| NON DE NOM • On ne va pas y aller par quatre chemins : on commence cette newsletter par un coup dur. Car selon nos infos, confirmant celles de Politico, Gabriel Attal a bien abandonné l'idée de changer le nom de Renaissance. On vous fait suivre ce feuilleton depuis juillet dernier en attendant fébrilement l'officialisation du 4e nom en 10 ans pour le parti macroniste. L'appellation «Nouvelle République», abondamment utilisée par l'ex-Premier ministre et quasi candidat à la présidentielle, semblait tenir la corde. Mais cela traînait et, le temps passant, on sentait bien que le cœur n'y était plus. L'entourage d'Attal nous le confirme ce matin : «Le chantier est en stand-by. Ce n'est plus prioritaire. On s'est posé la question du timing dès la consultation de l'été dernier.» À cette date, les «remontées» faites à la direction du parti par les adhérents invités à donner leur avis sur (entre autres) ce changement de nom pointaient un urgent besoin d'«attendre que les municipales soient passées pour ne pas perturber nos candidats», nous raconte-t-on. Et depuis, se serait imposée l'idée de se doter d'un autre «nom propre pour une potentielle campagne, sans changer juridiquement le nom du parti». Un peu à l'image des bannières électorales «Ensemble citoyens» puis «Ensemble pour la République» qui, aux législatives 2022 et 2024, regroupaient les candidats macronistes, du MoDem et d'Horizons. Ce nouveau nom devra alors «parler» aux gens et «projeter l'idée du parti», explique encore l'entourage d'Attal, reconnaissant l'ampleur de la tâche : «D'après nos consultations, même pas un tiers des Français voient ce qu'incarne Renaissance.» Il ne faudra donc pas se louper sur le prochain label. Et ce ne sera pas forcément «Nouvelle République», le concept que le député des Hauts-de-Seine veut imposer en 2027, avec un site dédié et des événements publics à ce nom (encore ce soir à Lyon) : «Ce n'est pas acté, on réfléchit à d'autres projets.» Même si cette marque «est un nom qu'on exploite déjà, quelque chose qui vit actuellement». Et quand est-ce qu'on aura le fin mot de l'histoire ? Prenez votre mal en patience, car il n'y a «pas de date fixée». Comptez sur nous pour vous tenir au courant. E.B. | | Un abandon qui ne dit pas son nom. Photo Adnan Farzat. NurPhoto via AFP (2026) | MAIS ELLE EST OÙ ? PAS LÀ • Au risque d’ajouter une nouvelle déception à cette journée : sachez-le, Élisabeth Borne n'a pas le don d'ubiquité. L'ex-Première ministre, désormais députée du Calvados, ne peut pas être au four parisien et au moulin normand. Alors qu'elle s'apprête à sortir un livre, Réveillons-nous, le 7 mai, et à lancer son propre parti, selon l'Opinion, Borne a semble-t-il déserté sa circonscription. Jeudi dernier, l'hebdo régional La voix du bocage rapportait que la permanence de Borne était à «l'abandon» : «La boîte aux lettres déborde, la façade se dégrade… La permanence viroise de la députée Borne est à l'image de sa présence sur la circonscription. Le lieu est déserté et aucune permanence n'a jamais été mise en place.» «Elle n'est jamais là, ce n’est pas une surprise. Mais c’est vrai qu’elle ne fait même pas semblant», préfère en rire, auprès de Chez Pol, un opposant du coin à la macroniste. Le même ajoute : «Les courriers et même les mails restent en général sans réponse. Son suppléant faisait du terrain mais là, c’est fini. Elle se pointe parfois à une commémoration. Je dirais au max une présence visible par mois, et encore, je suis généreux.» Noé Gauchard, ex-candidat LFI du NFP dans la 6e circo du Calvados qui s'était désisté pour Borne pour faire barrage au RN, juge aussi «assez fou» qu’elle n’ait «absolument aucune présence en circo». Et l'enseignant à l'université de Caen de nous expliquer, ironique : «Il paraît qu’elle est venue à une cérémonie de vœux dans une commune en janvier, mais ce n’est pas confirmé.» «La permanence n’est plus utilisée depuis fin 2024. Nous sommes à la recherche d’un nouveau local, idéalement situé en centre-ville de Vire. À ce jour, les locaux visités n’ont pas permis de répondre pleinement aux attentes pour recevoir du public», s'est justifié l'entourage de la députée Renaissance à la Voix du Bocage. Mais Gauchard souligne également l'absentéisme de Borne à l'Assemblée, pourtant située à Paris. «Borne, depuis son retour comme députée à l’Assemblée en novembre, c’est : 0 intervention en commission, 0 intervention en hémicycle, 0 proposition de loi écrite, 0 amendement déposé, 2 déplacements en circonscription», flingue-t-il avant de conclure : «Le Calvados mérite mieux.» S.T. |
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