Accéder au contenu principal

CHEZ POL 24 JUIN



#Coach #Clim #Escrime #Mollets #Idole
Chez Pol n°1748 - Réservé aux abonnés Libé



Bonjour, nous sommes le 24 juin et c'est le bon jour pour se lancer.

image

On se lève et on casse la baraque. Photo Stéphane Dubromel. Libération (2024)

FAIT MAISON Vu du PS, Bardella InShape est plus prenable que Le Pen

AU COMPTOIR La ministre de la Transition écolo démissionnera si son budget baisse ; à l'automne, les candidatures mortes se ramasseront à la pelle ; et un député veut décorer Iron Maiden

LE MOT «Short»

PASSION ARCHIVES Patriat s'en va : salut l'artiste

BO BO BONUS Le roi sot-leil

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI Borne met le chantier

L'ADDITION Jouons avec les politiques

LA FONTE AVANT LE FOND • Tic tac, tic tac. Dans moins de deux semaines, l'extrême droite saura. Si Marine Le Pen est à nouveau condamnée en appel pour détournement de fonds publics, elle pourrait être inéligible et ne pas pouvoir se présenter à la présidentielle, laissant le champ libre à son poulain, le fan de grosses voitures qui vont très très vite, Jordan Bardella. La décision de justice, qui ne manquera pas d'être commentée par des gens n'ayant rien suivi à l'affaire et aux procès, déterminera aussi la stratégie adoptée par les adversaires du RN. Et certains ont déjà une préférence, entre la fille de Jean-Marie Le Pen et le mec de Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles. «Bardella a préparé la présidentielle dans une salle de sport, avance un chef à plumes du PS. C'est impressionnant, il devrait être coach sportif.» La transformation physique du président du RN en quelques années ne passe pas inaperçue. Il n'est pas le premier à prendre soin de son corps en vue d'un accès à l'Élysée. Mais au-delà de ces considérations esthétiques, le fond blesse et, à ce petit jeu, Le Pen fille semble plus redoutable, «plus difficile à battre dans un débat», par exemple, car «elle a appris de ses erreurs passées». De l'autre côté, Bardella InShape paraît plus prenable, notamment depuis que sa vie de jet-setter s'affiche en une des magazines people. «On a intérêt à ce que Paris Match s'empare de sa campagne, poursuit notre responsable socialiste. Quand il s'opposera à la taxe Zucman, on pourra se demander s'il n'en veut pas à cause de sa compagne. La jet-set, ce n'est pas la France qui se lève tôt ; c'est la France qui se couche tard et se lève tard.» Loin de nous l'idée de juger les gens qui se lèvent tard car, vu nos horaires, on aurait plutôt tendance à les envier. Mais on se permet de préciser qu'en effet, ce n'est pas un rythme optimal en termes de santé politique. Sy. C. 

Marine Le Pen et Jordan Bardella. Photo Jean-Philippe Ksiazek. AFP (2019)

MOINS ON A DE SOUS, PLUS ON FUIT • Il y a 13 ans, Delphine Batho était démissionnée de son portefeuille de ministre de l'Écologie par François Hollande pour avoir critiqué le Budget 2014 préparé par Bercy pour son ministère. Monique Barbut, sa lointaine successeure, pourrait-elle vivre la même expérience ? Pour sa première interview radio, ce matin sur France Inter, celle qui se fait rare dans les médias a tout d'abord trouvé «désolant» de voir, en pleine période de chaleurs infernales, un débat climatique centré sur «les climatiseurs ou les jours de congé». Et après avoir essayé de justifier le gel du fonds vert, jugé «anecdotique par rapport aux besoins», la ministre a dû répondre à cette question : «Est-ce que vous resteriez à la tête d'un ministère avec un budget en baisse ?» Et la réponse de l'ancienne présidente du WWF-France de fuser : «Non.» Un bon coup de pression à destination de Bercy, alors que les cadrages budgétaires pour 2027 viennent de débuter. Et en pleine canicule, qu'elle voit durer jusqu'à mi-juillet. Une manière, aussi, de ne pas finir dans le même bateau que celle qui occupait son maroquin il y a plus d'une décennie.

