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CHEZ POL 2 JUIN

 

Le PS ou la maison qui rend fou.

#Usine #Navette #Ordure #Prophétie #Coyote
Chez Pol n°1732 - Réservé aux abonnés Libé

Bonjour, nous sommes le 2 juin et c'est le bon jour pour passer une tête.

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Et si ce n'était pas elle ? Photo Jacques Demarthon. AFP (2016)

FAIT MAISON Les socialistes repoussent les limites de la solférinologie

AU COMPTOIR Comme beaucoup trop de monde, Pigasse veut être Président ; Wauquiez refuse de soutenir Retailleau au nom de l'unité de la droite ; et revoilà NKM 

LE MOT «Improvisation»

HIPPOLDROME Une candidate d'extrême gauche peut en cacher un autre

LE CHIFFRE 187

YOUPOL La même passion mais pas le même maillot

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI Macron avec les Bleus

L'ADDITION Jouons avec les titres

TROP DE PRIMAIRES TUE LA PRIMAIRE • Entre la Ligue des champions, Roland-Garros et la Coupe du monde à venir, les socialistes ont peut-être pris goût au suspense des matchs à élimination directe. À la recherche d'un plan B pour surmonter l'impasse dans laquelle ils ont embarqué la primaire de la gauche sans les mélenchonistes, les dirigeants du parti à la rose ont planché, rapporte un journaliste de l'Opinion, sur une nouvelle hypothèse. Et là, accrochez-vous. L'idée serait d'organiser une sorte de pré-primaire «du bloc socialiste» début octobre, sans les candidats déjà déclarés à «la primaire de Bagneux» : l’écolo Marine Tondelier et les ex-insoumis François Ruffin et Clémentine Autain. Déjà, là où ça se corse, c'est que le PS veut y faire figurer Raphaël Glucksmann, voire Bernard Cazeneuve, alors que les deux hommes refusent catégoriquement toute participation à un tel mode de désignation. Ensuite, les stratèges du PS imaginent que le vainqueur de cette «pré-primaire» discuterait ensuite avec les partenaires de gauche, notamment les écolos, et participerait éventuellement à une nouvelle primaire pour qu'à la fin, il n'en reste qu'un. Une sacrée usine à gaz, qui a le mérite de vouloir faire concourir des personnes non-consentantes pour que, si elles gagnent, elles participent à une autre primaire où les autres prétendants ne veulent pas d'elles. Vertigineux. Et un bon moyen d’empêcher un candidat plus populaire (au hasard François Ruffin…) de battre un socialiste dans un scrutin ouvert aux sympathisants de gauche. Dans le camp de Boris Vallaud, désormais opposant interne à Olivier Faure, on refile le mistigri au camp du Premier secrétaire. «Il faut leur demander des explications, c'est leur truc», balance-t-on. Mais du côté des fauristes, on rejette la faute sur «des journalistes qui veulent inventer des trucs» - alors qu’ils ne racontent que ce qui leur est rapporté. Et si cette hypothèse a bien été «évoquée», il n'y a, «à ce stade, rien» de concret, assure-t-on chez Faure. «Nous continuons de rechercher les conditions qui permettent de réunir la gauche - et à ce stade, nous sommes les seuls à chercher une solution avec détermination et sincérité, souffle un autre proche du Premier secrétaire. Et donc nous explorons toutes les pistes de travail mais ça ne va pas plus loin pour l'instant.» Face à ce beau bololo, pas étonnant que les insoumis passent pour des gens «organisés» et «carrés». S.T.

Le PS ou la maison qui rend fou. Source : Giphy

TOUT LE MONDE A ENVIE • Il semblerait que, malgré ces tentatives toutes solférinesques du PS, on manque de candidats à cette présidentielle. Mais le multimillionnaire Matthieu Pigasse, banquier d'affaires et patron de médias, entre autres, semble partager cette ambition intime qui rend toute la sphère politique absolument marteau. Pigasse ne s'en cache d'ailleurs pas. «Regarde ce que je fais et ce que je dis depuis des semaines. Je m’en prends plein la gueule, de manière injuste et parfois indigne. Est-ce que tu penses que je fais ça pour le fun ?», disait-il en mai à Olivier Faure qui lui demandait s'il avait envie de se lancer dans le bain politique, avance le Monde. Pigasse le reconnaît. Il est d'ailleurs «disponible» si la gauche a besoin de lui. Mais il nie en revanche cette anecdote rapportée par le Figaro et le Monde selon laquelle il aurait glissé un jour à Alain Minc que «plus tard», il sera «Président». En son temps, Macron avait formulé une prophétie similaire auprès de l'économiste, dans son bureau de l'avenue George V. Celle-ci s'est réalisée. Et celle de Pigasse ?

