Accéder au contenu principal

CHEZ POL 22 MÉ

 


#Vitrine #Mue #Soleil #Short #Quantique
Chez Pol n°1726 - Réservé aux abonnés Libé

Bonjour, nous sommes le 22 mé et c'est le bon jour pour prendre son envol.

image

Petit frère vient à peine de sortir de son oeuf... Photo Stéphane Bozon. AFP (2026)

FAIT MAISON La permanence de Borne n'est «pas à l'abandon», elle n'est juste «plus utilisée», nuance

AU COMPTOIR Le Pen et Bardella justifient déjà leurs futurs revirements, Roussel «alerte» contre la tentative de LFI de «faire éclater» le PCF et le refus d'obstacle de la ministre Roubache

PASSION ARCHIVES Philippe aussi détendu que Juppé

L'OEIL DE LIBÉ Jour sans pour Ruffin

LE MOT «Émoi»

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI Attal parti pour se déclarer en Aveyron

L'ADDITION Jouons avec les remerciements

VIS MA VIDE • Il y a quelques semaines, on vous parlait de la faible activité d'Élisabeth Borne dans sa circo et de sa permanence qui, d'après une photo du média local La Voix le Bocage, semblait à l'abandon, entre affiches déchirées en devanture et boîte aux lettres débordante. Ambiance maison hantée. Cette semaine, une source locale nous faisait parvenir une nouvelle photo : la permanence est désormais complètement vide, dépouillée de toute référence à l'ex-Première ministre, visiblement plus occupée à lancer à Paris son parti Bâtissons ensemble qu'à entretenir sa vitrine normande. «La permanence n'a jamais été à l'abandon», jure-t-on pourtant dans son entourage. Avant d'expliquer : «La permanence n'est plus utilisée par madame Borne depuis fin 2024, date à laquelle elle a été remplacée par Freddy Sertin, son suppléant.» La députée du Calvados, de retour à l'Assemblée fin 2025 après un nouveau passage au gouvernement, n'a donc pas voulu reprendre son ancien local et serait depuis en quête d'un «nouveau en centre-ville de Vire». Malheureusement, «aucun lieu adapté à l'accueil du public n'a encore été trouvé». Le marché immobilier à Vire, cette zone ultra-tendue... «Elle n'est jamais là, ce n'est pas une surprise. Mais c'est vrai qu'elle ne fait même pas semblant», chambrait auprès de Chez Pol un opposant local. Une absence que l'entourage de Borne réfute avec vigueur : elle est «présente sur le terrain» et «toutes les semaines en circonscription à la rencontre des habitants et des élus». La preuve ? «Elle sera par exemple [aujourd'hui] sur les différents marchés.» Suffisant pour ne pas être virée aux prochaines législatives ? S.T.

Image d'archives. Photo Lou Benoist. AFP (2023)

JOUER AUX CONTRADICTIONS • Vous aimez les revirements et contradictions du RN ? Surtout quand ça survient en pleine campagne électorale ? Alors vous allez vous régaler en 2027. Car outre le gros flou actuel entre Marine Le Pen et Jordan Bardella sur le sujet tout à fait mineur de l'âge légal de départ à la retraite, d'autres ~évolutions programmatiques~ sont à prévoir entre la dernière présidentielle et la prochaine. Les divergences de lignes entre la cheffe historique et le président du parti peut-être amené à la remplacer (plus libéral et porté sur l'économie) n'y sont pas étrangères. Et les deux possibles candidat(e)s frontistes se justifient d'avance, cités par l'Express. «Il est normal que l’on procède à des actualisations. Les taux d’intérêt, le niveau de la dette et des finances, le contexte international ne sont pas les mêmes», se défend un Bardella drapé dans le plus grand sérieux budgétaire. Plus politique, Le Pen explique : «Nous ne sommes plus un parti d’opposition, nous avons fait notre mue, donc le programme que nous allons porter est un projet ''pour'' plutôt qu’un projet ''contre''.» Alors certes, tout le monde a le droit de changer d'avis et on ne peut pas garder un programme identique d'une élection sur l'autre. Mais quelque chose nous dit qu'encore une fois, le RN devrait faire péter les scores.

