#Dinguerie #Romantique #Nuque #Contrefaçon #Copain Chez Pol n°1740 - Réservé aux abonnés Libé
Bonjour, nous sommes le 12 juin et c'est le bon jour pour un au revoir.
Tortue géniale. Photo Mehdi Fedouach. AFP (2015)
FAIT MAISON La comparaison risque d'être cruelle pour Glucksmann
AU COMPTOIR Le Pen et Bardella se trouvent de nouveaux désaccords ; soutenu par son ami Lecornu, Darmanin ne démissionnera pas ; et lâché par ses amis, Aulas ne démissionnera pas non plus
VOST Noûs existait déjà avant Noûs
BLEUS DE L'UE L'effet boule de neige du procès Le Pen
VU DU PERCHOIR De la désobéissance civile
ÇA ARRIVE AUJOURD'HUIMacron prépare son G7
L'ADDITIONJouons avec Fabius
ON VA LAISSER PARLER LES IMAGES • Gabriel Attal ouvrait la saison des meetings le 30 mai dernier. Le 7 juin, Jean-Luc Mélenchon plaçait la barre très haut avec son rassemblement en plein air à Saint-Denis. Demain, ce sera au tour du non-candidat Raphaël Glucksmann de tenir sa première grande réunion publique aux Docks d'Aubervilliers. «Faire un meeting une semaine après Mélenchon en disant en plus qu’on va le plier... C’est bizarre», grince le président du PRG Guillaume Lacroix, qui imagine sans peine que la comparaison ne sera pas flatteuse pour l'eurodéputé Place publique. Glucksmann espère rameuter 2500 sympathisants, dont une vingtaine de parlementaires, quand Mélenchon en a réuni plus de 25 000. S.T.
À CONTRETEMPS • Au-delà de la rivalité entre les deux prétendants de gauche les mieux placés dans les sondages, le boss des Radicaux de gauche, qui soutient Bernard Cazeneuve, s'étonne de la précocité de cette mise en branle des différentes écuries. «Des meetings en mai, juin, c'est une dinguerie. On n'a jamais vu ça si tôt. Normalement, à ce moment, on est au stade des rumeurs», constate Lacroix. Pour ce fin connaisseur de la gauche, tous commettent «une faute» en se lançant maintenant. Car personne, hormis «les Narcisse», n'a encore vraiment ni le cœur ni la tête à la présidentielle, selon lui. «Il faut laisser les Français regarder la Coupe du monde, si la France va loin. Il faut laisser le débat important sur l'affaire Lyhanna. Et il y a le prix du gasoil qui va gâcher les vacances de nombreux Français et qui va peser aussi», énumère-t-il. Il pense même qu'une telle débauche anticipée peut être «contre-productive», ce qui justifie la prudence et l'attentisme de Cazeneuve. «Il faut organiser la suite, s'organiser mais il n'y a pas d'urgence à faire de la politique politicienne», insiste le Radical, qui avait tenté l'infructueuse aventure de la Primaire populaire il y a 5 ans avec Christiane Taubira. Mais pour Lacroix, pas de doute, «parler de soi» en cette période est «mortifère». Car tout vient à point à qui sait attendre. S.T.
Raphaël le rouge. Photo Pascal Lachenaud. AFP (2026)
TOUCHÉ COULÉ • Que se passe-t-il au PS ? Deux jours viennent de passer et aucun de ses membres ne s’est déclaré candidat à la présidentielle… La dernière annonce, celle du maire de Saint-Ouen Karim Bouamrane mardi matin, a en tout cas laissé nombre de roses pantois. Autant sur la forme que sur le fond. Un député : «Quand Jérôme Guedj s’est déclaré [le 5 février dernier], les gens ont regardé ça avec un œil attristé mais en se disant "bon c’est Jérôme". Il y avait un côté pathétique mais touchant car c’est un personnage un peu romantique. Là, Karim, ce n’est pas pathétique, c’est ridicule.» L’élu dit voir derrière la candidature de l’édile audonien«la trace de Jean-Christophe Cambadélis». Selon lui, l’ancien Premier secrétaire du PS «s’appuie sur les fragilités narcissiques de Bouamrane» pour «créer du bordel sur le bordel»,pour qu’in fine sorte du chapeau un certain François Hollande que beaucoup décrivent comme un potentiel recours pour 2027. S.N.
