| | TROP VU À LA TÉLÉ • Le rapport de la commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public vient d'être publié. 553 pages pour «préparer les esprits à la privatisation de l’audiovisuel public», résume le président de ladite commission, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) en guise d'introduction d'un rapport qu'il défonce. Au-delà du fond qu'il combat en critiquant les propositions du rapporteur UDR Charles-Henri Alloncle et en en formulant lui-même 40 autres, Patrier-Leitus dénonce aussi la forme, et plus particulièrement l'«hypermédiatisation» du rapporteur. Il dénombre ainsi 36 interviews, dont 11 à la radio et 10 à la presse écrite, données par Alloncle tout au long de la commission. «[Cela] a déplacé en partie notre travail hors du cadre solennel des auditions à l’Assemblée», juge le philippiste qui note également «une utilisation massive des réseaux sociaux (plus de 330 posts sur X, 80 publications recensées sur Facebook, 90 sur Instagram…)», de la part du ciottiste, «allant même jusqu’à tweeter en temps réel les auditions». Voilà pourquoi cette commission était un spectacle en plus d'être «une fabrique de la colère». Heureusement, c'est terminé - pour l'instant. | | - Mais Jérémie, qu'est-ce que tu fais ? - Je critique ton travail, pourquoi ? Photo Amaury Cornu. Hans Lucas via AFP (2026) | LA ROUBACHE DE GUERRE • Renaud Muselier n'a pas apprécié sa lecture du journal dominical. Ce ne sont pas les résultats footballistiques de l'OM qui ont gâché le dimanche du président de la région Paca - quoique - mais l'annonce, dans la Tribune dimanche, de Sabrina Roubache, ministre déléguée à la l'Enseignement et la Formation professionnels, de se présenter aux futures sénatoriales face à lui. Muselier, déclaré depuis un mois, ne cache pas son agacement. «Je ne découvre pas dans la presse quelqu’un de ma majorité contre moi, fait-il savoir à Public Sénat. Mais on va voir qui sera ridicule dans cette histoire. Et attention à ce qu’elle n’entraîne pas le gouvernement avec… Le ridicule ne tue plus, mais quand même.» Et le même d'en appeler au Président et au Premier ministre pour trancher. Un move qu'on qualifiera d'osé quand on connaît l'amitié qui unit Roubache au couple présidentiel. Elle a d'ailleurs confirmé à Marsactu son intention de se présenter aux sénatoriales. C'est dire si son portefeuille ministériel la motive. | FEU VERT ORANGE • Mélenchon a passé la 4e en officialisant sa candidature à l'Élysée et en recueillant, en 24h, les 150 000 parrainages citoyens qu'il s'était fixé lui-même comme objectif. Le reste de la gauche, elle, patine. L'incertitude grandissante quant à l'organisation d'une primaire de la gauche hors LFI provoque quelques remous. Et pas simplement au PS. Chez les écolos aussi, où la solidarité n'est parfois qu'un affichage, ça cale. Des opposants à Marine Tondelier s’apprêtent ainsi, selon l'Opinion, à déposer une motion qui sera discutée par le conseil fédéral des écolos les 6 et 7 juin : si aucune primaire n’est organisée avant le 30 octobre 2026 ou si cette primaire n'embarque pas assez largement et se cantonne au groupe écolo à l'Assemblée, la candidature de la cheffe des Verts sera remise sur le tapis. Alors, soit les adhérents, soit le conseil fédéral votera pour savoir si le parti maintient ou sacrifie sa candidate qui serait contrainte de ranger sa candidature au garage. | | Quand tu guettes la prochaine escadrille de merde dans le ciel. Photo Ian Langsdon. AFP (2026) | COMME TONTON • Un coup de barre à droite, avec des références puisées aussi bien chez Jacques Chirac que chez Charles de Gaulle, Nicolas Sarkozy ou encore François Fillon avec son «aidez-moi». Et maintenant, un coup de barre à gauche. Hier, Mélenchon a redressé le cap en se comparant désormais à François Mitterrand circa 1980. Article de l'Express de l'époque à l'appui, le candidat LFI à la présidentielle écrit : «Les angles mobilisés contre moi étaient exactement les mêmes contre Mitterrand en 1980.» Et de développer ce qui rapproche l'ancien sénateur PS de «Tonton», l'un de ses mentors : «Dégradation de son image les années précédentes ("Comment bien figurer dans une élection aussi personnalisée que la présidentielle en partant avec un tel handicap ?") - Pas d'union de la gauche - S'accroche à la candidature - Pas de croyance réelle en ses chances de victoire.» La conclusion de l'hebdo alimente aussi le récit mélenchoniste : «La très longue expérience de Mitterrand, son acharnement à ne pas renoncer, perçus aujourd'hui comme des handicaps, pourraient alors devenir des atouts.» Toute ressemblance avec un personnage existant… | ET SINON ••• Hubert Falco rejoint Sarkozy au club des décorés suspendus. Dans un décret publié ce matin au Journal Officiel, on apprend ainsi que l'ancien maire de Toulon, condamné pour détournement de fonds publics en 2025 mais aussi pour injures contre un journaliste, est «suspendu pour une durée d’un an [...] de l’exercice des droits et prérogatives attachés à sa qualité de chevalier de la Légion d’honneur». Une décision officialisée par un décret signé par Emmanuel Macron «pris sur le rapport du Premier ministre et sur proposition du grand chancelier de la Légion d’honneur». | |
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