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CHEZ POL 5 MAI

 


Absolument !

«Je suis le dernier diplodocus du Parti socialiste. Je suis pourri d’ambition», a bien lancé Mélenchon aux caméras, à son entrée au Sénat en 1986, rapporte l'Opinion.

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#Ridicule #Garage #Tonton #Séant #Câlinette
Chez Pol n°1716 - Réservé aux abonnés Libé



Bonjour, nous sommes le 5 mai et c'est le bon jour pour marcher sur l'eau.

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Attention, c'est très tiède. Photo Bertrand Guay. AP (2024)

FAIT MAISON Attal n'est pas prophète mais empereur en son parti

AU COMPTOIR Tondelier n'est pas Mélenchon ; Mélenchon veut être Mitterrand ; et Falco est presque Sarkozy

YOUPOL Pour Mélenchon, c'est rien que le programme mais pas tout le programme

LE CHIFFRE 700 000

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI La gauche pro-primaire fête le Front populaire

L'ADDITION Jouons avec l'ambition

NAPOLÉON BONAPTTAL • C'est le printemps et les officialisations de candidatures présidentielles fleurissent de toutes parts. Après les désignations définitives de Bruno Retailleau et Jean-Luc Mélenchon, voici venir celle, entourée de tout aussi peu de suspense, de Gabriel Attal. Le bureau exécutif de Renaissance a décidé, à une écrasante majorité hier soir et sur la base d'une consultation des militants, de proposer au Conseil national (le «Parlement du parti») de trancher entre deux options, pas franchement présentées sur un pied d'égalité : la désignation directe du patron du parti (Attal, donc) «conformément à la volonté largement majoritaire» des militants, ou l'organisation d'une primaire interne, «bien que celle-ci ne soit soutenue que par une minorité des adhérents et des cadres». Une alternative approuvée par 60 voix pour et seulement 3 petites abstentions, celles d'opposants internes bien identifiés : la ministre Aurore Bergé, la présidente de l'Assemblée Yaël Braun-Pivet et le député de «l'aile gauche»™ Guillaume Gouffier Valente. La contestation est donc maigre mais virulente. Gouffier Valente s'explique ainsi auprès de Chez Pol en des termes bien peu laudateurs vis-à-vis du patron du parti présidentiel, reprenant ses propos d'hier devant ses camarades du burex : «70% des militants voulaient une proclamation du secrétaire général. Moi, je suis favorable à une primaire ouverte, qui permet aux différentes lignes politiques de s'exprimer. Ne pas en avoir est un fonctionnement bonapartiste : vous êtes d'accord ou pas. On est un parti qui n'arrive pas à construire une culture démocratique, qui en a même peur, et qui continue de s'enfermer, même plus qu'avant, dans un fonctionnement bonapartiste : la désignation par plébiscite.» Or, ce qui pouvait s'entendre pour Napoléon Emmanuel Macron, fondateur du parti, ne va pas autant de soi pour Attal, selon le député du Val-de-Marne. «Ces lignes s'exprimeront quand même différemment à un moment donné», prévient aussi Gouffier Valente, qui regrette l'absence de «débat» sur d'autres sujets : «la fin du code du travail» qu'il accuse Attal d'avoir annoncée et défendue à l'occasion du 1er Mai ou «le nom de notre future campagne présidentielle, ''pour une nouvelle République'' [voir ici, ndlr]»«Dans quel autre parti ne débat-on jamais de telles choses ?» On a bien une ou deux idées, mais si on parle, on va avoir des gros problèmes. E.B.

