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CHEZ POL 28 AVRIL

 
















#Standby #Sale #Évangile #Fanfare #Schpountz 
Chez Pol n°1712 - Réservé aux abonnés Libé



Bonjour, nous sommes le 28 avril et c'est le bon jour pour se donner rendez-vous en terre inconnue.

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Aurore Bergé. Photo Ian Langsdon. AFP (2026)

FAIT MAISON On est doublement déçus : Renaissance va garder son nom et Borne ne peut pas être partout

AU COMPTOIR Le président de la commission audiovisuel public accusé de haute trahison par la gauche ; Glucksmann presque lâché par l'un des siens ; et, ô surprise, les insoumis vont choisir Mélenchon pour 2027

LE CHIFFRE 14 754

POURQUOI... Le rapport Alloncle pourrait ne pas être publié

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI Rencontre du 3e type entre Bergé et les insoumis

L'ADDITION Jouons avec Castets

NON DE NOM • On ne va pas y aller par quatre chemins : on commence cette newsletter par un coup dur. Car selon nos infos, confirmant celles de Politico, Gabriel Attal a bien abandonné l'idée de changer le nom de Renaissance. On vous fait suivre ce feuilleton depuis juillet dernier en attendant fébrilement l'officialisation du 4e nom en 10 ans pour le parti macroniste. L'appellation «Nouvelle République», abondamment utilisée par l'ex-Premier ministre et quasi candidat à la présidentielle, semblait tenir la corde. Mais cela traînait et, le temps passant, on sentait bien que le cœur n'y était plus. L'entourage d'Attal nous le confirme ce matin : «Le chantier est en stand-by. Ce n'est plus prioritaire. On s'est posé la question du timing dès la consultation de l'été dernier.» À cette date, les «remontées» faites à la direction du parti par les adhérents invités à donner leur avis sur (entre autres) ce changement de nom pointaient un urgent besoin d'«attendre que les municipales soient passées pour ne pas perturber nos candidats», nous raconte-t-on. Et depuis, se serait imposée l'idée de se doter d'un autre «nom propre pour une potentielle campagne, sans changer juridiquement le nom du parti». Un peu à l'image des bannières électorales «Ensemble citoyens» puis «Ensemble pour la République» qui, aux législatives 2022 et 2024, regroupaient les candidats macronistes, du MoDem et d'Horizons. Ce nouveau nom devra alors «parler» aux gens et «projeter l'idée du parti», explique encore l'entourage d'Attal, reconnaissant l'ampleur de la tâche : «D'après nos consultations, même pas un tiers des Français voient ce qu'incarne Renaissance.» Il ne faudra donc pas se louper sur le prochain label. Et ce ne sera pas forcément «Nouvelle République», le concept que le député des Hauts-de-Seine veut imposer en 2027, avec un site dédié et des événements publics à ce nom (encore ce soir à Lyon) : «Ce n'est pas acté, on réfléchit à d'autres projets.» Même si cette marque «est un nom qu'on exploite déjà, quelque chose qui vit actuellement». Et quand est-ce qu'on aura le fin mot de l'histoire ? Prenez votre mal en patience, car il n'y a «pas de date fixée». Comptez sur nous pour vous tenir au courant. E.B.

Un abandon qui ne dit pas son nom. Photo Adnan Farzat. NurPhoto via AFP (2026)

MAIS ELLE EST OÙ ? PAS LÀ • Au risque d’ajouter une nouvelle déception à cette journée : sachez-le, Élisabeth Borne n'a pas le don d'ubiquité. L'ex-Première ministre, désormais députée du Calvados, ne peut pas être au four parisien et au moulin normand. Alors qu'elle s'apprête à sortir un livre, Réveillons-nous, le 7 mai, et à lancer son propre parti, selon l'Opinion, Borne a semble-t-il déserté sa circonscription. Jeudi dernier, l'hebdo régional La voix du bocage rapportait que la permanence de Borne était à «l'abandon» : «La boîte aux lettres déborde, la façade se dégrade… La permanence viroise de la députée Borne est à l'image de sa présence sur la circonscription. Le lieu est déserté et aucune permanence n'a jamais été mise en place.» «Elle n'est jamais là, ce n’est pas une surprise. Mais c’est vrai qu’elle ne fait même pas semblant», préfère en rire, auprès de Chez Pol, un opposant du coin à la macroniste. Le même ajoute : «Les courriers et même les mails restent en général sans réponse. Son suppléant faisait du terrain mais là, c’est fini. Elle se pointe parfois à une commémoration. Je dirais au max une présence visible par mois, et encore, je suis généreux.» Noé Gauchard, ex-candidat LFI du NFP dans la 6e circo du Calvados qui s'était désisté pour Borne pour faire barrage au RN, juge aussi «assez fou» qu’elle n’ait «absolument aucune présence en circo». Et l'enseignant à l'université de Caen de nous expliquer, ironique : «Il paraît qu’elle est venue à une cérémonie de vœux dans une commune en janvier, mais ce n’est pas confirmé.» «La permanence n’est plus utilisée depuis fin 2024. Nous sommes à la recherche d’un nouveau local, idéalement situé en centre-ville de Vire. À ce jour, les locaux visités n’ont pas permis de répondre pleinement aux attentes pour recevoir du public», s'est justifié l'entourage de la députée Renaissance à la Voix du Bocage. Mais Gauchard souligne également l'absentéisme de Borne à l'Assemblée, pourtant située à Paris. «Borne, depuis son retour comme députée à l’Assemblée en novembre, c’est : 0 intervention en commission, 0 intervention en hémicycle, 0 proposition de loi écrite, 0 amendement déposé, 2 déplacements en circonscription», flingue-t-il avant de conclure : «Le Calvados mérite mieux.» S.T.

