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CHEZ POL 25 JUIN

 




#Disciple #Froid #Toboggan #Miches #Montage
Chez Pol n°1749 - Réservé aux abonnés Libé



Bonjour, nous sommes le 25 juin et c'est le bon jour pour mettre de l'écran total.

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Édouard Philippe. Photo Riccardo Milani. Hans Lucas via AFP (2020)

FAIT MAISON Peine de mort : même les retaillistes sont choqués par les propos de cette proche de Retailleau ; les collabs de ministres bientôt privés de vacances ?

AU COMPTOIR Grégoire redoute l'effet Hamon pour Glucksmann ; les propos un peu beaucoup trop extrême droite-compatibles de cet élu LR ; et la métropole de Lyon impose sa loi à la mairie de Lyon

VOST Les Budgets se suivent mais se ressemblent-ils ?

YOUPOL «Caste» et juifs : les propos de Mélenchon manipulés sur France Culture

VU DE... Aura : le grand détournement de Wauquiez

BO BO BONUS Édouard GePASffray

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI Philippe s'invite dans 1000 réunions

L'ADDITION Jouons avec les agents municipaux

RETAILLEAU DOUBLÉ PAR SA BASE • Lancé dans sa course à l'Élysée, Bruno Retailleau réunit tous les mardis au siège de LR une task force pour discuter des sujets d'actualité. L'occasion de lancer des pistes, de confronter des idées et parfois de s'étouffer en entendant celles des autres. Illustration le 9 juin. Autour de la table, la dizaine de cadres et élus LR abordent la mort de Lyhanna. Silencieuse depuis le début de l'affaire, l'eurodéputée Céline Imart prend alors la parole pour défendre... le rétablissement de la peine de mort, abolie en 1981. L'intervention, loin de faire l'unanimité, jette un froid. S'il a proposé un paquet de mesures pour durcir les sanctions, Retailleau ne va pas jusqu'à défendre la peine de mort. Peut-être pour apparaître plus raisonnable que Marine Le Pen ? En 2011, la candidate du FN s'y était dite favorable pour «ceux qui tuent nos enfants». Une mesure abandonnée en 2017 mais dont on discute à nouveau au sein du parti lepéniste. Chez LR, en revanche, il y a encore un peu de boulot pour défendre le concept de «radicalité raisonnable» promu par Retailleau. V.B.

Bruno Retailleau et une personne radicalisée. Photo Adnan Farzat. NurPhoto via AFP (2026)

PAS DE VACANCES POUR LES VRAIS GARS • Vous voyez le disciple dans la BD Léonard, qui passe son temps à se faire martyriser par les expériences de son génie de maître mais reste en poste, avec ce mantra : «Je sers la science et c'est ma joie» ? Ça nous fait penser à certains collaborateurs, ministériels ou parlementaires, qui pourraient répéter malgré les déboires : «Je sers la France et c'est ma joie.» Après avoir appris la semaine dernière qu'ils seraient soumis à des tests de dépistage de drogue surprise voulus par Sébastien Lecornu, les collab' de ministre ont découvert hier qu'ils seraient peut-être privés de vacances cet été. Dans un message à tous les chefs de cabinet, Matignon indiquait en effet qu'en raison de «l'enchaînement des crises - et [de] l'incertitude sur la durée de la canicule», le Premier ministre avait «livré [le matin même] en conseil des ministres une forme d'alerte, consistant à anticiper un scénario où il n'y aurait pas de vacances à proprement parler, ce qui n'empêcherait pas de se reposer». Un bon cran au-dessus des sempiternelles consignes imposant au gouvernement de ne pas partir en congés trop longtemps ni à plus de 2h d'avion de Paris. Signe, sous couvert de prévoyance, d'une petite panique matignonnesque sur les possibles polémiques estivales ? «Les cerveaux commencent donc à fondre un peu partout», réagit en tout cas un conseiller, qui y voit une «preuve de plus que le droit du travail est une option en cabinet ministériel». «Vive le repos !», ironise une autre. Mais un troisième rappelle plus pragmatiquement : «Globalement, à quelques exceptions près, les vacances n'existent pas en cabinet ministériel. Ça me paraît normal. Les cabinets vont s'organiser comme chaque été pour qu'il y ait une permanence, et dans les ministères exposés plus que d'autres. Ne dramatisons pas tout. C'est normal dans le contexte d'avoir des règles assez strictes pour l'été.» E.B.

