C JEUDI C ZEITGEIST !

  


🟨🟧 Mickey mord Donald

Quand presque tous les médias américains plient face à Trump, Disney choisit soudain de contre-attaquer frontalement pour défendre la liberté d’expression menacée par les pressions du président.

Hi everyone, c’est Zeitgeist.

Je vais vous dire pourquoi on parle à Washington de “Marcomentum”. Dix ans après avoir été humilié par Trump pendant la primaire républicaine de 2016, Marco Rubio réapparaît comme un possible héritier du trumpisme. Plus rassurant que JD Vance, plus présidentiel que beaucoup de figures MAGA, il intrigue désormais une partie du Parti républicain lassée du chaos permanent.

On prendra ensuite la route avec Sean Duffy, le ministre des Transports de Trump, ancien candidat de télé-réalité de MTV devenu vedette d’une nouvelle émission sponsorisée par Boeing, Shell et Toyota. Un road trip à travers l’Amérique… au moment même où les prix de l’essence explosent à cause de la guerre avec l’Iran.

Je vous raconterai aussi pourquoi Donald Trump arrive à Pékin dans une position beaucoup plus fragile qu’il ne voudrait l’admettre. Il dépend désormais de Xi Jinping pour sortir du bourbier au Moyen-Orient.

Et puis je vais revenir sur la guerre new-yorkaise qui rebondit depuis des semaines entre le maire Mamdani et les milliardaires qui possèdent des appartements géants (souvent) vides.


Mais d’abord, il faut que je vous dise comment Mickey tient tête à l’homme le plus puissant du monde.

Je crois que c’est plus intéressant que de vous énumérer les messages furieux postés par le président sur son réseau Truth Social en ce dimanche de fête des Mères aux États-Unis.

En quelques heures, il a attaqué les démocrates, rebaptisés “Dumacrats”, insulté un représentant à la Chambre après une interview sur Fox (“ORDURE”), accusé la chaîne de laisser parler des “menteurs professionnels” sans les interrompre, s’en est pris au présentateur de HBO Bill Maher, puis au chef de la minorité démocrate (et probable futur président) de la Chambre Hakeem Jeffries, qu’il qualifie de politicien au “très faible QI”. Puis il s’est retourné contre la Cour suprême, furieux de la décision d’invalider ses droits de douane (elle remonte à plusieurs semaines…), en ciblant particulièrement deux juges qu’il avait lui-même nommés pendant son premier mandat.

Et bien sûr, la journée a fini par basculer vers l’Iran. Trump a dénoncé la réponse “totalement inacceptable” de Téhéran aux propositions américaines, avant de publier une longue tirade accusant Barack Obama d’avoir “donné une nouvelle vie” à l’Iran.

Bref, malgré la fête des Mères, un dimanche comme un autre, entre la télé branchée sur Fox, une partie de golf, ses rancœurs, ses majuscules et les ennemis qu’il s’est choisis.

Je préfère vous raconter en détail comment Disney a décidé de se battre contre Trump.

Je vous ai souvent dit comment depuis le retour de Trump, presque tous les grands groupes de médias américains ont plié face à Donald Trump. Certains ont payé. Dont Disney, qui a préféré acheter l’apaisement, Trump à peine réélu, en versant 16 millions de dollars pour un mot inexact prononcé par un journaliste politique pendant la campagne. D’autres se sont tus (à peu près tout le monde). D’autres encore ont suspendu des animateurs ou modifié discrètement leur ligne éditoriale pour éviter la guerre avec la Maison Blanche (oui, on te voit, CBS-Paramount).

Dry & Draw

Et puis, cette semaine, Mickey a décidé de se battre.

Contre Donald.

Je vous raconte.


🟨🟧 Mickey mord Donald

Quand presque tous les médias américains plient face à Trump, Disney choisit soudain de contre-attaquer frontalement pour défendre la liberté d’expression menacée par les pressions du président.

Hi everyone, c’est Zeitgeist.

Je vais vous dire pourquoi on parle à Washington de “Marcomentum”. Dix ans après avoir été humilié par Trump pendant la primaire républicaine de 2016, Marco Rubio réapparaît comme un possible héritier du trumpisme. Plus rassurant que JD Vance, plus présidentiel que beaucoup de figures MAGA, il intrigue désormais une partie du Parti républicain lassée du chaos permanent.

On prendra ensuite la route avec Sean Duffy, le ministre des Transports de Trump, ancien candidat de télé-réalité de MTV devenu vedette d’une nouvelle émission sponsorisée par Boeing, Shell et Toyota. Un road trip à travers l’Amérique… au moment même où les prix de l’essence explosent à cause de la guerre avec l’Iran.

Je vous raconterai aussi pourquoi Donald Trump arrive à Pékin dans une position beaucoup plus fragile qu’il ne voudrait l’admettre. Il dépend désormais de Xi Jinping pour sortir du bourbier au Moyen-Orient.

Et puis je vais revenir sur la guerre new-yorkaise qui rebondit depuis des semaines entre le maire Mamdani et les milliardaires qui possèdent des appartements géants (souvent) vides.

Mais d’abord, il faut que je vous dise comment Mickey tient tête à l’homme le plus puissant du monde.

Je crois que c’est plus intéressant que de vous énumérer les messages furieux postés par le président sur son réseau Truth Social en ce dimanche de fête des Mères aux États-Unis.

En quelques heures, il a attaqué les démocrates, rebaptisés “Dumacrats”, insulté un représentant à la Chambre après une interview sur Fox (“ORDURE”), accusé la chaîne de laisser parler des “menteurs professionnels” sans les interrompre, s’en est pris au présentateur de HBO Bill Maher, puis au chef de la minorité démocrate (et probable futur président) de la Chambre Hakeem Jeffries, qu’il qualifie de politicien au “très faible QI”. Puis il s’est retourné contre la Cour suprême, furieux de la décision d’invalider ses droits de douane (elle remonte à plusieurs semaines…), en ciblant particulièrement deux juges qu’il avait lui-même nommés pendant son premier mandat.

Et bien sûr, la journée a fini par basculer vers l’Iran. Trump a dénoncé la réponse “totalement inacceptable” de Téhéran aux propositions américaines, avant de publier une longue tirade accusant Barack Obama d’avoir “donné une nouvelle vie” à l’Iran.

Bref, malgré la fête des Mères, un dimanche comme un autre, entre la télé branchée sur Fox, une partie de golf, ses rancœurs, ses majuscules et les ennemis qu’il s’est choisis.

Je préfère vous raconter en détail comment Disney a décidé de se battre contre Trump.

Je vous ai souvent dit comment depuis le retour de Trump, presque tous les grands groupes de médias américains ont plié face à Donald Trump. Certains ont payé. Dont Disney, qui a préféré acheter l’apaisement, Trump à peine réélu, en versant 16 millions de dollars pour un mot inexact prononcé par un journaliste politique pendant la campagne. D’autres se sont tus (à peu près tout le monde). D’autres encore ont suspendu des animateurs ou modifié discrètement leur ligne éditoriale pour éviter la guerre avec la Maison Blanche (oui, on te voit, CBS-Paramount).

Dry & Draw

Et puis, cette semaine, Mickey a décidé de se battre.

Contre Donald.

Je vous raconte.

Disney, propriétaire d’ABC, vient de lancer l’une des contre-attaques les plus spectaculaires depuis le retour de Trump au pouvoir. Au centre de cette bataille improbable, The View, émission créée il y a vingt-neuf ans par Barbara Walters, amie de Trump (j’ai raconté dans mon livre Roy Cohn, sur le mentor de Trump, comment Barbara Walters, première présentatrice de JT aux États-Unis, lui a servi de couverture pendant des années, pour jouer les faux-semblants et détourner l’attention de son homosexualité).

Cette émission diffusée à 11 heures du matin sur la côte Est, souvent moquée par les conservateurs, est devenue avec le temps un étrange pilier de la démocratie télévisée américaine.

Pendant longtemps, Donald Trump a adoré “The View”.

Il arrivait sur le plateau comme dans son salon. Barbara Walters l’accueillait avec cette fascination très new-yorkaise qu’exerçait alors le promoteur de Manhattan. Il venait parler casinos, immeubles, célébrité, argent. Parfois accompagné d’Ivanka. Parfois de Melania. En 2006, assis à côté de sa fille, il plaisante ainsi :

“J’ai déjà dit que si Ivanka n’était pas ma fille, peut-être que je sortirais avec elle.”

Le public rit. Il venait d’épouser Melania.

À l’époque, The View faisait encore partie de son monde.


🟨🟧 Mickey mord Donald

Quand presque tous les médias américains plient face à Trump, Disney choisit soudain de contre-attaquer frontalement pour défendre la liberté d’expression menacée par les pressions du président.

Hi everyone, c’est Zeitgeist.

Je vais vous dire pourquoi on parle à Washington de “Marcomentum”. Dix ans après avoir été humilié par Trump pendant la primaire républicaine de 2016, Marco Rubio réapparaît comme un possible héritier du trumpisme. Plus rassurant que JD Vance, plus présidentiel que beaucoup de figures MAGA, il intrigue désormais une partie du Parti républicain lassée du chaos permanent.

On prendra ensuite la route avec Sean Duffy, le ministre des Transports de Trump, ancien candidat de télé-réalité de MTV devenu vedette d’une nouvelle émission sponsorisée par Boeing, Shell et Toyota. Un road trip à travers l’Amérique… au moment même où les prix de l’essence explosent à cause de la guerre avec l’Iran.

Je vous raconterai aussi pourquoi Donald Trump arrive à Pékin dans une position beaucoup plus fragile qu’il ne voudrait l’admettre. Il dépend désormais de Xi Jinping pour sortir du bourbier au Moyen-Orient.