AH BAH C’EST DU PROPRE • Le rapport de la si décriée commission d'enquête sur l'audiovisuel public, signé par le député ciottiste Charles Alloncle, a finalement été adopté hier à 2 voix près, malgré l'opposition de la gauche et grâce à l'abstention du «bloc central». Dans ces conditions, les votes pour du président de la commission Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) et du député Liot Laurent Mazaury sont forcément pointés du doigt. La députée PS Ayda Hadizadeh a même directement accusé le premier, dans les couloirs de l'Assemblée comme le rapporte les Jours, d’avoir «lâché» les députés «en rase campagne», précisant à la presse : «Nous étions sur la même boucle Telegram et il disait qu’il voterait contre. Mais pendant la commission, il était fébrile. Il a eu peur d’être attaqué par les médias Bolloré. C’est très sale, ce qu’il a fait.» Le philippiste «a changé son vote au dernier instant» et «permis la publication de ce rapport», a chargé Aurélien Saintoul, lui aussi publiquement. Le député LFI accuse Patrier-Leitus de s'être satisfait du retrait d’une insinuation, en introduction du rapport, qui indiquait qu’il n’aurait pas dû présider la commission en raison d’une présence passée au conseil d’administration de Radio France (en qualité de représentant de l’Assemblée) : «Dès lors que cette mise en cause a été retirée par le rapporteur, il a cru qu'il pouvait désormais donner son approbation à la publication. […] Ce détail donne la mesure de la gravité du choix et du caractère futile des protestations du président jusqu'à présent et de son insincérité.»

Jérémie Patrier-Leitus. Photo Alain Jocard. AFP (2025)

ARRÊTEZ VOS SALADES • Des accusations que Patrier-Leitus conteste, sur France Inter ce matin, affirmant que ce que raconte Saintoul n'est pas «parole d'évangile» et même carrément «faux» : «J'ai dit très clairement, dans la Tribune dimanche [dès le 19 avril, ndlr], j'ai pris personne en traître, j'ai été le seul avant la lecture du rapport à dire que, par principe, je souhaitais sa publication par souci de transparence. […] Je n'ai jamais dit que je voterais contre ce rapport, j'ai dit que je ne m'opposerais jamais à sa publication.» En revanche, aucune question n'a été posée au député Horizons sur la boucle Telegram évoquée par Hadizadeh, dans laquelle «il disait qu’il voterait contre», selon la socialiste. Patrier-Leitus n'a donc ni confirmé ni infirmé cet élément.

ÉVAPORATION • La gauche et la présidentielle, c'est un peu le métro à 6 heures du soir, pour paraphraser Malraux. Car les prétendants à l'Élysée sont bien aussi nombreux qu'une rame bondée à l'heure de pointe. Ce qui ne fait pas les affaires de Raphaël Glucksmann, qui essaye d'accélérer pour s'imposer en vue de 2027 avec un projet en gestation ainsi qu'un livre et un meeting en préparation. Mais malgré ce petit coup de gaz, le doute s'installe même au sein de Place publique. «La décantation par les sondages, c’est une erreur, une erreur profonde», fustige le sénateur PP Bernard Jomier à Public Sénat«Soit il y a une décantation, avec certains qui renoncent, avec les questions financières, et la capacité à rassembler. Soit oui, il faudra demander l’avis des électeurs. Sinon, je ne vois pas le juge de paix», ajoute-t-il, ouvrant la porte à une participation de Glucksmann à une primaire que l'eurodéputé rejette pourtant de toutes ses forces. Car, insiste Jomier, son poulain, qui «a des qualités indéniables», est «devenu un candidat parmi d'autres». On n'est jamais trahi que par les siens.

