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CHEZ POL 23 JUIN

 


#Flou #Mercure #Dents #Claquettes #Saga
Chez Pol n°1747 - Réservé aux abonnés Libé



Bonjour, nous sommes le 23 juin et c'est le bon jour pour faire bloc.

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Antifasciste, tu ne perds pas ton sang-froid. Photo Magali Cohan. Hans Lucas (2026)

FAIT MAISON Mardi corsé pour le PS

AU COMPTOIR Le baiser de la mort de Braun-Pivet à Glucksmann ; la pétition des écolos décolle moins que le mercure ; et Faure a voulu embarquer Michel-Édouard Leclerc dans sa primaire

LE MOT «Antifasciste»

L'ŒIL DE LIBÉ Les insoumis en maillot, les photographes en claquettes

LE CHIFFRE 276 967

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI Macron encore au Panthéon

L'ADDITION Jouons avec Bloch

OCATARINETABELLATCHITCHIX • Hier soir, pendant que les Bleus s'échauffaient avant d'affronter l'Irak en Coupe du monde, les socialistes débattaient en Bureau national. Au menu de ce lundi de juin, le projet de loi constitutionnelle sur l’autonomie de la Corse, qui doit être voté cet après-midi à l'Assemblée, juste après la séance de questions au gouvernement. Et, ô mais quelle surprise, les roses ne sont pas tombés d'accord. «Après un débat animé de 3h, les socialistes ont décidé de ne pas imposer de consigne de vote unifiée à ce stade, tout en constatant une majorité interne en faveur du texte», glisse-t-on du côté de la direction. Le Premier secrétaire Olivier Faure a néanmoins annoncé qu'il votera en faveur de cette révision constitutionnelle et appelle ses ouailles à faire de même «pour permettre au débat de se poursuivre et éviter de le condamner dès le début de son examen». Cela devrait être la tendance majoritaire au sein du groupe mais nous sommes au PS et ça se saurait si tous les députés écoutaient la direction du parti. D'après l'Opinion, le boss des députés PS Boris Vallaud devrait par exemple s'abstenir lors du vote. D'autres élus pourraient voter contre. Dans le reste de l'hémicycle, on n'est pas mieux organisé. Si Renaissance devrait voter majoritairement «pour», LFI a déjà annoncé s'abstenir et le RN votera contre. Quant aux Républicains, décidément nos socialistes de droite, ils sont eux aussi divisés, entre vote contre et abstention. Sy. C.

Toujours vérifier ce qu'il se passe dans son dos. Photo Adnan Farzat. NurPhoto via AFP (2026)

IL NOUS FAUT UNE LIGNE LECLERC • La grande primaire de la gauche unitaire non-mélenchoniste aura-t-elle vraiment lieu ? C'est de moins en moins sûr à mesure que les socialistes entravent eux-mêmes le processus. Mais si elle devait quand même advenir, à quoi ressemblerait le casting ? Aux côtés des candidats déjà déclarés (Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier…) et des candidats planqués (Faure, Vallaud), quelques surprises pourraient bien s'inviter à la fête. Paris Match rapporte ainsi que le patron des roses a notamment sondé, «il y a quelques mois», une figure de la société civile, extérieur au sérail mais qui entretient un certain flou artistique sur ses ambitions : Michel-Édouard Leclerc. «Un peu comme un défi, il m’a dit "Vous venez à la primaire de la gauche ?", affirme l'homme des hypers marchés. J’ai répondu "Pourquoi que la gauche ?"’ et ajouté que c’était une machine à faire perdre.» Faure assure à l'hebdo qu'il lui a juste demandé «s’il était candidat à la présidentielle». Ce serait, sinon, un 2e échec pour le Premier secrétaire socialiste qui a aussi tenté, en vain, d'embarquer Laurent Berger dans l'aventure.

