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CHEZ POL 26 JUIN

















#Poing #Punk #Bermuda #Poème #Keynote
Chez Pol n°1750 - Réservé aux abonnés Lib





Bonjour, nous sommes le 26 juin et c'est le bon jour pour être privilégié.

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La canicule est raide mais la clim' est forte. Photo Philippe Desmazes. AFP (2002)

FAIT MAISON Lignes de fuite au groupe LR à l'Assemblée

AU COMPTOIR Comment Raffarin a manœuvré pour conserver ses privilèges ; Philippe se paie Macron à l'heure de l'apéro ; et même Barnier ne veut plus entendre parler du «socle commun» 

VU DU PERCHOIR Une niche UDR pour rien

YOUPOL Les conseils du ministre le plus classe du monde

VOST Il fait de plus en plus short

BO BO BONUS L'Assemblée ou un train SNCF ?

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI Bientôt la fin pour la fin de vie

L'ADDITION Jouons avec la chaleur

CHRONIQUE D'UNE DÉFAITE ANNONCÉE • Une épidémie frappe le groupe de Laurent Wauquiez à l'Assemblée : la crainte d'être balayés par le RN. C’est un député LR qui s’épanche sur la motivation en berne de certains de ses collègues, tentés de raccrocher les gants aux prochaines législatives, qu'on imagine organisées dans la foulée de la présidentielle. «C’est l'esprit de défaite», se marre-t-il. À l’entendre, la progression continue du RN au palais Bourbon, passé de 89 députés en 2022 à 122 en 2024, filerait quelques sueurs froides à certains députés. Tous ne craignent pas forcément d’être croqués par l’extrême droite. L’ambiance et le bourbier d’une Assemblée privée de majorité en découragent aussi certains. Quelques-uns préparent donc leur place au Sénat, comme Valérie Bazin Malgras, élue dans l’Aube, un département où le RN réalise de gros scores. Ou Alexandre Portier, qui songerait lui aussi à prendre le large en direction du palais du Luxembourg. D’autres ont anticipé en se présentant aux dernières municipales. C’est le cas de Véronique Louwagie et Jérôme Nury, Guilaume Lepers, Fabien Di Filippo ou Jean-Pierre Taite. Quant à ceux encore en poste, «nous irons à nouveau au combat» en 2027, prévient l’un d’eux. «On y a déjà été avec un RN très haut en 2022 et 2024 dans nos propres circonscriptions et on a déjoué les pronostics.» Dit autrement par un autre député prêt à la baston : «Moi, ils me mangeront peut-être, mais le poing levé !» V.B.

Amel Bent, candidate LR aux prochaines législatives ?

RÉUNION ZOOM ZOOM PAS ZEN • Environ 9500 personnes, réunies dans 953 «salons connectés», étaient en ligne hier pour la giga réunion d'appartement organisée par Édouard Philippe - chacun tente de faire face à la canicule comme il le souhaite, personne ne juge. Une affluence plus que respectable, quoique légèrement inférieure aux objectifs de 10 000 participants et 1000 réunions fixés par l'équipe de campagne de l'ex-Premier ministre. Mais ne chipotons pas. En bras de chemise et revendiquant de ne pas porter de cravate par cette chaleur (quel punk), le maire du Havre, binouze et caouètes sous la main (quel chiraquien), a donc devisé et répondu aux questions des participants à ce qui ressemblait à un apéro zoom de la grande époque covid, qu'il a bien connue à Matignon. Il y eut notamment celle de Frédéric au sujet du risque d'hyperprésidence, rapporte le Monde. «Présider, ce n’est pas la même chose que gouverner», a estimé celui qui veut faire la première chose après avoir fait la seconde sous les ordres d'Emmanuel Macron. Et de passer un peu de pommade en rappelant qu'il avait «eu la chance de travailler pendant 3 ans» avec ce dernier, qui voulait toutefois (fin de la brève séquence pommade) «intervenir dans un très grand nombre d’arbitrages». «Je pense que ça ne marche pas comme ça, a alors flingué Philippe. Comme disait Camus, un homme, ça s’empêche. Eh bien un Président, ça se retient.» A priori, il n'y avait personne connecté depuis l'Élysée pour assister à cet énième assassinat du père.

