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CHEZ POL 24 AVRIL

 


Je passe juste vous dire au revoir


#Lunettes #Ghost #Serpillère #Calculette #Jambon
Chez Pol n°1710 - Réservé aux abonnés Libé



Bonjour, nous sommes le 24 avril et c'est le bon jour pour rester philosophe.

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♫ Héllènes... vous vous appelez Héllènes ♪. Photo Gonzalo Fuentes. AFP (2025)

FAIT MAISON Le projet PS fait une transversale au féminisme

AU COMPTOIR Retailleau copie Philippe contre le narcotrafic ; un macroniste rejoint un maire RN ; et le redchef du JDD de Bolloré écrit le livre de Ciotti

VOST Trump ou Bloch, il fallait choisir

LE CHIFFRE 400%

YOUPOL Un logo à jeter dans le Vieux-Port

BO BO BONUS Attention si vous renversez la table

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI Hommage partout au génocide arménien

L'ADDITION Jouons avec les anciens Premiers ministres

BARRE TRANSVERSALE • Vous l'avez peut-être manqué mais on parle un peu de la présidentielle ces derniers jours. Habituez-vous, ça va être comme ça jusqu'à l'an prochain. Cette semaine, le PS a présenté son projet pour 2027, un projet censé définir un «nouveau socialisme pour le XXIe siècle». Rien que ça. Libé a déjà fait le point sur ces propositions, donc pas question de revenir sur cela en détail. En revanche, un élément a attiré notre attention : le projet, porté par Chloé Ridel, se veut résolument féministe. «On a essayé de sortir d’une logique classique où on ajoute un chapitre "droits des femmes" à la fin du programme, nous explique Laure Botella, secrétaire nationale en charge du pôle féminisation du PS. Là, l’idée était de reprendre l’ensemble du projet avec une approche transversale. Parce qu’il n’y a rien de plus transversal que les droits des femmes : ça traverse l’économie, le travail, la santé, l’éducation, la justice, l’international…» Botella est donc repassée sur les contributions des différents secrétariats nationaux avec ce qu'elle appelle des «lunettes de l’égalité» pour «regarder, mesure par mesure, ce que ça change pour les femmes, si ça corrige une inégalité ou si, au contraire, ça risque d’en recréer une, et identifier les angles morts qu’il pourrait y avoir». «Parce que si on veut transformer la société, on doit le faire pour toutes et tous. Y compris et surtout pour 51,6 % de la population», insiste-t-elle. Sy. C.

BOUCLE LA • Le PS a donc un programme présidentiel mais pas de candidat. Chez LR, c'est l'inverse. Mais Bruno Retailleau se démène pour combler ce retard et formule des propositions chaque jour ou presque. Il a ainsi une nouvelle idée pour lutter contre le narcotrafic. S’il était président, il créerait «un nouvel état d'urgence pour les quartiers gangrenés par le trafic de drogue», promettait-il hier, en marge d’un déplacement à la cité Pablo-Picasso de Nanterre. «Cela permettra de boucler certains quartiers, y compris par des blindés si nécessaire», précisait-il, histoire de pacifier le tout. Un bouclage qu’il souhaite effectif «24 heures sur 24», en contrôlant les «entrées et sorties», en demandant une seule fois l’autorisation au procureur de la République, précisait celui pour qui l'État de droit n'est «pas intangible ni sacré». Tiens tiens, cela nous rappelle un truc. En décembre, Édouard Philippe se disait lui aussi favorable à un «état d’urgence narco [...] comme on l'a fait sur la lutte contre le terrorisme». Quand on vous racontait hier que ces deux-là fricotent...

