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CHEZ POL 21 MAI

 

Un mec de droite dans ses bottes.

#Oiseaux #Ovni #Bouée #Globe #Cagou
Chez Pol n°1725 - Réservé aux abonnés Libé



Bonjour, nous sommes le 21 mai et c'est le bon jour pour une toute toute première fois.

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Un jeune premier. Photo Stéphane de Sakutin. AFP (2026)

FAIT MAISON Alliance Retailleau-Philippe : la route est droite mais la pente est raide

AU COMPTOIR Philippe veut être plébiscité pour contourner le Parlement, Ruffin appelle les rouges au secours et le RN n'a toujours pas compris sa propre position sur les retraites

YOUPOL Braun-Pivet recadre encore une ministre

LE CHIFFRE 1

VU DE... Strasbourg : le jumelage avec une ville israélienne reprend discrètement

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI Lecornu enfin devant la presse

L'ADDITION Jouons avec le sport

LA PETITE BOUFFE • Le pacte de non-agression entre Gabriel Attal et Édouard Philippe, censé être garanti par la réunion d'un «comité de liaison» entre les cadres des partis du «bloc central», n'est pas un échec mais ne marche quand même pas vraiment - on en parlait encore pas plus tard qu’hier. Cela pourrait-il mieux fonctionner entre Philippe et Bruno Retailleau ? «Nous n'envisageons aucunement d'intégrer leur comité de liaison avec Renaissance auquel nous n'avions d’ailleurs pas été conviés par Attal et c'est très bien ainsi», rétorque-t-on sèchement en haut lieu à LR auprès de Chez Pol. Une réponse qui se veut claire aux propos de Christophe Béchu, hier. Sans envisager un dispositif similaire au «comité de liaison», le secrétaire général d'Horizons a annoncé, sur Public Sénat, qu'il déjeunerait la semaine prochaine avec son homologue de LR Othman Nasrou pour lancer un «cycle de dialogue». Le directeur de campagne du maire du Havre a assuré qu'il ne s'agissait pas de discuter d'une «candidature commune» entre les deux prétendants à 2027... du moins «à ce stade», car c'est bien son objectif final : «[Le but], c'est se parler exactement comme nous l'avons fait pour les élections municipales, pour faire en sorte que selon les endroits, ce soit le mieux placé qui puisse être candidat. Notre souhait, c'est d'être dans un chemin qui nous permette à terme de faire la même chose.» Donc que l'un des deux s'efface au profit de l'autre. Réaliste sur ce qui est faisable pour l'heure, le maire d'Angers a ajouté : «À court terme, c'est d'abord un moyen d'éviter les noms d'oiseaux et d'oublier qu'on est peut-être rivaux mais qu'on n'est pas ennemis et qu'à la fin, on aura vocation à se retrouver.» Donc une paix des honnêtes gens en attendant plus. Mais la route ne sera pas toute droite. «Si Philippe veut se ranger derrière Bruno, nous n'allons pas dire non», ironise un cadre LR, très peu fan de l'hypothèse inverse. Dans l'Opinion lundi, Nasrou a déjà prévenu : «Si demain il doit y avoir une nouvelle majorité [comme le veut Philippe], elle doit d’abord se construire autour d’un projet de rupture. La synthèse molle ne donnera aucune majorité. S’il s’agit simplement de sauver les meubles, de refaire du ''en même temps'', alors nous nous retrouverons à nouveau avec une Assemblée nationale éclatée.» Ça fait déjà quelques sujets de discussion pour le déjeuner... E.B.