Capture d'écran BFMTV

NOM DE ZEUS • Depuis qu'il a été prestement viré de Matignon, Michel Barnier vantait la persistance du «socle commun», qui avait gouverné ensemble sous ses ordres. Le Savoyard voyait dans cette alliance de la droite et du centre le créneau qu'il pourrait occuper en 2027. Sauf que, déjà plus que bancal à son apogée, cet attelage ne ressemble définitivement plus à rien. Il reste bien 5 ministres LR au gouvernement, mais ils ont été suspendus de leur parti. Et les camps Attal et Retailleau ne veulent plus avoir à faire quoi que ce soit ensemble, surtout pas une candidature présidentielle commune. Alors, même Barnier commence à en revenir. Cela commence par l'appellation elle-même, ce «socle commun» qui n'a plus rien de commun. «Je vois ça partout, j’en ai marre, je n’aurais pas dû appeler ça comme ça !», a ainsi reconnu l'ex-Premier ministre devant des parlementaires, selon l'Express. Prochaine étape : passer des critiques sur la forme à celles sur le fond.

DE MIEUX EN MIEUX LA RADIO • On vous racontait hier comment le présentateur de la matinale de France Culture Guillaume Erner avait diffusé un montage fallacieux de Jean-Luc Mélenchon pour l'accuser, tel un Jean-Marie Le Pen des temps modernes, d'antisémitisme. La direction de la station, comme la société des journalistes, a vivement critiqué ce manque criant de déontologie. Et ce matin, Erner s'est excusé auprès des auditeurs : «Ce n'est pas conforme à mon éthique professionnelle.» D'après le Monde, plusieurs personnes lui avaient conseillé de ne pas diffuser cet extrait mais Erner n'a pas écouté, ah mince alors. Le présentateur n'a rien dit, en revanche, sur Mélenchon. «Comme si je n'existais pas comme personne humaine, il n'a pas un mot pour regretter son attitude», note d'ailleurs l'intéressé sur X, estimant que la direction de France Culture, en ne sanctionnant pas Erner, est tout aussi coupable : «Elle admet ainsi comme un procédé excusable une manipulation de l'information pour l'orienter dans un sens faux et insultant, elle place donc tout son personnel sous le soupçon de partager ces méthodes.»

Jean-Luc Mélenchon. Photo Telmo Pinto. NurPhoto via AFP (2026)

LA RAFFARINADE DE TROP • Les avantages à vie des anciens Premiers ministres ? Finito. C'était du moins la promesse d'un Sébastien Lecornu cherchant l'onction populaire en arrivant à Matignon. Mais Jean-Pierre Raffarin «a su manœuvrer pour conserver cet avantage», rapporte Mediapart, qui raconte : «L’ex-sénateur a ''fait des pieds et des mains'' pour récupérer sa voiture de fonction et son chauffeur. Après un premier refus, Raffarin a persisté ''en tapant à toutes les portes'', jusqu’à celle du Président. L’initiative, ''qui a fait grincer des dents au sein du ministère des Affaires étrangères'', a été récompensée. Grâce à Emmanuel Macron, l’ex-élu a finalement pu récupérer ''une mission'' et une voiture de fonction.» Une bien vague «mission relevant de l’international», justifie son entourage, le Quai d'Orsay précisant qu'elle porte «sur les relations économiques entre la France et la Chine», sujet de prédilection controversé de Raffarin. Et l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac déborderait en outre de ce cadre bien lâche. Le 11 juin, il se faisait ainsi reconduire depuis l'aéroport de Roissy, revenant d'une conférence au Canada, où il était intervenu sur «l’industrie québécoise» et les «collaborations transatlantiques» - le rapport avec la Chine ? Et c'est lors de ce trajet à Paris que son chauffeur a mis le gyrophare et la sirène (ce qui lui est interdit) et percuté un scooter, dont le conducteur est sérieusement blessé. Une note du Quai d'Orsay citée par Mediapart précise que l'utilisation du gyro découle bien d'«une demande de Raffarin à son chauffeur».

Quand tu passes un bon moment. Photo Thomas Samson. AFP (2026)

Une niche pour rien

Par A.L.

L’hémicycle est climatisé… Et pourtant. Alors qu’ils avaient la main sur l’ordre du jour, hier à l’Assemblée, les députés du groupe UDR et leurs alliés du RN étaient absents tout le long de la 1ere séance de la journée, ouverte de 9h à 13h. Seul un irréductible était assis sous la coupole, le rapporteur du texte examiné, l’élu ciottiste Éric Michoux. Mauvais joueurs, ses camarades ont déserté les lieux face à la montagne d’amendements déposés par la gauche, en particulier LFI. Bien déterminés à se poser une nouvelle fois en rempart contre l’extrême droite, ces derniers étaient, eux, venus en nombre dès les premières heures de débat, aux côtés de quelques autres collègues cocos, écolos ou socialistes. Résultat : les débats, ou plutôt le monologue insoumis, ont tourné autour de beaucoup de sujets mais assez peu de la proposition de loi ciottiste censée «lutter contre les mariages simulés ou arrangés».