Y PENSER TOUJOURS, EN PARLER JAMAIS • A-t-il conscience d'avoir, cette fois, été un chouïa trop loin ? L'eurodéputé LR Christophe Gomart, jamais sanctionné par le parti malgré son soutien à Éric Ciotti (allié du RN) aux municipales face au candidat de son camp, dément en tout cas des propos un peu beaucoup trop extrême droite-compatibles qu'il aurait prononcés, selon l'Express. Dans un long papier sur l'ancien patron du renseignement militaire et des forces spéciales, l'hebdo interroge Gomart sur la rumeur qui ferait de lui un possible ministre des Armées du RN si celui-ci arrivait au pouvoir l'an prochain. «Si la proposition m’était faite, je la saisirais», répond, cash, l'élu à nos confrères. Avant de jurer, sur X : «Je dénonce formellement les propos qui me sont attribués dans cet article. Ils ne correspondent pas à l’entretien que j’ai eu. Comme je l’ai toujours exprimé : ma fidélité reste à Retailleau.» Puis, dans un trèèèès long message à Libé recensant les «10 mensonges et 5 calomnies» supposés de l'article de l'Express, il précise : «Je n’ai jamais déclaré que je ''saisirais'' une telle opportunité. À la question qui m’a été posée, j’ai pu répondre que ''j’y réfléchirais'', ce qui est très différent.» Mais aussi très révélateur sur sa proximité réelle avec l'extrême droite et son absence de gêne à envisager de travailler avec elle. Contactée par Chez Pol, la direction de LR se satisfaisait hier du démenti de Gomart.

Monique Barbut. Photo Martin Bertrand. Hans Lucas via AFP (2026)

VIVEMENT JANVIER • Auréolé de son nouveau titre de maire de Paris, Emmanuel Grégoire est désormais attendu au tournant. Qui soutiendra-t-il pour la présidentielle ? Il n'a rien laissé filtrer jusqu'ici, mais livre quand même quelques confidences au Nouvel Obs. «Pas sûr que le meilleur casting d'aujourd'hui soit le meilleur de janvier», balance-t-il d'abord. Une façon de suggérer que Raphaël Glucksmann, aujourd'hui le mieux placé dans la galaxie non-mélenchoniste à laquelle appartient Grégoire, ne sera pas forcément le meilleur candidat pour son camp au final ? «Il résiste pas mal», souffle le successeur d'Anne Hidalgo, avant de prévenir, précédent de 2017 en tête : «Mais il peut prendre le toboggan très vite, comme [Benoît] Hamon.» L'ex-candidat du PS avait culminé à 18% dans les sondages, avant de s'écrouler à 6,36% le jour du vote. Autre figure ambitieuse de la social-démocratie, Bernard Cazeneuve n'a en revanche clairement pas ses faveurs. «Son positionnement politique questionne, il a l'air de construire une aventure sans le PS», déplore d'abord Grégoire, avant de lâcher, plus franco : «Est-ce qu'il est encore de gauche ?» Poser la question, c’est déjà y répondre.

ILS NE PEUVENT PAS S'ENCADRER • Le système politique lyonnais est ainsi fait que la présidente de la métropole peut influer sur le quotidien des habitants de Lyon, quand bien même ces derniers ont élu un maire d'un autre camp. Hier, Véronique Sarselli (LR) a donc annoncé qu'elle allait supprimer l'encadrement des loyers alors que Grégory Doucet, l'édile écolo lyonnais, et son homologue PS de Villeurbanne, Cédric Van Styvendael, veulent le conserver. «Qu’on me prouve que ça permet de loger plus de monde !», s'insurge Sarselli auprès d'Actu Lyon. Un procédé malin de sa part, qui consiste à reprocher à l'encadrement des loyers de ne pas remplir un objectif qu'il ne visait pas. Côté gauche, on s'insurge de cette politique menée contre l'avis des concernés. Le sénateur écolo Thomas Dossus voit dans l'attitude de Sarselli l'«obsession» de «punir les Lyonnais». «On ne peut pas passer des années à freiner la production de logements sur sa commune, ne pas respecter ses obligations de logements sociaux, puis venir expliquer que la crise viendrait de l’encadrement des loyers de la ville déjà la plus dense de la métropole», note de son côté l'élu écolo métropolitain Solal Gendrin. 

Ah shit, here we go again... ou pas ? Photo Firas Abdullah. Anadolu via AFP (2025)

Les Budgets se suivent mais se ressemblent-ils ?

Par A.-S.L. et Sy. C.

