Chère lectrice, cher lecteur,
Nous sommes le 2 mai 2026 soit très exactement quarante-quatre ans après le torpillage du croiseur argentin « General Belgrano » par le sous-marin nucléaire britannique « HMS Conqueror » dans l’Atlantique sud, qui marque un tournant dans la guerre des Malouines. Au printemps 1982, le Royaume-Uni et l’Argentine s’affrontent alors depuis un mois autour de cet archipel, que les Anglais appellent « Falkland » et qui est une possession britannique depuis un siècle et demi. L’Argentine revendique depuis longtemps ces îles proches de ses côtes et la junte militaire brutale qui contrôle le pays espère qu’une opération victorieuse lui assurera un retour de popularité : début avril, les forces spéciales argentines débarquent sur l’île principale et en prennent le contrôle.
Le Royaume-Uni de Margaret Thatcher n’a pas l’intention de laisser filer ce territoire grand comme une fois et demie la Corse, sur la route de l’Antarctique. Mais à 12 000 kilomètres de Londres, il faut un peu de temps pour organiser une riposte militaire. Le mois d’avril est donc surtout consacré aux tractations diplomatiques qui, en pleine guerre froide, divisent la communauté internationale, parfois à fronts renversés. Qui choisir, entre un confetti de l’Empire britannique et une dictature répressive ? Les Etats-Unis, alliés historiques des Britanniques mais soutien des Argentins au nom de la lutte anticommuniste, sont bien embêtés mais penchent finalement côté anglais. Cuba défend l’Argentine au nom de l’anticolonialisme quand le Chili, lui aussi dirigé par une dictature militaire… aide le Royaume-Uni. La France, elle, se range du côté de son voisin et soutient une résolution de l’ONU, votée le 3 avril qui demande le retrait de l’Argentine.
Les Britanniques décrètent un blocus autour des Malouines et envoient leurs navires sur la zone. Début mai, alors que la diplomatie s’enlise, le croiseur argentin « General Belgrano » s’approche de l’archipel. Le 2 mai, il est coulé par des torpilles tirées par le sous-marin nucléaire britannique d’attaque « HMS Conqueror ». 323 Argentins périssent dans le naufrage – la moitié des pertes du pays sur toute cette guerre. « GOTCHA » (on vous a eus) titre en gros à la une le « Sun » britannique, avant de changer son titre pour les éditions suivantes en découvrant le bilan humain.
L’opération est un tournant militaire : les autres navires argentins rentrent au port. Les Britanniques débarqueront deux semaines plus tard jusqu’à la reddition finale argentine le 14 juin. Le conflit précipite finalement la chute de la junte militaire argentine et contribue au contraire à la popularité de la « Dame de fer » britannique qui triomphe aux élections de 1983.
Quarante-quatre ans plus tard le président argentin d’extrême droite Javier Milei remet le couvert en revendiquant de nouveau les Malouines… cette fois-ci avec le soutien possible de l’administration Trump comme vous pouvez le lire dans notre sélection de la semaine.
Bonne lecture et bon week-end
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