Quand certains, à l'instar d'Ersilia Soudais, se sont livrés à des récitations de poèmes, d’autres, comme son camarade Hadrien Clouet, en ont profité pour rappeler aux salariés, de l’Assemblée et d’ailleurs, leur droit de retrait en cette période de canicule. Le tout entrecoupé de nombreuses suspensions de séances et de moqueries à l’endroit des ciottistes et lepénistes, accusés de regarder à la télé le naufrage de la niche en sirotant des boissons fraîches à la buvette. À la levée de séance, toujours aucun vote et une longue liste d’amendements restant à aborder. Les élus de gauche pouvaient s’en aller déjeuner avec le sentiment du devoir (déjà pas mal) accompli.

Darmanin tient face à l'extrême droite

À la reprise, les députés UDR et RN ont fait leur retour, plus exactement leur arrivée, dans l’hémicycle. La venue des ciottistes visait à mettre un coup de pression au ministre de la Justice, Gérald Darmanin, présent mais muet depuis le début de la journée. 

Ciotti a ainsi pris à témoin le garde des Sceaux pour lui demander de recourir à l’article 44 alinéa 2 de la Constitution pour passer directement au vote, sans quoi lui et ses camarades quitteraient les lieux. Pris à leur propre piège, les alliés du RN ont effectivement décidé de placer en première place de l’ordre du jour un texte déjà passé par le Sénat et donc impossible à retirer. Seul le gouvernement, dans ce cas, a le pouvoir de décider d’une mise au vote sans lecture des amendements. «Il est trop tôt» pour cela et «le gouvernement a tout son temps», lui a rétorqué le Tourquennois. Cette fin de non-recevoir passée, les débats ont repris sur le même rythme : présentation d’amendements, suspensions de séance et rappels au règlement en pagaille. Avant sa niche, le groupe UDR annonçait qu’il allait défendre «une série de propositions concrètes au service des Français». Simple effet d’annonces.

Le ministre de la classe au Travail

Avec des températures dignes d'un poste avancé en enfer, la question de la tenue de travail se pose. Si votre métier consiste à vous moquer des personnes vivant sous les toits depuis un studio télé climatisé, vous pouvez ne rien changer à vos habitudes et conserver cette jolie chemise épaisse à manches longues. Pour les autres en revanche, il faut s'adapter. Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, est là pour aider ceux qui hésitent. Telle une Cristina Córdula de la canicule, l'ancien président de la SNCF - si vous avez des problèmes de clim' dans le TGV, vous pouvez vous plaindre auprès de lui ou de son successeur Jean Castex - a des idées. Sur BFMTV hier, il a ainsi expliqué que ce qui compte avant tout dans la tenue vestimentaire, c'est le «respect». «Si vous avez un bermuda bien taillé, une chemisette impeccable et des chaussures très bien soignées, ça passe bien, a-t-il détaillé. C'est le bon sens qui compte.» Ah, le fameux bon sens que revoilà. En revanche, les tongs, c'est non. Farandou y est radicalement opposé. Lui patron d'entreprise, il n'accepterait pas qu'un employé débarque en Havaianas : «Revenez avec des baskets. Vous pouvez avoir des petites chaussettes et des baskets, ou des sandales élégantes, et ça passe très bien.» Simple, non ?

Révolution en cours à l'Assemblée. 

Il fait de plus en plus short

Par S.T.

Continuons à parler fringues au travail. «Vous savez, je préfère être habillé en t-shirt qu'avoir des cravates et être un raciste !» C'est ce qu'a balancé aux députés d'extrême droite, hier lors de la niche UDR à l'Assemblée, l'insoumis Thomas Portes, t-shirt vert bien voyant sur le dos. Une réponse politique aux moqueries sur son look. Mardi déjà, c'est le député PS  Arthur Delaporte qui se baladait salle des Quatre Colonnes en short






rotules bien visibles, pour interpeller sur «ces codes vestimentaires de l'avant-réchauffement climatique». Car la question de la tenue des députés, plus politique qu'elle n'en a l'air, a resurgi avec cette canicule historique qui a mis la clim' de l'hémicycle dans le dur [voir Bo bo bonus⬇️].

L'élu rose n'a toutefois pas osé franchir les portes de la salle des séances en bermuda. «Ça me tente pour le symbole. Il faut se réveiller et banaliser ces tenues», confie Delaporte à Chez Pol, alors que le bureau de l'Assemblée a légèrement desserré la vis, tolérant que les députés fassent tomber la veste (qui était redevenue obligatoire en 2022 à la demande d'Éric Ciotti).

