Travailleuse du sexe, producteurs télé, historiens de l’art... Qui sont vraiment les deux mille signataires de la pétition anti-Bolloré ?
Un homme déguisé en Charlie Chaplin pose sur le tapis rouge lors des arrivées pour la projection du film <i>Notre salut </i>en compétition au 79e Festival de Cannes. le 20 mai 2026.
Un homme déguisé en Charlie Chaplin pose sur le tapis rouge lors des arrivées pour la projection du film Notre salut en compétition au 79e Festival de Cannes. le 20 mai 2026.  Gonzalo Fuentes / REUTERS
Ma collègue Léna Lutaud (qu’elle soit ici remerciée pour son travail de fourmi) a épluché les noms des signataires de la fameuse tribune appelant à « zapper Bolloré ». Au dernier décompte, il y en avait 2400. La liste n’est pas triste. Le texte les présente comme étant tous des professionnels du cinéma. Il y a certes des individus ayant réalisé des clips, tourné dans deux films il y a vingt ans, été recherchistes pour de vagues documentaires, mais aussi des comédiens de spectacles pour enfants, une prostituée, des fonctionnaires du ministère de la Culture, des journalistes et pléthore de fantômes introuvables sur internet.
Ces bataillons d’inconnus ou de personnes qui n’ont en réalité qu’un lien fort ténu avec le grand écran rendent encore plus solitaires les signataires qui sont vraiment des professionnels du cinéma : citons Blanche Gardin, Adèle Haenel, Juliette Binoche, Anna Mouglalis, Swann Arlaud, Charles Berling, Agathe Bonitzer ou Jean-Pascal Zadi. Ils ont à peu près tous été financés par Canal+ mais l’idée de refuser l’agent de monsieur Bolloré ne leur était apparemment pas venue plus tôt.
Je laisse à ma collègue la conclusion du paragraphe : « Au bout de ces heures de recherche, on comprend la difficulté de percer puis de durer dans cette industrie. » Selon ses informations, un célèbre acteur et réalisateur aurait déjà téléphoné à Canal+ pour faire amende honorable. « J’avais mal lu le texte », aurait-il dit.

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