| | PAS DE PÉTROLE MAIS DES IDÉES • Depuis deux mois, les groupes de gauche s’échinent à trouver des propositions pour répondre à la crise du carburant. Et avancent avec des stratégies divergentes. LFI a choisi la radicalité, en présentant une proposition de loi visant à nationaliser l’industrie pétrolière, dont des raffineries détenues par Total et des pipelines. Une fois n’est pas coutume, au sein même du PS, les lignes divergent. La position officielle prévoit la taxation des superprofits des compagnies pétrolières et la redistribution des excédents de recettes. Mais Philippe Brun regrette que son groupe ne propose pas une baisse de la TVA (que porte aussi le RN) et des taxes à la consommation sur l’énergie, qui représentent environ 60% du prix à la pompe. «Le PS risque de passer à côté de la crise du carburant comme il est passé à côté de la crise des Gilets jaunes», s’inquiète l’élu d’un territoire à l’électorat très populaire et gros rouleur, auprès de l’Opinion. «On ne peut pas se contenter de suivre la politique des petits chèques du gouvernement, expliquait-il mardi en réunion de groupe. Baisser la fiscalité sur les carburants, on l’a fait sous Lionel Jospin. Si on ne revendique pas ce que les socialistes ont fait de bien, personne ne le fera à notre place.» Avant d’adopter la ligne officielle, plus tard, lors des QAG, et d’annoncer le dépôt d’une proposition de loi prévoyant la taxation des bénéfices exceptionnels liés aux crises. | | C'est quoi notre ligne déjà ? Photo Telmo Pinto. NurPhoto via AFP (2026) | RATTRAPÉ PAR LA PATROUILLE • Retailleau n'avait pas jugé utile de sanctionner Yves Foulon, le maire LR d'Arcachon, filmé en train de menacer et d'insulter son opposant écolo Vital Baude. La justice n'a pas la même vision de l'affaire et a, elle, jugé bon de juger l'édile après l'ouverture d'une enquête pour menace, injure non publique et violences. Sud Ouest révèle ainsi que Foulon, interrogé hier à l’hôtel de police de Bordeaux par la Division de la criminalité organisée et spécialisée, devra passer devant le tribunal correctionnel le 1er juillet. «Je vais tout faire pour vous baiser et je vais trouver quelque chose. […] Je vais trouver dans votre vie personnelle... si je pouvais vous enculer je le ferais ! [...] Vous allez voir, 6 ans, ça va être terrible pour vous et votre famille», avait balancé le maire arcachonnais à Baude dans une vidéo publiée le 17 mars par le média en ligne Vakita. S'il avait jugé les propos de Foulon «inacceptables», Retailleau avait préféré les replacer dans leur «contexte» et simplement demandé à l'intéressé de s'excuser. Ce qu'il avait fait le lendemain des faits, reconnaissant «un comportement inapproprié». «Foulon a très vite condamné ses propos et présenté des excuses publiques et totales à tous ceux qu’il a pu heurter et blesser», rappellent ses avocats à Sud Ouest, précisant qu'ils ont, eux aussi, porté plainte pour violation de la vie privée. | DREAM TEAM • La poutre travaille tellement qu’elle pourrait reconfigurer la politique française d’une manière inattendue. Alors que va se refermer la parenthèse macroniste après 10 ans au pouvoir, que feront en 2027 ceux qui ont cheminé avec Emmanuel Macron ? Game changer de la victoire de l’ancien ministre de l’Économie de François Hollande en 2017, François Bayrou pourrait-il ne pas soutenir un compagnon de route de cette décennie ? C’est en tout cas le rêve caressé par des partisans de Bernard Cazeneuve, qui aimeraient bien voir l’éphémère Premier ministre centriste rallier l’éphémère Premier ministre socialiste. Et ce malgré sa forte démonétisation après son passage raté à Matignon et sa défaite municipale à Pau. «J’espère qu’il le fera. Je le vois mal soutenir un autre candidat que Cazeneuve», confie l’ex-député rose David Habid, désormais porte-parole de la Convention, la petite boutique cazeneuvienne, à la Tribune dimanche. L’hebdo dominical a également interrogé directement le toujours président du Modem sur cette hypothèse. Réponse sibylline de l’intéressé en deux émojis : un sourire et un clin d’œil. | | Et si c'étaient eux ? Photo Fred Tanneau. AFP (2024) | DURA LEX SED LEX • L’amateurisme au RN, décidément, ne se dément pas. Le député de Côte-d’Or René Lioret en offre une nouvelle illustration. Hier, à l’ouverture de l’assemblée plénière du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, le président PS Jérôme Durain a acté la fin du mandat de conseiller régional du lepéniste. La raison ? Un député ne peut cumuler plus d’un mandat local non exécutif en plus de son siège parlementaire, une incompatibilité stricte posée par la loi sur le non-cumul. Or Lioret a été élu en mars conseiller municipal de Beaune. Un mandat de trop. Faute d’avoir démissionné à temps de son poste à la mairie, c’est son mandat le plus ancien - celui de conseiller régional - qui a été automatiquement supprimé. Lioret n’est donc plus, désormais, que député. «Je ne m’étais pas renseigné avant, je pensais que ça ne concernait que les mandats avec des responsabilités comme les adjoints», a réagi l’élu d’extrême droite auprès du Bien Public. Et d’ajouter, fataliste : «C’est une loi un peu curieuse, mais c’est comme ça…» | ET SINON ••• Ancien macroniste passé chez les écolos, Cédric Villani va présider le comité scientifique de la campagne de Marine Tondelier, a annoncé hier la patronne des écolos et candidate déclarée à la primaire de la gauche hors LFI. Le mathématicien, lauréat de la médaille Fields en 2010, avait échoué en 2022 à conserver son fauteuil de député qu'il briguait alors sous l'étiquette Nupes. | |
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