DÉSACCORDS SENSIBLES • Sur quoi sont-ils encore d'accord ? OK, cette question est excessive. Mais tout de même, plus un mois ne passe sans que Jordan Bardella et Marine Le Pen n'affichent leurs divergences sur des sujets pourtant pas mineurs. Et le rythme semble s'accélérer à l'approche du 7 juillet, date du jugement qui déterminera lequel des deux sera candidat(e) à la présidentielle [Voir Les bleus de l'UE ⬇️].
Fin avril, Le Pen défendait la taxation des superprofits de Total avant que Bardella n'affirme quelques instants plus tard que ce n'était «pas la priorité».
Mi-mai, les deux têtes frontistes étalaient leurs désaccords sur le maintien ou non de l'âge légal de départ à la retraite à 62 ans voire 60 ans dans leur programme.
Et cette semaine, c'est sur Gérald Darmanin qu'ils se contredisent. Le garde des Sceaux «aurait, à mon sens, dû par honneur présenter sa démission» après l'affaire Lyhanna, a estimé le président du parti d'extrême droite hier. Problème : mardi à l'Assemblée, la cheffe des députés RN jugeait qu'il ne «faut pas faire des appels à la démission en permanence». «Et il va être remplacé par qui ? […] C'est à la tête de l'État qu'il faut surtout changer les choses», avait-elle ajouté. Justement : et si la question «par qui remplacer Emmanuel Macron ?»était le principal désaccord entre les deux leaders d'extrême droite ? «Ce qu'ils ont dit n'est pas opposé», a laborieusement tenté de justifier Laurent Jacobelli, vice-président des députés RN et porte-parole du parti, ce matin sur TF1. Le désaccord, c'est l'accord.
Des sourires on ne peut plus naturels. CPhoto Adnan Farzat. NurPhoto via AFP (2026)
D'une, il a déjà écarté lui-même toute raison de démissionner, ce qui semble-t-il suffit à son maintien en poste.
De deux, il bénéficie encore et toujours du soutien du sommet de l'État, ce qui suffit plus logiquement à son maintien en poste.
Dansle Parisien ce matin, Sébastien Lecornu vole au secours de celui qui - hasard de dingue - est aussi son vieux copain personnel : «C'est un des plus gros poids lourds du gouvernement, il sait faire de la politique et il a un bon jeu de jambes médiatique. Le revers de tout cela, c'est qu'il est une cible pour ses adversaires.» Mais sont-ce de bons arguments ? On note que si le Premier ministre salue les indéniables talents politiciens de Darmanin, il ne dit pas plus simplement que c'est un bon ministre… Tout juste a-t-il, hier, «redit [sa] confiance dans l'action que le garde des Sceaux est en train de mener». Le minimum syndical.
SE QUEDA • Rien ne va plus du côté de la Métropole de Lyon où l'annonce d'une plainte pour viol visant Roman Abreu, ancien responsable de la com' du candidat Jean-Michel Aulas, a mis le feu au groupe majoritaire. Hier, la présidente LR de la Métropole, Véronique Sarselli, a demandé au vice-président Aulas, ainsi qu'à 2 autres élus, Laure Cédat et Emmanuel Imberton, de se mettre en retrait de leurs fonctions. Elle leur reproche de ne pas avoir saisi la justice et d'avoir conservé Abreu dans leur équipe après avoir été informés des accusations portées à son encontre. Du côté du centre, on lâche également Aulas tout en prétendant ne pas le faire. «Le silence n'est pas une option. La complaisance non plus, écrit le groupe UDI. Pour autant, nous ne nous positionnons ni en enquêteurs ni en juges : nous refusons toute instrumentalisation politique de cette affaire.» Voilà donc l'ancien boss de l'OL rejeté par les siens et les autres. En attendant la suite, il a déjà repoussé la demande de Sarselli, assurant avec sa collègue Cédat n'être «ni mis en cause, ni impliqués dans la procédure judiciaire».