On se lève et on s'abstient. Photo Telmo Pinto. NurPhoto via AFP (2025)

PENSÉE DÉCOMPLEXÉE • Le Conseil national de Renaissance, présidé par Élisabeth Borne (autre adversaire farouche d'Attal et encore absente du burex hier), doit donc décider entre les deux options le 12 mai. S'il opte pour une désignation d'Attal, celle-ci sera suivie dans les 10 jours par un vote des adhérents à jour de cotisation. Tout cela serait donc réglé avant le grand meeting prévu par le presque candidat le 30 mai - la vie est quand même bien faite, parfois. Sans illusion sur le résultat, Gouffier Valente se projette déjà sur la suite. Avec tout aussi peu d'enthousiasme : «On connaît le résultat du processus de désignation et la méthode. Ça ne laisse pas augurer de quelque chose de différent sur le programme. Le programme nous est imposé. Mais je ne vais pas défendre la fin du code du travail ou un projet qui prône seulement l'autorité et la liberté au mépris des autres principes républicains - ça me fait un peu trop penser à un ancien Président avec qui je n'étais pas du tout d'accord...» Et oui, il parle bien de Nicolas Sarkozy. E.B.

TROP VU À LA TÉLÉ • Le rapport de la commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public vient d'être publié. 553 pages pour «préparer les esprits à la privatisation de l’audiovisuel public», résume le président de ladite commission, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) en guise d'introduction d'un rapport qu'il défonce. Au-delà du fond qu'il combat en critiquant les propositions du rapporteur UDR Charles-Henri Alloncle et en en formulant lui-même 40 autres, Patrier-Leitus dénonce aussi la forme, et plus particulièrement l'«hypermédiatisation» du rapporteur. Il dénombre ainsi 36 interviews, dont 11 à la radio et 10 à la presse écrite, données par Alloncle tout au long de la commission. «[Cela] a déplacé en partie notre travail hors du cadre solennel des auditions à l’Assemblée», juge le philippiste qui note également «une utilisation massive des réseaux sociaux (plus de 330 posts sur X, 80 publications recensées sur Facebook, 90 sur Instagram…)», de la part du ciottiste, «allant même jusqu’à tweeter en temps réel les auditions». Voilà pourquoi cette commission était un spectacle en plus d'être «une fabrique de la colère». Heureusement, c'est terminé - pour l'instant.

- Mais Jérémie, qu'est-ce que tu fais ? 
- Je critique ton travail, pourquoi ? Photo Amaury Cornu. Hans Lucas via AFP (2026)

LA ROUBACHE DE GUERRE • Renaud Muselier n'a pas apprécié sa lecture du journal dominical. Ce ne sont pas les résultats footballistiques de l'OM qui ont gâché le dimanche du président de la région Paca - quoique - mais l'annonce, dans la Tribune dimanche, de Sabrina Roubache, ministre déléguée à la l'Enseignement et la Formation professionnels, de se présenter aux futures sénatoriales face à lui. Muselier, déclaré depuis un mois, ne cache pas son agacement. «Je ne découvre pas dans la presse quelqu’un de ma majorité contre moi, fait-il savoir à Public SénatMais on va voir qui sera ridicule dans cette histoire. Et attention à ce qu’elle n’entraîne pas le gouvernement avec… Le ridicule ne tue plus, mais quand même.» Et le même d'en appeler au Président et au Premier ministre pour trancher. Un move qu'on qualifiera d'osé quand on connaît l'amitié qui unit Roubache au couple présidentiel. Elle a d'ailleurs confirmé à Marsactu son intention de se présenter aux sénatoriales. C'est dire si son portefeuille ministériel la motive. 

FEU VERT ORANGE • Mélenchon a passé la 4e en officialisant sa candidature à l'Élysée et en recueillant, en 24h, les 150 000 parrainages citoyens qu'il s'était fixé lui-même comme objectif. Le reste de la gauche, elle, patine. L'incertitude grandissante quant à l'organisation d'une primaire de la gauche hors LFI provoque quelques remous. Et pas simplement au PS. Chez les écolos aussi, où la solidarité n'est parfois qu'un affichage, ça cale. Des opposants à Marine Tondelier s’apprêtent ainsi, selon l'Opinion, à déposer une motion qui sera discutée par le conseil fédéral des écolos les 6 et 7 juin : si aucune primaire n’est organisée avant le 30 octobre 2026 ou si cette primaire n'embarque pas assez largement et se cantonne au groupe écolo à l'Assemblée, la candidature de la cheffe des Verts sera remise sur le tapis. Alors, soit les adhérents, soit le conseil fédéral votera pour savoir si le parti maintient ou sacrifie sa candidate qui serait contrainte de ranger sa candidature au garage.