Et puis je vais revenir sur la guerre new-yorkaise qui rebondit depuis des semaines entre le maire Mamdani et les milliardaires qui possèdent des appartements géants (souvent) vides.

Mais d’abord, il faut que je vous dise comment Mickey tient tête à l’homme le plus puissant du monde.

Je crois que c’est plus intéressant que de vous énumérer les messages furieux postés par le président sur son réseau Truth Social en ce dimanche de fête des Mères aux États-Unis.

En quelques heures, il a attaqué les démocrates, rebaptisés “Dumacrats”, insulté un représentant à la Chambre après une interview sur Fox (“ORDURE”), accusé la chaîne de laisser parler des “menteurs professionnels” sans les interrompre, s’en est pris au présentateur de HBO Bill Maher, puis au chef de la minorité démocrate (et probable futur président) de la Chambre Hakeem Jeffries, qu’il qualifie de politicien au “très faible QI”. Puis il s’est retourné contre la Cour suprême, furieux de la décision d’invalider ses droits de douane (elle remonte à plusieurs semaines…), en ciblant particulièrement deux juges qu’il avait lui-même nommés pendant son premier mandat.

Et bien sûr, la journée a fini par basculer vers l’Iran. Trump a dénoncé la réponse “totalement inacceptable” de Téhéran aux propositions américaines, avant de publier une longue tirade accusant Barack Obama d’avoir “donné une nouvelle vie” à l’Iran.

Bref, malgré la fête des Mères, un dimanche comme un autre, entre la télé branchée sur Fox, une partie de golf, ses rancœurs, ses majuscules et les ennemis qu’il s’est choisis.

Je préfère vous raconter en détail comment Disney a décidé de se battre contre Trump.

Je vous ai souvent dit comment depuis le retour de Trump, presque tous les grands groupes de médias américains ont plié face à Donald Trump. Certains ont payé. Dont Disney, qui a préféré acheter l’apaisement, Trump à peine réélu, en versant 16 millions de dollars pour un mot inexact prononcé par un journaliste politique pendant la campagne. D’autres se sont tus (à peu près tout le monde). D’autres encore ont suspendu des animateurs ou modifié discrètement leur ligne éditoriale pour éviter la guerre avec la Maison Blanche (oui, on te voit, CBS-Paramount).

Dry & Draw

Et puis, cette semaine, Mickey a décidé de se battre.

Contre Donald.

Je vous raconte.

Disney, propriétaire d’ABC, vient de lancer l’une des contre-attaques les plus spectaculaires depuis le retour de Trump au pouvoir. Au centre de cette bataille improbable, The View, émission créée il y a vingt-neuf ans par Barbara Walters, amie de Trump (j’ai raconté dans mon livre Roy Cohn, sur le mentor de Trump, comment Barbara Walters, première présentatrice de JT aux États-Unis, lui a servi de couverture pendant des années, pour jouer les faux-semblants et détourner l’attention de son homosexualité).

Cette émission diffusée à 11 heures du matin sur la côte Est, souvent moquée par les conservateurs, est devenue avec le temps un étrange pilier de la démocratie télévisée américaine.

Pendant longtemps, Donald Trump a adoré “The View”.

Il arrivait sur le plateau comme dans son salon. Barbara Walters l’accueillait avec cette fascination très new-yorkaise qu’exerçait alors le promoteur de Manhattan. Il venait parler casinos, immeubles, célébrité, argent. Parfois accompagné d’Ivanka. Parfois de Melania. En 2006, assis à côté de sa fille, il plaisante ainsi :

“J’ai déjà dit que si Ivanka n’était pas ma fille, peut-être que je sortirais avec elle.”

Le public rit. Il venait d’épouser Melania.

À l’époque, The View faisait encore partie de son monde.

Puis l’Amérique a changé. Et The View aussi. C’est devenu un champ de bataille des guerres culturelles. Lentement, le talk-show pour ménagères créé par Barbara Walters s’est transformé en une sorte d’espace de résistance permanente au trumpisme, regardé chaque jour par près de trois millions d’Américains (c’est l’émission de journée la plus regardée), surtout des femmes de plus de 50 ans, c’est-à-dire un bloc d’électeurs essentiels pour quiconque veut gagner la Maison Blanche. L’émission tente d’équilibrer en recrutant autour de la table des co-animatrices conservatrices. Et c’est ainsi que le panel compte désormais Alyssa Farah Griffin, une ancienne de la Maison Blanche pendant la première présidence Trump.

Et The View invite régulièrement des républicains, comme ici Don Jr.

Mais quand il est revenu au pouvoir, The View est redevenu une cible.

L’affaire dont il est question aujourd’hui tourne autour d’une règle obscure appelée “equal time”, héritée d’une autre époque de la télévision américaine. En théorie, lorsqu’une chaîne invite un candidat politique, elle doit offrir le même temps d’antenne à ses adversaires.

Pendant des décennies, personne ou presque ne s’est vraiment servi de cette règle contre les talk-shows politiques. L’autorité de régulation, la FCC, considérait même que The View était un programme d’information, protégé par une exemption spéciale (The View dépend d’ABC News, la rédaction d’ABC).

Mais Brendan Carr, le nouveau patron de la FCC nommé par Trump, a décidé de rouvrir le dossier.

Tout est parti de l’invitation d’un démocrate texan candidat au Sénat, James Talarico.

Depuis, l’administration Trump exige qu’ABC démontre à nouveau que The View mérite cette exemption. Et soudain, derrière une procédure bureaucratique poussiéreuse, apparaît quelque chose de beaucoup plus contemporain.

Pour certains anti-Trump, c’est une tentative d’utiliser l’appareil d’État pour faire pression sur une émission politiquement jugée hostile au président.

Ce qui est intéressant dans cette affaire, c’est l’identité de celui qui résiste.

Disney.

Pendant des mois, presque tous les grands groupes américains ont cherché à éviter l’affrontement avec Trump. Certains ont payé. D’autres se sont couchés. Disney lui-même avait accepté ces 16 millions de dollars dont je vous parlais pour mettre fin à un procès en diffamation intenté par Trump, alors que beaucoup d’experts estimaient le dossier très fragile.

Disney voulait simplement acheter la paix.

Mais cela n’a servi à rien.

Les attaques ont continué. Sur le présentateur de l’émission de late night Jimmy Kimmel, je vous l’avais raconté dans Zeitgeist. Sur les stations locales d’ABC. Sur les politiques de diversité du groupe. Trump réclame publiquement des sanctions. Brendan Carr ouvre enquête après enquête. La Maison Blanche teste jusqu’où elle peut aller.

Et cette fois, la souris Mickey a décidé de mordre.

La réponse juridique de Disney, cette semaine, ne tourne pas autour du pot. Dans un document de 52 pages signé par un juriste qui a travaillé chez les républicains sous George W. Bush, ABC accuse carrément le gouvernement américain de menacer la liberté d’expression.

Disney dit en substance que l’État n’a pas le droit de choisir quelles opinions peuvent être diffusées à la télévision.

ABC souligne aussi que la FCC semble passionnée par The View… mais beaucoup moins par les animateurs conservateurs pro-Trump de radio qui interviewent eux aussi des candidats politiques sans être inquiétés.

Comprenez, le problème ne semble pas être la règle. Le problème semble être l’opinion.

Et voilà comment, dans l’Amérique de 2026, le royaume enchanté des princesses Disney se retrouve à défendre un vieux principe démocratique américain.

Un président ne peut pas utiliser le pouvoir de l’État pour intimider les médias qui le critiquent.


🟨🟧 Mickey mord Donald

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Hi everyone, c’est Zeitgeist.

Je vais vous dire pourquoi on parle à Washington de “Marcomentum”. Dix ans après avoir été humilié par Trump pendant la primaire républicaine de 2016, Marco Rubio réapparaît comme un possible héritier du trumpisme. Plus rassurant que JD Vance, plus présidentiel que beaucoup de figures MAGA, il intrigue désormais une partie du Parti républicain lassée du chaos permanent.

On prendra ensuite la route avec Sean Duffy, le ministre des Transports de Trump, ancien candidat de télé-réalité de MTV devenu vedette d’une nouvelle émission sponsorisée par Boeing, Shell et Toyota. Un road trip à travers l’Amérique… au moment même où les prix de l’essence explosent à cause de la guerre avec l’Iran.

Je vous raconterai aussi pourquoi Donald Trump arrive à Pékin dans une position beaucoup plus fragile qu’il ne voudrait l’admettre. Il dépend désormais de Xi Jinping pour sortir du bourbier au Moyen-Orient.

Et puis je vais revenir sur la guerre new-yorkaise qui rebondit depuis des semaines entre le maire Mamdani et les milliardaires qui possèdent des appartements géants (souvent) vides.

Mais d’abord, il faut que je vous dise comment Mickey tient tête à l’homme le plus puissant du monde.

Je crois que c’est plus intéressant que de vous énumérer les messages furieux postés par le président sur son réseau Truth Social en ce dimanche de fête des Mères aux États-Unis.

En quelques heures, il a attaqué les démocrates, rebaptisés “Dumacrats”, insulté un représentant à la Chambre après une interview sur Fox (“ORDURE”), accusé la chaîne de laisser parler des “menteurs professionnels” sans les interrompre, s’en est pris au présentateur de HBO Bill Maher, puis au chef de la minorité démocrate (et probable futur président) de la Chambre Hakeem Jeffries, qu’il qualifie de politicien au “très faible QI”. Puis il s’est retourné contre la Cour suprême, furieux de la décision d’invalider ses droits de douane (elle remonte à plusieurs semaines…), en ciblant particulièrement deux juges qu’il avait lui-même nommés pendant son premier mandat.