Ceci est une révolution. DR
Un Noûs mal lêché
Par Sy. C.
La semaine aura vraiment été difficile au PS. Qui a dit «comme toutes les semaines» ? On vous parlait lundi du lancement de Noûs, le think tank made in rose, où l'on a pu entendre Didier Lallement défendre son action et quelqu'un tenter de communiquer à coups d’ultrasons sur l'air de The Great Gig in the Sky, du Floyd.
Mais ce n'était pas le pire. Chez Pol a appris après coup que Noûs existait déjà.
En 2022, 4 sudistes - Sylvain Jambon, Marie-Thérèse Mercier, Rudy Iovino et Frédéric Tubiana - ont lancé de cercle de réflexion pour «alimenter le débat d'idées sans être affilié à un parti». Le nom a été déposé à l'Institut National de la Propriété Industrielle (Inpi) et le mouvement compte une quarantaine d'adhérents. Ils ont même fait parler d'eux en 2023 en organisant le procès de l'IA, sur fond de débats autour des nouvelles technologies. Alors vous nous direz que le PS a pu passer à côté. Sauf que parmi les fondateurs de Noûs, certains sont liés au parti d'Olivier Faure : Jambon a travaillé avec l'ancien président de la région Languedoc-Roussillon Georges Frêche ; Mercier, ex-patronne du Medef local, est aujourd'hui conseillère régionale d'Occitanie au groupe PS ; quant à Tubiana, il a, lors des dernières municipales, géré la com' du maire de Montpellier Michaël Delafosse - opposant notoire à la direction actuelle du PS. Et cette direction a donc été prévenue que Noûs existait déjà.
Ça se tend
Tubiana nous raconte avoir échangé à ce sujet avec le directeur général du parti, Floran Vadillo. D'abord par téléphone puis par mail. Peine perdue. «Je n'ai pas eu de réponse, raconte Tubiana. Je connais bien ce parti, je sais ce que ça veut dire. C'est le PS dans toute sa splendeur, ils sont légers. Le problème pour nous, c'est que des adhérents sont persuadés qu'on a vendu la marque au PS et ils nous quittent.» Mi-amusé, mi-irrité, le communicant use par la suite de termes que les faits illustrent mais que la morale réprouve. «Dans les produits manufacturés ou artistiques, on appelle cela de la contrefaçon, indique-t-il. Tout cela partait d'une bonne intention mais ils sont vraiment trop cons. Je ne veux pas qu'on nous considère comme du négligeable.»
Auprès de Chez Pol, Vadillo explique son silence par un temps nécessaire de «vérifications». «Le sujet est traité et les échanges se poursuivront», nous assurait-il mercredi soir. Et miracle : dans la foulée de notre discussion, Vadillo a contacté Tubiana par SMS. Et l'échange fut «tendu», selon ce dernier : «Il m'a expliqué que la confiance était entamée. Eh bien si elle ne se rétablit pas, ce seront nos conseils qui discuteront.» Il ne manquait plus que la justice s'invite dans cette histoire.
Où va atterrir Rigault ? Photo Nicolas Guyonnet. Hans Lucas via AFP (2024)
C'EST LE DÉBUT DES PROBLÈMES •Date de tous les bouleversements, le 7 juillet est dans tous les calendriers. La décision de la cour d’appel de Paris dans l’affaire des assistants parlementaires du FN ne déterminera pas seulement le sort de . Elle éclaircira aussi le paysage pour toute la classe politique et changera la vie de certains. Stanislas Rigault pourrait ainsi voir sa trajectoire chamboulée par une relation de cause à effet : si le député européen Nicolas Bay était déclaré inéligible, il laisserait automatiquement sa place au candidat qui était juste derrière lui sur sa liste aux européennes. Soit l’ancien président de Génération Z, le mouvement de jeunesse d’Éric Zemmour, reconverti dans la communication avec l’appui du milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin. Sauf qu’en 2 ans, tout a changé : Marion Maréchal, qui menait la liste Reconquête, a rompu avec le polémiste. Elle siège donc désormais avec Bay, dans un groupe distinct de celui de Sarah Knafo, qui se retrouve seule élue du mouvement de Zemmour dans un groupe infréquentable au Parlement européen. Automatiquement élu, Rigault, devrait donc choisir avec qui siéger. Knafo, à laquelle il reste loyal ? Le groupe de Bay, qu'il remplacerait ? Ou le RN, avec lequel il a des connexions ? C.B.
