| | ET BORNE CONTINUATION • Ce sera sans elle. Élisabeth Borne ne veut visiblement rien cautionner du couronnement de la désignation de Gabriel Attal comme empereur candidat à la présidentielle. L'ancienne Première ministre annonce donc, ce matin sur France Inter, «démissionner» de ses fonctions dirigeantes à Renaissance, dont elle reste simple «simple adhérente». Borne présidait le Conseil national (sorte de «Parlement») du parti présidentiel, qui doit entériner la semaine prochaine la candidature d’Attal, et était membre du bureau exécutif dont elle se «met en retrait», sachant qu’elle avait déjà tendance à y briller par son absence. Et ce sont bien le patron de l’écurie présidentielle, ses idées et sa méthode qui la poussent à claquer la porte : «Je ne me retrouve pas complètement dans la ligne qui n'est pas forcément débattue au sein de Renaissance. [...] Je suis convaincue qu'on peut protéger les Français sans remettre en cause la Constitution, dans le respect de l'État de droit. [...] Je ne supporte pas quand on met en cause le Conseil constitutionnel, qu'on peut dire que la Constitution est un carcan.» Adversaire résolue de son successeur à Matignon depuis leur affrontement pour la présidence du parti qu’elle a perdu, Borne semble donc abandonner la lutte interne et se veut «se consacrer» à propre parti, Bâtissons ensemble, elle qui sort aussi un nouveau livre demain (Réveillons-nous !). Un ouvrage très «programmatique», comme le qualifie Paris Match qui en publie les bonnes feuilles. | | Elle était déjà debout et elle se casse. Photo Behrouz MEhri. AFP (2025) | CHARLES, AU SECOURS • Après avoir salement rhabillé Attal pour le printemps, Borne avait aussi quelques cartouches en réserve pour Emmanuel Macron, qu'elle ne peut manifestement plus saquer non plus. Fustigeant dans son bouquin une «pratique du pouvoir inadaptée», la députée du Calvados confirme sur Inter qu'elle ne «parlai[t] pas du Premier ministre dans cette critique» - l'auto-critique n'étant manifestement pas à l'ordre du jour pour madame 49.3. Alors qu'elle propose l’instauration d’un septennat non-renouvelable et que le Premier ministre «préside le conseil des ministres», Borne assène : «Il faut qu'on retrouve un Président tel que son rôle est défini dans la Constitution de 1958.» Ou comment dire que Macron dévoie ses pouvoirs et ses fonctions. «Je suis contre un pouvoir solitaire et un peu vertical, je pense qu'il faut respecter les corps intermédiaires, dialoguer avec les collectivités, donner toute leur place aux partenaires sociaux», égrène-t-elle ensuite dans un sévère inventaire des quinquennats Macron, assumant cette «critique de méthode». | C'EST MORAL MAIS EST-CE LÉGAL ? • C'est la degringolada pour CNEWS. L’antenne du milliardaire d’extrême droite Vincent Bolloré a perdu une bonne partie de son audience ces derniers mois et rétrograde à la 3e place des chaînes d'info. Pas de quoi émouvoir ou faire pleurer François Ruffin. Au contraire, même. «Je sens comme un espèce de reflux, oui, de l’extrême droite qui en Europe est battue en Hongrie. Un reflux aussi, et je dis ça comme une bonne nouvelle, quand je découvre que CNEWS n’est plus en tête des chaînes d’info, mais que depuis un an CNEWS recule, que c’est maintenant passé derrière BFM et LCI», s'est réjoui le candidat à la présidentielle hier, lors du meeting unitaire de la gauche hors LFI. Et le député-reporter d'assurer que, lui Président, CNEWS sera rayé de la carte : «Ça n’est pas encore inscrit à notre programme mais je pense que ça va de soi, c’est une évidence, pour nous CNEWS sera fermée.» Ce qu'il a confirmé sur X : «La chaîne de la haine et du racisme recule : nous la fermerons !» Comment et selon quelles prérogatives ? Ah, ce n'est pas précisé... | | François Ruffin. Photo Xavier Galiana. AFP (2026) | SOYEZ FIERS D'ÊTRE DES AMATEURS • La politique est un métier sérieux mais ouvert à tout le monde, y compris aux moins érudits. Les exemples pullulent côté RN où, telle cette dame faisant ses courses avant le confinement de 2020, le parti semble prendre n'importe quoi pour remplir ces listes à chaque élection. Cela aboutit à des situations ubuesques comme celle du député lepéniste Aurélien Dutremble. Déjà conseiller régional de Bourgogne-Franche-Comté en plus de son poste à l'Assemblée, Dutremble a été élu en mars dernier aux municipales. Mais la loi interdisant à un parlementaire de cumuler deux mandats locaux, ce génie a voulu démissionner de son mandat municipal. Sauf que non non, la loi interdit aussi de démissionner, en cas de cumul, du dernier mandat gagné. Dutremble, qui conteste le résultat de l'élection municipale qu'il a perdue, devra donc quitter la région une fois son recours jugé. Une situation semblable s'était déjà présentée en Côte d'Or en avril avec un autre député RN, René Lioret, et on vous en avait d'ailleurs parlé dans Chez Pol. «Je ne m’étais pas renseigné avant, je pensais que ça ne concernait que les mandats avec des responsabilités comme les adjoints», avait réagi ce dernier auprès du Bien Public. ¯\_(ツ)_/¯ | MIEUX VAUT TARD... • Si personne n’a jamais entendu Bruno Retailleau chantonner le Temps des colonies de Sardou, l’actuel patron des LR glorifiait en 2023 les «belles heures» de la colonisation (en même temps que ses «heures noires») et fustigeait la «repentance perpétuelle» qui «affaiblit» selon lui la France. Chez LR, tous ne sont pas alignés avec cette vieille vision partagée à l’extrême droite, chantre de l’Algérie française. Invité ce matin de la chaîne Outre-mer la 1ere, le député (LR) Philippe Gosselin a plaidé pour «reconnaître le passé dont on est comptable d’une certaine façon, sans faire non plus d’anachronisme». «Il y a des choses qui, dans le passé, sont de toute façon inacceptables avec le regard d’aujourd’hui», estime le député de la Manche. Spécialiste à droite des dossiers ultra-marins, Gosselin a rendu hommage au passage à… Christiane Taubira. Avec l’ex-députée de Guyane, «j’ai compris que même si l’esclavage était une histoire ancienne, elle façonne encore aujourd’hui les esprits», confesse-t-il. Un hommage qu’on n’attendait vraiment pas, de la part de celui qui fut l’un des plus virulents opposants au mariage pour tous. Le 21 mai 2001, la loi portée par Taubira reconnaissait la traite négrière transatlantique et l’esclavage comme crime contre l’humanité était promulguée. 5 ans plus tard, Jacques Chirac avait fixé au 10 mai le jour souvenir de l'esclavage - «ce crime du cœur et de l’esprit», avait dit Chirac, ajoutant : «L'esclavage a nourri le racisme.» Le temps d’une autre droite. | |
|
Commentaires
Enregistrer un commentaire