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🟨🟧 L'Art de la reddition

Trump promettait la reddition sans condition de l’Iran. Il négocie une sortie et cherche à maquiller cette défaite stratégique en victoire médiatique, pour convaincre l’Amérique qu’il a gagné.

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Hi everyone, c’est Zeitgeist en ce Memorial Day, la date officieuse du début de l’été pour les Américains. Il durera jusqu’à Labor Day, début septembre.

Outre l’Iran, je vais aussi vous parler d’un étrange paradoxe américain. Jamais les consommateurs n’ont été aussi pessimistes depuis le début des années 1950. Pourtant, la Bourse atteint des records. Pourquoi les Américains broient du noir alors même que l’économie continue d’afficher une santé insolente ?

Et puis une rencontre presque irréelle. Hunter Biden et Candace Owens, deux des personnages les plus détestés d’Amérique, le fils de l’ancien président et l’influenceuse complotiste MAGA, se retrouvent face à face pendant près de deux heures pour un podcast et découvrent qu’ils ont finalement beaucoup plus en commun qu’ils ne l’imaginaient.

Enfin, une chanson absurde sur Porto Rico envahit TikTok, les plages, les voitures et les playlists de l’été américain. Son auteur ne sait jouer d’aucun instrument. Son interprète n’existe pas. C’est peut-être le premier tube de l’été créé par une intelligence artificielle.

Mais d’abord l’Iran. Bon, on ne va pas tourner autour du pot.

Malgré les allers-retours du président Trump ces dernières heures.

Samedi, il clamait sur les réseaux que les États-Unis et l’Iran avaient “largement négocié” un protocole d’accord portant sur la “PAIX”.

Dimanche, changement de ton. Il explique avoir demandé à ses négociateurs de “ne pas se précipiter vers un accord”.

Et il poste une image de bombe.

“MERCI DE VOTRE ATTENTION À CETTE QUESTION !”

La machine Fox News peine à suivre. Elle doit maintenant vanter un accord qui contredit ce qu’elle répète depuis trois mois.

Cette nuit, Tomi Lahren, l’une des commentatrices les plus trumpistes de la chaîne, s’en prenait ainsi aux démocrates :

“Voir les démocrates défiler sur toutes les émissions politiques du dimanche pour dénigrer un accord qu’ils n’ont même pas vu me paraît ridicule. Ils sapent l’autorité du président Trump et sa capacité à négocier. C’est cela qui me frustre profondément.”

“Si vous vous souciez réellement du peuple américain, du prix de l’essence et de notre armée, alors vous devriez vous taire, prier pour la paix et souhaiter le succès de ces négociations. Mais ils en sont tout simplement incapables.”

Bon mais ne nous laissons pas étourdir par ces tours de prestidigitateur.

On pouvait deviner ce scénario depuis plus d’un mois. Le film se déroule désormais sous nos yeux.

Trump a perdu sa guerre contre l’Iran.

Près de trois mois de guerre, des milliards de dollars engloutis et des quantités considérables d’armes ont été gâchées, dans une démonstration de force qui devait changer l’équilibre du Moyen-Orient, Et maintenant l’homme le plus puissant du monde semble revenir vers une version à peine maquillée de l’accord nucléaire obtenu par son prédécesseur en 2015, qu’il avait lui-même déchiré en 2018.

L’Amérique sort de l’épreuve plus affaiblie. L’Iran dans une position stratégique plus favorable.

C’est ce qu’on appelle une défaite.

Il y a deux mois, Donald Trump exigeait la “REDDITION SANS CONDITION” de l’Iran. Il promettait une victoire totale, spectaculaire, indiscutable, le genre de victoire pour laquelle il pourrait abuser des superlatifs.

Aujourd’hui, il négocie une sortie. La moins humiliante possible. C’est d’ailleurs pour cela qu’il a repoussé la conclusion d’un accord.

Il s’est levé ce dimanche matin avec toutes les télévisions qui reprenaient la critique de Mike Pompeo, son ancien Secrétaire d’État et ancien patron de la CIA pendant son premier mandat.

