera pas d’aborder le sujet». L’élu d’extrême droite ne semble pas prompt à expliquer grand-chose, en fait. 

«On avait bu et j’ai raconté n’importe quoi»

Interrogé par Blast au sujet d’une vidéo où on le voit, en 2015, appelant à abattre la République, en train de lire l’hebdomadaire antisémite Rivarol, il répondait que son passé «n’intéresse pas grand monde», et que «la vie est faite de rencontres et de hasard, elle n’est pas linéaire». «On avait bu et j’ai raconté n’importe quoi», justifiait de plus belle celui qui s’affichait, encore en 2022, aux côtés d’Yvan Benedetti, un ex-militant du FN devenu président de l’Œuvre française, une organisation pétainiste et antisémite. 

Le maire d’Elne n’est d’ailleurs pas le seul à s’attaquer aux symboles queer ; ce week-end, l’édile divers droite de Faches-Thumesnil (59) a lui aussi pris la décision d’enlever la bannière LGBT+ pavoisant l’Hôtel de ville. Et a annoncé l'annulation de la marche des fiertés dans cette commune du Nord, provoquant l’ire des associations de défense des droits des personnes LGBT+.

Tête basse et mains sales, le RN ? Une chose est sûre, du côté de l'extrême droite, on aime bien profiter des deniers publics, quand bien même on n'y a plus droit. Le député lepéniste du Nord Michaël Taverne illustre parfaitement cette idée. Selon le Canard enchaîné, il est sous la menace de la justice. Élu une première fois député en 2022, puis réélu en 2024, cet ancien flic a continué à percevoir durant 2 ans son salaire de policier en plus de ses indemnités de parlementaire, pour un montant total de 63 462€. Comment l'ancien brigadier-chef a-t-il fait ? En demandant son détachement de la fonction publique 3 jours après son élection, et non pas sa mise en disponibilité. Le détachement, que le ministère de l'Intérieur lui a accordé, lui permet de conserver son salaire de poulet. En novembre 2024, la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) le somme de se mettre en disponibilité et de rembourser les émoluments perçus. Taverne finit par s'exécuter et demande sa mise en disponibilité à compter de… juillet 2024, omettant donc de rembourser l'argent perçu entre 2022 et 2024. C'est bien tenté. Mais on ne la fait pas à la HATVP, qui a donc décidé de saisir la justice, le PNF ouvrant ensuite une enquête pour «concussion». Il faut dire que la défense de Taverne est assez moisie. «Je suis victime d'un imbroglio administratif, assure-t-il au Canard. Dans son rapport, le PNF m'accuse d'avoir triché. C'est faux ! J'ai signé le document de détachement envoyé par le ministère de l'Intérieur sans savoir que c'était illégal.» Hum. On rappelle que nul n'est censé ignorer la loi, y compris un ex-flic. 

... l'élection d'Attal pourrait secouer à Bruxelles

Attal et Séjourné. Photo Thomas Samson. AFP (2026)

Attal sort donc son livre aujourd'hui«Je ne l'ai pas encore lu mais je suis sûr que c'est bien», plaisantait hier auprès de Chez Pol un soutien de l'ancien Premier ministre. L'ambitieux s'y dévoile personnellement et sa promo - à peu près aussi intense que celle d'un film avec Christian Clavier - prend le même chemin. Sur TF1, Attal a ainsi révélé être à nouveau en couple avec Stéphane Séjourné, avec qui il était pacsé jusqu'en 2022. OK mais qu'y a-t-il de politique là-dedans ? Eh bien imaginez 5 secondes qu'Attal soit élu, comme il le désire, président de la République l'an prochain. Son compagnon est commissaire européen et, rappelait hier Politico Europe, il a prêté serment «de privilégier les intérêts de l'UE et de s'engager à être indépendant des affaires nationales». Si Attal accède au Château, on entrerait dans l'inconnu car il n'y a aucune règle sur les relations personnelles entre les commissaires et les chefs d'État. Séjourné serait-il forcé de démissionner ? La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a en tout cas le pouvoir légal de révoquer les commissaires, notent nos confrères. Bref, cela créerait un précédent.

• Moulins, toute la journée Il va y avoir un paquet de gens à Moulins aujourd'hui. Déjà, toute une flopée de ministres puisque c'est dans la préfecture de l'Allier que se tient le conseil des ministres (11h). Le président Macron inaugure à 12h20 le projet de mine de lithium d’Imerys, à Échassières, suivie dans la foulée d'un discours. Puis il se consacre au «Projet Notre Dame», qui vise à accélérer des projets industriels stratégiques et des initiatives agricoles.

• Paris, 18h Comme Sarkozy en son temps, Attal publie son livre aux Éditions de l'Observatoire. Et comme Sarkozy, c'est dans la librairie Lamartine, dans le très chic XVIe arrondissement de la capitale, qu'il lance sa tournée de dédicaces. L'original, la copie, tout ça...



On termine avec notre jeu du jour. Le titre du livre d'Attal, En homme libre, rappelle quand même furieusement le titre d'…

• Un poème de Céline
• Un livre de Maurice Barrès
• Une chanson des Wampas
• Un film de Quentin Tarantino
• Un documentaire de Raymond Depardon

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus. 


Eh oui !

 Pour retrouver les articles de Chez Pol, c'est juste ici 
 
 


Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. Retailleau estime en effet qu'«il y a un énorme problème aujourd’hui avec les Espagnols». Et non pas «avec les Chinois».

Sur ce, bonne journée 👋. Et à demain sur les routes de l'info.

 

Chez Pol a été concoctée par 
Etienne Baldit, Sylvain ChazotEliott Lerat et Sébastien Tronche

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