Et alleeez, c'est parti pour les trahisons... Photo Lou Benoist. AFP (2026)

ET SINON ••• Selon le Parisien, c’est ce dimanche devant les parlementaires insoumis que Jean-Luc Mélenchon devrait être officiellement proposé comme candidat à la présidentielle, pour une 4e tentative. Et ce malgré son souhait sincère d’être «remplacé» pour que quelqu’un fasse «mieux» que lui en 2022. Car malheureusement, et après des recherches intenses depuis presque 4 ans, absolument personne ne semble correspondre à ce profil.

C'est, 9 jours après sa mise en ligne, le nombre incroyable de signataires du manifeste Construire 2027, lancé le 19 avril par Glucksmann, Boris Vallaud et Yannick Jadot. Pas franchement un démarrage en fanfare pour cette initiative visant à promouvoir une candidature sociale-démocrate à la présidentielle. Le HuffPost a suivi l'évolution du compteur et la dynamique n'est pas folichonne : «Dimanche 19 avril au matin, quelques heures après sa mise en ligne et le début des relais médiatiques, le manifeste avait atteint 2484 signatures. 3 jours plus tard, le compteur en affichait 7888 à la mi-journée.» Une semaine plus tard, on en est donc à un peu moins de 15 000. Par comparaison, l'initiative similaire de François Ruffin, avec son site Nous Président, avait atteint, selon le député-reporter, 40 000 soutiens en 48h. Lancé fin janvier, le compteur affiche désormais 119 236 soutiens. 

... le rapport Alloncle pourrait ne pas être publié

Charles Alloncle. Photo Xose Bouzas. Hans Lucas via AFP (2026)

Par E.L.

Le schpountz autour de la commission Alloncle n’est pas forcément terminé. Il existe encore une procédure qui pourrait empêcher la publication de son rapport. Elle est étonnante, méconnue et n’a pas été utilisée depuis la Seconde Guerre mondiale. C’est celle dite des «comités secrets», comme l'a relevé le journaliste parlementaire Pierre Januel. À la demande d’un dixième des députés, ou du Premier ministre, l’Assemblée peut organiser un vote pour décider de se constituer en comité secret. Et ce dernier peut ensuite «décider, par un vote spécial [...] de ne pas autoriser la publication de tout ou partie du rapport d’une commission d’enquête», dispose une ordonnance de 1958 portant sur l’organisation des assemblées. 

Cela signifie que si 58 députés en font la demande, un vote aura lieu sur la constitution de l’Assemblée en comité secret, qui pourra à son tour décider du sort du rapport de la commission sur l'audiovisuel public. Or, cette demande doit être faite dans les 5 jours qui viennent, période pendant laquelle les députés ne sont pas censés communiquer d’éléments du rapport. 

La dernière fois qu’un comité secret s’est effectivement réuni, c’était en avril 1940, lors de la «drôle de guerre», juste avant l’invasion de la France par l'Allemagne nazie. Ses débats ont finalement été rendus publics après la guerre. Plus récemment, en 1986, le groupe socialiste avait tenté de convoquer un comité secret, vraisemblablement à des fins d’obstruction parlementaire, mais n’avait pas obtenu de scrutin tendant à sa convocation à une voix près (57).

• Sénat, dès 11h La commission mixte paritaire sur le projet de loi sur les fraudes sociales et fiscales est convoquée au Palais du Luxembourg. Et à 18h30 auront lieu les explications de vote des groupes puis le scrutin public solennel sur le projet de loi-cadre relatif au développement des transports.

• Paris, 16h30 Le gouvernement poursuit ses consultations en vue de l'élaboration d'un projet de loi contre «les formes contemporaines de l'antisémitisme», après le retrait de la proposition de loi Yadan. Après avoir reçu hier les associations de la société civile, Aurore Bergé reçoit les groupes parlementaires. Et une fois n’est pas coutume, les insoumis ont changé d’avis et participeront bien à la réunion.

• Et aussi Le coprince Macron achève sa visite en Andorre ; Attal organise à Lyon sa 2e nuit de la Nouvelle République ; et Villepin donne une conférence à la Haye.

On termine avec notre jeu du jour. Complétez cette phrase de Lucie Castets : «Tout le monde devrait être ____»

• Antifa
• Antigone
• Antihéros
• Anticapitaliste
• Antimacroniste
• Anticonformiste

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus. 


Absolument !

C'est bien ce qu'a dit Castets à l'Humanité.

 Pour retrouver les articles de Chez Pol, c'est juste ici 
 
 


Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. En effet, l'équipe d'Attal a bien prévu, à l'occasion de son grand meeting parisien du 30 mai, d'installer une fan-zone pour suivre la finale de la Ligue des champions. Et non d'installer un livre d'or du macronisme.

Sur ce, bonne journée 👋. Et à demain sur les routes de l'info.

 

Chez Pol a été concoctée par 
Etienne Baldit, Sylvain ChazotEliott Lerat et Sébastien Tronche


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