| | TABLE TA GUEULE À LA RÉCRÉ • La question pourrait se poser à l'approche de l'été, mais non : Gabriel Attal et Édouard Philippe ne partiront pas en vacances ensemble. Reste à savoir s'ils seront capables de partir en campagne ensemble si l'un doit finalement se ranger derrière l'autre pour 2027. La tonalité très acide de leurs récents échanges à distance n'est pas rassurante à ce sujet, malgré un «comité de liaison» de leurs proches censé garantir un pacte de non-agression. «J’ai mon style, je suis sérieux. Je ne vais pas monter sur la table pour faire le malin», persiflait le maire du Havre dans le Parisien vendredi, jour de l'officialisation de la candidature du patron de Renaissance. Lequel répond sur France Inter ce matin dans une tirade très préparée : «Je vous confirme, je suis déjà monté sur une table. J'étais Premier ministre, on était en pleine crise agricole et je suis allé à Carbonne, sur l'A64 où vous aviez 400 agriculteurs qui bloquaient l'autoroute [remember, ndlr]. Je suis monté sur la table pour leur parler et d'ailleurs, ils ont débloqué ce péage après que je sois monté sur la table pour échanger avec eux. Donc moi je vais vous dire : oui, il faut parfois savoir monter sur la table et c'est ma personnalité. Moi, je vais au contact, je me dérobe pas, je cherche plutôt à régler les problèmes, je comprends que ce soit pas la personnalité de tout le monde...» Et Attal d'enfoncer, confirmant que ce n'est «manifestement» pas celle de son prédécesseur à Matignon, qui appréciera donc de savoir qu'il ne se préoccupe pas beaucoup de «régler les problèmes». Allez, bonne semaine, on n'est que mardi. | | Selon les nouvelles règles de la Fifa, cette action est sanctionnable de deux cartons rouges. Photo Thomas Samson. AFP (2025) | AVEC DES YEUX DE BITCHE • Mais cette animosité dans le propos public d'Attal n'est rien à côté des innombrables perfidies que ses proches balancent dans la presse au sujet de Philippe depuis des jours, globalement pour le repeindre en Balladur ou Juppé 2.0 : un favori chiant et trop prudent, qui finira par s'effondrer. Tout cela n'empêche évidemment pas le chef des députés Renaissance de jouer les bons garçons et de prétendre ne pas vouloir alimenter la chronique des petites phrases. Interrogé sur ce qui le différencie du Havrais pour un électeur macroniste de 2017, juste après sa saillie dont on vient de parler, Attal répond donc la bouche en cœur : «Je vois bien le petit jeu de certains, qui cherchent à nous opposer en permanence, à nous faire parler de l'un, de l'autre. Je rentrerai pas là-dedans.» Nooooon, ce n'est vraiment pas le style de la maison... | CAPTAIN OBVIOUS • Pas exactement l'ambiance idéale pour, in fine, se retrouver derrière le meilleur d'entre eux. Élisabeth Borne, qui a claqué la porte de la direction de Renaissance en protestation contre l'activisme d'Attal, ne croit pas une seconde à une campagne de bisounours entre les deux figures du «bloc central». «Je ne crois pas à une compétition apaisée», lâche l'ex-Première ministre sur France Info, regrettant de voir toute cette énergie «dépensée» à se bastonner. «Il ne faut pas se tromper de combat», ajoute-t-elle, estimant que le rassemblement devrait primer face au «risque» d'un second tour RN-LFI. Un conseil de sagesse que, visiblement, personne dans son camp n'est pressé de suivre. | | Elisabeth Borne actuellement. Source : Giphy | PLUS ILS SONT DE FOUS, PLUS ON RIT • Si vous trouviez qu'il y a déjà beaucoup trop d'ambitieux voulant conquérir l'Élysée, sachez qu'un nouveau parti vient de se positionner. Selon les infos du streamer politique Hugo Couturier, Equinoxe, petit mouvement écolo-centriste, prévoit lui aussi d'aligner son candidat pour la course à la présidentielle. Mais il faudra encore patienter jusqu'à début juin pour découvrir l'identité de celui ou celle qui portera les couleurs de ce parti pro-nucléaire, inspiré par le médiatique ingénieur Jean-Marc Jancovici. Insoutenable suspense. En attendant, un sacré parcours du combattant se dresse devant le futur prétendant puisqu'il lui faudra trouver les 500 signatures de maires indispensables pour figurer sur la ligne de départ. Pas une mince affaire pour un mouvement qui revendique pas moins de 7 maires. Le plus dur ne fait que commencer. | FAF AUX FRANÇAIS • «Glucksmann cherche sa gauche», peut-on lire en une de Libé ce matin. Il la cherche mais il ne la trouve pas, visiblement. «Je vous parle depuis la gauche, depuis cette croyance ferme que la politique transforme le monde et change la vie», martèle-t-il dans son livre Nous avons encore envie. Et quand on a besoin de rappeler sans cesse que l'on parle depuis la gauche, c'est que l'idée n'est pas naturelle. Les mots suivants de Glucksmann n'arrangent rien : «Je ne parle pas ici de la gauche à la gauche, mais de la France aux Français.» Hmmm cette «France aux Français», qu'elle sonne étrangement. Ce slogan était le sous-titre du journal antisémite du début du XXe siècle la Libre Parole. Il était aussi le slogan de mouvements antisémites comme l'Œuvre française. Il fut encore repris par le FN sauce Jean-Marie Le Pen, dans les années 80-90. Mais Glucksmann n'invente rien en reprenant cette formule. Attal l'avait fait avant lui. En mars, il jugeait urgent «que nous nous remettions à parler de la France aux Français». Alors évidemment, aucun des deux n'adhère aux thèses fumistes de ces mouvements mais ils tentent de se réapproprier cette expression. Et par là même, de parler à l'électorat parti à l'extrême droite. | |
|
Commentaires
Enregistrer un commentaire