Et là je leur ai dit qu'on restait cohérents. Photo Bertrand Guay. AFP (2026)

C'EST UN VRAI BARDEL • Et il n'aura pas fallu attendre longtemps avant que Le Pen contredise son poulain. Sur BFMTV ce matin, l'ancienne patronne du RN vient faire l'explication de texte de Bardella, qui assurait dernièrement dans un quotidien allemand : «Nous sommes en train d'examiner cette question [de l'âge de départ].» Alors oui mais non, tempère Le Pen. «Non, ce que nous examinons, c'est comment on fait augmenter le taux d'activité des séniors, nuance-t-elle, ce qui est ~légèrement~ différent des propos de Bardella. Parce que c'est bien gentil de vouloir faire travailler les gens à 64, 65, voire 67 ans comme Édouard Philippe veut le faire. Y'a qu'un malheur, c'est que les entreprises les virent à 55, voyez. Nous sommes en train de réfléchir sur comment on met en place des incitations.» Mais la cheffe des députés d’extrême droite le concède : la réforme des retraites sauce extrême droite n'a pas été forcément comprise, même si elle est «juste» et «performante». Ajoutons que dire tout et son contraire n'aide pas forcément à la compréhension.

QUI VEUT LA PEAU D'MES ROUGES ? • Le PCF est tiraillé par des forces centrifuges. D'un côté, François Ruffin rêve tout haut d'un rapprochement avec les rouges. De l'autre, les insoumis lorgnent aussi le parti à la faucille et au marteau, ayant en mémoire les voix manquantes pour se qualifier au 2d tour en 2022. Fabien Roussel, déjà candidat à la dernière présidentielle et bien décidé à rempiler, ne compte pas laisser son parti lui filer entre les doigts à quelques semaines d'un congrès qui doit trancher leur stratégie élyséenne. «J'alerte les communistes : il y a, par ailleurs, une offensive forte de LFI, qui appelle à voter contre la direction du PCF, pour faire éclater notre parti et obtenir un soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon», prévient-il dans l'Humanité, lui qui s'est régulièrement frité avec le leader insoumis ces dernières années. «Ne cédons pas aux tentatives de division», ajoute-t-il. Car au sein du PCF, certains verraient d'un bon œil un ralliement à LFI, qui a d'ailleurs fait une offre de rassemblement aux communistes et aux écologistes pour les législatives, en contrepartie du soutien à leur candidature. Une OPA à peine déguisée. Roussel, lui, assure ne pas vouloir être candidat coûte que coûte : «Si l'effacement du PCF à la présidentielle pouvait garantir une défaite de l'extrême droite, je n'hésiterais pas une seconde.» Avant de tempérer : «Mais ce n'est pas le cas : notre électorat se répartirait entre différentes candidatures.» 

Quand il était chanteur. Photo Francois  Lo Presti. AFP (2026)

REFUS D'OBSTACLE • Renaud Muselier en avait appelé au couple présidentiel pour trancher ce qui s’annonçait comme un duel sanglant au soleil. Les Macron sont-ils intervenus en faveur du futur-ex-président de PACA ? Toujours est-il qu’il ne fera finalement pas face, pour les sénatoriales de septembre dans les Bouches-du-Rhône, à la concurrence interne de la ministre marseillaise Sabrina Roubache. Tous deux voulaient être candidats pour Renaissance, mais la seconde renonce, selon Politico. Son entourage dément tout lien avec Muselier, prétendant qu’elle «manque de temps pour se consacrer à la campagne» et qu’elle «préfère se concentrer sur son ministère» (l'Enseignement et la Formation professionnels, pour ceux qui l’ignoraient), comme l’écrivent nos confrères. Ça fait plus classe.