Et bien sûr, la journée a fini par basculer vers l’Iran. Trump a dénoncé la réponse “totalement inacceptable” de Téhéran aux propositions américaines, avant de publier une longue tirade accusant Barack Obama d’avoir “donné une nouvelle vie” à l’Iran.

Bref, malgré la fête des Mères, un dimanche comme un autre, entre la télé branchée sur Fox, une partie de golf, ses rancœurs, ses majuscules et les ennemis qu’il s’est choisis.

Je préfère vous raconter en détail comment Disney a décidé de se battre contre Trump.

Je vous ai souvent dit comment depuis le retour de Trump, presque tous les grands groupes de médias américains ont plié face à Donald Trump. Certains ont payé. Dont Disney, qui a préféré acheter l’apaisement, Trump à peine réélu, en versant 16 millions de dollars pour un mot inexact prononcé par un journaliste politique pendant la campagne. D’autres se sont tus (à peu près tout le monde). D’autres encore ont suspendu des animateurs ou modifié discrètement leur ligne éditoriale pour éviter la guerre avec la Maison Blanche (oui, on te voit, CBS-Paramount).

Dry & Draw

Et puis, cette semaine, Mickey a décidé de se battre.

Contre Donald.

Je vous raconte.

Disney, propriétaire d’ABC, vient de lancer l’une des contre-attaques les plus spectaculaires depuis le retour de Trump au pouvoir. Au centre de cette bataille improbable, The View, émission créée il y a vingt-neuf ans par Barbara Walters, amie de Trump (j’ai raconté dans mon livre Roy Cohn, sur le mentor de Trump, comment Barbara Walters, première présentatrice de JT aux États-Unis, lui a servi de couverture pendant des années, pour jouer les faux-semblants et détourner l’attention de son homosexualité).

Cette émission diffusée à 11 heures du matin sur la côte Est, souvent moquée par les conservateurs, est devenue avec le temps un étrange pilier de la démocratie télévisée américaine.

Pendant longtemps, Donald Trump a adoré “The View”.

Il arrivait sur le plateau comme dans son salon. Barbara Walters l’accueillait avec cette fascination très new-yorkaise qu’exerçait alors le promoteur de Manhattan. Il venait parler casinos, immeubles, célébrité, argent. Parfois accompagné d’Ivanka. Parfois de Melania. En 2006, assis à côté de sa fille, il plaisante ainsi :

“J’ai déjà dit que si Ivanka n’était pas ma fille, peut-être que je sortirais avec elle.”

Le public rit. Il venait d’épouser Melania.

À l’époque, The View faisait encore partie de son monde.

Puis l’Amérique a changé. Et The View aussi. C’est devenu un champ de bataille des guerres culturelles. Lentement, le talk-show pour ménagères créé par Barbara Walters s’est transformé en une sorte d’espace de résistance permanente au trumpisme, regardé chaque jour par près de trois millions d’Américains (c’est l’émission de journée la plus regardée), surtout des femmes de plus de 50 ans, c’est-à-dire un bloc d’électeurs essentiels pour quiconque veut gagner la Maison Blanche. L’émission tente d’équilibrer en recrutant autour de la table des co-animatrices conservatrices. Et c’est ainsi que le panel compte désormais Alyssa Farah Griffin, une ancienne de la Maison Blanche pendant la première présidence Trump.

Et The View invite régulièrement des républicains, comme ici Don Jr.

Mais quand il est revenu au pouvoir, The View est redevenu une cible.

L’affaire dont il est question aujourd’hui tourne autour d’une règle obscure appelée “equal time”, héritée d’une autre époque de la télévision américaine. En théorie, lorsqu’une chaîne invite un candidat politique, elle doit offrir le même temps d’antenne à ses adversaires.

Pendant des décennies, personne ou presque ne s’est vraiment servi de cette règle contre les talk-shows politiques. L’autorité de régulation, la FCC, considérait même que The View était un programme d’information, protégé par une exemption spéciale (The View dépend d’ABC News, la rédaction d’ABC).

Mais Brendan Carr, le nouveau patron de la FCC nommé par Trump, a décidé de rouvrir le dossier.

Tout est parti de l’invitation d’un démocrate texan candidat au Sénat, James Talarico.

Depuis, l’administration Trump exige qu’ABC démontre à nouveau que The View mérite cette exemption. Et soudain, derrière une procédure bureaucratique poussiéreuse, apparaît quelque chose de beaucoup plus contemporain.

Pour certains anti-Trump, c’est une tentative d’utiliser l’appareil d’État pour faire pression sur une émission politiquement jugée hostile au président.

Ce qui est intéressant dans cette affaire, c’est l’identité de celui qui résiste.

Disney.

Pendant des mois, presque tous les grands groupes américains ont cherché à éviter l’affrontement avec Trump. Certains ont payé. D’autres se sont couchés. Disney lui-même avait accepté ces 16 millions de dollars dont je vous parlais pour mettre fin à un procès en diffamation intenté par Trump, alors que beaucoup d’experts estimaient le dossier très fragile.

Disney voulait simplement acheter la paix.

Mais cela n’a servi à rien.

Les attaques ont continué. Sur le présentateur de l’émission de late night Jimmy Kimmel, je vous l’avais raconté dans Zeitgeist. Sur les stations locales d’ABC. Sur les politiques de diversité du groupe. Trump réclame publiquement des sanctions. Brendan Carr ouvre enquête après enquête. La Maison Blanche teste jusqu’où elle peut aller.

Et cette fois, la souris Mickey a décidé de mordre.

La réponse juridique de Disney, cette semaine, ne tourne pas autour du pot. Dans un document de 52 pages signé par un juriste qui a travaillé chez les républicains sous George W. Bush, ABC accuse carrément le gouvernement américain de menacer la liberté d’expression.

Disney dit en substance que l’État n’a pas le droit de choisir quelles opinions peuvent être diffusées à la télévision.

ABC souligne aussi que la FCC semble passionnée par The View… mais beaucoup moins par les animateurs conservateurs pro-Trump de radio qui interviewent eux aussi des candidats politiques sans être inquiétés.

Comprenez, le problème ne semble pas être la règle. Le problème semble être l’opinion.

Et voilà comment, dans l’Amérique de 2026, le royaume enchanté des princesses Disney se retrouve à défendre un vieux principe démocratique américain.

Un président ne peut pas utiliser le pouvoir de l’État pour intimider les médias qui le critiquent.

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Marcomentum

Et si Littl’ Marco succédait à Donald Trump en 2029 ?

Il y a dix ans, Donald Trump avait affublé Marco Rubio de ce surnom condescendant pour le ridiculiser devant les caméras.

Littl’ Marco.

Aujourd’hui, le p’tit Marco est à la fois son secrétaire d’État et son conseiller à la sécurité nationale, c’est-à-dire un double rôle que personne n’a occupé auprès d’un président depuis Henry Kissinger il y a plus d’un demi-siècle.

Alex Wong / Getty Images

Dans la primaire républicaine de 2016, le milliardaire new-yorkais, larger-than-life, regardait de haut cet ambitieux sénateur de Floride jugé trop lisse, trop classique, trop républicain old school pour survivre dans l’univers trumpien.

Il y eut pourtant un bref moment, lorsque je le suivais pendant les premières étapes de la sélection, dans le caucus de l’Iowa, dans la primaire du New Hampshire, dans la chaleur sèche de Las Vegas, ou moite dans son quartier de Miami Gardens, où le mot “Marcomentum” (jeu de mot avec momentum, l’élan) circulait parmi les journalistes qui ne voulaient pas encore croire que le présentateur d’une télé-réalité de NBC pouvait vraiment s’imposer.

Serait-ce le Obama latino ? Le sénateur d’origine cubaine disait alors de Trump :

“Cet homme a transformé l’élection la plus importante d’une génération en cirque (…) ce n’est pas ce que je suis.”

Rubio avait tenté de résister à la trumpification du vieux Parti républicain, le parti de Lincoln, Eisenhower et Reagan, avant de se laisser emporter dans les eaux boueuses remuées par Trump. Le petit Marco aux allures de premier communiant alla jusqu’à se moquer publiquement de la taille supposée du pénis de son rival, avant d’être pulvérisé, moqué pour sa voix trop frêle, son style jugé artificiel. C’était déjà la fin du Marcomentum.

Et pourtant, ces derniers jours, voici que le mot est de retour. Il a même été placé en titre par le Washington Post :

“Alors que le ‘Marcomentum’ déferle sur Internet, Rubio et la Maison Blanche jurent ne pas penser à 2028.”

2028, il n’y pense pas ? Tu parles…

De quoi parle-t-on justement ?

Depuis quelques semaines, une portion du Parti républicain recommence à regarder Marco Rubio comme un possible candidat crédible pour 2028. Pas seulement comme un vice-président potentiel ou un secrétaire d’État efficace. Comme un prétendant sérieux à la succession de Donald Trump.

Le phénomène s’est accéléré cette semaine après une scène, à première vue anecdotique.

Rubio est apparu derrière le pupitre de la salle de presse de la Maison Blanche pour remplacer Karoline Leavitt, qui vient d’accoucher. Une sorte d’intérim improvisé. Le secrétaire d’État et conseiller à la sécurité nationale répond aux questions des journalistes pendant près d’une heure.

Dans l’Amérique trumpienne, toutes les images ont un sens politique.

Et Rubio a semblé prendre un plaisir évident à l’exercice.

Il plaisante avec les journalistes. Cite le groupe hip-hop Cypress Hill et le rappeur Ice Cube pour parler de l’Iran. Répond en espagnol. Désigne les reporters par la couleur de leurs vêtements dans la salle bondée. Sourit. Contrôle parfaitement le rythme. Même certains commentateurs conservateurs, beaucoup plus trumpistes canal historique, semblent surpris par sa fluidité à l’écran.