Quand tu guettes la prochaine escadrille de merde dans le ciel. Photo Ian Langsdon. AFP (2026)

COMME TONTON • Un coup de barre à droite, avec des références puisées aussi bien chez Jacques Chirac que chez Charles de Gaulle, Nicolas Sarkozy ou encore François Fillon avec son «aidez-moi». Et maintenant, un coup de barre à gauche. Hier, Mélenchon a redressé le cap en se comparant désormais à François Mitterrand circa 1980. Article de l'Express de l'époque à l'appui, le candidat LFI à la présidentielle écrit : «Les angles mobilisés contre moi étaient exactement les mêmes contre Mitterrand en 1980.» Et de développer ce qui rapproche l'ancien sénateur PS de «Tonton», l'un de ses mentors : «Dégradation de son image les années précédentes ("Comment bien figurer dans une élection aussi personnalisée que la présidentielle en partant avec un tel handicap ?") - Pas d'union de la gauche - S'accroche à la candidature - Pas de croyance réelle en ses chances de victoire.» La conclusion de l'hebdo alimente aussi le récit mélenchoniste : «La très longue expérience de Mitterrand, son acharnement à ne pas renoncer, perçus aujourd'hui comme des handicaps, pourraient alors devenir des atouts.» Toute ressemblance avec un personnage existant…

ET SINON ••• Hubert Falco rejoint Sarkozy au club des décorés suspendus. Dans un décret publié ce matin au Journal Officiel, on apprend ainsi que l'ancien maire de Toulon, condamné pour détournement de fonds publics en 2025 mais aussi pour injures contre un journaliste, est «suspendu pour une durée d’un an [...] de l’exercice des droits et prérogatives attachés à sa qualité de chevalier de la Légion d’honneur». Une décision officialisée par un décret signé par Emmanuel Macron «pris sur le rapport du Premier ministre et sur proposition du grand chancelier de la Légion d’honneur». 

Rien que le programme, mais pas tout le programme

Combien de chefs de partis et candidats à la présidentielle sont dans le même cas ? Et parmi eux, combien en feraient l'aveu publiquement ? Dans une longue interview à Brut dimanche soir, Mélenchon a confessé ne pas être «d'accord à 100% avec [le] programme» de LFI, du fait des «compromis» entre différentes visions nécessaires à l'établissement d'un tel projet, souvent le fruit d'un processus collectif (contributions de groupes de travail, d'experts, puis validation par un comité politique et le candidat, etc.). Justifiant encore une fois son recours à la conflictualité et son côté «clivant» qui lui sont souvent reprochés, le chef insoumis a d'abord contre-argumenté: «Alors, on fait câlinette ? On parle pas des sujets qui fâchent ? La retraite à 60 ans, ou à 67 ou à 64 ? ''Non non non, ça va cliver !''» Puis est venu ce passage plus surprenant : «La vie est devenue un fouillis et quand vous avez des gens clairs, au moins vous savez à quoi vous accrocher. Personne sera jamais d'accord à 100% avec notre programme, d'ailleurs moi non plus ! Parce qu'un programme, c'est aussi des compromis entre des manières d'approcher... [Il est coupé, ndlr]» Mais, et là il faut bien avouer notre frustration, Mélenchon a toutefois refusé de s'étendre plus en détail sur ces points de désaccord - du moins pour l'instant : «Je ne vous le dirai pas ! Parce que mon devoir, c'est de parler pour tout le monde. Sinon, je vous le dirais, d'ailleurs, peut-être qu'un jour je vous le dirai. Mais pas là, parce que là, je porte le discours cohérent, collectif.» On serait curieux de le savoir, tout de même. Tout comme on poserait bien la question à tous les autres prétendant(e)s à l'Élysée.

