| | ÉLECTION / RÉACTION • La multipropriété est un fléau. Dans le foot comme dans les médias. Après avoir porté une proposition de loi transpartisane contre ce phénomène dans le monde du ballon rond via le député Éric Coquerel, LFI lorgne désormais un autre terrain de jeu : la concentration des médias. Selon France Info et France Inter, si Jean-Luc Mélenchon posait ses valises à l'Élysée, l'une de ses premières mesures consisterait à démanteler les grands groupes de presse privés. Le comment, notamment au niveau légal, fait encore débat chez les insoumis, mais la cible, elle, est claire : les milliardaires. Bernard Arnault, proprio des Échos et du Parisien, et surtout Vincent Bolloré, patron de Canal+ et des médias du groupe Lagardère (Europe 1 et le JDD), sont dans le viseur insoumis, en guerre plus globale contre les médias traditionnels. | | Jean-Luc Mélenchon. Photo Miguel Medina. AFP (2026) | SILENCE COUPABLE • Puisqu'on parle de LFI, difficile de ne pas évoquer ce matin le silence poli des autorités françaises concernant une campagne de désinformation menée contre les insoumis durant les municipales. En enquêtant sur BlackCore, l’entité débusquée par les autorités françaises derrière cette opération d’ingérence, Libé et Haaretz ont mis au jour des outils en développement pour des campagnes d’influence en ligne et sont remontés à deux entreprises basées en Israël. Mais comme l'écrit le Canard enchaîné ce matin, le rapport de Viginium - l'entité chargée de repérer les intox numériques étrangères - sur le sujet a été largement caviardé. D'après l'hebdo, le président de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, Christian Charpy, a exigé que des pans entiers du rapport soient supprimés pour ne pas être utilisés par LFI à des fins politiques. «Quelle honte !, a réagi Mélenchon. Pourquoi cette omerta ? Qui protègent-ils ? Le gouvernement se tait, complice par son silence d'agissements contre la démocratie et l'intérêt national.» Également visé, le candidat défait à Toulouse, François Piquemal, réclame ce matin l'annulation de l'élection de son adversaire, l'ex-LR Jean-Luc Moudenc. | COMBIEN DE DIVISIONS ? • Existe-t-il un seul sujet au monde sur lequel tous les socialistes peuvent tomber d'accord ? On ne dirait pas, tant ils se tombent plus souvent sur la tronche qu'autre chose. Figurez-vous que les parlementaires roses n'arrivent même pas à être alignés sur le fait d'approuver ou non la nomination, voulue par Emmanuel Macron, de son ex-secrétaire général de l'Élysée, Emmanuel Moulin, à la tête de la Banque de France. Moulin passe en audition devant les commissions des Finances du Sénat puis de l'Assemblée ce matin. Les deux instances voteront ensuite pour ou contre sa candidature et il faut trois cinquièmes de contre pour le bloquer, soit 72 voix sur 121, sachant qu'il y a a priori 58 élus hostiles à Moulin. Mais si la gauche à l'Assemblée devrait rejeter le candidat de Macron comme un seul homme (les députés PS ayant annoncé hier leur vote contre), ce ne sera peut-être pas le cas au Sénat. Nul autre que le président socialiste de la «comFi» de la chambre haute, Claude Raynal, pourrait ainsi faire défaut. Son vote «sera fixé à l’issue de l’audition [...] mais ne saurait être un vote contre», dévoile son entourage à TF1. Déjà 1 voix PS de perdue sur les 7 que comptent les roses au palais du Luxembourg. Et ce n'est semble-t-il pas à droite qu'on trouvera de preux chevaliers assez fous pour se battre contre Moulin. Il y a un an déjà, c’est un terrible cortège d’indifférence parlementaire - y compris chez LR - qui avait accompagné sa nomination à l’Élysée, malgré son implication dans le dérapage des finances publiques en tant que dircab de Bruno Le Maire à Bercy puis de Gabriel Attal à Matignon. | | Claude Raynal. Photo Bastien Ohier. Hans Lucas via AFP (2026) | DREAM TEAM • Se hâter lentement, telle semble être la marque de fabrique de Bernard Cazeneuve. 3 ans après le lancement de son parti La Convention, l'ancien Premier ministre de François Hollande a enfin structuré sa petite écurie présidentielle, dans l'espoir de jouer un rôle en 2027. Si possible le premier. L'Opinion a dévoilé le casting de cette armée mexicaine composée plutôt de seconds rôles que de têtes d'affiche. Au comité politique, on retrouve le big boss du PRG Guillaume Lacroix, l'ancien socialiste reconverti en ministre macroniste François Rebsamen, les ex-PS Michel Destot et Marie-Annick Barthe, ou encore l'ancienne macroniste et porte-parole d'En Commun Cécile Rilhac. Le mouvement revendique par ailleurs une force de frappe parlementaire impressionnante de 10 députés et 8 sénateurs. Et La Convention s'est enfin dotée de porte-parole : 8 au total, dont l'ancienne macroniste Stella Dupont, l'ex-rose David Habib ou l'ex-député Liot redevenu maire de Nogent-le-Rotrou, Harold Huwart. De quoi faire trembler dans l'écurie rivale de Raphaël Glucksmann. Ou pas. | EST-CE QUE TU BOSSES POUR LES VACANCES ? • Les sénateurs ne sont pas les seuls à avoir coché le 14 juillet dans leur agenda comme date pour partir en vacances (ou en campagne pour les sénatoriales). Les députés aussi ont envie de lever le pied au cœur de l'été. Alors que le gouvernement rêve de prolonger une éventuelle session extraordinaire au-delà de la fête nationale, l'Assemblée semble elle aussi avoir en tête cette échéance de mi-juillet pour baisser le rideau. C'est ce qu'on comprend ce matin à l'écoute de Yaël Braun-Pivet sur France Inter. La présidente de la chambre basse a livré le calendrier de la loi sur la fin de vie, dont le parcours parlementaire ressemble à un feuilleton sans fin. «Nous aurons un examen avant la fin du mois de juin et un vote qui devrait intervenir début juillet», assure celle qui veut se «battre» pour que ce texte aboutisse enfin. Et d'ajouter : «Il sera adopté à l'Assemblée de façon définitive avant la trêve estivale, donc avant le 14 juillet.» | |
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