«Victoire»

Cette semaine, les «agents du plateau» ont eux aussi obtenu gain de cause et le droit de retirer leur veste. «Donc victoire sur ce point», se réjouit Delaporte. Et de poursuivre, sur son envie réprimée de rester en short en séance : «En même temps, ça me gêne car ça serait un symbole et donc un stigmate. Un peu comme les insoumis et la cravate. Le costume est un code social de l'honorabilité. Il y a une attente de sérieux et la tenue est souvent associée au sérieux au lieu du fond. Le réchauffement climatique, c'est sérieux.» Car c'est bien de cela qu'il s'agit : apostropher, symboliquement, sur les conséquences de l'inaction climatique.

Delaporte, qui reconnaît au passage que «le député est un privilégié et doit se montrer digne de sa fonction», se dit néanmoins «ravi de voir que les temps changent». Chez lui, c'est d'ailleurs «un vieux combat» : il avait alerté par écrit, dès 2023 et déjà en pleine vague de chaleur, Yaël Braun-Pivet «concernant les conditions de travail des agents, des collaborateurs et des députés en périodes de fortes chaleurs». «Alors que seul l'Hémicycle est pourvu de la climatisation, les agents qui travaillent aux abords du périmètre sacré pendant de longues heures sont obligés de porter une veste chaude et une cravate si ce sont des hommes, peu importe la température extérieure», soulignait-il dans un courrier resté, alors, sans réponse de la présidente de l'Assemblée.

Tout le monde a chaud

Jeu des 7 différences : l'hémicycle de l'Assemblée ou un train SNCF ? 

• Assemblée, depuis 9h Après la pause offerte par l'UDR hier [voir Au Perchoir ⬆️], l'examen du texte sur la fin de vie reprend. Comme l'a noté le média parlementaire Projet Arcadie, il reste 1159 amendements à examiner. Les députés vont donc y passer le week-end.

• Tocqueville, toute la journée Les 8e Conversations Tocqueville, coorganisées par le Figaro, se tiennent aujourd'hui et demain au château de Tocqueville (Manche). Asseyez-vous, il y a du beau monde : Benjamin Haddad dès 10h30 pour l'accueil, une «keynote» - c'est vraiment comme ça que c'est présenté dans le programme - de Manuel Valls de 14h10 à 14h30 et aussi une table ronde sur la crise de confiance gouvernants-gouvernés avec Jérôme Guedj, Sarah Knafo et… Aquilino Morelle, ancien conseiller de François Hollande qui avait démissionné pour des soupçons de conflits d’intérêts - il est donc la personne idoine pour le sujet de la table ronde.

• Saint-Loubès On n'a pas vu trio aussi iconique depuis ZZ Top. Glucksmann, Jadot et Vallaud sont en Gironde et visitent l'usine ENVIE 2E Aquitaine, «une entreprise d’insertion professionnelle spécialisée dans la collecte, la logistique et la valorisation de déchets électriques et électroniques», précise l'Opinion.

• Et aussi ce week-end Attal prend la parole samedi à 11h30 depuis Sanguinet (Landes) à l'occasion des Universités d’été des Jeunes En marche. Glucksmann, Cazeneuve et Hollande participent à une journée de débats organisée par la fédération sarthoise du PS, sur le thème de la crise énergétique. Dimanche, Guedj est à Massy (Essonne) où il organise un pique-nique «républicain et populaire» avec, notamment, Vallaud. Bayrou et Braun-Pivet seront quant à eux à Versailles où le ministre des Affaires étrangères Barrot organise une journée de débats, la Fête de la démocratie.



On termine avec notre jeu du jour. Qui a dit : «Il fait aussi chaud chez vous que chez moi. Il fait une chaleur de bête, ce qui rend encore plus estimable le fait de partager ce moment avec moi» ?

•Yann Barthès
• Donald Trump
• Bernard Arnault
• Édouard Philippe
• Emmanuel Macron
• Jean-Luc Mélenchon
 

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus. 


Absolument !

C'est ce que nous apprend cet article de Paris Match.

Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier. En effet, le maire LFI de Saint-Fons, Hadi Mebarki, a bien dit : «Je veux que les agents arrêtent de brûler de l'essence.» Et non «de contrôler au faciès», même si ce serait pas mal aussi.

Sur ce, bonne journée et bonne fin de canicule👋. Et à lundi sur les routes de l'info.




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