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CHEZ POL 9 AVRIL

 


Bonjour, nous sommes le 9 avril et c'est le bon jour pour faire profil bas.

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Oh la boulette. Photo David Richard. Libération  (2025)

FAIT MAISON Une page va se tourner à Bordeaux

AU COMPTOIR Bardella en une de Match : du «peopopulisme», selon Corbière ; Le Pen passe à table avec le patronat ; et Villepin apprend de ses erreurs

LE MOT «Excuses»

PASSION ARCHIVES Les zigzags de la nouvelle députée LFI Shéhérazade Bentorki

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI Niche Horizons et Macron à Rome

L'ADDITION Jouons avec Dati

MISE AU VERT • Battu d’un cheveu par le macroniste Thomas Cazenave aux dernières municipales, Pierre Hurmic tire sa révérence. «Je m’apprête à démissionner de mon mandat d’élu municipal et métropolitain. Ce n’est pas encore fait mais il faut savoir tourner les pages. J’ai pu faire, un peu contre les usages, lors du conseil municipal d’installation du nouveau maire, un bref discours dans lequel je le laissais clairement entendre», explique à Chez Pol l’ex-maire écolo de Bordeaux, confirmant une information de Challenges. L’hebdomadaire évoquait par ailleurs comme reconversion le lancement d'un «think tank autour des enjeux de la démocratie locale». Une info qu'Hurmic dément formellement : «C’est inexact.» Avec ce départ, c’est une page de 30 ans d’engagement qui se referme. Élu pour la première fois en 1995, cet avocat de formation aura marqué la vie politique bordelaise, passant du statut de simple conseiller à celui de maire, avant de céder les rênes de la cité girondine à la macronie. S.T.

Vert l'infini et au-delà. Photo Romain Perrocheau. AFP (2026)

TIC TAC • Dans 9 jours à peine, les 18 et 19 avril, les adhérents de LR sont convoqués pour trancher sur une question cruciale : quelle stratégie adopter en vue de la présidentielle 2027 ? Au menu, trois options aussi alléchantes qu'un buffet de cantine : une primaire ouverte à des partenaires de droite, une consultation interne ou la simple investiture directe de Bruno Retailleau. Un scrutin expédié dans des délais record après l’annonce tonitruante du patron de LR, vivement critiquée en interne et qui a déjà provoqué le départ de David Lisnard«Pour voter, il faudra être à jour de sa cotisation 2026», nous explique-t-on dans l’entourage du patron de LR. Et de souligner que la limite «pour adhérer ou réadhérer» a été fixée à demain. Pas le temps, donc, pour les barons du parti de «faire des cartes», comme on dit, c’est-à-dire de recruter à la hâte des militants pour peser sur le résultat. Mais une chose est sûre, reconnaît-on à la direction, il y aura «forcément moins» d’encartés que les 120 000 membres décomptés lors de l’élection à la présidence du parti. En mai 2025, un peu plus de 98 000 adhérents LR avaient participé au triomphe de Retailleau sur Laurent Wauquiez (75% contre 25%). S.T.

UNION PAS POPULAIRE • Le hasard fait décidément bien les choses. Paris Match a eu la chance inouïe d’avoir l’un de ses photographes posté en Corse exactement sur la plage où Jordan Bardella se promenait avec sa compagne, la riche héritière italienne Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles. Parfaitement maquillé et apprêté pour cette balade «spontanée», le couple a donc décroché la Une de l’hebdomadaire, célébrant «l’idylle que personne n’attendait»«Le peopopulisme… ou la nouvelle étape écœurante de la banalisation de l’extrême droite»a fustigé Alexis Corbière. Et le député ex-LFI de parodier la célèbre punchline de l’hebdo détenu par LVMH : «Paris Match : Le poids des maux, le choc des fachos.» Et une bonne pub gratuite pour le président du RN, favori des sondages pour 2027. Ces photos rappellent également celles publiées par Match en 2016 sur le couple Macron, marchant main dans la main sur une plage de Biarritz et croisant un nudiste.

Hasard de dingue.

COPINAGE • Chassez le naturel, il revient au galop. Être élue à Hénin-Beaumont ne suffit pas à gommer la proximité de Marine Le Pen et de l’extrême droite avec la grande bourgeoisie. Selon le Nouvel Obs, la triple candidate à la présidentielle a été l’invitée, mardi, d’un dîner organisé par le club Entreprise et Cité, une organisation patronale loin d’être une asso de dirigeants de PME du Loir-et-Cher. Autour de la table du restaurant Drouant se trouvaient ainsi les patrons de TotalEnergies, Accor, Engie, Renault, mais aussi le PDG de LVMH, Bernard Arnault. Le tout pour évoquer entre puissants «les grands sujets géopolitiques du moment, les enjeux économiques pour la France, sa place dans le monde», selon l’hebdo. De quoi rappeler à Olivier Faure que c’est aussi chez Drouant, où se décerne le prix Goncourt, qu’avait été primé Éric Vuillart en 2017 pour L’Ordre du jour. L’ouvrage raconte notamment le défilé des industriels et des financiers allemands invités par Goering et Hitler à financer le parti nazi en 1933, lors de réunion informelles. «La parade du grand patronat devant l’extrême droite annonce toujours de grandes catastrophes», écrit Faure sur X. Plutôt l’héritière que le Front populaire…