Comment ça j'ai plagié ? Photo Ivan Couturier. Hans Lucas via AFP (2026)

MACRON... SUBMERSION • À Fos-sur-Mer, la digue a vraiment rompu. Le maire RN Philippe Maurizot vient de recruter... un ex-macroniste comme directeur de cabinet, révèle la Marseillaise. Mais il faut voir que ledit dircab, Pierre Langeron-Saez, avait déjà entamé un virage progressif sur sa droite. Candidat MoDem aux départementales à Clermont-Ferrand en 2021, soutenu par Gabriel Attal à l’époque, le nouveau Fosséen était également collaborateur d’un député MoDem jusqu’en 2022. Après être passé par le cabinet d’une maire divers droite, il est devenu collab de la députée Renaissance Laurence Heydel Grillere, puis d’Éliane Barreille, présidente LR du conseil départemental des Alpes-de-Haute-Provence. Avant de rejoindre l’édile d'extrême droite Maurizot, en justifiant vouloir «sortir des aspects politico-politiques et se concentrer sur le projet». Le projet RN, donc. Encore un qui ne fait qu’un seul geste : retourner sa veste, toujours du bon côté.

DROIT D'INVENTAIRE • Macron le sait, une page va se tourner en 2027, alors il est en mode bilan. En février déjà, il mêlait autosatisfaction et mélancolie, se remémorant les «drôles de périodes» traversées, comme «les Gilets jaunes, le Covid, la guerre en Ukraine»... Hier à Chypre, devant des élèves à l'école franco-chypriote de Nicosie, il a concédé que le «plus dur» dans la dernière ligne droite de son double quinquennat, c'était de défendre son bilan tout en ayant «l'énergie» de «reprendre» ce qui n'a «pas été bien réussi» ; même si, rappelons-le, quand ça n'a pas marché, on n’appelle pas ça un échec pour autant. La dernière ligne droite, il ne doit pas être seul à la trouver longue. En avril, seuls 22 % des Français approuvent son action, après un plus bas à 17 % en septembre. «Il faut garder ce que t'as bien fait et essayer d'aller plus loin mais il faut parfois reprendre des choses que t'as mal faites», a relevé le coach en développement perso Président.

Je passe juste vous dire au revoir. Photo Yves Herman. AFP (2026)

ÉCRIVAIN DU DIMANCHE • On apprend via la Lettre ce matin que le rédacteur en chef du JDD Bollorisé, Raphaël Stainville, a une activité annexe en plus de celle de porte-voix du milliardaire et ses passions extrémistes. Stainville est également porte-plume pour les éditions Fayard - aussi propriété de Bolloré. Il a notamment écrit le livre d'Éric Ciotti et de la propagandiste russe Xenia Fedorova. Le red chef du JDD est donc ghostwriter du président d'un parti politique. À garder en mémoire quand des gens de droite et d'extrême droite parleront de journalistes militants…

Zéro tracas, zéro blabla, MMA

Macron et Trump. Photo Yoan Valat. AFP (2025)

Par Sy. C. 

Entre ici, Marc Bloch. Le 23 juin prochain, l’historien et résistant juif Marc Bloch entrera au Panthéon. Un événement qui unira les Français, du moins ceux qui persistent à considérer les nazis comme des méchants. Avant cela, il est donc temps de s'écharper et notamment au sujet de la date choisie pour la cérémonie. Le 16 juin, date de l'assassinat de Bloch en 44, avait été dans un premier temps pressenti. Mais la cérémonie a dû être décalée de quelques jours en raison du G7 qui se tiendra à Évian-les-Bains du 15 au 17 juin. Mais certains avancent une autre explication. 