Matthieu Pigasse. Photo Lou Benoist. AFP (2026)

CARAMBA • Et un nouveau référendum envisagé par Macron qui n'aura pas lieu. Il y a un an, le Président s'interrogeait sur la possibilité de consulter les Français sur la loi sur la fin de vie, en cas «d'enlisement» au Parlement, comme le rappelle le HuffPost. Les deux chambres sont bien à fronts renversés sur ce texte (l'Assemblée pour, le Sénat contre) mais le gouvernement pense savoir comment surmonter le blocage. «Je peux vous dire que le Parlement se prononcera de manière définitive avant la suspension de cet été», assure le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, sur Sud Radio ce matin. La commission mixte paritaire qui se réunit cet après-midi sera, sauf énorme surprise, non-conclusive. Mais l'exécutif a déjà prévu la suite, comme le détaille Panifous : «Alors nous convoquerons le texte la semaine du 22 juin à l'Assemblée, il repartirait pour une ultime navette, un ultime aller-retour au Sénat et on donnera le dernier mot aux députés le 15 juillet.» Sans report possible à septembre ? «Non, je m’y engage», répond le ministre.

DIVISER POUR NE PAS DIVISER • Bruno Retailleau a beau mettre la pression sur les élus LR pour qu'ils s'engagent dans sa campagne (on vous rappelle si vous n'en avez pas conscience que le contraire serait «un crime contre la France»), certains sont toujours plus que réticents. Il faut dire que l'exemple vient d'en haut. Laurent Wauquiez, chef des députés de droite, n'est ainsi pas décidé à faire campagne pour le président du parti, même s'il jure vouloir «se réconcilier» avec ce dernier, qui est de son propre aveu «le candidat légitime» de LR. De bien jolies paroles qui n'empêchent pas Wauquiez de sécher le premier grand meeting de Retailleau, le 20 juin au Parc Floral de Paris. Officiellement car cela... diviserait son camp selon lui, qui plaide pour une candidature unique de la droite via une primaire incluant les zemmouristes. «Je ne veux pas alimenter une machine à diviser qui consiste à soutenir un candidat de droite contre un autre candidat de droite, argue-t-il ce matin sur TF1. Moi mon énergie, je la mets à rassembler, […] à essayer de dire à tout le monde ''maintenant il faut qu'on se rassemble, il faut qu'on ait un seul candidat''.» Et cela commence, logiquement, par le fait de ne pas se rassembler derrière le candidat de son parti.

ET SINON ••• Personne ne l'attendait mais elle revient. Nathalie Kosciusko-Morizet, partie de la politique après sa défaite aux législatives en 2017, était sur France inter ce matin. Pas de panique, «NKM» n'est pas candidate à la présidentielle, elle. Elle a, en revanche, décidé de soutenir Édouard Philippe. Qu'est-ce qui l'a séduite ? «Face aux très grandes transformations, on a besoin de quelqu'un qui peut rassembler», résume celle qui ambitionne d'être «utile», notamment sur les questions de grâce d'intelligence artificielle. Vaste programme.  