“L’accord actuellement envisagé avec l’Iran semble tout droit sorti du manuel (de l’administration Obama) : payer les Gardiens de la révolution pour qu’ils développent un programme d’armes de destruction massive et terrorisent le monde.

Cela n’a absolument rien d’“America First”.

La marche à suivre est pourtant simple : rouvrir ce fichu détroit. Couper l’accès de l’Iran à l’argent. Détruire suffisamment de capacités militaires iraniennes pour qu’il ne puisse plus menacer nos alliés dans la région.

Cela aurait dû être fait depuis longtemps. Allons-y.”

Ce message de Pompeo a déclenché cette réponse subtile de Steven Cheung, le directeur de la communication de la Maison Blanche :

“Mike Pompeo n’a aucune putain d’idée de ce dont il parle.

Il devrait fermer sa gueule d’idiot et laisser les professionnels faire le vrai travail.

Il n’est au courant de rien de ce qui se passe, alors comment pourrait-il savoir quoi que ce soit ?”

Ambiance.

Dans la foulée Trump parle au téléphone à un journaliste de ABC :

Ce ne seront que de bonnes nouvelles. Je ne fais pas de mauvais deals.”

Et il écrit la même chose sur son réseau :

“Je ne fais pas de mauvais deals.”

Il cherche quelle histoire il va pouvoir raconter aux Américains.

Il recule parce qu'il a compris que les marchés, ses alliés, ses électeurs et même une partie de son camp ne suivraient pas indéfiniment. Il fait ce qu’il a toujours fait. Il veut changer de récit.

Vous allez croire que je cherche à vendre mon livre Armes de distraction massive, paru en janvier, mais c’est bien l’objet de cet ouvrage.

La défaite sera donc maquillée en victoire, comme le lui a enseigné son mentor Roy Cohn. Il dira que l’Iran a cédé. Que le détroit rouvre. Que les mollahs ont eu peur. Que personne n’avait jamais obtenu un accord aussi formidable.

Surtout il ne faut pas laisser s’installer l’idée que le grand maître de L’Art du Deal, le titre du livre qui l’a rendu célèbre il y a quatre décennies, peut être caricaturé comme dans cette image aperçue sur les réseaux ces dernières heures :

L’Art de la Reddition : comment capituler tout en prétendant avoir gagné.”

Trump avait promis la reddition sans condition. Il se retrouve à discuter les conditions.

Il avait promis de briser l’Iran. Il négocie avec Téhéran.

Il voulait prouver que la force brute suffisait. Il découvre que la force sans stratégie finit par produire exactement ce qu’elle voulait empêcher. Une Amérique moins crainte.

Trump voulait imposer sa puissance. Il cherche désormais une porte de sortie.

Dans The Atlantic, l’éditorialiste conservateur David Frum, ancienne plume de George W. Bush, résume ce fiasco. Selon lui Trump “a commencé la guerre du 28 février pour des raisons de personnalité, pas de stratégie” et il est en train de la perdre “pour les mêmes raisons de personnalité”.

C’est ça le cœur de cette histoire.

Cette guerre n’a jamais été pensée comme une stratégie cohérente.

Cette guerre a été conçue comme une démonstration. Un spectacle.

Frum ajoute :

“Les vieilles méthodes de Trump vont désormais être mises au service d’une nouvelle mission : tenter de convaincre les Américains et le reste du monde que la guerre qu’il a perdue est en réalité une immense victoire.

La plus grande de toutes.

Une victoire tellement énorme qu’on aurait du mal à y croire.”

Je vous raconte.

Trump a perdu la guerre. Pas forcément parce que l’armée américaine a été battue sur le champ de bataille. Mais parce que la guerre, en politique étrangère, ne se juge pas seulement au nombre de frappes, de bombes larguées ou de sites endommagés. Elle se juge aussi à l’écart entre les objectifs proclamés et le résultat obtenu.

Et, là, dans ce cas, cet écart est immense.

