| | RÉFÉRENDUM DU 3e TYPE • S'il pense donc beaucoup à l'avant-élection, Philippe réfléchit tout autant à l'après. Visiblement trèèès confiant dans ses chances d'être élu, l'ex-Premier ministre pense que ce sera sans doute face au RN au 2d tour. Et il se demande donc déjà comment gouverner en étant légitime après un vote non pas d'adhésion mais de rejet (toute ressemblance avec des faits et des personnages existants serait purement fortuite). Et comme tout bon mec de droite, Philippe réfléchit à un combo référendum + ordonnances, alliage de recours au peuple et de contournement du Parlement. Outre 2 consultations sur les retraites et une «règle d'or» budgétaire dans la Constitution, le maire du Havre songe donc à «un troisième» référendum «sur le principe de gouverner par ordonnances», révèle le Figaro, qui détaille : «3 secteurs prioritaires sont visés : l’éducation, la justice et la santé. Les électeurs pourront, par référendum, autoriser le pouvoir exécutif à prendre ces textes, comme l’avait obtenu de Gaulle en 1962 pour appliquer les accords d’Évian sur l’Algérie.» Et le conseiller de Philippe en charge du programme, Clément Tonon, de vanter : «Ça n’a jamais été fait depuis de Gaulle, on est en train de l’expertiser : c’est un ovni juridique. L’habilitation par référendum, c’est la puissance maximale de l’exécutif.» Et un vieux rêve d'hommes faits pour régner sous la Vè République, comme Emmanuel Macron, François Fillon ou Jean-François Copé en 2017 - qui n'envisageaient toutefois pas de référendum d'habilitation. Et spoiler : ce n'est pas aussi simple que ça. | | Un mec de droite dans ses bottes. Photo Thomas Samson. AFP (2018) | ROUGES DE SECOURS • Est-ce qu'il est seul ? À ce stade, plutôt, oui. Candidat à une désormais très hypothétique primaire de la gauche hors LFI [on en reparle juste après ⬇️], François Ruffin peine à rameuter des soutiens. Mais le député-reporter, empêtré dans la polémique autour de sa BD, se raccroche à une bouée rouge. Il croit et espère donc pouvoir rallier à lui les communistes, rapporte la Tribune dimanche. Déjà soutenu par l'ex-député coco Sébastien Jumel, Ruffin imagine donc un possible soutien du PCF dans la course à 2027. «Compte tenu de la ligne que l’on porte, je serais attristé qu’on ne trouve pas des convergences avec des camarades communistes pour la présidentielle», dit-il. Problème, et pas des moindres : Fabien Roussel, le chef des rouges, se voit lui aussi sur la ligne de départ de la prochaine présidentielle. Mais tout cela dépendra du verdict du prochain congrès du PCF, en juillet, lors duquel sera tranchée sa stratégie présidentielle. | SABOTAGE • Certaines choses ne changent pas à l'extrême droite. Le racisme, déjà, mais aussi cet énorme schpountz dès que l'on rentre dans le détail du programme économique. Depuis des années, le RN s'embourbe dès que l'on parle des retraites, y compris en pleine campagne post-dissolution. Et cela ne s'arrange pas depuis que Jordan Bardella est aux commandes, le compagnon de Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles étant réputé plus libéral sur ce genre de questions que l'ancienne cheffe historique Marine Le Pen. «Nous sommes en train d'examiner cette question» de l'âge de départ, a ainsi expliqué Bardella au quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung. Mais certains au RN sont plus affirmatifs, à commencer par Le Pen elle-même qui, la semaine dernière sur RTL, répétait que la réforme qu'elle portait en 2022, et qui prévoyait un âge légal de départ à 62 ans voire 60 ans, était toujours d'actualité. «C'est un totem de notre programme», a renchéri Sébastien Chenu mardi sur France info. Ça semble donc plié ? Ah non. Hier sur TF1, Laurent Jacobelli a répété que son camp examinait tout : «Aujourd’hui, a priori on demeure sur 62 ans, 42 annuités», a-t-il résumé. Quand le porte-parole d'un parti explique le programme est le suivant «a priori», on touche au sublime en matière d'amateurisme. | | Oh la la mais il est écrit n'importe comment ce programme, en fait. Photo Sébastien Bozon. AFP (2026)
| ET SINON ••• À gauche, les opposants à la primaire des unitaires (comme François Hollande ou Yannick Jadot) ont déjà acté la mort de ce processus, dans une tentative de discours performatif. Mais même parmi ses partisans les plus chauds, certains commenceraient à se résigner. «La semaine dernière, lors d’une réunion du secrétariat exécutif [des Écologistes], Marine Tondelier a, selon des témoins, reconnu que la primaire de la gauche n’aurait pas lieu, faute de combattants», rapporte ainsi le Point. Game o-vert ? | |
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