Wauquiez laisse peu de choses au hasard. Calculateur, l'ex-président de région a toujours une idée derrière la tête et un plan bien précis - même si, tel Vil coyote pourchassant Bip-Bip, cela rate souvent. On ne peut donc pas le suspecter d'improviser ses prises de parole, surtout en interview à la télé. Mais un élément de sa personnalité vient souvent percuter ses stratégies savamment étudiées et le pousse à bricoler au talent : son penchant pour les mensonges le pousse souvent à prétendre ne pas avoir dit ce qu’il a pourtant bien dit, parfois quelques secondes plus tôt. Nouvel exemple flagrant ce matin sur TF1. Le patron des députés LR est questionné sur son attaque contre le gouvernement au sujet des débordements en marge de la victoire du PSG en finale de Ligue des champions. «Vous avez parlé d'improvisation permanente», souligne le journaliste en référence à ce tweet de dimanche soir, ce que Wauquiez ne dément pas. L'interview se poursuit et Wauquiez admet que lui au pouvoir n'aurait pas fait mieux que l'exécutif actuel car la raison des violences est, selon lui, «la structure de la politique pénale» et les délinquants qui «n'ont plus peur de rien». Tout cela n'est évidemment pas la faute de la politique de maintien de l'ordre, estime-t-il en prétendant ne pas vouloir critiquer les policiers et leur commandement. C'est alors que vient cet échange :

«- Journaliste : Pourquoi vous parlez d'improvisation permanente ?
- Wauquiez: Pardon, moi j'ai jamais utilisé ces mots, jamais.
- J : Sur les réseaux sociaux ?
- LW : Non. Non, ce que je veux dire pour être précis, parce que vous avez raison sur ce que j'ai souligné sur la problématique, dans laquelle on est, d'improvisation. C'est qu'on fait des opérations de maintien de l'ordre, mais on n'a pas la politique pénale qui suit derrière. C'est pour ça que j'appelle ça de l'improvisation permanente. […]
- J : Donc vous l'avez dit ?
- LW : Non, ce que je veux souligner, c'est que vous avez une politique de police qui ne peut pas marcher si elle n'est pas suivie par une politique pénale. Et là c'est ce qu'on appelle de l'improvisation permanente, parce que derrière, y'a pas de sanction.»

Exceptionnel moment, donc, où le roi du «bullshit» dément avoir dit quelque chose qu'il a bien dit puis justifie longuement de dire ce qu'il prétend ne pas avoir dit, répétant à trois reprises des termes qu'il avait juré, quelques secondes plus tôt, n'avoir «jamais utilisés». On ne le dira jamais assez : l'impro, ça se travaille sinon ça ne va nulle part.

Une candidate d'extrême gauche peut en cacher un autre

Anasse Kazib. Photo Djoudi Hamani. Hans Lucas via AFP (2026)

«À ce stade, l'extrême gauche dispose d'un candidat unique déclaré, Jean-Luc Mélenchon.» C'est ce que balançait dimanche, dans la Tribune, Gérard Larcher. Le président LR du Sénat devrait peut-être lire Chez Pol plus régulièrement pour s'informer sur l'actualité politique. S'il est déjà discutable de classer Mélenchon à l'extrême gauche, Larcher semble être passé à côté de la candidature de Nathalie Arthaud qui, elle, l'est sans aucun doute. Et, depuis hier, il y a une autre candidature d'extrême gauche sur la ligne de départ pour 2027. Le cheminot et syndicaliste Anasse Kazib a ainsi annoncé son intention d'être candidat pour Révolution permanente, cette organisation trotskiste née en 2022 d'une scission avec le NPA à qui elle reprochait sa volonté de rapprochement avec LFI pour la présidentielle. Dans son clip de campagne, Kazib explique vouloir présenter «une candidature ouvrière, communiste et révolutionnaire».

Cet ancien chroniqueur des Grandes Gueules avait déjà voulu se présenter en 2022 mais n'avait réuni que 160 parrainages. Cette fois-ci, «Révolution Permanente est déjà sur les routes depuis 1 mois et a récolté les soutiens de dizaines de maires», assure le parti dans un communiqué. Dans ce texte, le mouvement en profite pour critiquer «des projets comme celui de LFI» qui «préfèrent mettre en avant la nouvelle France» mais «où les travailleurs sont dilués dans un bloc électoral et dans une stratégie citoyenne», plutôt que «de discuter des visages contemporains de la classe ouvrière et des potentialités de ses luttes».