Un commentateur lâche sur Fox News :

“Franchement, ils devraient le faire sortir plus souvent.”

Un présentateur de la chaîne Newsmax, qui ferait passer Fox pour des chrétiens-démocrates ternes, va encore plus loin :

“Rubio est peut-être l’arme la plus puissante de Trump.”

Et en quelques heures, les hashtags se sont emballés sur X.

#Rubio2028.

Tommy Vietor, ancien conseiller de Barack Obama et l’une des voix du balado Pod Save America, plaisante :

“Attention JD Vance, Marco veut le job suprême.”

Ce qui m’a frappé, c’est le contraste visuel entre Rubio et le reste de l’administration Trump.

Je vous le raconte souvent ici, beaucoup de figures du trumpisme sont dans une logique de confrontation permanente. C’est comme ça qu’on se retrouve avec un secrétaire à la Défense (pardon, “à la Guerre”) qui compare les journalistes aux pharisiens bibliques. Un vice-président qui conteste le pape sur la théologie.

Rubio, lui, projette autre chose. Une forme de normalité présidentielle. De quasi-banalité. Comme si nous revenions à une époque presque normale, avant 2016, quand républicains et démocrates s’affrontaient mais pouvaient néanmoins se parler normalement.

Même ses adversaires le reconnaissent.

Dans The View sur ABC, l’ex-républicaine de Floride Ana Navarro, qui connaît bien Marco Rubio depuis longtemps, le décrit comme “incroyablement éloquent” et doté d’une qualité “aspirationnelle”. Alyssa Farah Griffin (comme je vous l’ai dit plus haut, une ancienne de l’administration Trump devenue critique du président), estime même que Rubio serait “beaucoup plus difficile à battre” qu’un JD Vance dans une élection en 2028.

Pourquoi ? Parce qu’il est le seul à sembler capable de parler à la fois à l’Amérique trumpisée et aux nostalgiques de l’ère pré-Trump.

C’est probablement cela qui intrigue désormais les stratèges républicains.

Rubio réussit progressivement quelque chose qui paraissait impossible il y a encore quelques années. Il est perçu comme un trumpiste ultra-loyal, ce qui n’était pas le cas lors du premier mandat où, comme sénateur, il semblait mis de côté par la présidence, sans apparaître totalement absorbé par Trump.

Il soutient la guerre contre l’Iran sans être accusé d’être celui qui fait basculer le président dans ce conflit, malgré ses tendances faucons établies depuis longtemps. Il a bénéficié politiquement de l’opération Maduro au Venezuela. Il nuance l’indulgence pro-russe de son président en tentant de préserver le lien avec l’Ukraine et les Européens. Et il continue de parler comme un conservateur classique des années Reagan, ce qui a un petit côté vintage années 80s aux oreilles républicaines. Avec un discours plus optimiste et moins sombre que les voix les plus identitaires de la galaxie Trump.

À la fin de son briefing à la Maison Blanche, un journaliste lui demande ce qu’il espère pour l’Amérique.

La réponse de Rubio devient virale.

“Nous voulons continuer à être le pays où n’importe qui, venu de n’importe où, peut accomplir n’importe quoi.”

“Chaque génération a laissé à la suivante une Amérique plus libre, plus prospère et plus sûre.”

Preuve que tout cela n’est pas totalement spontané, l’équipe de communication de Marco Rubio a immédiatement transformé cette séquence en vidéo ultra-produite. Musique héroïque. Images de Reagan. De Trump. D’avions militaires. D’Américains souriants. Le tout ressemble moins à une communication gouvernementale qu’à un teaser de campagne présidentielle.

Et Fox News embraye.

Même Laura Loomer, figure radicale très proche de Trump, écrit :

“On dirait une vidéo de lancement de campagne présidentielle.”

Elon Musk relaie la séquence.

Et soudain réapparaît un fantasme vieux de dix ans de l’establishment républicain, qui s’est fracassé dans la primaire de 2016 puis en 2022-2023, quand ils ont tenté d’empêcher l’ancien président de redevenir le candidat du parti pour 2024. Un candidat capable de conserver l’énergie du trumpisme sans la fatigue produite par Trump lui-même.

Bon, évidemment, tout ceci est très théorique. Le problème pour Marco Rubio s’appelle JD Vance.

Le vice-président reste largement favori pour 2028. Trump l’a plusieurs fois désigné implicitement comme héritier potentiel. Les sondages républicains le placent encore devant Rubio. Au CPAC, grand rassemblement conservateur, Vance obtenait récemment 53 % contre 35 % pour Rubio.

Mais l’écart se réduit.

Et surtout, Rubio semble profiter d’un phénomène très particulier, la lassitude d’une partie des républicains face au chaos permanent. Ce que j’appelais dans mon dernier livre les “Armes de distraction massive” de Trump.

Le Washington Post cite des focus groups, des études qualitatives menées par des sondeurs auprès d’électeurs républicains. Certains d’entre eux décrivent Rubio comme plus présidentiel, plus stable, moins abrasif que Vance. Un électeur trumpiste résume même dans une formule sèche le problème du vice-président :

“JD Vance, ce serait encore plus de Trump.”

Rubio offre une autre promesse implicite. Le trumpisme sans l’hystérie.

Cela ne veut pas dire qu’il est modéré. Il ne l’est plus vraiment. Le Rubio de 2026 a largement abandonné les messages pro-immigration de ses débuts. Il s’est mis à jour pour le logiciel MAGA.

Disons plutôt qu’il s’est converti.

Et Trump adore les convertis.

Un conseiller du président résume au site Politico ce qui plaît désormais à la Maison Blanche. Rubio aurait pu devenir un anti-Trump, comme le laissait penser son ton très violent contre Trump pendant la campagne de 2016. Au lieu de cela, l’ambitieux a choisi de baisser d’un ton, puis progressivement d’embrasser le mouvement MAGA.

Aujourd’hui, Trump le couvre d’éloges. Il dit qu’il pourrait devenir “le plus grand secrétaire d’État de l’histoire”. Il plaisante même sur un ticket Vance-Rubio qu’il juge “imbattable”.

Reuters

Rubio lui-même répète qu’il soutiendrait JD Vance si celui-ci se lançait.

Mais Washington adore les scénarios de succession. Et dans une administration où chacun vit dans l’ombre gigantesque de Trump, Rubio semble soudain apparaître comme un héritier plausible.

Et c’est ce qui m’intéresse dans ce Marcomentum.

Il est bien trop tôt pour savoir qui pourra emporter la primaire républicaine dans deux ans. Et qui pourra succéder à Trump dans le Bureau ovale fin janvier 2029.

Mais ce Marcomentum raconte moins l’ascension de Rubio… que le début de l’après-Trump dans le camp républicain.

Dézoom

Je vous partage l’analyse d’Anthony Scaramucci, ancien de la campagne Trump 2016, devenu son éphémère directeur de la communication à la Maison Blanche en 2017.

Il parie que ce Marcomentum va conduire Trump à limoger Rubio.

C’était dans son excellent balado The Rest Is Politics US avec Katty Kay.

“Je vais faire une prédiction dans ce podcast : Trump va finir par virer Marco Rubio (…) Il va essayer de le discréditer et de l’humilier avant la fin du mandat. (…) Une chose, en revanche, me paraît claire concernant Donald Trump et le processus de désignation républicain pour 2028 : il veut être la star de la convention républicaine de 2028. Il veut monter sur scène et que tout tourne encore autour de lui. Et il veut adouber le candidat comme son héritier choisi. (…) Ou alors ce sera la version totalement narcissique et nihiliste où il ne soutient personne.”

“Mais laissez-moi dire rapidement trois choses. Premièrement, la première étape, ce sera de rétrograder Rubio. On va lui retirer le titre de conseiller à la sécurité nationale. D’accord ? Et je veux rappeler à tout le monde ici que Rubio fait exactement le travail pour lequel Trump l’a recruté. Il fait les réunions que Trump ne veut pas faire. Il absorbe les critiques à sa place. Et laissez-moi vous dire une chose : il est en train de devenir plus grand que Donald Trump, mesdames et messieurs. Et quand cela arrive… cette conférence de presse hier, il parlait de manière articulée, il arrivait même à faire des phrases complètes.”

Trump n’aime pas ça. Il préfère un Pete Hegseth un peu idiot. Hegseth a de l’allure. Trump a un faible pour lui. Il n’aime pas le cerveau de Rubio. Donc il va d’abord le rétrograder. D’accord ? Puis il va l’éviscérer plus tard pendant le mandat. Et je prédis que c’est ce qui va arriver. D’abord Vance sera éliminé, puis Rubio.”



 




🟨🟧 Mickey mord Donald

Quand presque tous les médias américains plient face à Trump, Disney choisit soudain de contre-attaquer frontalement pour défendre la liberté d’expression menacée par les pressions du président.

Hi everyone, c’est Zeitgeist.

Je vais vous dire pourquoi on parle à Washington de “Marcomentum”. Dix ans après avoir été humilié par Trump pendant la primaire républicaine de 2016, Marco Rubio réapparaît comme un possible héritier du trumpisme. Plus rassurant que JD Vance, plus présidentiel que beaucoup de figures MAGA, il intrigue désormais une partie du Parti républicain lassée du chaos permanent.

On prendra ensuite la route avec Sean Duffy, le ministre des Transports de Trump, ancien candidat de télé-réalité de MTV devenu vedette d’une nouvelle émission sponsorisée par Boeing, Shell et Toyota. Un road trip à travers l’Amérique… au moment même où les prix de l’essence explosent à cause de la guerre avec l’Iran.

