Impasse mexicaine au PS
Par S.N.
Depuis les municipales, les mardis soirs se suivent et se ressemblent au PS. Aux alentours de 18h30, les cadres tous courants confondus se réunissent en bureau national (BN), débattent longuement de la stratégie à adopter pour 2027 et… ne tranchent rien. Ce matin, les roses ne sont donc toujours pas plus avancés à propos de l’élection suprême malgré une longue réunion la veille consacrée au sujet. «C’est un monde parallèle ce parti», regrette un partisan de Boris Vallaud. C’est que le courant du président du groupe PS à l’Assemblée espérait une autre issue à ce nouveau BN. Répétant depuis plusieurs semaines qu’il est temps que le parti de se mettre «en ordre de marche» pour la présidentielle, le Landais s’est présenté hier soir avec une résolution demandant «un vote des militants […] pour se positionner sur une stratégie et un candidat ou […] qui devra œuvrer au rassemblement de la gauche et des écologistes». Opposé à une primaire, Vallaud plaide pour que les adhérents socialistes se choisissent un chef de file avant l’été et que ce dernier, une fois désigné, explore les différentes hypothèses pour arriver à une candidature commune de la gauche non-mélenchoniste. «Tous les partis ont leur candidat officiel ou officieux sauf nous, ce n’est pas responsable», s’agace un proche du député des Landes précisant que «vouloir avancer ne veut pas dire être opposé à l’union». La preuve, soulignent ses proches, leur chef discute avec plusieurs personnalités comme Raphaël Glucksmann, Yannick Jadot, Emmanuel Maurel pour tenter de monter une plateforme pour 2027. Une tribune appelant à cela est d’ailleurs en préparation.
Mais, la résolution présentée hier soir ne sera pas soumise au vote. «Ça n’existe pas le fait de soumettre un vote non prévu en BN. On a jamais fait ça», justifie un membre de la direction. Pour les partisans d’Olivier Faure les choses sont claires, l’idée de la réunion n’était que de permettre à chacun de présenter ses plans. Côté Vallaud, on dénonce une énième «manœuvre dilatoire» de la part du Premier secrétaire. «Ça pose un vrai sujet démocratique, il ne peut pas refuser un vote au BN car il se sait minoritaire. Il n’y a pas de 49.3 au PS», s’étrangle un proche du Landais. En guise de contestation, son camp a donc quitté le BN une fois le vote refusé. Mais avant ça, Faure et ses lieutenants ont réaffirmé leur ligne. Comme promis lors du dernier congrès, la direction actuelle a bien l’intention de consulter les militants socialistes avant l’été sur la stratégie pour la présidentielle.
Les partisans de Faure prêts à faire une concession
Le chef du parti plaide, lui, pour interroger les roses sur le périmètre d’une potentielle alliance (savoir s’ils sont pour une candidature autonome, une candidature de toute la gauche non-mélenchoniste, une candidature sociale-démocrate…) et sur le processus pour y accéder (primaire, plateforme, fédération…). Un «QCM», raille-t-on chez Vallaud. «Nous avons posé dans le débat un candidat commun, c’est le principe, un périmètre de Ruffin à Glucksmann et un mode d’emploi à la primaire qui peut être contesté et qui n’est certainement pas le seul possible. Nous ne sommes pas fétichistes, donc nous sommes favorables à un candidat commun, quel que soit le moyen d’y parvenir», a réaffirmé Faure. Et de tacler son opposition interne en affirmant qu’elle ne propose pas d’alternative à sa proposition.
Malgré leur refus d’épouser la ligne stratégique de Vallaud, les partisans de Faure semblent prêts à faire une concession au Landais. Alors que le Premier secrétaire était jusqu’ici opposé à toute désignation interne d’un candidat, son courant est aujourd’hui «prêt à l’accepter», assure un de ses animateurs. Mais dans un second temps. «Désigner en juin c’est beaucoup trop tôt», explique un proche du patron renvoyant ce potentiel vote à «la rentrée de septembre au moins». De quoi remettre en cause la primaire de la gauche fixée au 11 octobre ? «Encore faut-il que la primaire ait lieu», souffle un membre de l’entourage de Faure.
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