Nous sommes le 25 avril 2026 soit très exactement soixante-cinq ans après l’explosion d’un essai nucléaire français au milieu du Sahara algérien, sous le nom de code « Gerboise verte ».
« La France ne serait pas la France sans la grandeur », écrivait le général de Gaulle pour ouvrir ses Mémoires. C’est certainement fort de cette réflexion qu’il décida à la fin des années 1950 de ne pas totalement miser sur le parapluie américain et de doter la France d’un programme nucléaire indépendant. Mais derrière la grande histoire qui a permis de donner à l’Hexagone un statut particulier au sein de l’Europe se cache aussi des aventures moins… glorieuses.
C’est le cas de l’explosion de la fameuse « Gerboise verte », étonnant nom de code, venu d’un petit rongeur, pour désigner cet essai nucléaire qui sera réalisé dans des conditions totalement rocambolesques.
Deux jours plus tôt, la ville d’Alger est secouée par le putsch des généraux. Face à cette tentative de coup d’Etat, l’armée française décide dans la précipitation de procéder à l’explosion de cette bombe A au plutonium de peur de la voir tomber entre les mains des putschistes. Tant pis si les conditions météorologiques ne sont pas réunies, l’engin est transporté en urgence depuis la capitale jusqu’au lieu de tir. La légende a longtemps couru que ce parcours de 1 500 kilomètres avait été effectué en... 2CV.!

L’excellente série « Au service de la France », écrite par Jean-François Halin, consacre d’ailleurs un épisode à ce soi-disant périple. En réalité, seule la charge de plutonium a été transportée ainsi sur les 50 derniers kilomètres. La bombe explose ensuite au beau milieu d’une tempête de sable et sous une chaleur accablante, ce qui rend cet essai nucléaire totalement inutile du point de vue scientifique et militaire. Mais certainement pas sans impact sanitaire et environnemental. De là à croire que le nucléaire ferait prendre des décisions précipitées, voire totalement inconsidérées... Ce n’est pas Donald Trump, enlisé dans une guerre en Iran pour contrer son programme nucléaire, qui dira le contraire.
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