S'il envisage le ralliement de Retailleau, Christophe risque d'être Béchu. Photo Loïc Venance. AFP (2026)

RÉFÉRENDUM DU 3e TYPE • S'il pense donc beaucoup à l'avant-élection, Philippe réfléchit tout autant à l'après. Visiblement trèèès confiant dans ses chances d'être élu, l'ex-Premier ministre pense que ce sera sans doute face au RN au 2d tour. Et il se demande donc déjà comment gouverner en étant légitime après un vote non pas d'adhésion mais de rejet (toute ressemblance avec des faits et des personnages existants serait purement fortuite). Et comme tout bon mec de droite, Philippe réfléchit à un combo référendum + ordonnances, alliage de recours au peuple et de contournement du Parlement. Outre 2 consultations sur les retraites et une «règle d'or» budgétaire dans la Constitution, le maire du Havre songe donc à «un troisième» référendum «sur le principe de gouverner par ordonnances», révèle le Figaro, qui détaille : «3 secteurs prioritaires sont visés : l’éducation, la justice et la santé. Les électeurs pourront, par référendum, autoriser le pouvoir exécutif à prendre ces textes, comme l’avait obtenu de Gaulle en 1962 pour appliquer les accords d’Évian sur l’Algérie.» Et le conseiller de Philippe en charge du programme, Clément Tonon, de vanter : «Ça n’a jamais été fait depuis de Gaulle, on est en train de l’expertiser : c’est un ovni juridique. L’habilitation par référendum, c’est la puissance maximale de l’exécutif.» Et un vieux rêve d'hommes faits pour régner sous la Vè République, comme Emmanuel Macron, François Fillon ou Jean-François Copé en 2017 - qui n'envisageaient toutefois pas de référendum d'habilitation. Et spoiler : ce n'est pas aussi simple que ça.

Un mec de droite dans ses bottes. Photo Thomas Samson. AFP (2018)

ROUGES DE SECOURS • Est-ce qu'il est seul ? À ce stade, plutôt, oui. Candidat à une désormais très hypothétique primaire de la gauche hors LFI [on en reparle juste après ⬇️], François Ruffin peine à rameuter des soutiens. Mais le député-reporter, empêtré dans la polémique autour de sa BD, se raccroche à une bouée rouge. Il croit et espère donc pouvoir rallier à lui les communistes, rapporte la Tribune dimanche. Déjà soutenu par l'ex-député coco Sébastien Jumel, Ruffin imagine donc un possible soutien du PCF dans la course à 2027. «Compte tenu de la ligne que l’on porte, je serais attristé qu’on ne trouve pas des convergences avec des camarades communistes pour la présidentielle», dit-il. Problème, et pas des moindres : Fabien Roussel, le chef des rouges, se voit lui aussi sur la ligne de départ de la prochaine présidentielle. Mais tout cela dépendra du verdict du prochain congrès du PCF, en juillet, lors duquel sera tranchée sa stratégie présidentielle.

SABOTAGE • Certaines choses ne changent pas à l'extrême droite. Le racisme, déjà, mais aussi cet énorme schpountz dès que l'on rentre dans le détail du programme économique. Depuis des années, le RN s'embourbe dès que l'on parle des retraites, y compris en pleine campagne post-dissolution. Et cela ne s'arrange pas depuis que Jordan Bardella est aux commandes, le compagnon de Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles étant réputé plus libéral sur ce genre de questions que l'ancienne cheffe historique Marine Le Pen. «Nous sommes en train d'examiner cette question» de l'âge de départ, a ainsi expliqué Bardella au quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung. Mais certains au RN sont plus affirmatifs, à commencer par Le Pen elle-même qui, la semaine dernière sur RTL, répétait que la réforme qu'elle portait en 2022, et qui prévoyait un âge légal de départ à 62 ans voire 60 ans, était toujours d'actualité. «C'est un totem de notre programme», a renchéri Sébastien Chenu mardi sur France info. Ça semble donc plié ? Ah non. Hier sur TF1, Laurent Jacobelli a répété que son camp examinait tout : «Aujourd’hui, a priori on demeure sur 62 ans, 42 annuités», a-t-il résumé. Quand le porte-parole d'un parti explique le programme est le suivant «a priori», on touche au sublime en matière d'amateurisme.

Oh la la mais il est écrit n'importe comment ce programme, en fait. Photo Sébastien Bozon. AFP (2026)



ET SINON ••• À gauche, les opposants à la primaire des unitaires (comme François Hollande ou Yannick Jadot) ont déjà acté la mort de ce processus, dans une tentative de discours performatif. Mais même parmi ses partisans les plus chauds, certains commenceraient à se résigner. «La semaine dernière, lors d’une réunion du secrétariat exécutif [des Écologistes], Marine Tondelier a, selon des témoins, reconnu que la primaire de la gauche n’aurait pas lieu, faute de combattants», rapporte ainsi le Point. Game o-vert ? 