Mi-mars, à l'occasion d'une conférence intitulée Performance et destruction : les leçons de l’histoire du XXe siècle, l'historien spécialiste du nazisme Johann Chapoutot s'est ému de ce report : «On apprend il y a 15 jours que la panthéonisation est décalée d’une semaine, au 23. Alors on se pose la question, j’appelle Suzette Bloch - la petite-fille - et on apprend que Trump a exigé un report du G7 parce qu’il voulait assister à un match de boxe à Washington. Autrement dit, le discours de panthéonisation en hommage à cet immense résistant qu'est Marc Bloch va être tenu par une serpillère qui s’est couchée devant Trump, comme évidemment dans les années 30 il serait couché devant Hitler. Une serpillère. C'est quand même paradoxal comme moment.» Pas besoin de vous préciser qui est cette «serpillère» mais si vous avez un doute, on vous donne un indice : son nom commence par la lettre M et se termine par «acron». Si la conférence date du 13 mars, elle a été mise en ligne le 20 avril et partagée hier à grande échelle sur les réseaux sociaux. La boss des députés LFI Mathilde Panot, notamment, a partagé l'extrait, en profitant pour traiter le Président de «paillasson». On reste dans le registre du ménage.

80 bougies

Côté Élysée, on se défend. «La date du G7 est habituellement calée en consultant les membres du G7, nous explique-t-on du côté du Château. Pas ainsi, pas comme ça, pas tel que ce monsieur le dit.» Et cela vient d'un Chapoutot qui, d'après l'entourage de Macron, «a l’air aussi nuancé que Trump qu’il critique en traitant le Président de "serpillère"». Le G7, initialement prévu du 14 au 16 juin, a bien été décalé d'une journée. Dès janvier, le média le Messager évoquait un possible report en raison du 80e anniversaire de Trump, le 14 juin prochain, et du grand tournoi de MMA qu'il organise devant la Maison-Blanche à cette occasion. «Les plus grands champions du monde vont tous se battre», annonçait le président ricain en décembre. Non, vous n'êtes pas dans un épisode de South Park.

En janvier, Politico US confirmait ce report et citait un responsable de la Maison-Blanche : «En tant que leader du monde libre, nos partenaires ont estimé que la présence du président Trump au sommet du G7 était essentielle. Ils ont donc aimablement modifié les dates afin de s’adapter à l’agenda du président américain.» Aimable ou servile, ça dépend d'où l'on regarde finalement. 

On apprenait mercredi que la présidente LR de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli, s’était augmentée de 700 € par mois. Et voilà qu'hier, le conseil municipal de Lyon adoptait une délibération faisant passer les frais de représentation du maire écolo Grégory Doucet à 15 000 € par an contre 3000 lors du précédent mandat. Une aubaine pour la droite - et ses relais - qui ont donc sorti leur calculette et trouvé que passer de 3000 à 15 000 €, cela représentait une hausse de 400%. «Une augmentation outrancière et indécente», a notamment fustigé Jean-Michel Aulas. Sauf que ce n'est pas si simple. Du côté de la majorité lyonnaise, on se défend en arguant mettre en place un système plus clair. «Au précédent mandat, plusieurs enveloppes existaient pour les différents frais inhérents à la fonction de maire : frais de représentation publique, frais de déplacements, frais liés à des évènements institutionnels et frais de restauration, nous détaille Valentin Lungenstrass, adjoint au maire de Lyon en charge des Finances. Pour vous donner une idée, l'ensemble de ces dépenses représentait entre 12 000 et 14 000 € selon les années. Avec cette enveloppe votée au conseil municipal, une seule ligne de compte est inscrite pour l'ensemble des dépenses, pour plus de clarté.» Et l'on rappelle, du côté de l'Hôtel de ville, que ces 15 000 € sont un plafond et ne seront pas forcément dépensés en intégralité. Surtout, l'édile lyonnais s'est engagé à publier et à justifier chacune de ces dépenses. Voilà pour le côté feutré. Dans un communiqué diffusé hier, la ville de Lyon s'est montrée moins aimable. «Alors que certains dénoncent aujourd’hui la réévaluation des frais de représentation du maire, celle-ci doit être analysée au regard des pratiques observées dans d’autres collectivités, écrit-on. À titre de comparaison, il faudrait mobiliser l’entièreté de cette enveloppe pendant au moins 10 ans pour atteindre le montant engagé par Laurent Wauquiez, alors Président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes pour un seul "Dîner des sommets".» On appelle ça une balle perdue.