Je vous raconterai aussi pourquoi Donald Trump arrive à Pékin dans une position beaucoup plus fragile qu’il ne voudrait l’admettre. Il dépend désormais de Xi Jinping pour sortir du bourbier au Moyen-Orient.

Et puis je vais revenir sur la guerre new-yorkaise qui rebondit depuis des semaines entre le maire Mamdani et les milliardaires qui possèdent des appartements géants (souvent) vides.

Mais d’abord, il faut que je vous dise comment Mickey tient tête à l’homme le plus puissant du monde.

Je crois que c’est plus intéressant que de vous énumérer les messages furieux postés par le président sur son réseau Truth Social en ce dimanche de fête des Mères aux États-Unis.

En quelques heures, il a attaqué les démocrates, rebaptisés “Dumacrats”, insulté un représentant à la Chambre après une interview sur Fox (“ORDURE”), accusé la chaîne de laisser parler des “menteurs professionnels” sans les interrompre, s’en est pris au présentateur de HBO Bill Maher, puis au chef de la minorité démocrate (et probable futur président) de la Chambre Hakeem Jeffries, qu’il qualifie de politicien au “très faible QI”. Puis il s’est retourné contre la Cour suprême, furieux de la décision d’invalider ses droits de douane (elle remonte à plusieurs semaines…), en ciblant particulièrement deux juges qu’il avait lui-même nommés pendant son premier mandat.

Et bien sûr, la journée a fini par basculer vers l’Iran. Trump a dénoncé la réponse “totalement inacceptable” de Téhéran aux propositions américaines, avant de publier une longue tirade accusant Barack Obama d’avoir “donné une nouvelle vie” à l’Iran.

Bref, malgré la fête des Mères, un dimanche comme un autre, entre la télé branchée sur Fox, une partie de golf, ses rancœurs, ses majuscules et les ennemis qu’il s’est choisis.

Je préfère vous raconter en détail comment Disney a décidé de se battre contre Trump.

Je vous ai souvent dit comment depuis le retour de Trump, presque tous les grands groupes de médias américains ont plié face à Donald Trump. Certains ont payé. Dont Disney, qui a préféré acheter l’apaisement, Trump à peine réélu, en versant 16 millions de dollars pour un mot inexact prononcé par un journaliste politique pendant la campagne. D’autres se sont tus (à peu près tout le monde). D’autres encore ont suspendu des animateurs ou modifié discrètement leur ligne éditoriale pour éviter la guerre avec la Maison Blanche (oui, on te voit, CBS-Paramount).

Dry & Draw

Et puis, cette semaine, Mickey a décidé de se battre.

Contre Donald.

Je vous raconte.

Disney, propriétaire d’ABC, vient de lancer l’une des contre-attaques les plus spectaculaires depuis le retour de Trump au pouvoir. Au centre de cette bataille improbable, The View, émission créée il y a vingt-neuf ans par Barbara Walters, amie de Trump (j’ai raconté dans mon livre Roy Cohn, sur le mentor de Trump, comment Barbara Walters, première présentatrice de JT aux États-Unis, lui a servi de couverture pendant des années, pour jouer les faux-semblants et détourner l’attention de son homosexualité).

Cette émission diffusée à 11 heures du matin sur la côte Est, souvent moquée par les conservateurs, est devenue avec le temps un étrange pilier de la démocratie télévisée américaine.

Pendant longtemps, Donald Trump a adoré “The View”.

Il arrivait sur le plateau comme dans son salon. Barbara Walters l’accueillait avec cette fascination très new-yorkaise qu’exerçait alors le promoteur de Manhattan. Il venait parler casinos, immeubles, célébrité, argent. Parfois accompagné d’Ivanka. Parfois de Melania. En 2006, assis à côté de sa fille, il plaisante ainsi :

“J’ai déjà dit que si Ivanka n’était pas ma fille, peut-être que je sortirais avec elle.”

Le public rit. Il venait d’épouser Melania.

À l’époque, The View faisait encore partie de son monde.

Puis l’Amérique a changé. Et The View aussi. C’est devenu un champ de bataille des guerres culturelles. Lentement, le talk-show pour ménagères créé par Barbara Walters s’est transformé en une sorte d’espace de résistance permanente au trumpisme, regardé chaque jour par près de trois millions d’Américains (c’est l’émission de journée la plus regardée), surtout des femmes de plus de 50 ans, c’est-à-dire un bloc d’électeurs essentiels pour quiconque veut gagner la Maison Blanche. L’émission tente d’équilibrer en recrutant autour de la table des co-animatrices conservatrices. Et c’est ainsi que le panel compte désormais Alyssa Farah Griffin, une ancienne de la Maison Blanche pendant la première présidence Trump.

Et The View invite régulièrement des républicains, comme ici Don Jr.

Mais quand il est revenu au pouvoir, The View est redevenu une cible.

L’affaire dont il est question aujourd’hui tourne autour d’une règle obscure appelée “equal time”, héritée d’une autre époque de la télévision américaine. En théorie, lorsqu’une chaîne invite un candidat politique, elle doit offrir le même temps d’antenne à ses adversaires.

Pendant des décennies, personne ou presque ne s’est vraiment servi de cette règle contre les talk-shows politiques. L’autorité de régulation, la FCC, considérait même que The View était un programme d’information, protégé par une exemption spéciale (The View dépend d’ABC News, la rédaction d’ABC).

Mais Brendan Carr, le nouveau patron de la FCC nommé par Trump, a décidé de rouvrir le dossier.

Tout est parti de l’invitation d’un démocrate texan candidat au Sénat, James Talarico.

Depuis, l’administration Trump exige qu’ABC démontre à nouveau que The View mérite cette exemption. Et soudain, derrière une procédure bureaucratique poussiéreuse, apparaît quelque chose de beaucoup plus contemporain.

Pour certains anti-Trump, c’est une tentative d’utiliser l’appareil d’État pour faire pression sur une émission politiquement jugée hostile au président.

Ce qui est intéressant dans cette affaire, c’est l’identité de celui qui résiste.

Disney.

Pendant des mois, presque tous les grands groupes américains ont cherché à éviter l’affrontement avec Trump. Certains ont payé. D’autres se sont couchés. Disney lui-même avait accepté ces 16 millions de dollars dont je vous parlais pour mettre fin à un procès en diffamation intenté par Trump, alors que beaucoup d’experts estimaient le dossier très fragile.

Disney voulait simplement acheter la paix.

Mais cela n’a servi à rien.

Les attaques ont continué. Sur le présentateur de l’émission de late night Jimmy Kimmel, je vous l’avais raconté dans Zeitgeist. Sur les stations locales d’ABC. Sur les politiques de diversité du groupe. Trump réclame publiquement des sanctions. Brendan Carr ouvre enquête après enquête. La Maison Blanche teste jusqu’où elle peut aller.

Et cette fois, la souris Mickey a décidé de mordre.

La réponse juridique de Disney, cette semaine, ne tourne pas autour du pot. Dans un document de 52 pages signé par un juriste qui a travaillé chez les républicains sous George W. Bush, ABC accuse carrément le gouvernement américain de menacer la liberté d’expression.

Disney dit en substance que l’État n’a pas le droit de choisir quelles opinions peuvent être diffusées à la télévision.

ABC souligne aussi que la FCC semble passionnée par The View… mais beaucoup moins par les animateurs conservateurs pro-Trump de radio qui interviewent eux aussi des candidats politiques sans être inquiétés.

Comprenez, le problème ne semble pas être la règle. Le problème semble être l’opinion.

Et voilà comment, dans l’Amérique de 2026, le royaume enchanté des princesses Disney se retrouve à défendre un vieux principe démocratique américain.

Un président ne peut pas utiliser le pouvoir de l’État pour intimider les médias qui le critiquent.

Laissez un commentaire.


Marcomentum

Et si Littl’ Marco succédait à Donald Trump en 2029 ?

Il y a dix ans, Donald Trump avait affublé Marco Rubio de ce surnom condescendant pour le ridiculiser devant les caméras.

Littl’ Marco.

Aujourd’hui, le p’tit Marco est à la fois son secrétaire d’État et son conseiller à la sécurité nationale, c’est-à-dire un double rôle que personne n’a occupé auprès d’un président depuis Henry Kissinger il y a plus d’un demi-siècle.

Alex Wong / Getty Images

Dans la primaire républicaine de 2016, le milliardaire new-yorkais, larger-than-life, regardait de haut cet ambitieux sénateur de Floride jugé trop lisse, trop classique, trop républicain old school pour survivre dans l’univers trumpien.

Il y eut pourtant un bref moment, lorsque je le suivais pendant les premières étapes de la sélection, dans le caucus de l’Iowa, dans la primaire du New Hampshire, dans la chaleur sèche de Las Vegas, ou moite dans son quartier de Miami Gardens, où le mot “Marcomentum” (jeu de mot avec momentum, l’élan) circulait parmi les journalistes qui ne voulaient pas encore croire que le présentateur d’une télé-réalité de NBC pouvait vraiment s’imposer.

Serait-ce le Obama latino ? Le sénateur d’origine cubaine disait alors de Trump :

“Cet homme a transformé l’élection la plus importante d’une génération en cirque (…) ce n’est pas ce que je suis.”

Rubio avait tenté de résister à la trumpification du vieux Parti républicain, le parti de Lincoln, Eisenhower et Reagan, avant de se laisser emporter dans les eaux boueuses remuées par Trump. Le petit Marco aux allures de premier communiant alla jusqu’à se moquer publiquement de la taille supposée du pénis de son rival, avant d’être pulvérisé, moqué pour sa voix trop frêle, son style jugé artificiel. C’était déjà la fin du Marcomentum.

Et pourtant, ces derniers jours, voici que le mot est de retour. Il a même été placé en titre par le Washington Post :

“Alors que le ‘Marcomentum’ déferle sur Internet, Rubio et la Maison Blanche jurent ne pas penser à 2028.”