L'élève et le maître. Photo Georges Gobet. AFP (2017)

C'est sérieux, la politique

La pomme ne tombe jamais loin du pommier, logiquement. Édouard Philippe, héritier direct d'Alain Juppé, le démontre chaque jour. Le camp Attal moque son côté conventionnel, droit dans ses bottes, largement calqué sur celui de son mentor ? Le maire du Havre s'en fout, exactement comme le faisait Juppé. Dans le Parisien ce matin, l'ambitieux patron d'Horizons dézingue Attal sur ce thème. Le jour où le boss de Renaissance se lance officiellement pour 2027, Philippe attaque celui qu'il présente comme «un concurrent». Puis il ajoute : «La campagne électorale n’est pas un concours de beauté, c’est un moment important où chacun dit ce qu’il croit bon pour la France, puis les Français choisiront. J’ai mon style, je suis sérieux. Je ne vais pas monter sur la table pour faire le malin.» Suivez son regard.

Cela vous rappelle Juppé ? C'est normal. En octobre 2016, juste avant la primaire de la droite qui ne devait être qu'une formalité pour lui [rires dans la salle], le maire de Bordeaux répondait sèchement à ceux qui le trouvaient «très conventionnel». «Je les emmerde ! lâchait-il au journaliste Franz-Olivier Giesbert. Moi, je ne m'emmerde pas dans la vie. Alors s'ils se font chier avec moi, qu'ils aillent voir ailleurs, hein ! »

Et le favori de l'Élysée à l'époque [nouveaux rires dans la salle] de reprendre un argumentaire que Philippe ne renierait sûrement pas : «Est-ce qu'on attend d'un président de la République qu'il vous fasse marrer ? Ce genre d'argument vraiment est absolument insoutenable. C'est ça qui rabaisse la politique. J'entends dire : "Avec qui vous partirez sur une île déserte ?" On demande pas aux Français de choisir quelqu'un pour aller sur une île déserte. On demande quelqu'un pour conduire le pays. Choisissons les bonnes qualités.» 10 ans plus tard, on se pose encore les mêmes questions. L'histoire récente a montré que les gens ne votaient pas pour celui qui monte sur la table pour faire le malin [derniers rires dans la salle].

Photo et texte par Stéphane Dubromel

Des hauts et des bas de la vie d'homme politique. 3 semaines après les 2000 personnes réunies à Lyon pour l'embaucher, François Ruffin déplace son entretien à Valenciennes. Nord, ciel gris, fin de journée, petit vent frais. 200 personnes. Certains sont en short. Dans le Nord, on est dur au mal. Ici, tout le monde se moque comme de l'an 40 de la polémique sur sa bande dessinée. D'ailleurs, une librairie locale tient un stand et les ouvrages partent comme des cornets de frites, chacun voulant sa dédicace de François. Affable, un mot personnalisé pour tous. Relancer des agoras en plein air à la Nuit debout, c'est plutôt malin de la part de Ruffin, et décalé. Ici, c'est sur la place du commerce où trône le tribunal du même nom. Un petit banc esseulé, mains dans les poches, quelques notes et c'est parti pour l'entretien d'embauche. La politique, c'est finalement facile à mettre en place. Avec ce dispositif, Ruffin se fait accessible, un potentiel Président simple, peut-être normal, qui se met au niveau des gens, qui ne monte même pas sur un podium. Et parle simplement. C'est à rebrousse-poil de l'image classique du politique, et perturbant pour le photographe qui n'y voit rien d'exceptionnel. Pas de drapeaux, pas de transe collective. Juste des gens qui discutent et écoutent. Néanmoins tout est cadré. Les entretiens sont filmés par l'équipe de communication, il y a un timing à respecter. Ruffin est en voie de professionnalisation pour le job de Président. Mais pour l'instant, il prêche la bonne parole, électeur par électeur, comme un moine-politique.