Monique Barbut. Capture d'écran France Inter

BRELOQUE'N'ROLL • Il y avait du beau monde lundi soir au concert d'Iron Maiden à Paris La Défense Arena, interrompu plus d'une heure par une coupure d'électricité. Dans le public, un fan un peu particulier puisqu'il est, à la ville, député macroniste. Éric Bothorel voue un tel culte au groupe qu'il a, le même jour, écrit à la ministre de la Culture, Catherine Pégard, pour lui demander de nommer Bruce Dickinson, le chanteur, dans l'Ordre des Arts et des Lettres. L'élu met en avant l'épouse française du leader du groupe de métal et sa passion pour l'escrime. Mais pas seulement : il tisse aussi un lien avec une anecdote qu'il rapporte au sujet de feu la dessinatrice et réalisatrice Marjane Satrapi. «Iron Maiden est le symbole de la nouvelle génération et de la liberté culturelle occidentale rejetée par le régime iranien», écrit-il. Bothorel, qui reconnaît qu'il s'agirait d'une «nomination audacieuse», aimerait voir cette décoration tomber le 6 novembre 2026, jour où Iron Maiden «sera intronisé au Rock and Roll Hall of Fame».

VIVEMENT L'AUTOMNE • Ils le savent tous mais peu l'admettent : parmi les 158 candidats plus ou moins déclarés à la présidentielle (chiffre non contractuel), certains - pour ne pas dire la majorité - ne seront pas sur la ligne de départ au final. Au mieux, ceux qui sont concernés par une trop forte concurrence sur un créneau trop étroit (la feinte trinité Gabriel Attal - Édouard Philippe - Bruno Retailleau par exemple) reconnaissent que quelqu'un devra se désister, sans jamais envisager publiquement le faire eux-mêmes. Karim Bouamrane, qui est venu bouchonner sur la voie de la social-démocratie, se voit ainsi demander sur France Info ce matin pourquoi il ne se range pas derrière Raphaël Glucskmann, en tête des sondages parmi les candidats de ce camp (François Hollande et Bernard Cazeneuve étant en embuscade). «On fera le point en octobre-novembre et on se déterminera en fonction», répond le maire PS de Saint-Ouen (93), ouvrant donc la voie à un désistement. Fervent opposant tant à Olivier Faure qu'à Jean-Luc Mélenchon (et à Master Poulet), Bouamrane confie échanger «souvent» avec le leader de Place publique, qu'il continue de railler pour sa candidature qui reste au stade de «l'échauffement». Ce qui n’annonce pas de belle entente collective une fois le match commencé.

Un trio d'attaque presque aussi effrayant que Dembélé-Olise-Mbappé. Photo Thibaud Moritz. AFP (2024)

ET SINON ••• Dans la foultitude des candidats potentiels, Bruno Le Maire se positionne. Alors que la rumeur du retour de ses ambitions élyséennes grandissait, l'ex-patron de Bercy a avoué sur BFMTV : oui, il dira bien en octobre s'il est candidat en 2027. Comme si le «bloc central» n'avait pas déjà assez de prétendants.

Par les temps qui courent, un peu de légèreté (vestimentaire) ne fait pas de mal. Face aux chaleurs extrêmes qui assomment l'hexagone, les députés sont logés à la même enseigne que tout le monde : ils subissent et suffoquent. Alors, quand la France vivait hier sa journée historiquement la plus chaude (avant celle d'aujourd'hui ?), les élus du Palais Bourbon ont fait tomber la veste et arboré leurs plus belles chemisettes dans l'hémicycle. «Alors que la veste y est normalement obligatoire pour eux, une consigne suspendant cette contrainte durant l'actuelle canicule a été validée, lors de la très sérieuse conférence hebdomadaire des présidents des groupes parlementaires», rapporte l'AFP. Car si la salle des séances est bien climatisée, le système de refroidissement est mis à rude épreuve par la violence des températures enregistrées cette semaine. L'occasion pour certains de pousser un coup de gueule et de redire leur opposition à la rigidité du dress code maison, 11 ans après que François de Rugy a balancé : «J'aimerais qu'on baisse la clim à l'Assemblée, qu'on montre l'exemple et qu'on nous autorise à enlever notre veste.» «Moi je suis pour polo-short dans l'hémicycle. Il faut arrêter avec ces codes vestimentaires de l'avant-réchauffement climatique. Il faut faire évoluer le vestiaire masculin», a déclaré hier à la presse le député PS Arthur Delaporte, qui portait, à ce moment-là, le premier élément, mais pas le second. Ce n'est que plus tard que le rose a été surpris traversant, en short, la célèbre salle des 4 colonnes, les mollets à l'air. Bienvenue dans le triangle des Bermudas.