2028, il n’y pense pas ? Tu parles…

De quoi parle-t-on justement ?

Depuis quelques semaines, une portion du Parti républicain recommence à regarder Marco Rubio comme un possible candidat crédible pour 2028. Pas seulement comme un vice-président potentiel ou un secrétaire d’État efficace. Comme un prétendant sérieux à la succession de Donald Trump.

Le phénomène s’est accéléré cette semaine après une scène, à première vue anecdotique.

Rubio est apparu derrière le pupitre de la salle de presse de la Maison Blanche pour remplacer Karoline Leavitt, qui vient d’accoucher. Une sorte d’intérim improvisé. Le secrétaire d’État et conseiller à la sécurité nationale répond aux questions des journalistes pendant près d’une heure.

Dans l’Amérique trumpienne, toutes les images ont un sens politique.

Et Rubio a semblé prendre un plaisir évident à l’exercice.

Il plaisante avec les journalistes. Cite le groupe hip-hop Cypress Hill et le rappeur Ice Cube pour parler de l’Iran. Répond en espagnol. Désigne les reporters par la couleur de leurs vêtements dans la salle bondée. Sourit. Contrôle parfaitement le rythme. Même certains commentateurs conservateurs, beaucoup plus trumpistes canal historique, semblent surpris par sa fluidité à l’écran.

Un commentateur lâche sur Fox News :

“Franchement, ils devraient le faire sortir plus souvent.”

Un présentateur de la chaîne Newsmax, qui ferait passer Fox pour des chrétiens-démocrates ternes, va encore plus loin :

“Rubio est peut-être l’arme la plus puissante de Trump.”

Et en quelques heures, les hashtags se sont emballés sur X.

#Rubio2028.

Tommy Vietor, ancien conseiller de Barack Obama et l’une des voix du balado Pod Save America, plaisante :

“Attention JD Vance, Marco veut le job suprême.”

Ce qui m’a frappé, c’est le contraste visuel entre Rubio et le reste de l’administration Trump.

Je vous le raconte souvent ici, beaucoup de figures du trumpisme sont dans une logique de confrontation permanente. C’est comme ça qu’on se retrouve avec un secrétaire à la Défense (pardon, “à la Guerre”) qui compare les journalistes aux pharisiens bibliques. Un vice-président qui conteste le pape sur la théologie.

Rubio, lui, projette autre chose. Une forme de normalité présidentielle. De quasi-banalité. Comme si nous revenions à une époque presque normale, avant 2016, quand républicains et démocrates s’affrontaient mais pouvaient néanmoins se parler normalement.

Même ses adversaires le reconnaissent.

Dans The View sur ABC, l’ex-républicaine de Floride Ana Navarro, qui connaît bien Marco Rubio depuis longtemps, le décrit comme “incroyablement éloquent” et doté d’une qualité “aspirationnelle”. Alyssa Farah Griffin (comme je vous l’ai dit plus haut, une ancienne de l’administration Trump devenue critique du président), estime même que Rubio serait “beaucoup plus difficile à battre” qu’un JD Vance dans une élection en 2028.

Pourquoi ? Parce qu’il est le seul à sembler capable de parler à la fois à l’Amérique trumpisée et aux nostalgiques de l’ère pré-Trump.

C’est probablement cela qui intrigue désormais les stratèges républicains.

Rubio réussit progressivement quelque chose qui paraissait impossible il y a encore quelques années. Il est perçu comme un trumpiste ultra-loyal, ce qui n’était pas le cas lors du premier mandat où, comme sénateur, il semblait mis de côté par la présidence, sans apparaître totalement absorbé par Trump.

Il soutient la guerre contre l’Iran sans être accusé d’être celui qui fait basculer le président dans ce conflit, malgré ses tendances faucons établies depuis longtemps. Il a bénéficié politiquement de l’opération Maduro au Venezuela. Il nuance l’indulgence pro-russe de son président en tentant de préserver le lien avec l’Ukraine et les Européens. Et il continue de parler comme un conservateur classique des années Reagan, ce qui a un petit côté vintage années 80s aux oreilles républicaines. Avec un discours plus optimiste et moins sombre que les voix les plus identitaires de la galaxie Trump.

À la fin de son briefing à la Maison Blanche, un journaliste lui demande ce qu’il espère pour l’Amérique.

La réponse de Rubio devient virale.

“Nous voulons continuer à être le pays où n’importe qui, venu de n’importe où, peut accomplir n’importe quoi.”

“Chaque génération a laissé à la suivante une Amérique plus libre, plus prospère et plus sûre.”

Preuve que tout cela n’est pas totalement spontané, l’équipe de communication de Marco Rubio a immédiatement transformé cette séquence en vidéo ultra-produite. Musique héroïque. Images de Reagan. De Trump. D’avions militaires. D’Américains souriants. Le tout ressemble moins à une communication gouvernementale qu’à un teaser de campagne présidentielle.

Et Fox News embraye.

Même Laura Loomer, figure radicale très proche de Trump, écrit :

“On dirait une vidéo de lancement de campagne présidentielle.”

Elon Musk relaie la séquence.

Et soudain réapparaît un fantasme vieux de dix ans de l’establishment républicain, qui s’est fracassé dans la primaire de 2016 puis en 2022-2023, quand ils ont tenté d’empêcher l’ancien président de redevenir le candidat du parti pour 2024. Un candidat capable de conserver l’énergie du trumpisme sans la fatigue produite par Trump lui-même.

Bon, évidemment, tout ceci est très théorique. Le problème pour Marco Rubio s’appelle JD Vance.

Le vice-président reste largement favori pour 2028. Trump l’a plusieurs fois désigné implicitement comme héritier potentiel. Les sondages républicains le placent encore devant Rubio. Au CPAC, grand rassemblement conservateur, Vance obtenait récemment 53 % contre 35 % pour Rubio.

Mais l’écart se réduit.

Et surtout, Rubio semble profiter d’un phénomène très particulier, la lassitude d’une partie des républicains face au chaos permanent. Ce que j’appelais dans mon dernier livre les “Armes de distraction massive” de Trump.

Le Washington Post cite des focus groups, des études qualitatives menées par des sondeurs auprès d’électeurs républicains. Certains d’entre eux décrivent Rubio comme plus présidentiel, plus stable, moins abrasif que Vance. Un électeur trumpiste résume même dans une formule sèche le problème du vice-président :

“JD Vance, ce serait encore plus de Trump.”

Rubio offre une autre promesse implicite. Le trumpisme sans l’hystérie.

Cela ne veut pas dire qu’il est modéré. Il ne l’est plus vraiment. Le Rubio de 2026 a largement abandonné les messages pro-immigration de ses débuts. Il s’est mis à jour pour le logiciel MAGA.

Disons plutôt qu’il s’est converti.

Et Trump adore les convertis.

Un conseiller du président résume au site Politico ce qui plaît désormais à la Maison Blanche. Rubio aurait pu devenir un anti-Trump, comme le laissait penser son ton très violent contre Trump pendant la campagne de 2016. Au lieu de cela, l’ambitieux a choisi de baisser d’un ton, puis progressivement d’embrasser le mouvement MAGA.

Aujourd’hui, Trump le couvre d’éloges. Il dit qu’il pourrait devenir “le plus grand secrétaire d’État de l’histoire”. Il plaisante même sur un ticket Vance-Rubio qu’il juge “imbattable”.

Reuters

Rubio lui-même répète qu’il soutiendrait JD Vance si celui-ci se lançait.

Mais Washington adore les scénarios de succession. Et dans une administration où chacun vit dans l’ombre gigantesque de Trump, Rubio semble soudain apparaître comme un héritier plausible.

Et c’est ce qui m’intéresse dans ce Marcomentum.

Il est bien trop tôt pour savoir qui pourra emporter la primaire républicaine dans deux ans. Et qui pourra succéder à Trump dans le Bureau ovale fin janvier 2029.

Mais ce Marcomentum raconte moins l’ascension de Rubio… que le début de l’après-Trump dans le camp républicain.

Dézoom

Je vous partage l’analyse d’Anthony Scaramucci, ancien de la campagne Trump 2016, devenu son éphémère directeur de la communication à la Maison Blanche en 2017.

Il parie que ce Marcomentum va conduire Trump à limoger Rubio.

C’était dans son excellent balado The Rest Is Politics US avec Katty Kay.

“Je vais faire une prédiction dans ce podcast : Trump va finir par virer Marco Rubio (…) Il va essayer de le discréditer et de l’humilier avant la fin du mandat. (…) Une chose, en revanche, me paraît claire concernant Donald Trump et le processus de désignation républicain pour 2028 : il veut être la star de la convention républicaine de 2028. Il veut monter sur scène et que tout tourne encore autour de lui. Et il veut adouber le candidat comme son héritier choisi. (…) Ou alors ce sera la version totalement narcissique et nihiliste où il ne soutient personne.”

“Mais laissez-moi dire rapidement trois choses. Premièrement, la première étape, ce sera de rétrograder Rubio. On va lui retirer le titre de conseiller à la sécurité nationale. D’accord ? Et je veux rappeler à tout le monde ici que Rubio fait exactement le travail pour lequel Trump l’a recruté. Il fait les réunions que Trump ne veut pas faire. Il absorbe les critiques à sa place. Et laissez-moi vous dire une chose : il est en train de devenir plus grand que Donald Trump, mesdames et messieurs. Et quand cela arrive… cette conférence de presse hier, il parlait de manière articulée, il arrivait même à faire des phrases complètes.”