Jean-Victor Castor. Photo Adnan Farzat. NurPhoto via AFP (2025)
Castor tient le barrage
Par A.L.
Il fallait se mouiller la nuque hier dans l’hémicycle pour ne pas succomber au choc thermique. Dans l’après-midi, les députés de gauche ont célébré l’adoption en 2e lecture de la proposition de loi pour nationaliser ArcelorMittal France malgré l’opposition de feu le «bloc central» et l’abstention des lepénistes. Mais la niche du groupe de la gauche démocrate et républicaine, composé de communistes et d’ultramarins, devait enchaîner sur un texte porté par l’élu guyanais Jean-Victor Castor. Visant à «lever dans les territoires d’outre-mer l’interdiction de recherche, d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures», la proposition de loi s’est notamment heurtée à l’opposition du reste de la gauche qui dénonçait les conséquences écologiques du projet.
Mais les ultramarins ont défendu bec et ongles ce texte censé aider au développement de leurs territoires, quitte à se livrer à de violentes passes d’armes, en particulier avec les Écologistes. Taillant le «paternalisme» des verts, Castor a ainsi sèchement balancé à l’élue de Loire-Atlantique Julie Laernoes, qui souhaitait la fin d’une discussion «anachronique» : «Vous n'avez pas à décider de notre trajectoire de développement.» Privés de soutien à gauche et malgré l’appui des députés RN, les ultramarins ont finalement vu leur proposition de loi rejetée par l’Assemblée. De quoi déclencher une ultime colère de Castor. «Ce qui vient de se passer n’est pas un abandon des territoires d’outre-mer, c’est une continuité de rapports coloniaux, d’une façon paternaliste de nous dire ce qui est bon et pas bon pour nous», a-t-il fulminé après le vote. Avant d’ajouter : «Vous allez créer des troubles à l’ordre public [...], j’appelle les Guyanais à la désobéissance civile.»
• Élysée, 18h Avant d'accueillir le gratin mondial à Evian pour le G7, à partir de lundi, Macron reçoit le Premier ministre canadien Mark Carney. L'occasion, dixit le Château, «de dresser un bilan des travaux menés lors du Sommet du G7 de Kananaskis organisé par le Canada et d’échanger sur les grands enjeux qui structurent l’agenda de cette édition» mais aussi de «consolider le partenariat franco-canadien».
• Et aussiLes obsèques de Bernadette Chirac ont lieu à 14h30 à Paris en présence de Brigitte Macron, Sarkozy ou encore Hollande ; le RN organise un 2e séminaire de préparation de la présidentielle dans l'Essonne ; et Barrot préside à Paris une conférence internationale sur le conflit israélo-palestinien.
• Et aussi ce week-end Samedi, avant un alléchant Qatar-Suisse au Mondial, Glucksmann fait son premier grand meeting de non-candidat aux Docks d'Aubervilliers. Et dimanche, avant de filer sur les rives du lac Léman, Macron fait une petite promenade à Nice avec son homologue indien Narendra Modi pour l'événement «Bharat Innovates».
On termine avec notre jeu du jour. Pourquoi Laurent Fabius revient-il dans l'actualité ?
Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus.
Absolument !
L'ancien Premier ministre expose une soixantaine de toiles abstraites dans deux galeries parisiennes, rapporte le Parisien.
Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. En effet, François Bayrou s'amuse, pour promouvoir son nouveau livre, à citer Lénine. Et non Ravaillac ni Goebbels.
Sur ce, bonne journée et excellent week-end👋. Et à lundi sur les routes de l'info.
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