Par A.L.
L’hémicycle est climatisé… Et pourtant. Alors qu’ils avaient la main sur l’ordre du jour, hier à l’Assemblée, les députés du groupe UDR et leurs alliés du RN étaient absents tout le long de la 1ere séance de la journée, ouverte de 9h à 13h. Seul un irréductible était assis sous la coupole, le rapporteur du texte examiné, l’élu ciottiste Éric Michoux. Mauvais joueurs, ses camarades ont déserté les lieux face à la montagne d’amendements déposés par la gauche, en particulier LFI. Bien déterminés à se poser une nouvelle fois en rempart contre l’extrême droite, ces derniers étaient, eux, venus en nombre dès les premières heures de débat, aux côtés de quelques autres collègues cocos, écolos ou socialistes. Résultat : les débats, ou plutôt le monologue insoumis, ont tourné autour de beaucoup de sujets mais assez peu de la proposition de loi ciottiste censée «lutter contre les mariages simulés ou arrangés».
Quand certains, à l'instar d'Ersilia Soudais, se sont livrés à des récitations de poèmes, d’autres, comme son camarade Hadrien Clouet, en ont profité pour rappeler aux salariés, de l’Assemblée et d’ailleurs, leur droit de retrait en cette période de canicule. Le tout entrecoupé de nombreuses suspensions de séances et de moqueries à l’endroit des ciottistes et lepénistes, accusés de regarder à la télé le naufrage de la niche en sirotant des boissons fraîches à la buvette. À la levée de séance, toujours aucun vote et une longue liste d’amendements restant à aborder. Les élus de gauche pouvaient s’en aller déjeuner avec le sentiment du devoir (déjà pas mal) accompli.
Darmanin tient face à l'extrême droite
À la reprise, les députés UDR et RN ont fait leur retour, plus exactement leur arrivée, dans l’hémicycle. La venue des ciottistes visait à mettre un coup de pression au ministre de la Justice, Gérald Darmanin, présent mais muet depuis le début de la journée.
Ciotti a ainsi pris à témoin le garde des Sceaux pour lui demander de recourir à l’article 44 alinéa 2 de la Constitution pour passer directement au vote, sans quoi lui et ses camarades quitteraient les lieux. Pris à leur propre piège, les alliés du RN ont effectivement décidé de placer en première place de l’ordre du jour un texte déjà passé par le Sénat et donc impossible à retirer. Seul le gouvernement, dans ce cas, a le pouvoir de décider d’une mise au vote sans lecture des amendements. «Il est trop tôt» pour cela et «le gouvernement a tout son temps», lui a rétorqué le Tourquennois. Cette fin de non-recevoir passée, les débats ont repris sur le même rythme : présentation d’amendements, suspensions de séance et rappels au règlement en pagaille. Avant sa niche, le groupe UDR annonçait qu’il allait défendre «une série de propositions concrètes au service des Français». Simple effet d’annonces.
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