Panthéonisation de Marc Bloch ? Priorité aux 80 ans de Trump
Lors d’une conférence, l’historien spécialiste du nazisme Johann Chapoutot a poussé un coup de gueule contre la date choisie pour l’hommage rendu au résistant, le 23 juin, plutôt que le 16, jour anniversaire de son assassinat. Il accuse le Président de s’être «couchée devant Trump» qui souhaitait décaler le G7.
Entre ici, Marc Bloch. Le 23 juin prochain, l’historien et résistant juif Marc Bloch entrera au Panthéon. Un événement qui unira les Français, du moins ceux qui persistent à considérer les nazis comme des méchants. Avant cela, il est donc temps de s’écharper et notamment au sujet de la date choisie pour la cérémonie. Le 16 juin, date de l’assassinat de Bloch en 1944, avait été dans un premier temps pressenti. Mais la cérémonie a dû être décalée de quelques jours en raison du G7 qui se tiendra à Evian-les-Bains (Haute-Savoie) du 15 au 17 juin.
Certains avancent une autre explication. Mi-mars, à l’occasion d’une conférence intitulée «Performance et destruction : les leçons de l’histoire du XXe siècle», l’historien spécialiste du nazisme Johann Chapoutot s’est ému de ce report : «On apprend il y a 15 jours que la panthéonisation est décalée d’une semaine, au 23. Alors on se pose la question, j’appelle Suzette Bloch – la petite-fille – et on apprend que Trump a exigé un report du G7 parce qu’il voulait assister à un match de boxe à Washington. Autrement dit, le discours de panthéonisation en hommage à cet immense résistant qu’est Marc Bloch va être tenu par une serpillière qui s’est couchée devant Trump, comme évidemment dans les années 30, il se serait couché devant Hitler. Une serpillière. C’est quand même paradoxal comme moment.» Pas besoin de vous préciser qui est cette «serpillière» mais si vous avez un doute, on vous donne un indice : son nom commence par la lettre «M» et se termine par «acron». Si la conférence date du 13 mars, elle a été mise en ligne le 20 avril et partagée hier à grande échelle sur les réseaux sociaux. La cheffe des députés LFI Mathilde Panot, a partagé l’extrait, en profitant pour traiter le Président de «paillasson». On reste dans le registre du ménage.
Aimable ou servile ?
Côté Elysée, on se défend. «La date du G7 est habituellement calée en consultant les membres du G7, nous explique-t-on. Pas ainsi, pas comme ça, pas tel que ce monsieur le dit.» Un Chapoutot qui, d’après l’entourage de Macron, «a l’air aussi nuancé que Trump, qu’il critique en traitant le Président de “serpillière”». Le G7, initialement prévu du 14 au 16 juin, a bien été décalé d’une journée. Dès janvier, le média le Messager évoquait un possible report en raison du 80e anniversaire de Trump, le 14 juin prochain, et du grand tournoi de MMA qu’il organise devant la Maison Blanche à cette occasion. «Les plus grands champions du monde vont tous se battre», annonçait le président américain en décembre. Non, vous n’êtes pas dans un épisode de South Park.
En janvier, Politico US confirmait ce report et citait un responsable de la Maison Blanche : «En tant que leader du monde libre, nos partenaires ont estimé que la présence du président Trump au sommet du G7 était essentielle. Ils ont donc aimablement modifié les dates afin de s’adapter à l’agenda du président américain.» Aimable ou servile, ça dépend où l’on regarde finalement.

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