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CHEZ POL 27 MAI

 

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♪ Paris porte de la Chapelle, Lyon et Marseille, il fait chaaaaaud ♫. Photo Amaury Cornu. Hans Lucas (2025)

#Bénitier #Piscine #Pic #Ire #Barbouzerie
Chez Pol n°1728 - Réservé aux abonnés Libé

Bonjour, nous sommes le 27 mai et c'est le bon jour pour se protéger des coups de chaud.

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♪ Paris porte de la Chapelle, Lyon et Marseille, il fait chaaaaaud ♫. Photo Amaury Cornu. Hans Lucas (2025)

FAIT MAISON La ministre Genevard grenouille dans le bénitier de Bolloré

AU COMPTOIR Le camp Glucksmann drague les députés PS, Tondelier dénonce «le degré d'impréparation du gouvernement» face à la canicule de mai, et Le Pen rappelle à tout le monde d'où elle parle

YOUPOL Le Ciotti challenge

LE MOT «Provocation»

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI Ça risque de chauffer à LR

L'ADDITION Jouons avec les ventes

EN EAU BÉNITE TROUBLE• La ministre de l'Agriculture Annie Genevard était présente, selon le Monde, parmi la «petite centaine de convives» réunis, jeudi dernier au siège parisien de Vivendi à Paris, pour un grand déjeuner du think tank présidentiel et d’inspiration chrétienne de Vincent Bolloré«l’Institut de l’espérance». L'ex-n°2 de LR, tenante de longue date d'une ligne dure sur l'immigration et connue pour ses positionnements cathos-conservateurs (notamment contre le mariage pour tous), était donc là, en présence d'autres invités remarquables : le plus proche conseiller économique de Jordan Bardella (François Durvye, ex-bras droit d'un autre milliardaire d'extrême droite, Pierre-Édouard Stérin) ou encore la propagandiste du Kremlin Xenia Fedorova, nouvelle star intouchable de CNEWS. À moins d'un an de la présidentielle, voir une ministre grenouiller dans ce bénitier d'extrême droite a de quoi interpeller. Mais auprès de Chez Pol, l'entourage de Genevard défend une démarche dépolitisée de sa part : «Ce premier déjeuner réunissait une centaine de responsables économiques et associatifs. Elle y était présente à titre personnel dans un cadre informel d’échange et de réseau. La participation de la ministre ne saurait être interprétée comme un soutien, une caution ou une validation des activités, positions ou initiatives des personnes présentes.» Si elle se défend donc de toute proximité avec les autres invités les plus sulfureux, s'est-elle pour autant sentie mal à l'aise en leur présence et regrette-t-elle d'avoir honoré l'invitation ? «Elle n'était pas à leur table et ne savait pas leur présence au déjeuner. Il n'y a pas eu d'échange», évacue-t-on de même source sans vraiment répondre à la question. Quant à la façon dont la ministre, suspendue de LR par Bruno Retailleau pour être entrée au gouvernement de Sébastien Lecornu, s'est retrouvée dans les quelques happy few de cet événement bolloréen, son entourage précise : «Il s'agissait d’une invitation privée adressée par Stanislas de Lochner, organisateur des ''Dîners des bâtisseurs'' [ces raouts de leaders et décideurs catholiques où Marine Tondelier a été accusée de participer aux côtés de Laurent Wauquiez, ndlr]. Ça fait longtemps qu'elle participait à cet événement où même des personnalités de gauche se rendent. Elle a simplement répondu à une invitation privée dans le cadre de ses échanges réguliers avec différents acteurs de la société civile et du monde économique.» Sollicités par nos soins, ni Matignon ni l'Élysée n'ont réagi à ces informations. «No comment», esquive aussi un ministre de premier plan, qui ne se précipite donc pas pour défendre sa collègue. E.B.

Quand tu te retrouves à la table la plus craignos du mariage. Photo Quentin de Groeve. Hans Lucas via AFP (2026)

HOULIÉS COMME LES DOIGTS DE LA MAIN • Dans la grande bataille des meetings, qui lance réellement la campagne présidentielle, Raphaël Glucksmann va devoir relever un sacré défi. Montrer, coincé entre Gabriel Attal d'un côté (le 30 mai porte de Versailles) et Jean-Luc Mélenchon de l'autre (le 7 juin à Saint-Denis), qu'il peut rameuter en masse pour son grand raout du 13 juin aux Docks d'Aubervilliers. Et éviter les images désastreuses de rangs trop clairsemés. Pour y parvenir, l'entourage du pas-encore-officiellement-candidat s'active pour garnir l'événement de personnalités, notamment socialistes. Ainsi l'ex-député macroniste Sacha Houlié s'affaire donc, selon LCI, à inviter les députés PS même si leur chef de groupe, Boris Vallaud, a déjà fait savoir qu'il serait à la piscine en circo ce jour-là. «Je prends le temps de les voir un par un», assure Houlié, qui siège avec les élus roses mais en apparenté. «Il a dû perdre mon numéro et je ne dois pas être le seul», nous confie un député plutôt fauriste pas encore contacté par Houlié. Car le risque, pour Glucksmann, serait de ne s'afficher qu'avec l'opposition interne à Faure au PS. Pas la meilleure manière d'embarquer le parti avec lui.

