| | JOUER AUX CONTRADICTIONS • Vous aimez les revirements et contradictions du RN ? Surtout quand ça survient en pleine campagne électorale ? Alors vous allez vous régaler en 2027. Car outre le gros flou actuel entre Marine Le Pen et Jordan Bardella sur le sujet tout à fait mineur de l'âge légal de départ à la retraite, d'autres ~évolutions programmatiques~ sont à prévoir entre la dernière présidentielle et la prochaine. Les divergences de lignes entre la cheffe historique et le président du parti peut-être amené à la remplacer (plus libéral et porté sur l'économie) n'y sont pas étrangères. Et les deux possibles candidat(e)s frontistes se justifient d'avance, cités par l'Express. «Il est normal que l’on procède à des actualisations. Les taux d’intérêt, le niveau de la dette et des finances, le contexte international ne sont pas les mêmes», se défend un Bardella drapé dans le plus grand sérieux budgétaire. Plus politique, Le Pen explique : «Nous ne sommes plus un parti d’opposition, nous avons fait notre mue, donc le programme que nous allons porter est un projet ''pour'' plutôt qu’un projet ''contre''.» Alors certes, tout le monde a le droit de changer d'avis et on ne peut pas garder un programme identique d'une élection sur l'autre. Mais quelque chose nous dit qu'encore une fois, le RN devrait faire péter les scores. | | Et là je leur ai dit qu'on restait cohérents. Photo Bertrand Guay. AFP (2026) | C'EST UN VRAI BARDEL • Et il n'aura pas fallu attendre longtemps avant que Le Pen contredise son poulain. Sur BFMTV ce matin, l'ancienne patronne du RN vient faire l'explication de texte de Bardella, qui assurait dernièrement dans un quotidien allemand : «Nous sommes en train d'examiner cette question [de l'âge de départ].» Alors oui mais non, tempère Le Pen. «Non, ce que nous examinons, c'est comment on fait augmenter le taux d'activité des séniors, nuance-t-elle, ce qui est ~légèrement~ différent des propos de Bardella. Parce que c'est bien gentil de vouloir faire travailler les gens à 64, 65, voire 67 ans comme Édouard Philippe veut le faire. Y'a qu'un malheur, c'est que les entreprises les virent à 55, voyez. Nous sommes en train de réfléchir sur comment on met en place des incitations.» Mais la cheffe des députés d’extrême droite le concède : la réforme des retraites sauce extrême droite n'a pas été forcément comprise, même si elle est «juste» et «performante». Ajoutons que dire tout et son contraire n'aide pas forcément à la compréhension. | QUI VEUT LA PEAU D'MES ROUGES ? • Le PCF est tiraillé par des forces centrifuges. D'un côté, François Ruffin rêve tout haut d'un rapprochement avec les rouges. De l'autre, les insoumis lorgnent aussi le parti à la faucille et au marteau, ayant en mémoire les voix manquantes pour se qualifier au 2d tour en 2022. Fabien Roussel, déjà candidat à la dernière présidentielle et bien décidé à rempiler, ne compte pas laisser son parti lui filer entre les doigts à quelques semaines d'un congrès qui doit trancher leur stratégie élyséenne. «J'alerte les communistes : il y a, par ailleurs, une offensive forte de LFI, qui appelle à voter contre la direction du PCF, pour faire éclater notre parti et obtenir un soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon», prévient-il dans l'Humanité, lui qui s'est régulièrement frité avec le leader insoumis ces dernières années. «Ne cédons pas aux tentatives de division», ajoute-t-il. Car au sein du PCF, certains verraient d'un bon œil un ralliement à LFI, qui a d'ailleurs fait une offre de rassemblement aux communistes et aux écologistes pour les législatives, en contrepartie du soutien à leur candidature. Une OPA à peine déguisée. Roussel, lui, assure ne pas vouloir être candidat coûte que coûte : «Si l'effacement du PCF à la présidentielle pouvait garantir une défaite de l'extrême droite, je n'hésiterais pas une seconde.» Avant de tempérer : «Mais ce n'est pas le cas : notre électorat se répartirait entre différentes candidatures.» | | Quand il était chanteur. Photo Francois Lo Presti. AFP (2026) | REFUS D'OBSTACLE • Renaud Muselier en avait appelé au couple présidentiel pour trancher ce qui s’annonçait comme un duel sanglant au soleil. Les Macron sont-ils intervenus en faveur du futur-ex-président de PACA ? Toujours est-il qu’il ne fera finalement pas face, pour les sénatoriales de septembre dans les Bouches-du-Rhône, à la concurrence interne de la ministre marseillaise Sabrina Roubache. Tous deux voulaient être candidats pour Renaissance, mais la seconde renonce, selon Politico. Son entourage dément tout lien avec Muselier, prétendant qu’elle «manque de temps pour se consacrer à la campagne» et qu’elle «préfère se concentrer sur son ministère» (l'Enseignement et la Formation professionnels, pour ceux qui l’ignoraient), comme l’écrivent nos confrères. Ça fait plus classe. | |
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