Recadrage

Il ne faut pas trop titiller Yaël Braun-Pivet. La présidente macroniste de l'Assemblée, toujours prompte à sanctionner des députés plus ou moins turbulents, n'est pas non plus toujours tendre avec le gouvernement. De plus en plus indépendante, elle l'a encore montré hier lors des questions au gouvernement en recadrant Annie Genevard. Alors que la ministre ex-LR de l'Agriculture était interrogée par la députée et ex-ministre Horizons Charlotte Parmentier-Lecocq sur une accélération de la publication des décrets sur la souveraineté alimentaire, Genevard a répondu  : «En ce qui concerne les 4 lois agricoles votées en 2025, je me permets d’interpeller la présidente de l’Assemblée : il n’y a pas que des arrêtés dans un texte de loi, il y a aussi des mesures.» Et d'ajouter, voulant clore «cette question qui commence à devenir injuste» : «Je veux vous rassurer : plus de 50% des mesures contenues dans ces textes ont déjà été adoptées en mai, nous atteindrons les 90% en juin. Si l’on compare ces chiffres à ceux d’autres textes de loi, nous n’avons pas à rougir.» Une réponse et une apostrophe qui n'ont pas plu à la patronne de la chambre basse. «Je vous avoue que votre interpellation me laisse perplexea fermement répliqué Braun-Pivet sous les applaudissements de la gauche de l'hémicycle. Il est dans le rôle du Parlement de s’assurer de la juste exécution de la loi dans les délais. C’est notre mission constitutionnelle madame la ministre, ne vous en déplaise.» «Ça s’appelle la séparation des pouvoirs !», a renchéri le député socialiste Pierre Pribetich, selon le compte rendu de la séance. Légèrement sonnée, Genevard a alors répété : «Il n’y a pas que des arrêtés dans un texte de loi, il y a aussi des mesures.» Et ce n'est pas la première fois que Braun-Pivet recadre ainsi un ministre en séance. En février 2024, elle avait déjà rappelé le gouvernement à ses devoirs constitutionnels : «Madame la ministre en charge des Relations avec le Parlement, je vous remercie d'indiquer à chaque ministre qu'il faudrait vraiment qu'il réponde aux questions que lui pose le Parlement. Je rappelle que le gouvernement est responsable devant le Parlement.»

Une toute petite voix. C'est ce qu'il a manqué à l'amendement visant à inclure les conjoints d’électeurs dans le nouveau corps électoral de Nouvelle-Calédonie, gelé depuis 1998 et les accords de Nouméa. Ce qui pose quelques petits soucis en termes de représentativité, selon Lecornu. «Le nombre d'exclus du corps électoral représentait moins de 8% des Calédoniens en 1998. Il représente aujourd'hui 17%», a-t-il déclaré. Les députés ont donc massivement voté hier pour l’inscription d’environ 10 500 «natifs» sur les listes électorales de Nouvelle-Calédonie. Mais ils ont rejeté l'amendement du gouvernement intégrant au corps électoral les conjoints unis depuis au moins 5 ans à un électeur. Un amendement auquel s'opposaient les députés PS, Horizons et MoDem et donc finalement rejeté d'une plume de cagou - c'est l'oiseau symbole de la Nouvelle-Calédonie, vous pourrez le ressortir en soirée - 164 voix contre 163. «Je pense que Le Pen va pouvoir expliquer aux Calédoniens que Philippe et Bayrou ont empêché des Calédoniens de voter», a du coup regretté le député EPR Nicolas Metzdorf. À croire que tous les votes doivent profiter à l'extrême droite sous cette législature.