Trump n’aime pas ça. Il préfère un Pete Hegseth un peu idiot. Hegseth a de l’allure. Trump a un faible pour lui. Il n’aime pas le cerveau de Rubio. Donc il va d’abord le rétrograder. D’accord ? Puis il va l’éviscérer plus tard pendant le mandat. Et je prédis que c’est ce qui va arriver. D’abord Vance sera éliminé, puis Rubio.”

Laissez un commentaire.


Road trip télé

Donald Trump n’est pas la seule figure de son administration à venir de la télé-réalité.

Son ministre des Transports est devenu célèbre il y a une trentaine d’années dans la première télé-réalité de l’histoire.

En 1997, Sean Duffy était l’un des personnages d’une émission de MTV qui filmait des anonymes dans une colocation.

C’était encore l’Amérique de Clinton. Internet balbutiait. Les smartphones n’existaient pas. Et la télé-réalité américaine n’avait pas encore dévoré la politique. The Real World, émission culte de MTV, faisait figure d’expérience sociologique vaguement branchée. Pourquoi ne pas enfermer de jeunes inconnus ensemble et observer leurs disputes, leurs histoires d’amour et leurs ambitions devant des millions de téléspectateurs ?

Près de trente ans plus tard, Sean Duffy est devenu secrétaire aux Transports des États-Unis dans l’administration Trump.

Et le voilà qui revient à ses racines.

On a appris cette semaine que Duffy avait discrètement tourné pendant sept mois une nouvelle télé-réalité avec sa famille. Le programme s’appelle The Great American Road Trip. Il sera diffusé gratuitement sur YouTube cet été à l’occasion du 250e anniversaire des États-Unis.

Le pitch ressemble à une fusion étrange entre propagande patriotique, sitcom familiale et nostalgie 90s.

Sean Duffy, sa femme Rachel Campos-Duffy (elle aussi une ancienne de The Real World, elle présente aujourd’hui la matinale week-end de Fox News), et certains de leurs neuf enfants traversent l’Amérique en voiture. Des montagnes du Montana à une croisière sur le Mississippi. Escale à Philadelphie ou bien à Boston devant la maison de The Real World, là même où Duffy était devenu célèbre dans les années 1990.

La bande-annonce, dévoilée sur Fox News, commence même dans le Bureau ovale.

Donald Trump regarde la famille et demande avec amusement :

“Vous partez en petit voyage ? Un petit voyage à travers le pays ?”

Puis la musique héroïque démarre.

“To love America is to see America”, explique Sean Duffy face caméra.

“Aimer l’Amérique, c’est voir l’Amérique.”

On peut penser ce qu’on veut de cette idée de com’, mais disons que la diffusion tombe un peu mal au moment où l’Amérique traverse une flambée spectaculaire des prix de l’essence liée à la guerre avec l’Iran. Le gallon dépasse désormais 4,50 dollars en moyenne nationale (la barre psychologique des palpitations des conducteurs de la classe moyenne, c’est à partir de 4 dollars le gallon). Dans certains États, comme la Californie, il dépasse même les 6 dollars. Trump s’est fait élire en promettant de ramener le prix du gallon à moins de 2 dollars.

Donc le ministre chargé des transports se filme en train de prendre du temps en famille aux quatre coins du pays, pour inciter les Américains à prendre la route… au moment précis où beaucoup d’entre eux ne peuvent plus se le permettre.

La polémique a explosé immédiatement, alimentée notamment par le prédécesseur démocrate de Duffy au ministère des Transports, potentiel candidat à la primaire démocrate en 2028 (je vous en ai déjà régulièrement parlé dans Zeitgeist). Il dit que l’émission est “brutalement déconnectée de la réalité”.

“Les familles américaines ne peuvent plus se permettre des road trips parce que Trump et sa guerre ont fait exploser les prix de l’essence.”

Mais c’est surtout le mari de Buttigieg, Chasten, qui a mis le feu aux poud

Car la famille Duffy avait attaque  Buttigieg sur Fox News pendant son mandat lorsqu’il avait pris du temps auprès de ses enfants prématurés hospitalisés en soins intensifs.

Et voilà maintenant Sean Duffy accusé de consacrer sept mois à tourner une télé-réalité familiale pendant que les prix explosent et que le secteur des transports traverse une série de crises.

Chasten Buttigieg écrit :

“Les mêmes Duffy qui faisaient des crises à la télévision nationale parce que Pete travaillait depuis la chambre d’hôpital de notre fils se vantent maintenant de leur road trip familial de plusieurs mois.”

“Peut-on être plus dispersé, plus irresponsable et plus déconnecté de la réalité ?”

Le couple Duffy se défend.

Sean Duffy explique que le tournage se faisait par petites séquences d’un ou deux jours, le week-end ou pendant les vacances scolaires.

Tout cela a été financé par des sponsors privés mis en avant dans l’émission, Boeing, Shell, Toyota, United Airlines ou Royal Caribbean. C’est-à-dire des entreprises dont les activités sont contrôlées par le ministère des Transports !

Ces derniers mois, l’administration Duffy a dû gérer des pénuries de contrôleurs aériens, plusieurs incidents aériens graves, des tensions sur les prix du carburant et même la faillite spectaculaire de Spirit Airlines que j’évoquais ici la semaine dernière.

Et pourtant, au milieu de ce chaos, Sean Duffy a pris le temps de tourner une émission de télévision.

Et cette histoire raconte aussi quelque chose de plus large sur l’Amérique trumpienne.

Avec Donald Trump, la frontière entre divertissement, pouvoir et communication politique s’est pratiquement évaporée. La télévision n’est plus seulement un outil au service du pouvoir. Elle est devenue une manière d’exercer le pouvoir lui-même.

Comme si l’Amérique ne savait plus très bien faire la différence entre gouverner le pays… et produire de la télé-réalité.


Who’s the sheriff in town ?

Ce sera l’une des images les plus marquantes de la semaine.

Les deux hommes les plus puissants de la planète vont se retrouver. Et à première vue, c’est le plus puissant des deux qui a le plus besoin de l’autre.

Pour leur seconde rencontre depuis sa réélection, Donald Trump arrive cette semaine à Pékin dans une position beaucoup plus fragile qu’il ne voudrait l’admettre.

Depuis des mois, il se présente comme l’homme qui “a toutes les cartes en main”. Mais au moment de retrouver Xi Jinping pour un sommet de deux jours (qui a été repoussé par la guerre), c’est plutôt le dirigeant chinois qui dispose du vrai levier géopolitique.

Bien entendu, il sera question de nombreux sujets urgents. C’est le propre de ce genre de sommets. Commerce, intelligence artificielle, terres rares, Taïwan. Mais en réalité, une obsession domine toutes les autres.

Trump a besoin de Xi sur le Moyen-Orient.

Besoin que Pékin aide à empêcher une reprise de l’escalade avec l’Iran. Besoin que la Chine pousse Téhéran à maintenir ouvert le détroit d’Ormuz, passage vital pour le pétrole mondial. Besoin aussi d’éviter un nouveau choc énergétique alors que le prix de l’essence explose déjà aux États-Unis et que la guerre avec l’Iran devient de plus en plus impopulaire dans l’opinion américaine.

En revenant au pouvoir, Trump voulait faire croire qu’il y avait un “nouveau shérif en ville”, qu’il était un homme fort capable de rétablir l’ordre mondial par la force. Mais le voilà aujourd’hui obligé de solliciter l’aide de son principal rival stratégique pour sortir d’un conflit qu’il a lui-même déclenché.

Comme si le nouveau shérif, c’était en fait Xi.

La guerre détourne les ressources militaires américaines vers le Moyen-Orient. Et surtout, la Chine peut observer paisiblement l’affaiblissement militaire américain en Asie, notamment autour de Taïwan.

Et si Trump, le grand maître autoproclamé de L’Art du Deal (dont le titre s’inspire de L’Art de la guerre de Sun Tzu) était tenté d’échanger une sorte d’apaisement chinois sur l’Iran contre un assouplissement américain sur Taïwan ?

Trump a dit récemment qu’une éventuelle invasion chinoise dépendrait “du choix de Xi”.

Évidemment, Taipei n’est pas super rassuré (on les comprend).

Xi le sait mieux que quiconque. Plus l’Amérique de Trump paraît imprévisible, plus la Chine peut se présenter comme la puissance stable du XXIe siècle.

Pendant des décennies, les présidents américains arrivaient en Chine en prétendant incarner la puissance dominante du monde. Aujourd’hui, Trump débarque à Pékin au milieu d’une guerre impopulaire, d’une crise énergétique mondiale, d’alliés inquiets et d’une Amérique dont la crédibilité internationale s’est profondément érodée.

Xi Jinping n’a même plus besoin de triompher ouvertement.

Il lui suffit de paraître calme pendant que Trump cherche désespérément une sortie.

J’ai lu à ce sujet une très bonne analyse publiée ce matin par le comité éditorial du Wall Street Journal (qui engage donc le journal tout entier).

J’en fais mon 📚 Food for Thought de ce numéro de Zeitgeist.

Voici quelques extraits.

“La communication américaine avant le sommet insiste sur la recherche de “stabilité”. C’est une idée séduisante, à condition que Trump ne s’imagine pas qu’une relation personnelle puisse neutraliser les objectifs anti-américains de Xi.”

“L’économie chinoise affaiblie pousse Xi à coopérer, et il cherchera probablement à amadouer Trump avec des promesses d’achats supplémentaires de produits agricoles, d’avions et d’autres biens américains. Mais Xi a déjà fait ce genre de promesses auparavant, et les agriculteurs américains n’ont jamais retrouvé leurs parts de marché perdues en Chine.”

