| | OH LA BARBE • C'est la période qui veut ça : quand on ne parle pas de Budget ni de censure ou de prix de l'essence, c'est qu'on est occupés par une loi ou une crise agricole, la première répondant à la seconde. L'Assemblée entame donc aujourd'hui l'examen du projet de loi d'urgence agricole et devrait nous fournir des heures de débats fleuris autour des questions du stockage de l'eau, des pesticides ou encore de l'élevage. Et un nouveau moment pas forcément facile pour Monique Barbut, la ministre de la Transition écologique, alors que la fin de règne macroniste aura été émaillée de nombreux reculs en matière environnementale. «À au moins deux reprises, l'experte des négociations internationales a voulu claquer la porte» du gouvernement ces derniers mois, écrit l'Opinion ce matin : avant les municipales puis, fin avril, «déçue des retombées médiatiques d'un G7 environnement organisé par la France», malade et ciblée médiatiquement pour son portefeuille d'actions pas très écolo. Mais pour le moment, elle reste. Prise d'un petit syndrome Nicolas Hulot, Barbut explique : «Tout ce que je peux faire pour empêcher les reculs écologiques, je fais, et le jour où je ne sers plus à rien, j'arrête. […] Quand je travaille sur des sujets stratégiques, sur un vrai boulot de fond […], je me dis que ça a de la gueule et que c'est vrai que j'ai un peu de pouvoir pour faire avancer les choses. Je suis utile là où je suis. Mais ce qui m'use et ne me plaît pas, c'est d'être seule. Pour la droite dure, je suis l'horrible écolo, et pour la gauche LFI, je ne sers à rien.» En résumé, Barbut en a marre de servir de bouc émissaire. | | Presque Nicolas Hulot. Photo Quentin de Groeve. Hans Lucas. AFP (2026) | LE CHOIX DU SOPHISME • Sans transition, parlons de Bernard Cazeneuve. Invité de France Inter ce matin, l'ancien Premier ministre de François Hollande a une nouvelle fois exprimé son désir d'être candidat à la présidentielle - sans toutefois s'engager totalement. Un feuilleton rébarbatif et épuisant mais que Cazeneuve étend pourtant plus que de raison. Signe toutefois que l'homme politique le plus classe de Normandie y pense tout le temps, ses arguments contre LFI sont prêts. Sans qu'on le lui demande, Cazeneuve a tenu à critiquer la volonté des insoumis de bloquer les prix de l'essence. «Ça a déjà été essayé au Venezuela et à Cuba, ça a conduit à une pénurie considérable, résume-t-il avec un sens du sophisme assez élevé. Si nous mettions en place cette mesure, ceux qui nous vendent du pétrole n'auraient plus de raison de nous en vendre.» Un argument qui doit cependant être nuancé. Le blocage des prix au Venezuela ou à Cuba est permanent quand les mesures proposées dans certains autres pays sont temporaires. En Croatie par exemple, le gouvernement a introduit début mars 2026 des prix maximums à la pompe. La Grèce a, elle, décidé de plafonner les marges des distributeurs. En Corée du Sud, le gouvernement a instauré un plafonnement des produits pétroliers… Des pays pas franchement soviétiques. | DROIT À LA PARESSE • Depuis la nomination de Sébastien Lecornu à Matignon, l'exécutif a engagé un bras de fer régulier avec le Sénat. Et la question de la pause estivale risque de raviver le conflit. Car le Premier ministre aimerait beaucoup ne pas trop glander cet été en ouvrant une session extraordinaire du Parlement jusqu'au 21 juillet, notamment pour faire passer le texte sur l'aide à mourir, dans un calendrier surchargé par une avalanche de projets de loi annoncés après le Budget. Mais le parrain de la chambre haute, Gérard Larcher, ne l'entend pas de cette oreille. Le président LR du Sénat plaide pour qu'un éventuel rab parlementaire ne dépasse pas le 14 juillet, rapporte le Parisien. Et quand Larcher dit non, il est conseillé de l'écouter. «En général, mieux vaut ne pas trop le fâcher», sourit auprès du quotidien un président de groupe au Sénat. Si les sénateurs ne veulent pas bosser après la fête nationale, ce n'est pas uniquement pour aller se dorer la pilule au bord d'une plage méditerranéenne mais pour préparer les sénatoriales. Un tiers des sièges sont en effet remis en jeu en septembre et les candidats préfèrent sillonner le terrain plutôt que les travées du Palais du Luxembourg. | | Quand on te dit que tu vas bosser cet été. Photo Daniel Perron. Hans Lucas via AFP (2026) | ENTRE ICI • La mémoire de Samuel Paty est au cœur de l'actualité. Après le procès en appel de son assassinat, le film L'abandon, présenté hors compétition au Festival de Cannes, s'est attaqué à la difficile tâche de raconter les événements qui ont mené à la mort du professeur d’histoire-géographie, entre enjeux de fidélité à son sujet et risque d’instrumentalisation. Le député LR Jean-Louis Thiériot profite de cette actualité chargée pour déposer une proposition de résolution «invitant le gouvernement à soutenir l'entrée au Panthéon de Samuel Paty». Celui qui a été un très éphémère ministre délégué auprès du ministre des Armées sous Michel Barnier peut s'appuyer sur une pétition pour la panthéonisation du professeur assassiné, soutenue notamment par la famille Paty et de nombreux politiques actifs ou retraités (Bartolone, Cazeneuve, Lisnard, Valls, Vallaud-Belkacem…) et qui dépasse désormais les 54 000 signataires. | |
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