Quelque chose nous dit que le drama du Budget commence à vous manquer. Rassurez-vous, le feuilleton s’apprête à recommencer. Et surprise, le gouvernement Lecornu est face au même casse-tête que l’an dernier, moyennant quelques difficultés supplémentaires. La principale étant la tenue de la présidentielle au printemps, rendant plus hypothétique que jamais le désir des oppositions de toper sur le projet de loi de finances 2027. Mais si c'était le seul problème… 

Une autre difficulté tient au bazar entre les hiérarques du PS, qui se divisent sur la désignation d’un candidat. «Avec le PS, la question pour l’instant c’est : "qui discute?", nous soufflait hier un conseiller gouvernemental. Nos interlocuteurs de la dernière fois ne sont plus sur la même ligne.» Comprendre Olivier Faure, le Premier secrétaire, et Boris Vallaud, le chef de file des députés, qui a quitté la direction du PS avec son courant en mai.

Qui dit 49.3 dit motion de censure

Côté PS, on ne sait clairement pas où l'on va cet automne. L'an dernier, le parti à la rose avait sauvé les miches du gouvernement Lecornu en refusant de voter la censure, permettant ainsi à la France d'avoir un Budget. Côté direction socialiste, on ne regrette rien, au contraire. Mais cela ne présage rien pour le Budget prochain, au contraire. «Pour 2027, il faudra un Budget de transition, nous glissait la semaine dernière un chef PS. Il faudra une trajectoire de baisse du déficit et surtout, éviter les grandes récessions. Et si, au pire, il n'y a pas de Budget, ça ne serait pas très grave.» 

Notre boss rose imaginait de toute manière une seule finalité au futur débat de cet automne : le 49.3. Et qui dit 49.3 dit motion de censure. Quelle sera alors la position du PS ? Il est bien trop tôt pour le dire mais tout de même, chez certains, on sent l'envie de renverser la table à quelques mois de la présidentielle. Même si la chute du gouvernement pouvait entraîner une dissolution ? C'est peut-être le but recherché, la perspective de législatives anticipées antérieures à la présidentielle faisant son petit bonhomme de chemin côté PS…

Calomniez, calomniez

On entend beaucoup de monde s'inquiéter de l'IA et de la difficulté, avec le développement des technologies, à démêler le vrai du faux. Nul besoin pourtant de ChatGPT ou autre pour faire une grosse manip'. Sur France Culture hier, le présentateur de la matinale Guillaume Erner a diffusé un montage qu'il a «trouvé sur les réseaux sociaux». On y découvre des paroles de Jean-Marie Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon mises côte à côte afin de faire un parallèle net entre les deux hommes sur la question de l'antisémitisme. Et dire que le second est aussi antisémite que l'était le premier - notons que le premier a été condamné à plusieurs reprises pour antisémitisme, contrairement au second. Et l'on entend l'insoumis déclarer, après un passage de Le Pen sur les juifs : «Pour moi c'est la caste, c'est-à-dire les tout-puissants financiers et leurs marionnettes médiatiques, politiques…» Du bon cliché antisémite donc. Sauf que l'extrait en question est tiré d'un entretien avec Natacha Polony en 2017 sur Paris Première. Et les deux parlent non pas des juifs mais des élites déconnectées. Peu importe pour Erner qui diffuse donc ce montage devant une Marine Le Pen chaleureusement invitée et à laquelle il demande très gentiment à quel moment elle a décidé de rompre avec l'antisémitisme de son père. Voici donc l'extrême droite réhabilitée sur le service public, le tout en omettant les nombreuses sorties antisémites des troupes lepénistes, comme on a encore pu le voir à l'occasion des dernières municipales ou en regardant sans trop forcer dans les articles pro-Pétain de l'actuelle vice-présidente du groupe RN à l'Assemblée Caroline Parmentier. Côté insoumis, on dénonce évidemment cette manip'. «La malhonnêteté et l’indécence de tels procédés n’ont rien à faire sur le service public d’information, commente ce matin Manuel Bompard. Nous saisissons l’Arcom et la SDJ de Radio France et nous demandons instamment à la direction de France Culture de rétablir la réalité des faits et de présenter des excuses publiques pour une telle désinformation.» En attendant, le montage circule toujours.