FATAL PICARD  Éternel candidat à la présidentielle, Xavier Bertrand se verrait bien sur la ligne de départ en 2027, comme à chaque échéance depuis 2012. Pour se faire une place au milieu de la tripotée de prétendants, le président LR des Hauts-de-France balance les scuds pour affaiblir ses potentiels rivaux. Notamment sur Édouard Philippe qui pourrait, selon certaines rumeurs, être rallié in fine par Bruno Retailleau. Une erreur, observe Bertrand, comme le rapporte le Nouvel Obs. Et l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy de craindre les conséquences d'une arrivée du maire du Havre à l'Élysée : «Philippe n’a pas l’empathie et la sensibilité nécessaires, son élection déboucherait à court terme sur une nouvelle crise type gilets jaunes.» Sous-entendu : ça ne se passerait pas pareil avec Bertrand qui, d'ailleurs, tarde à officialiser une nouvelle fois sa candidature. Mais il estime que «rien ne presse».

Si j'étais Président... Photo Francois Lo Presti. AFP (2025)

LE PARRAIN  Voilà qui ne va pas arranger l’image de cimetière des éléphants qu’est le Sénat. Dans une interview au Figaro, le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier annonce qu’il quittera son siège pour rejoindre le palais du Luxembourg en cas de victoire aux sénatoriales en septembre. Un moyen de s’éviter une sortie par la petite porte en cas de victoire du RN en PACA aux prochaines régionales ? Que nenni, assure-t-il. Muselier dit n’avoir peur de rien et se félicite d’avoir «toujours ramené les victoires» contre l’extrême droite sur ses terres. Reste que celui qui est passé de LR à Renaissance n’ira pas ferrailler en 2028 contre les frontistes provençaux. Et l’ex-secrétaire d’État aux Affaires étrangères a visiblement trouvé celui qui sera chargé de poursuivre son œuvre d’ici-là. Ce ne sera pas Christian Estrosi, comme le lui suggère le Figaro, mais François de Canson, maire de La Londe-les-Maures (Var) qui a le «portrait-robot du bon président». Selon Muselier, son 3è vice-président, «a beaucoup de qualités pour représenter la projection de la région dans l’avenir». Un adoubement dans les règles de l’art.

PAPY FAIT DE LA RÉSISTANCE  Dominique de Villepin a appris la leçon. L’ex-Premier ministre ne compte pas dissoudre l’Assemblée en cas de victoire à la présidentielle, malgré le morcellement de la chambre basse, rapporte Challenges. En 1997, alors qu’il était secrétaire général de l’Élysée sous Jacques Chirac, la dissolution qu'il avait poussée avait abouti à une déroute de la droite. «On peut imaginer un format CNR (Conseil national de la Résistance) qui permettrait de dégager une majorité de cette Assemblée», assure bien confiant l’un de ses proches à l'hebdo. Le CNR, qui réunissait les mouvements de résistance, des syndicats et de partis politiques opposés au régime de Vichy, avait accouché d’une liste de réformes, prévoyant notamment la création de la Sécurité sociale. Villepin, lui, a avorté du CPE il y a pile 20 ans.

Quand tu attends tapi dans l'ombre. Photo Julien de Rosa. AFP (2026)

ET SINON ••• Après vous avoir donné la semaine dernière des nouvelles de Manuel Valls et d'Arnaud Montebourg, voici des news d'un autre ex-socialiste : Olivier Dussopt. L'ancien ministre du Travail, qui a porté la très contestée réforme des retraites aujourd'hui suspendue, va être proposé en juin à la présidence du conseil d'administration du groupe Emeis (ex-Orpea) en remplacement de Guillaume Pépy. De rien.