Quand tu veux pas rentrer dans le cadre. Photo Fred Tanneau. AFP (2026)

QUI EST CHAUD ? • Comme aime l'écrire régulièrement un des auteurs de Chez Pol, bercé au rap français des années 90/2000 : il fait chaud, il fait de plus en plus chaud. L'occasion idéale pour Marine Tondelier de ressortir sa proposition de congé climatique «jusqu’à 5 jours, pour permettre à chacun·e de faire face à une canicule, une inondation, un incendie ou une fermeture d’école liée au climat, sans perte de revenus». Et de lancer, via les Écologistes, une pétition baptisée «40°C au travail ? Protégeons les travailleurs et les travailleuses les plus exposé·es». «Le climat change. Nos droits doivent changer aussi», écrivent les verts, s'inspirant d'une mesure qui existe déjà en Espagne depuis 2024 mais qui ne plaît guère au gouvernement français. «Mais cette mesure ne verra le jour que si nous sommes nombreux à l’exiger», ajoutent les écolos. Quelques jours après sa mise en ligne, la pétition ne décolle pas autant que le mercure et flirte pour l'instant avec les 7000 signataires. 

TIR AMI • S'il regardait France 2 ce matin, Raphaël Glucksmann a dû serrer les dents en entendant l'interview de Yaël Braun-Pivet. Interrogée sur la multiplication des ambitions au sein de feu le «socle commun», la présidente macroniste de l'Assemblée a d'abord regretté de partir au combat pour 2027 en étant «séparés», «chacun dans son couloir». Avant d'égrener les noms de son «champ politique», qui va, selon elle, «des gaullistes républicains jusqu'à la social-démocratie» : «Bruno Retailleau, Édouard Philippe, Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann.» Glucksmann dans le même bateau que le très droitier et conservateur Retailleau ? Braun-Pivet a bien osé ce rapprochement qui sonne comme un baiser de la mort envers l'eurodéputé Place publique, qui fait pourtant tout son possible pour échapper au procès en «nouveau Macron» que lui instruisent notamment les insoumis. 

Ecoutez, j'en ai une bonne : Retailleau et Glucksmann sont dans un bateau. Photo Magali Cohen. Hans Lucas via AFP (2026)

L'historien Marc Bloch entre aujourd'hui au Panthéon avec sa femme Simonne. Une cérémonie qui se fera dans la chaleur mais sans le RN, la famille du grand homme refusant, et de manière assez logique, que les représentants d'un parti co-fondé par des SS assistent à la panthéonisation d'un ancien résistant. Il y a quelques jours, dans la Tribune de Lyon, sa petite-fille Suzette Bloch, ancienne journaliste à l’AFP, appelait les citoyens à s'opposer à la montée de l’extrême droite. «Il faut résister, comme Marc Bloch l’a fait, encourage-t-elle. Il était un antifasciste convaincu, il a signé l’appel des intellectuels antifascistes en mai 1934. Aujourd’hui, je trouve cela scandaleux que l’on transforme l’antifascisme en fascisme. Je dirais à tous les gens politisés de relire bien attentivement L’Étrange Défaite.» Dans son ouvrage le plus célèbre, Bloch raconte la déroute française de 1940, face aux Allemands. Et Suzette Bloch de dénoncer l'instrumentalisation politique qui frappe son grand-père depuis des années. «La droite et l’extrême droite essaient de limiter Marc Bloch à son nationalisme, témoigne-t-elle. Mais il était un européaniste, un internationaliste, un humaniste. Je pense que l’homme et son œuvre sont plus forts que ceux qui voudront essayer de déformer ses discours. Ils sont une arme pour la République et les valeurs démocratiques.» Le RN devrait donc être absent, écrit le Figaro ce matin. Avant de renoncer, Sarah Knafo, de Reconquête, voulait aussi venir, ce qui irritait Suzette Bloch car «son parti veut réhabiliter Pétain», justifiait-elle auprès du quotidien de droite. Allez, profitons de cette journée où les nazis sont les méchants et où qualifier quelqu'un d'antifasciste n'est pas une insulte mais un compliment.  

