Présenté sur la Croisette dans la sélection « CannesClassics », le documentaire Mon Coluche à moi a l’ambition de rendre hommage à l’artiste. En un peu plus de deux heures, le film répond à des questions essentielles dans l’esprit de Denisot, à la fois ami et journaliste : « Qui est-il aujourd’hui pour le public ? Que peut-on apporter comme images ou témoignages qui n’ont pas déjà été vus ou entendus ? » Produit par la société Bangumi, dirigée par Laurent Bon et Yann Barthès, le documentaire diffusé sur TMC dans la foulée de l’émission « Quotidien » ce jeudi est truffé d’images d’archives et donne la parole à une galerie de témoins qui ont fréquenté Coluche de son vivant ou ont été inspirés par le personnage, tels les comiques Michaël Youn, Jérôme Commandeur, Claudia Tagbo ou Jérémy Ferrari.
Candidat à l’élection présidentielle
« Je voulais absolument que s’expriment ceux qui l’ont vraiment connu », note Denisot. Béatrice Dalle, Pierre Lescure, Maryse Gildas sont de ceux-là, tout comme Mathilda May, qui révèle comment elle a vécu l’épisode fatal à son ami dans un virage de cette petite route de Provence, près de Grasse. À propos de ce tragique accident de moto qui a coûté la vie à Coluche, l’un de ses meilleurs amis évoque l’hypothèse d’un complot… « J’ai laissé le propos tel quel, souligne Michel Denisot. Cela interroge tout le monde, mais, moi, je n’en sais rien, évidemment. Je n’ai pas la réponse. » S’il reconnaît ne pas avoir ressenti de responsabilité excessive lors de son travail, Michel Denisot avoue : « Coluche est toujours là, en fait. Présent dans nos cœurs. C’est un personnage contemporain. Ce qu’il évoquait dans ses sketchs il y a quarante ans est toujours d’actualité. Évidemment, on ne peut pas forcément traiter les sujets avec le même vocabulaire aujourd’hui, mais le fond est resté le même. »
Pas certain que les plus jeunes aient conscience aujourd’hui de la dimension politique de Coluche, candidat à l’élection présidentielle, qu’on ne soupçonne pas d’emblée. « Coluche disait qu’il était un acteur engagé, acquiesce Denisot. Comme il avait le sens de la blague, il disait qu’il valait mieux être engagé que ne pas avoir de travail… Donc, il était engagé, mais avec personne. Il était libre, totalement indépendant et ne dépendait d’aucun mouvement. »


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