Mais qu'est-ce que c'est que ce classement ? Photo Daniel Perron. Hans Lucas via AFP (2025)

Salut l'artiste

François Patriat s'en va : à l’âge vénérable de 83 ans, le patron des sénateurs macronistes ne se représente pas aux sénatoriales de septembre. Tout cela nous donne des envies de classement. Voici donc notre Top 5 tout à fait personnel des sorties les plus remarquables de ce véritable fanzouz du Président.

1. «Aujourd’hui, la nature du travail n’est pas la même. Les déménageurs, les couvreurs, les gens dans les travaux publics sont équipés d’exosquelettes, de matériaux. La pénibilité n'est plus la même.» 
Ancien socialiste et déjà élu à l'époque (oui), Patriat avait voté en 1981 la retraite à 60 ans. En 2022, le voici qui défend la retraite à 65 ans. Avec des arguments étonnants, comme celui-ci, balancé sur Public Sénat.

2. «Je ne sais pas comment les Français peuvent à ce point douter d’un président aussi bon, aussi brillant, aussi humain, aussi tactile.»
Toujours durant la crise des retraites, le sénateur s'étonne tout de même du manque de reconnaissance du peuple envers son leader.

3. «Bien sûr que cela va choquer. Il faut arrêter de faire les chochottes.»
En pleine crise du Covid, Macron affirme avoir «très envie d'emmerder» les non-vaccinés. Évidemment, certains sont légèrement meurtris par ce comportement et ce vocabulaire, sauf Patriat bien sûr : «S’il le dit autrement, personne n’en parle. Chacun d’entre nous emploie ce mot plusieurs fois par jour, il est cash, il est comme ça, il le dit comme tel.»

4. «Je suis fou furieux, je voulais être le premier sénateur à parrainer le Président.»
Durant la dernière présidentielle, le président du groupe LREM au Sénat est en colère : il n’a toujours pas vu son nom apparaître sur le site du Conseil constitutionnel qui publie deux fois par semaine le nom des soutiens enregistrés. Ça l'énerve d'autant plus qu'il a claqué 35 € de frais postaux pour que son courrier arrive fissa rue de Montpensier…

5. #Macron2032 
Il y a quelques semaines, le futur ex-sénateur avait déjà prévenu qu'il lancerait le hashtag #Macron2032 dès que son idole quittera l'Élysée. Son fond d'écran d'ordinateur affiche d'ailleurs déjà ce slogan. Le cœur a ses raisons que la raison ignore, illustration parfaite.

Le roi sot-leil

Comme le chantait Rage Against the Machine quand nous étons jeunes et fringants : Know Your Enemy.

• Berlin, 17h Macron file en Allemagne voir si l'air est plus frais ailleurs. Il y participe, dans le prolongement du sommet du G7 à Evian, à une réunion sur le soutien à l'Ukraine avec les dirigeants allemand (Merz), britannique (Starmer), italien (Meloni) et polonais (Tusk). Le secrétaire général de l’OTAN (Rutte) y participera aussi, mais en visioconférence.

• Et aussi Le ministre de la Ville et du Logement Vincent Jeanbrun présente en Conseil des ministres son projet de loi intitulé Relance logement, enrichi d'amendements sur l'adaptation des logements aux fortes chaleurs ; les députés votent la loi anti fast-fashion ; les écolos organisent une conf' de presse sur l'épisode caniculaire et les solutions qu'ils proposent ; et Élisabeth Borne lance officiellement son microparti, Bâtissons ensemble, en présence d'un autre ancien Premier ministre de Macron, François Bayrou.

On termine avec notre jeu du jour. Complétez cette phrase du député MoDem Erwan Balanant : «Nous, les femmes et hommes politiques, sommes ____»

• «déconnectés»
• «des éponges»
• «des paillassons»
• «des surhommes»
• «des boucs émissaires»
 

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus. 


Alors là, bravo.

Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. En effet, Marc Bloch a bien écrit que, selon lui, deux catégories de Français ne comprendront jamais l'histoire de France : «Ceux qui refusent de vibrer au sacre de Reims et ceux qui lisent sans émotion le récit de la Fête de la Fédération.» Et non pas «ceux qui critiquent Kylian Mbappé», même si ceux-là méritent la déchéance de nationalité.

Sur ce, bonne journée 👋. Et à demain sur les routes de l'info.

Commentaires