En pleine canicule, le RN regrette qu'on n'ait pas écouté le Giec
La chaleur fait souffrir les âmes mais ce n'est rien par rapport aux doubles discours des politiques. Il suffit en effet d'écouter le RN parler du réchauffement climatique pour voir sa température corporelle augmenter. Car difficile de nier l'évidence quand les thermomètres explosent tous les 15 jours.
Sur TF1 ce matin, le vice-président RN de l'Assemblée Sébastien Chenu s'inquiète donc de ces vagues de chaleur désormais régulières. Et il en tire une réflexion politique : «Ce qui m'interpelle, parce que ça fait longtemps qu'on nous parle, à juste raison, du réchauffement climatique : c'est l'incapacité à prévoir, à organiser, les choses en fonction de ces canicules répétées.» Chenu prend l'exemple des trains annulés par la SNCF par crainte de pannes liées à la chaleur. Le député lepéniste regrette ainsi que les pouvoirs publics n'aient pas massivement investi dans des trains adaptés : «Il fallait avoir la capacité de se projeter puisque ça fait longtemps qu'on a des rapports, notamment ceux du Giec, qui nous parlent de réchauffement.»
Alors pardon, il faut qu'on s'assoie parce que là, le foutage de tronche est beaucoup trop grand. Voici un cadre RN qui reproche aux gouvernements passés de ne pas avoir anticipé le réchauffement climatique alors même que les scientifiques alertent depuis des décennies. Des alertes que le RN vilipende pourtant depuis longtemps.
«Alarmiste»
En 2023, Marine Le Pen estimait ainsi que «le Giec a toujours été alarmiste». «C’est normal, quand vous avez toujours le nez dessus, vous avez tendance à alerter et alerter, donc à être un peu plus pessimiste», ajoutait-elle, citée par le JDD à l'époque. Porte-parole du groupe RN à l'Assemblée, Thomas Ménagé expliquait en août de cette même année que l'on ne «peut pas nous baser uniquement sur les données du Giec» car «ils ont parfois tendance à exagérer». «Si on suit bêtement les données du Giec, on risque de contrevenir à la qualité de vie des Français», avait ajouté sur France Inter le député du Loiret. Hum hum.
Son collègue Hervé de Lépinau ciblait sur X «les propagandistes du Giec» qui bientôt, proposeront d'exterminer l'humanité. Le député Philippe Lottiaux ironisait, toujours en 2023 : «Il n’y a qu’un Dieu : le Dieu climat et le Giec est son prophète.» Quant à Julien Odoul, il attaquait les «ayatollahs verts». Et en 2019, Edwige Diaz publiait un communiqué où elle expliquait qu'une «nouvelle religion est née : l’écologisme avec ses prophètes de malheur».
Ces mots se traduisent en faits. Dans son contre-Budget présenté en octobre 2024 et ressorti l'an dernier, le RN mène la guerre à l'écologie. Le parti d'extrême droite veut par exemple supprimer les agences environnementales publiques, arrêter de financer les énergies renouvelables comme le solaire et l’éolien ou encore baisser de 500 millions le Fonds vert pour la transition écologique des collectivités. Mais ça, le RN le dit à l'automne. En été, ils vous assurent qu'il fallait investir.
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