Raphaël Glucksmann entouré de tous ses amis socialistes. Photo Lou Benoist. AFP (2026)

PS I LOVE YOU • Or, s'il veut espérer être LE candidat de la gauche en 2027, Glucksmann devra sans doute s'imposer d'abord comme celui, a minima, du PS. Et non pas uniquement comme le champion de la social-démocratie hors les murs et des anti-Faure - qui plaide toujours officiellement pour une primaire chaque jour plus improbable. Les relations n'ont semble-t-il jamais cessé de se compliquer entre les deux hommes, depuis que le chef rose est allé chercher l'essayiste pour lui confier la liste du PS aux européennes de 2019. Aujourd'hui, le Premier secrétaire des roses prévient, cité par l'Opinion : «Raphaël n'a pas besoin [de l'ex-sénateur PS David] Assouline, de [Boris] Vallaud ou de [François] Hollande, il a besoin de moi.» Car sans Faure, pas de PS. Et sans PS, ni argent ni réseau d'élus.

POINT CHAUD • À chaque canicule - et on n'est pas partis pour en connaître de moins en moins - se pose la question de la responsabilité ou de la préparation du gouvernement face à ces épisodes exceptionnels qui ne le sont plus. Sur France Info ce matin, la patronne des écolos Marine Tondelier charge sans ménagement l’exécutif dans sa gestion du pic de chaleur qui frappe le pays ces jours-ci : «Je suis effarée par le degré d'impréparation du gouvernement, qui fait quand même demain une réunion dont le thème est, je cite : ''Le point sur la préparation des services de l'État.'' [voir ici, ndlr] C'est-à-dire qu'au bout de plusieurs jours de canicule, ils font un point pour se préparer aux prochaines mais on n'a toujours pas compris ce qu'ils faisaient pour la vague de chaleur là, maintenant. C'est assez coupable et assez irresponsable.» Hier, le député écolo (Génération.s) Benjamin Lucas a carrément annoncé «saisir la Procureure de la République pour mise en danger de la vie d’autrui de la part du Premier ministre» au titre de l'article 40. Celui qui veut être candidat à la primaire de la gauche pointait les 7 personnes mortes depuis le début de cette vague de la chaleur, alors que «les recommandations et actions» de Sébastien Lecornu et de son gouvernement «apparaissent comme particulièrement insuffisantes» face à ce phénomène qui était pourtant «connu et anticipé par les prévisions météorologiques».

Capture d'écran France Info

PASSION SOURCE • Il y avait longtemps que Marine Le Pen n'avait pas attaqué aussi frontalement Jean-Luc Mélenchon. À croire que tout bien réfléchi, l'ancienne patronne du RN voit dans l'insoumis en chef un adversaire qu'il faudrait peut-être considérer. Mais en diffusant hier un montage vidéo de Mélenchon sur sa «nouvelle France», Le Pen fille n'a pas juste attaqué un adversaire politique, elle a confirmé d'où elle parlait. La vidéo relayée et tronquant les propos de «JLM» - ce dernier a d'ailleurs annoncé porter plainte contre Le Pen - est une création de French carcan, un compte aux 32 000 abonnés sur X bien connu de la fachosphère. L'auteur diffuse régulièrement des messages racistes, misogynes et complotistes, notamment sur Brigitte Macron, des images générées par IA où l'on voit par exemple Mélenchon pleurer avec des femmes voilées. Il est également très porté sur les poitrines féminines et s'enthousiasme devant des photos de décolletés. Un compte finalement assez classique du côté de l'extrême droite que Le Pen a donc partagé sans vergogne, rappelant à ceux qui voudraient l'oublier qui est le RN. Contactée, la députée RN ne nous a pas répondu. 