Quant à Kazib, une autre actualité l'attend. Militant anti-raciste porteur d'une approche «décoloniale», il doit être jugé le 25 juin pour «apologie du terrorisme» pour avoir notamment soutenu la «résistance palestinienne» le 7 octobre 2023 lors des attaques du Hamas en Israël. Une «criminalisation des militants politiques et syndicalistes» de la défense de la cause palestinienne, dénonce-t-il.

C'est à une rare unanimité que les députés ont adopté hier soir, par 187 voix pour et zéro contre, la proposition de loi visant à mieux protéger les enfants contre les violences à l'école et dans le périscolaire. Le texte, rédigé dans le sillage de la commission d'enquête sur le scandale de Bétharram, est le fruit d'un travail conjoint entre la Renaissance Violette Spillebout et l'insoumis Paul Vannier. Il prévoit notamment de renforcer le contrôle des intervenants susceptibles d'être au contact des enfants et une régulation accrue des établissements privés. Il ne lève en revanche pas le secret de la confession pour les ministres du culte, du fait de l'opposition des députés LR et RN. Unanimité finale, certes, mais le chemin a été cahoteux. L'examen du texte s'est transformé en «course contre la montre» car les députés n'avaient que jusqu'à minuit pour en débattre.

La même passion mais pas le même maillot

35 petits kilomètres séparent Bouffémont, dans le Val-d’Oise, et le Parc des Princes, à Paris. L'ambiance était donc totalement festive samedi soir, après la victoire du PSG en Ligue des champions. Sans doute un peu trop puisque certains débordements ont pu être observés. On ne vous parle pas ici de poubelles cramées ou de détériorations de mobiliers urbains qui monopoliseraient les antennes pendant des heures. Mais plutôt de la maire Divers droite Karine Okonski. L'édile a fêté la victoire parisienne avec des jeunes supporters. Puis dans l'euphorie, elle a enfilé un maillot du PSG. Jusqu'ici, rien de grave, Okonski n'est pas élue à Marseille. Sauf que la maire n'a pas vérifié le nom floqué à l'arrière du maillot : Rédoine Faïd, célèbre braqueur condamné en 2018 à 25 de prison pour le meurtre de la policière Aurélie Fourquet. «Je trouve ça absolument abject de m’avoir fait porter le maillot du tueur de ma collègue, s'indigne Okonski auprès du Parisien, rappelant qu'elle est également fonctionnaire de police. Jamais je ne soutiendrai cette ordure.» Et l'élue de s'étonner qu'on puisse proposer ce genre d’inscriptions sur des maillots. La prochaine fois, elle regardera ce que l'on fait dans son dos.

• Parlement, toute la journée Il va s'en passer des choses aujourd'hui : les députés votent solennellement le projet de loi d'urgence agricole puis, en 2e lecture, la transposition de l'avenant au protocole d'accord relatif à l'assurance chômage. Parallèlement, se tient la commission mixte paritaire sur la proposition de loi créant un «droit à l’aide à mourir». Et les députés se penchent en commission sur une réforme constitutionnelle du statut de la Corse.

• Clairefontaine-en-Yvelines, 12h15 Après avoir célébré la 2e victoire européenne du PSG à l'Élysée, Macron continue de chercher les étoiles. Il va, comme de coutume avant chaque grande compétition, rencontrer l'équipe de France de foot avant son départ pour la Coupe du monde. Ensuite, changement radical d'ambiance. Macron sera, à 17h, à Paris pour l'inauguration du mémorial en hommage aux victimes du génocide au Rwanda.

On termine avec notre jeu du jour. Matthieu Pigasse doit publier un manifeste politique à l'automne. Quel est le titre de travail de ce prochain livre, qui fait écho à une émission phare des années 90 ?

• Le Grand Bluff
• C'est mon choix
• C'est pas sorcier
• Tout est possible
• Sans aucun doute
• Tout le monde en parle


Absolument !

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Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. En effet, Raphaël Glucksmann a bien été dépassé par Mélenchon sur Instagram. Et non, il n'avait pas parié sur une victoire d'Arsenal.

Sur ce, bonne journée👋. Et à demain sur les routes de l'info.

 

Chez Pol a été concoctée par 
Etienne Baldit, Sylvain Chazot et Sébastien Tronche

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