C DANS L'AIR 10 JUIN

Bruel : la chute… et la prison ?



Patrick Bruel va-t-il dormir en prison ce soir ? 

Le parquet de Nanterre a requis ce matin la mise en examen et le placement en détention provisoire du chanteur pour 10 viols, tentatives de viol et agressions sexuelles commis entre 2010 et 2019, après 48 heures de garde à vue. Par ailleurs, les procédures concernant 13 victimes et datant de 1992 à 2008 ont été jointes au dossier. La star de 67 ans doit être présentée dans la journée à trois juges d'instruction du parquet de Nanterre. S'ils confirment sa mise en examen, Patrick Bruel passera devant un juge des libertés et de la détention qui décidera ou non de sa mise sous écrou. La pression est d'autant plus forte sur Patrick Bruel que certaines affaires classées ont été rouvertes, à l'image de cette affaire de viol en 2015 à l'Isle-sur-la-Sorgue. « Reste à espérer que le juge d’instruction et éventuellement le juge des libertés et de la détention prennent également la mesure de la gravité des faits », a réagi l'avocate d'une partie civile Me Iris Biehler auprès du journal Le Monde. En garde à vue, le chanteur a nié toutes les accusations. « J'ai peut-être été lourd, j'essaie toujours, mais j'ai toujours accepté un non", a expliqué Patrick Bruel à ses proches selon BFMTV. Mais cette ligne de défense suffira-t-elle face aux plaintes qui se multiplient depuis quelques semaines ?


Parmi les 9 plaintes visées par le parquet, on trouve celle de Karine Viseur, ancienne attachée de presse belge qui a raconté son agression en 2010, en pleine promotion du film « Comme les cinq doigts de la main », dans lequel Patrick Bruel assurait le rôle principal, dans les toilettes de la RTBF. Après une première plainte retirée, elle a de nouveau porté plainte pour agression sexuelle en mars 2026, à la suite des témoignages dans la presse de nombreuses femmes. Sa plainte a depuis été requalifiée en tentative de viol. Depuis la médiatisation, elle dit être constamment harcelée par les fans de Patrick Bruel. Elle espère néanmoins que son geste permettra d'encourager d'éventuelles autres victimes à l'imiter.


En France, le Sénat a acté ce matin le lancement d'une commission d'enquête sur « le pilotage de la politique pénale et la prévention de ses dysfonctionnements » après la déflagration causée par l'affaire Lyhanna. Si Emmanuel Macron a dit attendre le rapport d'inspection le 19 juin pour agir « au regard des faits », les responsables politiques, les juges, la gendarmerie ou encore l'Éducation nationale, se renvoient déjà la responsabilité du drame. Il y a cinq ans, une proviseure avait émis un signalement concernant Jérôme Barella, après une relation inappropriée par SMS avec une collégienne, mais sans émettre d'article 40 à l'attention du procureur de la République. « C’est une partie des choses qu’il faut vérifier », a déclaré le ministre de l’Éducation nationale Edouard Geffray. L'éducation nationale n'est pas la seule institution visée : mercredi matin, le directeur général de la gendarmerie Hubert Bonneau a lui aussi reconnu un échec : « Quand vous avez un auteur identifié et une victime avérée, nous sommes en situation d'urgence. Ce n'est pas une affaire de moyens. C'est une affaire de traitement d'un dossier dans sa rapidité ». 

. Comment la justice va-t-elle gérer le cas Patrick Bruel ? 

. Comment les victimes vivent-elles la médiatisation de cette affaire ? 

. Et l'affaire Lyhanna découle-t-elle de dysfonctionnements individuels ?



Nous en parlerons ce soir dans #cdanslair à partir de 17h45 sur France 5. Posez-nous dès maintenant toutes vos questions sur Twitter avec le hashtag #cdanslair ou sur notre site : http://bit.ly/EmissionCdanslair.

Commentaires