Petite expérience à tenter chez vous. Vous êtes tranquillement installés sur votre canapé à regarder le journal télévisé. Les nouvelles sont mauvaises d'où qu'elles viennent mais enfin, ce n'est pas pour autant qu'il faut détourner les yeux. Et puis soudain, un politique surgit comme invité. Quelle est votre réaction ? Vous écoutez, soit parce que cela vous intéresse, soit parce qu'attrapper la télécommande nécessite de se lever ? Ou alors vous zappez ? Dimanche soir, 700 000 téléspectateurs ont choisi la deuxième option lorsque Mélenchon est apparu sur leur écran. 5,8 millions de téléspectateurs étaient devant le JT au début de l'interview, contre 5,1 millions à la fin. Voilà qui confirme une certaine tendance : les gens en ont plein le séant des entretiens politiques. Fin avril, Jordan Bardella avait subi le même sort. Le JT de France 2, où il était invité pour venir parler de l'actualité et de son couple (ou inversement) avait connu une audience catastrophique, avec 2,6 millions de téléspectateurs - quasiment la moitié de l'audience de Mélenchon dimanche. Là encore, 700 000 personnes avaient préféré zapper en voyant apparaître la tronche du président du RN. En janvier, Sarah Knafo avait fait perdre 1 million de téléspectateurs au JT de TF1 qui l'avait accueilli pour annoncer sa candidature à la mairie de Paris.

• Assemblée, après-midi Après les questions au gouvernement (15h), les députés votent solennellement sur la proposition de loi visant à renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d'attentat. Ils se penchent ensuite sur les conclusions de la commission mixte paritaire sur le projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales avant de reprendre l'examen du projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030.

• Sénat, 16h Marqueur politique de son passage au ministère de l'Intérieur et de sa candidature présidentielle, la lutte contre «l'entrisme islamiste» est au cœur d'une proposition de loi de Retailleau. Une initiative de LR concurrencée par celle de son successeur à Beauvau, Laurent Nuñez.

• Paris, 18h30 24h après l'officialisation de la candidature Mélenchon, la gauche pro-primaire hors LFI contre-attaque avec un meeting organisé pour célébrer les 90 ans de la victoire législative du Front populaire. Seront ainsi réunis, à la Bellevilloise, les promoteurs de l'initiative Front populaire 2027 : Tondelier, son homologue rose Olivier Faure, les anciens insoumis Clémentine Autain et François Ruffin, mais aussi Benjamin Lucas et Lucie Castets.

• Et aussi Aurore Bergé reçoit les assos antiracistes sur son projet de loi sur l'antisémitisme ; Attal est à Bordeaux pour la 3e édition délocalisée de sa «Nuit de la nouvelle République» ; et Macron achève sa visite d'État en Arménie.

On termine avec notre jeu du jour. Qui a dit : «Je suis pourri d’ambition»?

• Gabriel Attal
• Olivier Faure
• François Ruffin
• Bruno Retailleau
• Sébastien Lecornu
• Jean-Luc Mélenchon

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus. 


Absolument !

«Je suis le dernier diplodocus du Parti socialiste. Je suis pourri d’ambition», a bien lancé Mélenchon aux caméras, à son entrée au Sénat en 1986, rapporte l'Opinion.

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Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. Boris Vallaud est bien surnommé Rimbaud par des proches de Faure. Et non Le Poète ni le Boboris.

Sur ce, bonne journée👋. Et à demain sur les routes de l'info.

 

Chez Pol a été concoctée par 
Etienne Baldit, Sylvain Chazot et Sébastien Tronche


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