Strasbourg : le jumelage avec une ville israélienne reprend discrètement

Double ration de Catherine Trautmann. Photo Sébastien Bozon. AFP (2026)

Certaines décisions politiques s'affichent en pleine lumière et d'autres non. Du moins tant qu'un individu ne révèle pas ce que certains semblaient vouloir laisser discret. Le retour du jumelage entre les villes de Strasbourg et Ramat Gan, dans la banlieue de Tel Aviv, en est un bon exemple. Mis en place en 1991 - sous la première mandature de la socialiste Catherine Trautmann - ce jumelage avait été suspendu en 2025 par la maire écolo Jeanne Barseghian, avait d'être dégelé en juin dernier mais sans activité, l'actualité légèrement tendue dans cette partie du globe n'encourageant pas franchement les initiatives. 

Mais hier, on apprenait sur Radio Judaïca Strasbourg, que ce jumelage était «officiel» et «rétabli», a assuré Thierry Roos, consul honoraire d’Israël à Strasbourg pour le Grand Est. «J'ai eu un entretien assez long vendredi dernier avec Mme Trautmann qui m'a reçu dans son bureau, a raconté Roos. Nous avons parlé de nos projets. Je ne peux pas encore trop en parler mais il y a des projets qui sont en train de se faire. Nous avons des projets de faire des missions là-bas et ça va se passer de maire à maire.» 

Une décision qui, si elle est bien effective, s'est faite «dans le dos des strasbourgeois-es et des élu-es municipaux», selon le groupe LFI du conseil municipal de Strasbourg. «J'ai honte pour ma ville, a réagi l'élu LFI du coin Benjamin KuntzPendant qu'Israël massacre la population palestinienne, notre maire choisit la normalisation.» De son côté, le député insoumis Paul Vannier a profité de cette annonce pour taper sur son adversaire préféré, aka les socialistes : «Tel est le PS. Gagner une ville en s’alliant avec la droite. Puis la jumeler en plein génocide à Gaza avec une commune israélienne après un conciliabule avec le représentant d’un gouvernement suprémaciste de criminels de guerre. Écœurant.»

• Matignon, 16h Il y a un début à tout. 8 mois après sa nomination comme Premier ministre, Lecornu, qui n'a encore fait ni matinale ni JT, va tenir sa première conférence de presse. Flanqué d'une dizaine de ministres, l'habitué des prises de parole sur le perron de Matignon va ainsi présenter de nouvelles aides face à la hausse des prix de l'énergie et parler des conséquences à court et moyen terme de la guerre en Iran. Auparavant, Lecornu doit assister à 11h à la séance plénière consacrée à l’installation du vice-président du Conseil d’État.

• Paris, 18h À l'occasion du 25e anniversaire de la loi Taubira reconnaissant la traite négrière et l'esclavage comme crime contre l'humanité, Macron va prononcer un discours lors duquel il devrait annoncer être favorable à cette abrogation du «Code noir». Une abrogation qui a franchi une première étape hier en étant votée à l'unanimité en commission à l'Assemblée.

• Et aussi La commission d'enquête du Sénat sur les marges de la grande distribution dévoile ses conclusions ; les députés continuent d'examiner le projet de loi d'urgence agricole ; le Conseil constitutionnel rend sa décision sur le projet de loi de simplification et notamment sur la suppression des ZFE ; et sort en librairies le livre VGE, le visionnaire, 1926-2020 (Ed. Eyrolles), dirigé par Louis Giscard d'Estaing et préfacé par Macron.

On termine avec notre jeu du jour. À quel sport s'est récemment mis Raphaël Glucksmann ?

• Le vélo
• La boxe
• L'aviron
• Le running
• Le foot en salle
• La marche japonaise

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus. 


C'est vrai !

C'est ce qu'on a appris dans Challenges cette semaine : à l'instar de Philippe ou Macron, Glucksmann s'est mis à la boxe après les européennes.

 Pour retrouver les articles de Chez Pol, c'est juste ici 
 
 


Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. En effet, la Première ministre du Québec, Christine Fréchette, a bien offert à Macron un maillot de l'équipe de hockey des Canadiens de MontréalEt non un exemplaire dédicacé de l'autobiographie de Céline Dion.

Sur ce, bonne journée 👋. Et à demain sur les routes de l'info.

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