Texte et photo Denis Allard. Libération

Pas d’apathie sous le soleil ni de pitié pour les racismes à la Marche des Solidarités, dimanche. La star du jour vient de Saint-Denis. Bally Bagayoko est sur la petite scène mobile, boulevard Magenta, quand Jean-Luc Mélenchon et la team LFI arrivent à la manif. Le cortège est déjà dense et y rentrer est compliqué pour eux. Alors ils écoutent sagement sur le bord de la route. Les photographes en claquettes, qui redoutent de finir pieds nus, se demandent si la mêlée sera franche quand les deux se rencontreront. Soulagement : le courant de la foule les éloignera vite, et Mélenchon de faire le tic du footeux sur le bord du terrain pour parler à son voisin Coquerel. Les règles changent. Le climat change. Et les politiciens aussi, un jour ou l’autre.

Décidément, le RN et l'argent du Parlement européen, c'est une vraie saga. À quelques jours du verdict du procès des assistants parlementaires du FN, prévu début juillet, Politico nous apprend que le parti présidé par Jordan Bardella doit rendre l'argent. 276 967€ exactement. En cause ? Une utilisation irrégulière de fonds européens. Le groupe Les Patriotes pour l'Europe, dirigé par Bardella, a été pris la main dans le sac à arroser des clubs «de tennis en Guadeloupe ou de futsal en Martinique», écrit Politico qui a «déniché un rapport confidentiel» sur le sujet. Et ce n'est pas tout. Le groupe d'extrême droite est aussi accusé d'avoir financé e-Politic, une boîte dirigée par un ex-FN. Ces dérapages ne concerneraient que «le deuxième semestre 2024». Ils témoignent tout de même, soit d'une mauvaise habitude avec l'argent public, soit d'une méconnaissance totale du règlement du Parlement de Strasbourg qui interdit tout financement d'organisations locales ou nationales. 

• Paris, 11h45 En cette période de canicule, l'énergie est au cœur des débats en vue de 2027. Après l'événement organisé hier par Terra Nova et qui a réuni plusieurs présidentiables de gauche, rebelote aujourd'hui au Colloque de l'Union française de l'électricité. Sont notamment attendus, pour une table ronde sur la politique énergétique de la France : Béchu (Horizons), Faure (PS), Retailleau (LR), Roussel (PCF), Tondelier (Écolos), Trouvé (LFI) et Villepin (Villepin).

• Assemblée, après-midi Quels pouvoirs pour la Corse ? Les députés se prononcent sur une réforme constitutionnelle qui accorderait une «autonomie» inédite à «l'île-montagne». En cas d'adoption, le chemin resterait encore incertain, car il faudra s'accorder avec le Sénat, puis convaincre les 3/5e des parlementaires réunis en Congrès. Les députés reprendront ensuite l'examen de la proposition de loi sur la fin de vie.

• Paris, 21h Macron fait donc entrer au Panthéon Marc Bloch ainsi que sa femme Simonne. Il s'agit de la 6e panthéonisation sous Macron, après celles de Simone Veil, Maurice Genevoix, Joséphine Baker, Missak Manouchian et Robert Badinter.

On termine avec notre jeu du jour et complétez cette phrase de Marc Bloch : «Il y a deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l'histoire de France. Ceux qui refusent de vibrer au sacre de Reims et…»

• «Ceux qui critiquent Kylian Mbappé»
• «Ceux qui célèbrent l'avènement de Napoléon»
• «Ceux qui refusent de fêter la naissance de la République»
• «Ceux qui ne pleurent pas de joie devant l'Arc de Triomphe»
• «Ceux qui lisent sans émotion le récit de la Fête de la Fédération»   [le 14 juillet 1790]
 

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus. 


Absolument !

C'est ce qu'on peut lire dans l'Etrange défaite. 


Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. En effet, c'est bien l'eurodéputée Marion Maréchal qui a tendu la main au LR Bruno Retailleau. Et non pas Florian Philippot qui, de toute façon, est très occupé avec ses vidéos. 

Sur ce, bonne journée 👋. Et à demain sur les routes de l'info.


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