Trump voulait empêcher définitivement l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire. Or, de ce qu’on sait à ce stade, rien ne garantit que les négociations en discussion règlent les questions de l’avenir de l’enrichissement d’uranium, du sort du stock d’uranium enrichi, des sanctions, des avoirs iraniens gelés ou du programme balistique.

Donc l’accord pourrait être moins strict pour les Iraniens que celui signé sous la présidence Obama en 2015, que Trump avait déchiqueté en 2018.

Et avant la guerre, le détroit d’Ormuz n’était pas bloqué.

Voici Trump obligé de céder du terrain sur le nucléaire pour espérer rouvrir le détroit d’Ormuz et rétablir la liberté de navigation. L’Iran affirme toujours vouloir conserver un droit de contrôle (qu’il n’avait pas auparavant).

On sait pourquoi Trump est entré en guerre.

Il voulait prouver qu’il était plus fort que ses prédécesseurs, qu’Obama, que Biden, plus fort que tous ceux qui, depuis Jimmy Carter, depuis l’humiliation de la prise d’otages à l’ambassade américaine, avaient refusé de déclencher une guerre majeure contre le régime iranien.

Associated Press

Mais il a découvert ce que ses prédécesseurs savaient. L’Iran est un piège géopolitique. On peut frapper. On peut détruire. Mais on ne peut pas facilement transformer ces frappes en victoire politique.

Robert Kagan, toujours dans The Atlantic, va plus loin encore. Pour lui, parler de défaite est un euphémisme. Le véritable mot, écrit-il, c’est bien “surrender”, reddition.

Voici sa thèse.

Si l’Iran sort de cette guerre avec un rôle renforcé dans le détroit d’Ormuz, avec une capacité à négocier directement avec les pays dépendants du pétrole du Golfe, avec des sanctions affaiblies et avec son régime toujours en place, alors les frappes américaines auront produit l’inverse de l’effet recherché.

Elles auront renforcé Téhéran.

C’est là que la défaite de Trump devient plus profonde qu’un simple revers militaire et diplomatique.

Il a confondu intimidation et puissance. Il a cru que la rhétorique pouvait remplacer la stratégie.

Il a pensé qu’un président américain pouvait entrer dans une guerre comme on entre dans une négociation immobilière vantée dans L’Art du Deal. En hurlant très fort au début, puis en déclarant victoire au moment où l’on accepte un compromis médiocre.

Mais l’Iran n’est pas un promoteur de Palm Beach. C’est un régime brutal, patient, idéologique, rompu à l’art de survivre aux sanctions, aux frappes, aux humiliations et aux présidents américains.

Trump a aussi perdu parce qu’il n’a jamais su expliquer cette guerre aux Américains.

Un chef de guerre doit élargir sa base. Il doit convaincre au-delà de son camp. Il doit expliquer les coûts, les risques, les sacrifices. Trump, lui, ne sait parler qu’au peuple MAGA. Il commande, il menace, il insulte, il proclame. Mais il ne persuade pas.

David Frum le formule ainsi :

“La méthode de gouvernement de Trump est le commandement. Il ne peut pas travailler au-delà des lignes partisanes, et il ne peut pas parler à une partie de la nation américaine au-delà de sa base MAGA.”

C’est une limite fondamentale.

La guerre doit s’appuyer sur une nation. Trump n’a qu’un public.

Alors, comment va-t-il détourner l’attention ?

Trump sait être créatif quand il s’agit de nous distraire de l’essentiel.

Il se démène ces dernières heures sur les réseaux, en postant par exemple un mème avec des adversaires politiques de l’administration Obama en tenue de prisonniers. Il écrit “Barack Hussein Obama”, et reprend les codes d’une série à succès des années 70.

The Brady Bunch devient “The Shady bunch”, une bande de gens douteux.

Laissez un commentaire.


Les Américains refusent d’être heureux

C’est le titre d’un article du Wall Street Journal :

La Bourse n’a jamais été aussi florissante alors que les Américains ne se sont jamais sentis aussi mal.”