On ne vous apprend rien en vous disant que Patrick Bruel est confronté à une trentaine de témoignages de femmes qui l’accusent d’agressions sexuelles et de viols. Mais cela a déjà des conséquences pratiques. 3 concerts prévus pour la fin de l’année 2026 ont d’ores et déjà été annulés au Canada et plusieurs asso féministes françaises, suisses et belges ont lancé une pétition pour réclamer l’annulation de sa tournée des festivals, censée démarrer mi-juin. Et cela prend une tournure politique. Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a appelé le chanteur à renoncer au concert qu’il doit donner à la rentrée dans la capitale. Celui de Marseille, Benoît Payan, lui demande aussi d’annuler son show prévu dans la ville. Les maires de Nancy, Reims et Brest ont embrayé. Et ce n'est pas fini. Hier, le maire de Lyon Grégory Doucet a lui aussi jugé qu'il serait préférable que Bruel annule de lui-même sa venue prochaine à la LDLC Arena, en banlieue lyonnaise. «Il doit comprendre l’émoi que provoque la tenue de ses représentations au vu des graves accusations portées à son encontre, a commenté l'édile auprès de Lyon capitale. À Lyon, comme ailleurs, la parole des femmes doit être écoutée, considérée et respectée. Dans le contexte actuel, je pense qu’il est préférable qu’il se tienne à distance des salles de concerts pour permettre à la justice de faire sereinement son travail, dans le respect de sa présomption d’innocence et le respect de la parole des victimes.» Détail truculent, le mot «émoi» pour parler de Bruel a également été employé par Aurore Bergé, hier sur RTL. Mais avec une conclusion légèrement différente. Si la macroniste dit «comprendre l'émoi de celles et ceux qui considèrent que ce serait inapproprié, qui n'ont pas envie de s'y rendre», elle juge qu'il s'agit d'une «liberté individuelle d'y aller ou pas». Et surtout, la ministre déléguée à l'Égalité entre les femmes et les hommes refuse d'appeler Bruel à annuler ses concerts. «Vous imaginez bien l'interprétation immédiate qui en sera faite : il n'y a plus de présomption d'innocence», a expliqué Bergé. Une présomption d'innocence qui, visiblement, n'existait pas en 2018, quand la même Aurore Bergé réclamait, avec la droite et l'extrême droite, l'annulation de concerts du rappeur Médine.

• Aveyron, jusqu'à demain Fin d'un faux suspense et volonté de prendre Philippe de vitesse : en déplacement à Rodez (dont le député Renaissance Stéphane Mazars s'est emparé lors des dernières municipales), Attal doit annoncer officiellement sa candidature à la présidentielle avec une stratégie de communication très offensive. Demain, il se rendra dans l'Aubrac en ce week-end de transhumance des troupeaux.

• Saint-Denis, 21h Comme il en est de coutume, et pour la dernière fois avant de quitter l'Élysée, Macron assiste à la finale de la Coupe de France de football qui oppose Lens à Nice au Stade de France. Descendra-t-il saluer les équipes sur le rectangle vert au risque de susciter des hués dans les tribunes ? Toujours est-il qu'avant de regarder du ballon rond, Macron se déplace, dans la matinée à Bruyères-le-Châtel, au Forum européen sur la puissance de calcul, les sciences et technologies quantiques et les semi-conducteurs.

• Et aussi Les députés sont encore sur le projet de loi d'urgence agricole ; et s'ouvrent les élections consulaires, un scrutin peu connu et souvent boudé pour désigner les représentants des expatriés.

• Et aussi ce week-end Samedi, Olivier Faure se rend à Taïwan (jusqu'au 29), pour rencontrer le Président Lai et pour défendre l’autodétermination taïwanaise, se démarquant ainsi de la position de LFI ; le même jour, le ministère de l'Environnement célèbre les 20 ans de la Fête de la Nature. Et dimanche, premier meeting de campagne de Nathalie Arthaud à l'occasion de la Fête de Lutte ouvrière à Presles.

On termine avec notre jeu du jour. Pour quelle raison le ministre de l'Économie Roland Lescure remercie-t-il EDF ?

• Il a des actions EDF
• Il a une R5 électrique
• Il s'inquiète du réchauffement climatique
• EDF sponsorise l'équipe de France de foot
•  Des éoliennes viennent d'être installées devant sa maison de campagne

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus. 


Absolument !

 Pour retrouver les articles de Chez Pol, c'est juste ici 
 
 


Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. En effet, Raphaël Glucksmann s'est mis à la boxe. Et non au vélo même s'il semble parfois pédaler dans la semoule.

Sur ce, bonne journée et excellent week-end 👋. Et à mardi sur les routes de l'info.

Commentaires