Aura : le grand détournement de Wauquiez

Un président et son conseiler, ou l'inverse. Photo Alex Martin. AFP (2025)

Nouveau coup de chaud pour Laurent Wauquiez. Après l'affaire de ses notes de frais à la présidence d'Auvergne-Rhône-Alpes, le voilà désormais dans le viseur des élus écologistes régionaux. Ces derniers ont annoncé hier avoir saisi la justice, au titre de l'article 40 du code de procédure pénale, contre le patron des députés LR pour des «détournements de fonds publics», rapporte l'AFP. Ils l'accusent d'utiliser les moyens de la collectivité pour servir sa propre carrière.

Élu en 2021 président de la 2e région la plus riche de France, Wauquiez a été contraint de démissionner en juillet 2024, après son élection à l'Assemblée, non-cumul des mandats oblige. Mais s'il a cédé la présidence à l'un de ses fidèles, Fabrice Pannekoucke, il a aussitôt pris le titre de conseiller spécial au sein de l'institution. Depuis, il «exerce tous les jours une présidence de fait» de la région, accuse Pierre Janot, conseiller régional écologiste. Wauquiez «apparaît au grand public comme restant le président mais surtout utilise et détourne à des fins personnelles les moyens de la région (vidéos, réseaux sociaux, courriers, publipostages, reportages et photographies dans le magazine de la région AuRA, remboursement des frais de déplacements où il se substitue à l'exécutif)», écrivent les élus verts dans leur signalement.

Ils ont transmis au procureur 90 pages de documents «prouvant», selon eux, ces «détournements de fonds publics». Notamment un déplacement en solo à Clermont-Ferrand pour annoncer un investissement de 1,5 million € de la région dans des caméras de surveillance. Ou encore un courrier du 31 juillet 2025, émanant du cabinet de la présidence mais signé Wauquiez, dans lequel il s'attribue une initiative régionale sur les transports scolaires dans sa circo de Haute-Loire. Du côté du cabinet de la présidence de région, on rétorque en dénonçant le «harcèlement judiciaire» du groupe écolo, dont «on ne compte plus le nombre de recours».

Édouard GePASffray

Une question nous taraude ce matin : l'actuel ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray est-il le ministre de la Ve République avec le nom le plus provocateur compte tenu de la situation climatique ? 

• Assemblée, depuis 9h Journée de niche d'extrême droite au Palais Bourbon. Le parti ciottiste profite d'avoir la maîtrise de l'ordre du jour pour présenter un texte «pour lutter contre les mariages simulés ou arrangés» - qui devrait être soutenu par la droite et avoir la bienveillance de la macronie -, une «proposition de résolution visant à refonder le modèle d'intégration français pour bâtir le Grand Rassemblement et garantir l'unité de la Nation» ou encore, portée par l'inénarrable Charles Alloncle, une proposition de loi «visant à prévenir les conflits d'intérêts» dans certaines sociétés liées à l'audiovisuel public.

• Antibes, dès 15h35 Macron et Meloni mettent le cap sur la Côte d'Azur pour un 36e sommet franco-italien, le premier depuis 2020. Un rendez-vous très attendu destiné à donner un nouvel élan à la relation bilatérale entre les deux pays. Ce sera aussi le premier sommet depuis l'entrée en fonction de la dirigeante post-fasciste, en 2022. Le rendez-vous, initialement envisagé sur 2 jours à Toulouse, se résumera à quelques heures, avec des entretiens, des signatures d'accords et une conf' de presse, avant un dîner de travail.

• Et aussi Édouard Philippe organise ce soir depuis son canapé son grand événement, prélude de son meeting du 5 juillet : 1000 réunions d'appartement simultanées en visio ; les militants socialistes votent, par internet, sur le projet présidentiel du parti ; et à 11h à Orléans, sera officiellement annoncé le nom des habitants de la région Centre-Val de Loire après une consultation de 4 mois.

On termine avec notre jeu du jour. Complétez cette phrase du maire LFI de Saint-Fons, Hadi Mebarki : «Je veux que les agents arrêtent ______.»

• «de glander»
• «de voter RN»
• «de contrôler au faciès»
• «de faire de la politique»
• «de brûler de l'essence»
• «de faire des pauses clope»
 

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus. 


C'est bien ça !

Le maire LFI de Saint-Fons a bien dit, comme le rapporte le Progrès : «Je veux que les agents sortent de leur voiture et arrêtent de brûler de l’essence.»


 


 

Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. En effet, le député MoDem Erwan Balanant a bien dit : «Nous, les femmes et hommes politiques, sommes des éponges.» Et non «des paillassons», comme l'ont cru certains d'entre vous vraiment pas très sympas.

Sur ce, bonne journée 👋. Et à demain sur les routes de l'info.

 



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