Le grand journal conservateur pointe un paradoxe américain.

Vendredi, l’indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan (qui fait référence) est tombé à son plus bas niveau depuis le début de l’enquête… en 1952 !

Plus bas qu’au moment de la flambée inflationniste des années 1970. Plus bas qu’au plus fort de la crise financière de 2008. Plus bas même qu’en juin 2022, lorsque l’inflation atteignait son plus haut niveau depuis des décennies.

Wall Street Journal

Le même jour, pourtant, le marché boursier célébrait exactement l’inverse.

Le S&P 500 enregistrait sa huitième semaine consécutive de hausse tandis que le Dow Jones atteignait un nouveau record historique pour le deuxième jour d’affilée.

Jamais ou presque les Américains n’ont semblé aussi pessimistes alors que Wall Street paraît aussi euphorique. Mais ce paradoxe que décortique le Wall Street Journal dépasse la Bourse.

Wall Street Journal

Je vous parle souvent ici dans Zeitgeist de la colère de beaucoup d’Américains face à l’économie, qui pourrait nourrir une large défaite des républicains aux élections de mi-mandat si l’on en croit les sondages. La guerre au Moyen-Orient n’a fait qu’alimenter cette colère, y compris chez des électeurs de Trump en 2024 qui avaient été convaincus par sa promesse de faire baisser les prix.

Pourtant, si l’on y regarde de plus près, les États-Unis traversent l’une des périodes économiques les plus solides de leur histoire moderne. L’inflation, qui avait explosé après la pandémie, a largement reculé. Le chômage reste faible. Les salaires ont progressé. Les marchés financiers battent des records. Biden a laissé à Trump une économie que le monde entier enviait, avait titré The Economist en fin de campagne.

Depuis le retour de Trump au pouvoir, l’économie a encaissé une guerre commerciale, une guerre au Moyen-Orient, un resserrement monétaire brutal sans qu’une récession ne s’abatte, comme le prédisaient certains.

Et pourtant les Américains n’ont jamais semblé aussi déprimés.

J’ai lu ces derniers jours un article passionnant dans The Atlantic (oui, je vous cite encore The Atlantic qui, 169 ans après sa création, reste l’un des magazines les plus riches d’Amérique) dont j’ai décidé de faire mon 📚Food for Thought de ce numéro. Annie Lowrey s’intéresse à ce qu’elle appelle désormais non plus une “vibecession” mais une “permacession”.

Pendant des années, les économistes ont utilisé le mot vibecession pour décrire ce phénomène étrange. Une économie qui va relativement bien mais des consommateurs persuadés qu’elle va mal.

Aujourd’hui, écrit-elle, les Américains se montrent plus pessimistes qu’au moment de la crise financière et de la Grande Récession de 2008, plus pessimistes que lors du choc inflationniste des années 1970, plus pessimistes même qu’au début du Covid en 2020.

Elle résume ainsi le paradoxe :

“Les Américains expriment l’un des pessimismes économiques les plus profonds, les plus larges et les plus persistants jamais enregistrés. Ils le font alors même que pratiquement tous ceux qui veulent un emploi en ont un et que la Bourse est en plein essor.

Les choses ne sont pas parfaites et les gens ont de nombreuses raisons d’être déçus. Mais je n’arrivais pas à trouver une explication cohérente au fait qu’ils soient aussi déprimés face à une économie aussi bonne.”

On pourrait se dire (et je l’ai souvent écrit ici dans Zeitgeist pour décrire l’impopularité de Biden puis de Trump) que les statistiques économiques ne racontent pas toute l’histoire. Les ménages souffrent du coût du logement, de la santé, de la garde d’enfants ou de l’enseignement supérieur. Les inégalités restent considérables.

Mais l’auteure finit par se demander si le problème ne se situe pas ailleurs.

“Au lieu d’essayer de comprendre pourquoi les Américains avaient raison, j’ai commencé à essayer de comprendre pourquoi ils avaient tort.