Les communistes sont déjà nombreux à se navrer en privé des sorties de leur secrétaire national sur le barbecue et la bonne viande qui ont tendance à éclipser le reste de leurs propositions. Ils pourraient être quelques-uns de plus à se désespérer du style Fabien Roussel après la vidéo publiée hier par la patronne des Écologistes Marine Tondelier. «Qu’est-ce qu’on se marre»écrit-elle en relayant des images sur lesquelles on voit le chroniqueur de C à Vous, Patrick Cohen, raconter que le maire de Saint-Amand-les-Eaux lui aurait fait cette blague sur la grossesse de l’écolo : «Il a dit qu’il avait fait un don de sperme il y a un mois et demi.» Problème : en plus d’être de mauvais goût, la vanne intervient alors que Tondelier a annoncé attendre un bébé «miracle» après des fausses couches et un parcours de PMA infructueux. Ce qu’a relevé l’une des opposantes internes de Roussel au PCF, la députée Elsa Faucillon : «Blague pauvre et insultante. Insultant pour Marine Tondelier, pour toutes celles qui ont besoin de donneurs pour espérer avoir un enfant [...] quand on est responsable d’un parti féministe on ne dit pas ça.» Trois heures après le tweet de Tondelier, Roussel s'est fendu d'une série de messages de mea culpa : «Je me suis déjà excusé personnellement auprès de [Tondelier] il y a une semaine. Je lui présente à nouveau mes excuses publiquement aujourd’hui, à elle, comme à celles et ceux que ces propos ont choqués.» Le mâle est fait. 

Shéhérazade Bentorki. Photo Armand Gesquière. Hans Lucas via AFP (2026)

Les zigzags de la nouvelle députée LFI

Sa lutte finale ? Shéhérazade Bentorki (LFI), suppléante de David Guiraud, fraîchement élu maire de Roubaix, s’est vue intronisée hier à l’Assemblée - «Bienvenue à vous dans cet hémicycle madame la députée», souriait la présidente de la chambre basse Yaël Braun-Pivet. L’ancienne lutteuse, adhérente au PS depuis 2007, a rejoint les insoumis à la fin du quinquennat Hollande, après un parcours pour le moins agité.

En 2013, alors conseillère municipale PS de Tourcoing, elle quitte son parti lors des débats sur le mariage homosexuel. «J’ai mûrement réfléchi au devenir et à la place de la famille au sein de notre société. Je ne partage pas la nouvelle image de la famille que véhicule le PS», déclare-t-elle à l’époque, annonçant rejoindre l’UDI et le groupe d’opposition présidé alors par un certain… Gérald Darmanin. Bentorki revient pourtant chez les roses, peu de temps après, estimant avoir fait l’objet d’une «manipulation». Mais pas pour longtemps.

Déçue de l’expérience Hollande au pouvoir, elle change de nouveau de crémerie en rejoignant les insoumis. Après un galop d’essai avec LFI en 2020 aux municipales de Roubaix, où la liste insoumise ne passe pas au 2d tour, elle est suppléante de David Guiraud, élu député aux législatives de 2022. Celui-ci prend alors sa défense dans la Voix du Nord, estimant qu’on pouvait «être opposé au mariage pour tous en 2013 sans être homophobe». Bentorki, elle, assure avoir changé d’avis sur le mariage entre personnes du même sexe : «J’avais 26 ans, j’ai un peu tout mélangé, entre mes convictions personnelles et ce débat qui avait été mal ficelé à l’époque. Je n’ai plus aucune ambiguïté sur le sujet, et j’aimerais bien qu’on ne me réduise pas à cette histoire»confiait-elle en mars 2022.

• Vatican, jusqu'à demain Macron débarque à Rome pour une visite exclusivement consacrée au Vatican, sans rencontre prévue avec la Première ministre italienne Giorgia Meloni. Avant de rencontrer, pour la 1e fois, Léon XIV demain, le Président français s'entretient avec son ami Andrea Riccardi, fondateur de la communauté catholique Sant'Egidio, canal diplomatique informel du Saint-Siège très actif sur les dossiers proche-orientaux et humanitaires

• Assemblée, depuis 9h Jusqu'à minuit ce soir, c'est le groupe Horizons qui a la maîtrise de l'ordre du jour à l'occasion de sa niche parlementaire. Au programme : le durcissement de l'arsenal juridique contre les free parties ; l'encadrement des regroupements pédagogiques intercommunaux ; ou encore la simplification de la gestion de la commande publique.

• Et aussi Le Sénat se penche sur la proposition de loi, adoptée par l'Assemblée, visant à mettre fin au devoir conjugal ; à Strasbourg, la socialiste Catherine Trautmann présente son alliance avec la droite pour la gestion de l'eurométropole ; le ministre de l'Économie Roland Lescure rencontre les distributeurs de carburants ; le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez est à Marseille sur le thème de la lutte contre la criminalité organisée ; et Jean-Luc Mélenchon débat avec le communiste Stéphane Peu sur la question «Le capitalisme peut-il avoir une fin ?».

On termine avec notre jeu du jour. Que faisait Rachida Dati pendant les conseils des ministres, selon certains de ses anciens collègues ?

• Elle dessinait
• Elle bavardait
• Elle lisait le Figaro
• Elle jouait au morpion
• Elle était sur ses téléphones
• Elle contredisait systématiquement Lecornu

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus. 


Bien vu !

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Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. En effet, Sébastien Lecornu ne veut pas voir, dans l'intitulé des projets de loi à venir relatifs à l'organisation territoriale, le mot simplification. Et non résilience.

Sur ce, bonne journée👋. Et à demain sur les routes de l'info.

 

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