No logo

C’est l’amer qui fait le mou. Euh non pardon, le maire qui fait la moue. L’édile de Marseille, Benoît Payan, n’aime pas le nouveau logo de l’Olympique de Marseille. Pour être tout à fait précis, il trouve que le visuel «est horrible». Et justifie, pour donner son avis, d’une expertise en marketing : «J’en ai vu des logos hein, mais des logos aussi laids, jamais», témoigne-t-il auprès de BFM Marseille. Alors on n'a peut-être pas son bagage, mais nous à Chez Pol, on trouve que celui du FC Nantes, dans le genre foirage de relooking, est quand même pas mal. Le maire de la 2e ville de France considère même que le club phocéen doit «réparer» son «erreur», visiblement vexé que Volkswagen se soit moqué du nouveau logo de son écurie. Car après l’annonce officielle du design, les réseaux sociaux s’en sont donné à cœur joie pour le dégommer ; la marque allemande a quant à elle «tourné son logo en se moquant de nous en disant "en fait le logo de l’OM c’est le logo de Volkswagen"», déplore l’édile. Mais bon, il paraît qu’il n’y a pas de mauvaise pub.

Nico les bons tuyaux

Hier dans le Parisien, Retailleau s'est engagé : «Je veux renverser la table.» Une promesse ô combien originale pour un politique et qui nous a rappelé cet avertissement de Nicolas Sarkozy aux électeurs FN, en 2015 : «C’est pas parce que vous voulez renverser la table que vous descendez de la voiture dont vous vous abstenez de choisir le chauffeur.» 11 ans après, c'est toujours aussi clair qu'une chanson de Carla Bruni. 

• Marseille, 11h Lecornu a passé la nuit à Marseille. Et ce matin, il participe à une cérémonie de commémoration du génocide arménien. D'autres cérémonies sont prévues, notamment à Paris avec le ministre délégué Jean-Didier Berger et le nouveau maire Grégoire. Aurore Bergé (pas Berger) est elle en Arménie avec sa collègue Alice Rufo (Anciens combattants).

• Grèce, après-midi Après son escapade chypriote, Macron file chez les Hellènes avec ses ministres Vautrin (Armées) et Lescure (Économie). Il y rencontrera le Premier ministre grec Kyriákos Mitsotakis (18h30) puis le président Konstantínos Tasoúlas (19h45) avant de participer à un dîner de travail (20h30).

• Et aussi ce week-end François Ruffin tient un meeting en plein air à Lyon (16h), sous la forme d'entretien d'embauche. Le député a d'ailleurs mis à jour son CV. Dimanche, Attal poursuit sa promo, cette fois dans le Pays basque. Il participe notamment à la foire au jambon de Bayonne.

On termine avec notre jeu du jour. On avait déjà Édouard Philippe, Gabriel Attal, Dominique de Villepin... Quel autre ex-Premier ministre envisage de se présenter à la présidentielle ?

• Édith Cresson
• François Fillon
• Jean-Marc Ayrault
• Bernard Cazeneuve
• Jean-Pierre Raffarin

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus. 


Absolument !

Dans le Parisien, Cazeneuve explique que sa «détermination est totale». Hé bé... 

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Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. En effet, Bruno Le Maire parle bien de Donald Trump quand il dit : «C'est un homme d'instinct. Il sent les choses et les hommes comme personne. Il ne juge pas, il flaire. Il a fait de l'imprévisibilité une méthode de gouvernement.» Et non, l'ancien ministre de l'Économie ne parle pas ainsi de François Hollande, qui est pourtant imprévisible aussi.

Sur ce, bonne journée et bon week-end 👋. Et à lundi sur les routes de l'info.

 

Chez Pol a été concoctée par 
Etienne Baldit, Sylvain ChazotEliott Lerat et Sébastien Tronche


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