Palmarès de Cannes 2026 : nos pronostics et nos chouchous pour la cérémonie de ce samedi soir
L’heure de connaître la Palme d’or 2026 est imminente. Alors ? En attendant de connaître les choix du jury présidé par Park Chan-wook, on vous livre les nôtres, et nos pronostics.
La 79ᵉ édition du Festival de Cannes se clôt ce samedi 23 mai. Photo Sarah Meyssonnier/Reuters
Par Le service Cinéma
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Publié le 23 mai 2026 à 06h50
Le jury, présidé par le cinéaste coréen Park Chan-wook, dévoilera le palmarès du 79ᵉ Festival de Cannes ce samedi, à partir de 20h15. En attendant, découvrez nos pronostics… et les films qui, selon nous, mériteraient de gagner.
Prix du jury
Zo In-sung dans « Hope », de Na Hong-Jin. Forged Films/Plus M Entertainment
Il mériterait de gagner : Hope, de Na Hong-jin
Les « purs » films de genre sont si rares en compétition qu’on serait ravis de retrouver cette emballante superproduction coréenne au palmarès. La mise en scène spectaculaire de Na Hong-jin, tout comme l’étrange beauté, à la fois poétique et terrifiante, de ses créatures extraterrestres, le méritent.
Il va gagner : Coward, de Lukas Dhont
Caméra d’or pour son premier long métrage (Girl), Grand Prix pour son deuxième (Close), le jeune réalisateur belge, à l’instar de ses compatriotes les frères Dardenne, rafle la mise à chaque sélection cannoise. Le Prix du jury semble la bonne cote pour son émouvant film de guerre avec romance gay.
Prix d’interprétation féminine
Léa Drucker dans « La Vie d’une femme », de Charline Bourgeois-Tacquet. Les Films Pelléas
Elle mériterait de gagner : Léa Drucker pour La Vie d’une femme, de Charlie Bourgeois-Tacquet
Elle aurait déjà dû remporter ce prix deux fois, pour L’Été dernier en 2023 et, plus encore, pour Dossier 137 l’an dernier. L’actrice deux fois césarisée est, une nouvelle fois, au-delà de la virtuosité dans le rôle d’une chirurgienne racontée dans ses vies professionnelle et amoureuse, aussi compliquées l’une que l’autre.
Elles vont gagner : ex aequo, Virginie Efira et Tao Okamoto pour Soudain, de Ryūsuke Hamaguchi
Entre Léa Seydoux (dans Gentle Monster), Renate Reinsve (dans Fjord) et Virginie Efira (dans Soudain), la compétition était riche en performances d’actrices polyglottes. De quoi séduire un jury où on parle toutes les langues — ou presque. Le président Park Chan-wook et ses collègues seraient toutefois bien inspirés d’associer à Virginie Efira, sa partenaire japonaise Tao Okamoto, tant la complicité entre les deux interprètes porte le beau film de Hamaguchi.
Prix d’interprétation masculine
Adam Driver dans « Paper Tiger », de James Gray. Photo SND/RT Features
Ils mériteraient de gagner : ex aequo, Adam Driver et Miles Teller pour Paper Tiger, de James Gray
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Difficile de récompenser l’un sans l’autre, tant leurs compositions, d’une grande richesse expressive, de deux frères si différents et pourtant si proches, porte le thriller familial de James Gray vers des sommets d’émotion.
Il va gagner : Gilles Lellouche pour Moulin, de Lázsló Nemes
Interpréter une grande figure historique est souvent un « plus » pour séduire les jurés. Et dans la peau du chef du Conseil national de la Résistance torturé par Klaus Barbie, Gilles Lellouche est remarquable par sa capacité à exprimer la solitude, l’angoisse et la douleur sans la moindre emphase.
Prix du scénario
Renate Reinsve et Sebastian Stan dans « Fjord », de Cristian Mungiu. Photo Tudor Panduru/Mobra Films
Il mériterait de gagner : Fjord, de Cristian Mungiu
Les scénarios du cinéaste roumain sont toujours des machines d’une redoutable efficacité narrative. Celui de Fjord ne fait pas exception, avec en prime, une émotion plus présente. Et communicative.
Il va gagner : Autofiction, de Pedro Almodóvar
Expert en scénarios « poupées gigognes », le réalisateur de Douleur et gloire pousse la virtuosité toujours plus loin, en s’inspirant ici de sa propre vie pour filmer un cinéaste qui puise dans les drames vécus par ses proches la matière d’un scénario sur… une cinéaste qui écrit un nouveau film. Une double mise en abyme qui a tout pour séduire le jury.
Prix de la mise en scène
« Minotaure », d’Andreï Zviaguintsev. Photo Anna Matveeva/Mk2 Productions/CG cinema/Arte France Cinema
Il mériterait de gagner : Minotaure, d’Andreï Zviaguintsev
Grand formaliste, le réalisateur de Léviathan et de Faute d’amour confirme son génie dans la composition du cadre et dans l’élaboration de plans-séquences complexes (mais jamais gratuits) à travers ce remake contemporain et russe de La Femme infidèle, de Chabrol. La scène où le héros nettoie le lieu de son crime est un modèle à étudier dans toutes les écoles de cinéma.
Il va gagner : Hope, de Na Hong-jin
Park Chan-wook sera sans doute très sensible à la virtuosité de son compatriote dans la réalisation des innombrables courses-poursuites entre extraterrestres géants et humains apeurés — à pied, en voiture ou à cheval…
Grand Prix
Sandra Hüller et Hanns Zischler dans « Fatherland », de Pawel Pawlikowski. Photo Agata Grzybowska/Mubi/Our Films/Extreme Emotions/Nine Hours/Chapter 2
Il mériterait de gagner : Fatherland, de Pawel Pawlikowski
Ne serait-ce que pour récompenser la brièveté du film (une heure dix-huit tout juste), qui a fait tant de bien aux festivaliers essorés par trop de (très) longs métrages, délayant inutilement leur propos sur deux heures trente ou plus. Mais cette évocation du retour de l’écrivain Thomas Mann et de sa fille dans l’Allemagne de l’après-guerre est aussi un grand film sur la littérature et sur l’Histoire, d’une perfection formelle impressionnante.
Il va gagner : La bola negra, de Javier Calvo et Javier Ambrossi
Un grand récit romanesque, de l’émotion puissance mille, une direction artistique spectaculaire, des caméos saisissants de Penélope Cruz et Glenn Close… Le film historico-gay des créateurs de la série La Mesías a fait un triomphe lors de sa projection de gala. Un engouement public qui pourrait influencer le jury.
Palme d’or
« Notre salut », d’Emmanuel Marre. Kidam/Michigan Films
Il mériterait de gagner : Notre salut, d’Emmanuel Marre
Radical dans son propos comme dans sa forme, ce portrait d’un collabo qui tente de se faire une place dans le régime de Vichy est plus qu’un grand film : une réussite majeure, qui fera date dans l’histoire de la représentation cinématographique de la France sous l’Occupation.
Il va gagner : Paper Tiger, de James Gray
L’un des plus grands réalisateurs américains d’aujourd’hui est toujours reparti bredouille de Cannes malgré cinq sélections en compétition. Park Chan-wook et ses jurés pourraient être tentés de réparer cette injustice en lui accordant la récompense suprême. Même si Paper Tiger, aussi touchant et réussi soit-il, n’est pas, loin de là, son film le plus marquant.
Festival de Cannes
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