Ciotti challenge

Nos lecteurs les plus attentifs auront sans doute trouvé, caché dans nos écrits, un certain manque de considération pour Éric Ciotti. Reconnaissons aujourd'hui notre tort. Le nouveau maire de Nice est ultra-performant dans un domaine où la concurrence est pourtant rude. On est même à deux doigts de lancer le Ciotti challenge qui consiste à raconter n'importe quoi à chaque intervention médiatique. Son interview du jour sur RTL nous en offre un nouvel exemple. Le boss des députés UDR est appelé à réagir à l'affaire Charles Alloncle. Jeudi, Paris Match publiait des photos de l’élu de l’Hérault en compagnie d’une femme dans les rues de Paris. «Moment de détente parisienne pour Charles Alloncle et sa compagne», titrait le magazine. Problème, la personne en question, Shéhérazade Khandani, est aussi la collaboratrice du député, alors que la loi interdit l’emploi comme collab d'un membre de son «premier cercle familial». L'affaire est jugée suffisamment sérieuse pour que Yaël Braun-Pivet saisisse le déontologue de l'Assemblée. Réaction de Ciotti ce matin ? Un parfait exemple de whataboutism«J'ai trouvé madame Braun-Pivet beaucoup plus zélée que pour les collaborateurs de Raphaël Arnault qui sont aujourd’hui en prison.» Cela n'a aucun rapport avec Alloncle mais bon, on est habitué. Ciotti poursuit ensuite sur le mode complotiste. «On est dans une forme de police des mœurs pour savoir qui couche avec qui, c'est scandaleux, c'est odieux, c'est une barbouzerie, juge le député. Alloncle m'a raconté qu'il était suivi depuis un mois, sans doute par des officines. Qui a payé ceux qui ont suivi Alloncle ? Qui avait intérêt ? Il a attaqué des grands groupes, des intérêts qui portent des centaines de millions d'euros de résultats. Cette affaire a été téléguidée du début à la fin.» Un scénario digne du Bureau des légendes, oui mais si le Bureau des légendes avait été produit par AB Productions. Mais la tactique usée par Ciotti est ici archiconnue : pour enterrer une affaire, il faut créer une affaire dans l'affaire. Alors rappelons que tout est parti de la publication de Paris Match, un journal dans le giron du groupe LVMH de Bernard Arnault. C'est cet hebdo qui a publié les photos d'Alloncle et de sa campagne, puis a modifié le titre, faisant de Shéhérazade Khandani non plus la «compagne» mais une «amie» d'Alloncle. Si barbouzerie il y a, c'est du côté du magazine qu'il faut regarder.

This is not a method, this is provocation. L'ambassade de Chine en France pourrait faire sienne cette mythique saillie de Jacques Chirac. Mais, en l'occurrence, en direction d'Olivier Faure. Le Premier secrétaire du PS s'est mis les autorités chinoises à dos en se rendant à Taïwan, où il doit rencontrer demain le président Lai Ching-te. «Ce que fait et dit le dirigeant du PS est une pure provocation et une grave atteinte aux sentiments nationaux de 1,4 milliard de Chinois», a déclaré lundi dans un communiqué l’ambassade de l'Empire du Milieu, faisant connaître son «vif mécontentement». Et qu'a dit le PS pour provoquer une telle ire ? Dans un communiqué la semaine dernière, le parti avait affirmé que Taïwan était un «État de fait» et que Faure y allait pour défendre «l'autonomie d'une île démocratique et prospère face à une puissance chinoise qui multiplie les manœuvres d'intimidation militaire et d'influence». Pékin a répondu avec sa délicatesse habituelle. «La question de Taïwan touche à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de la Chine. Elle est au cœur même des intérêts vitaux de la Chine. Le principe d'une seule Chine constitue un consensus largement partagé par la communauté internationale ainsi qu'une norme fondamentale régissant les relations internationales», a insisté l’ambassade, qui considère que «Taïwan n'est jamais un État - ni dans le passé, ni aujourd'hui, ni dans le futur». En revanche, la mission diplomatique chinoise n'a pas eu besoin de sortir l'artillerie contre Jean-Luc Mélenchon. L'insoumis, dans une interview à Brut, a, lui, repris les éléments de langage de Pékin et de ceux qui nient l’existence de l’État taïwanais, tout en restant sur la position officielle de la France et des organisations internationales. Mais pour le plus grand plaisir du régime chinois qui n'est pas, rappelons-le, une dictature, selon Sophia Chikirou.

• Paris, midi On espère qu'il ne fait pas trop chaud au siège de LR car la température pourrait monter à l'heure méridienne. Retailleau y a invité l'ensemble des parlementaires LR, qui ne sont pas tous fans de son aventure élyséenne, pour un «cocktail déjeunatoire». L'objectif de cette bouffe : «évoquer la campagne présidentielle» et le futur grand meeting du candidat, le 20 juin, au Parc Floral de Paris.

• Paris, toute la journée Le procès en appel sur les soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy se referme aujourd'hui avec les plaidoiries des avocats de l'ancien chef de l'État, qui clame toujours son innocence mais risque une infamante peine de prison. Le désignant comme l'«instigateur» d'un pacte de corruption avec la Libye de Kadhafi, le parquet général a réclamé 7 ans de prison pour association de malfaiteurs, corruption et financement illégal de sa campagne. Verdict le 30 novembre. 

• Et aussi Le projet de loi sur la protection de l'enfance est présenté ce matin en conseil des ministres ; les députés continuent encore et encore de débattre du projet de loi d'urgence agricole ; et les sénateurs entament, en commission, l'examen de la loi actualisant la programmation militaire.

On termine avec notre jeu du jour. Combien Élisabeth Borne a-t-elle vendu d'exemplaires de son livre, Réveillons-nous, sorti le 7 mai ?

• 3
• 30
• 300
• 3 000
• 30 000
• 3 000 000

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus. 

Eh oui !

300, comme le nombre de Spartiates qui ont affronté les Perses à la bataille des Thermopyles ! Coïncidence ? 

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Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. En effet, Édouard Philippe a bien participé, à Saint-Ouen, à un rassemblement de gens prénommés Édouard. Et non à un rassemblement de fans d'Alain Juppé, ni de la diaspora havraise.

Sur ce, bonne journée 👋. Et à demain sur les routes de l'info.

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