“L’offre implicite de Xi sur les terres rares pourrait être un accès accru de la Chine aux puces électroniques avancées américaines. Xi considère l’intelligence artificielle comme un champ de bataille décisif dans la compétition entre Pékin et Washington. Il est en retard, mais pas de beaucoup. L’administration Trump souhaite ouvrir des discussions avec Pékin sur des garde-fous autour de l’IA ; maintenir le dialogue reste évidemment préférable.” (…)

Le piège que Xi tend à Trump concerne Taïwan.”

“Xi veut obtenir un droit de veto sur les ventes d’armes américaines à l’île. Il pousse également Washington à “s’opposer” formellement à l’indépendance taïwanaise, au lieu de la position actuelle qui consiste à “ne pas soutenir” cette indépendance. Xi expliquera probablement à Trump que cette nuance ne change pas grand-chose pour les Américains, tout en flattant son ego en lui disant qu’il peut apporter la paix dans une nouvelle région du monde.”

“Pourtant, un tel changement bouleverserait des décennies de politique américaine qui, malgré toutes ses ambiguïtés diplomatiques, ont permis de préserver la paix. Taïwan n’est pas l’agresseur dans le détroit, contrairement à ce qu’affirme Xi.” (…)

“Le contexte général de ce sommet est le suivant : le Parti communiste chinois demeure le principal soutien financier et industriel des acteurs hostiles aux États-Unis, de la Russie à l’Iran en passant par la Corée du Nord. La première administration Trump considérait la Chine comme un adversaire stratégique, à la fois militaire, économique et idéologique.”

“La seconde administration Trump, elle, semble rechercher une forme de détente, et Trump en est le principal artisan. Une détente peut avoir un intérêt si les États-Unis profitent de ce répit pour diversifier leur chaîne d’approvisionnement en terres rares et adopter un budget militaire de 1 500 milliards de dollars afin de se réarmer.”

“Xi a étudié Trump et pense disposer de cartes maîtresses sur les minerais stratégiques et les produits pharmaceutiques. Derrière les discours de bonne volonté à Pékin, une chose n’a pas changé : Xi joue le long terme pour détrôner les États-Unis comme première puissance mondiale.”

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NYC vs les riches

Voici une histoire dont je voulais vous parler il y a une quinzaine de jours, quand elle a éclaté. Dieu sait pour quelle raison j’avais dû l’écarter, faute de place probablement, mais j’y reviens aujourd’hui car cette polémique ne s’éteint pas, elle rebondit, le New York Post y est revenu plusieurs fois en une. Oui, elle dit quelque chose de l’Amérique de 2026.

Lors de sa publication le 15 avril, les 90 secondes de cette vidéo ont suffi pour rallumer l’une des plus vieilles guerres de New York. Celle qui oppose la ville des milliardaires à la ville de ceux qui n’arrivent plus à payer leur loyer.

Dans cette vidéo publiée par la mairie de New York, Zohran Mamdani se tient devant une tour ultra-luxueuse au 220 Central Park South, c’est-à-dire la rue qui borde au sud le parc, dans ce qu’on appelle Billionaires’ Row, “l’allée des milliardaires”.

Derrière lui, dans les étages invisibles du gratte-ciel, se trouve l’appartement le plus cher jamais vendu aux États-Unis. Un penthouse, c’est à dire un appartement de plusieurs niveaux au sommet, de 2230 mètres carrés acheté 238 millions de dollars par le patron du hedge fund Citadel, Ken Griffin. Je me souviens en avoir fait un sujet lors de cette vente, j’étais alors correspondant à New York, et à chaque fois que je passe du temps sur la grande pelouse verte de Sheep Meadow en contrebas, j’observe cet appartement qui, de l’extérieur, n’est pas le plus haut ou le plus spectaculaire, mais qui est de très loin le plus cher.

Mamdani regarde la caméra.

“Quand j’ai été élu, j’ai promis de taxer les riches. Aujourd’hui, nous taxons les riches.”

Le maire socialiste présente alors son projet de “pied-à-terre tax”, en français dans le texte. Une taxe annuelle sur les résidences secondaires de luxe de plus de 5 millions de dollars, détenues par des ultra-riches qui n’habitent pas réellement New York.

Et il désigne explicitement Griffin.

“Comme ce penthouse, acheté 238 millions de dollars.”

Le geste paraît anecdotique. Sauf qu’à New York, dans cette ville construite autour de l’argent, des tours et des ego, désigner publiquement un milliardaire est devenu un acte politique explosif.

Et la réaction de Griffin a été immédiate.

Depuis deux semaines, le patron de Citadel multiplie les interviews furieuses. Il qualifie la vidéo de “creepy and weird”. “Creepy”, malsaine. “Weird”, bizarre. Il accuse Mamdani de l’avoir “mis en danger”. Il rappelle que le patron d’UnitedHealthcare avait été assassiné non loin de son immeuble. Il annonce surtout que Citadel va désormais “doubler la mise” à Miami plutôt qu’à New York.

Et soudain, toute l’Amérique se retrouve condensée dans cette querelle immobilière entre un milliardaire de Wall Street et un maire de 34 ans élu sur un programme très à gauche.

Parce que cette histoire parle moins d’un appartement à 238 millions de dollars… que d’un basculement culturel et économique de la ville.

Pendant des décennies, New York a fonctionné sur un pacte implicite. Les ultra-riches faisaient exploser les inégalités, mais ils payaient aussi énormément d’impôts, finançaient des musées, des universités, des hôpitaux, et faisaient tourner la machine immobilière et financière de la ville. En échange, les maires, de Bloomberg à Giuliani, et même souvent les démocrates, évitaient de trop frontalement attaquer Wall Street.

Mamdani casse ce pacte.

Et c’est probablement cela qui sidère autant les élites financières (et mobilise beaucoup les plateaux de CNBC, la chaine préférée de Wall Street).

Le plus fascinant dans cette affaire, c’est que la taxe elle-même reste relativement modeste. Elle devrait rapporter environ 500 millions de dollars par an selon les estimations. C’est peu à l’échelle du déficit new-yorkais, estimé à plus de 10 milliards de dollars en 2027.

Mais symboliquement, ça a de l’impact.

Pour la première fois depuis longtemps, un maire parle des milliardaires comme d’un problème politique.

Depuis le Covid, les États-Unis vivent une immense migration intérieure. La Floride et le Texas attirent entreprises, traders et fonds d’investissement avec des impôts plus faibles et une réglementation plus légère. Ken Griffin lui-même avait déjà déplacé le siège de Citadel de Chicago à Miami en 2022, dénonçant criminalité et fiscalité démocrate.

Miami n’est plus seulement une station balnéaire. C’est désormais une alternative idéologique à New York.

Le message implicite de Griffin est limpide. Si vous nous attaquez, nous partirons.

Et c’est précisément ce qui rend cette controverse intéressante politiquement.

Mamdani est le premier démocrate d’une grande ville américaine à répondre aux milliardaires qu’ils peuvent partir si cela leur chante.

C’est un changement profond. Pendant longtemps, les démocrates urbains ont tenté de concilier progressisme culturel et dépendance absolue au capital financier. Mamdani, lui, considère que cette dépendance a précisément détruit l’accessibilité des métropoles.

New York est devenue une ville si chère que même beaucoup de cadres supérieurs peinent à acheter un appartement. Une ville où des tours entières restent parfois à moitié vides pendant que les loyers explosent.

Et ce qui m’intéresse dans cette histoire, et c’est pour cela que j’y reviens ce matin, car elle continue de rejaillir dans la presse locale, c’est que derrière le clash Mamdani-Griffin se cache une question beaucoup plus large.

À qui appartiennent désormais les grandes villes américaines ?

Les opposants de Mamdani soulignent les risques immenses de sa stratégie et parlent d’une “spirale de la mort” pour New York. Si Citadel réduit réellement ses investissements new-yorkais, cela pourrait signifier des milliers d’emplois en moins et plusieurs milliards de dollars de dépenses perdues. D’autres géants financiers regardent aussi vers le Texas ou la Floride.

Mais une partie des Américains considère désormais les ultra-riches moins comme des modèles… que comme des symboles d’un système absurde.

Et c’est aussi cela que raconte cette étrange guerre autour d’un penthouse, souvent vide, qui domine Central Park.

Thank you and goodbye.

PhC


“Xi veut obtenir un droit de veto sur les ventes d’armes américaines à l’île. Il pousse également Washington à “s’opposer” formellement à l’indépendance taïwanaise, au lieu de la position actuelle qui consiste à “ne pas soutenir” cette indépendance. Xi expliquera probablement à Trump que cette nuance ne change pas grand-chose pour les Américains, tout en flattant son ego en lui disant qu’il peut apporter la paix dans une nouvelle région du monde.”

“Pourtant, un tel changement bouleverserait des décennies de politique américaine qui, malgré toutes ses ambiguïtés diplomatiques, ont permis de préserver la paix. Taïwan n’est pas l’agresseur dans le détroit, contrairement à ce qu’affirme Xi.” (…)

“Le contexte général de ce sommet est le suivant : le Parti communiste chinois demeure le principal soutien financier et industriel des acteurs hostiles aux États-Unis, de la Russie à l’Iran en passant par la Corée du Nord. La première administration Trump considérait la Chine comme un adversaire stratégique, à la fois militaire, économique et idéologique.”

“La seconde administration Trump, elle, semble rechercher une forme de détente, et Trump en est le principal artisan. Une détente peut avoir un intérêt si les États-Unis profitent de ce répit pour diversifier leur chaîne d’approvisionnement en terres rares et adopter un budget militaire de 1 500 milliards de dollars afin de se réarmer.”

“Xi a étudié Trump et pense disposer de cartes maîtresses sur les minerais stratégiques et les produits pharmaceutiques. Derrière les discours de bonne volonté à Pékin, une chose n’a pas changé : Xi joue le long terme pour détrôner les États-Unis comme première puissance mondiale.”



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