Nous ne devrions plus appeler cela une vibecession. Les humeurs sont temporaires, et ce phénomène ne disparaît pas. C’est une permacession.

Les gens ont cessé de croire que l’économie pouvait être bonne et ont perdu la capacité d’admettre qu’ils vont eux-mêmes bien.”

C’est ce qu’elle décrit elle-même comme une vérité “impopulaire” et même “offensante”.

“Cette économie améliore de manière significative le niveau de vie de la majorité des familles américaines à tous les niveaux de revenus. Cette économie est sacrément bonne.”

96 % des Américains qui veulent travailler ont un emploi.

Le revenu disponible réel atteint un record historique.

Les salaires des travailleurs les plus modestes ont progressé plus vite que ceux des plus aisés ces dernières années.

Les ménages dépensent davantage que jamais pour les voyages, les restaurants, les voitures, les vêtements, les animaux domestiques ou les services liés au bien-être.

Même l’explosion des paris sportifs devient sous sa plume un indicateur inattendu de prospérité :

“Une partie de la raison pour laquelle les paris sportifs sur application ont explosé est que les types ont suffisamment d’argent pour se permettre des paris stupides.”

Vu de l’étranger, le contraste est encore plus saisissant.

“La classe moyenne américaine est plus riche que celle de n’importe quelle grande économie européenne. Si la France et le Royaume-Uni étaient des États américains, ils figureraient parmi les plus pauvres de l’Union.”

Petite précision de ma part. Le PIB par habitant de l’État le plus pauvre, le Mississippi, est désormais plus élevé que ceux du Royaume-Uni et de la France.

Alors pourquoi cette morosité ?

Évidemment, les inégalités restent immenses (et plus importantes qu’en Europe). Le coût du logement étrangle de nombreux ménages. Les dépenses de santé, de garde d’enfants ou d’études supérieures progressent plus vite que l’inflation.

Mais Lowrey pense qu’il y a quelque chose de plus profond.

Elle cite les travaux de l’économiste Sam Peltzman, de l’université de Chicago, qui observe ce qu’il appelle un véritable “crash du bonheur”.

Un effondrement soudain, brutal et sans précédent dans l’histoire récente du sentiment de bonheur déclaré par les Américains.”

Pendant cinquante ans, les Américains étaient beaucoup plus nombreux à se déclarer “très heureux” que “peu heureux”. Puis l’écart s’est brutalement effondré.

Au même moment, la confiance envers pratiquement toutes les institutions a commencé à disparaître. Le pouvoir politique, l’administration, les universités, les médias, les entreprises, l’armée, la science, la religion.

Et puis il y a Internet.

C’est la partie la plus intéressante de cette thèse développée dans The Atlantic.

“En quelques décennies, nous sommes passés de la comparaison avec nos voisins à la comparaison avec nos amis sur Facebook, puis à l’absorption permanente d’un flux de vidéos courtes hyperémotionnelles, hyperconsuméristes, parfois douteuses sur le plan factuel et extrêmement polarisantes, produites par des logiciels conçus pour maximiser notre attention.”

Lowrey raconte avoir effectué une recherche sur TikTok concernant l’emploi et l’économie.

Elle ne tombe pas sur des statistiques expliquant que le chômage reste faible ou que la génération Z démarre sa vie financière dans une situation souvent meilleure que celle des millennials au même âge.

Elle tombe sur des vidéos qui racontent que l’intelligence artificielle va détruire tous les emplois, des publicités frauduleuses et un flot continu de contenus anxiogènes.

Parce que l’anxiété génère davantage d’engagement.

Sa conclusion est la plus inquiétante :

“Si les améliorations mesurables de l’économie ont peu d’effet sur le sentiment mesuré des citoyens, alors un mécanisme fondamental de rétroaction entre les bonnes politiques et la perception publique est cassé.”

Autrement dit, la véritable crise américaine n’est peut-être pas économique.

C’est une crise de confiance, de perception et, tout simplement, de bonheur.






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