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CHEZ POL 3 JUIN

 

#Caprice #Tripes #Flair #Poètes #Vaguelette
Chez Pol n°1733 - Réservé aux abonnés Libé

Bonjour, nous sommes le 3 juin et c'est le bon jour pour frapper un grand coup.

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May the Faure be with you. Photo Albert Facelly pour Libération (2025)

FAIT MAISON Les retaillistes n'attendaient rien de Wauquiez mais ils sont quand même déçus

AU COMPTOIR Le camp Attal a du mal à cacher sa jalousie, le PS a du mal à faire simple pour 2027, et LR n'a aucun mal à voir NKM soutenir Philippe

YOUPOL CNEWS censure la question d'un député PS sur Fedorova

HIPPOLDROME On attend toujours Bertrand et Le Maire coincé en salle d'attente

LE MOT «Tilde»

ÇA ARRIVE AUJOURD'HUI Macron rend hommage à Edgar Morin

L'ADDITION Jouons avec l'orthographe

QUELLE INDIGNITÉ • Ils ne s'attendaient à rien mais ils sont quand même déçus. Les proches et soutiens de Bruno Retailleau sondés par Chez Pol ont été consternés d'entendre Laurent Wauquiez expliquer, hier, qu'il ne serait pas au premier grand meeting du candidat LR à la présidentielle, le 20 juin à Paris. Et ce - officiellement - au nom de l'unité de la droite, l'ancien président du parti refusant de prendre position pour l'un ou l'autre des candidats aujourd'hui déclarés, puisqu'il plaide pour qu'il n'y en ait qu'un. «Je ne connais que Retailleau chez LR, rétorque un lieutenant du Vendéen. C'est déplorable.» «L'unité de la droite ne se fera pas par la désunion des LR», alerte un autre. Quand l'entourage du patron du parti se veut blasé : «Wauquiez est dans une démarche personnelle, le contraire aurait été étonnant.» Un autre cadre de LR et membre de l'équipe de campagne de Retailleau, Pierre-Henri Dumont, réagit beaucoup plus durement : «Cela fait longtemps que Laurent n’est plus là pour sa famille politique. Sa dernière sortie publique était le 1er mai avec Lecornu [voir ici, ndlr]. Libre à lui de soutenir la macronie.» Faisant remarquer que le 20 juin aura aussi lieu «la première réunion du conseil national de LR» après les élections dans les fédés du parti, l'ex-député, aujourd'hui secrétaire général adjoint de LR, estime que «l’absence revendiquée de Wauquiez est surtout une marque de défiance vis-à-vis de tous nos militants qui ont voté largement pour le mode de désignation [du candidat] et cadres locaux qui, eux, ne sont pas payés pour militer». Et Dumont de canarder le président des députés de droite : «On ne peut pas avoir les avantages de la présidence de groupe LR, et les prébendes afférentes au sein du parti, et ne pas participer aux obligations qui en découlent par caprice personnel.» Wauquiez pourrait-il être rappelé à l'ordre par sa chefferie ? Soyons sérieux, je vous en prie, comme on dit à droite. Lors d'un tête-à-tête d'environ heure avec Retailleau au siège de LR hier, l'ex-président de région a répété son intention de sécher le meeting sans que cela fasse réagir le boss outre mesure, rapporte le Figaro. Notez enfin que Xavier Bertrand ne sera pas non plus de la partie, contrairement à Valérie PécresseE.B.

Pierre-Henri Dumontesursesgrandschevaux. Photo Amaury Cornu. Hans Lucas via AFP (2023)

L'AMER DE TOUTES LES BATAILLES • Si les tripes d'Édouard Philippe ont un goût d'eau salée, celles des partisans de Gabriel Attal ont plutôt le goût de l'amer. Alors que le patron d'Horizons a enregistré, hier, les ralliements de Nathalie Kosciusko-Morizet et de l'ex-député macroniste Quentin Bataillon en attendant celui de Gérald Darmanin, le boss de Renaissance peine à engranger les soutiens et élargir sa base. Mais dans l'entourage de l'ex-éphémère Premier ministre, on préfère minimiser ces soutiens. «Qu'une personnalité politique, en exil, revienne s'engager pour son pays, c'est positif, commence par dire, faussement bienveillante, Prisca Thévenot à propos de NKM, dans le ParisienMais sur le terrain, personne ne me parle des ralliements, les Français sont fatigués de cela. Additionner des soutiens ne fait pas une campagne.» Certes. Mais ne pas en agréger ne fait pas davantage une campagne et ne crée pas franchement de dynamique. Cadre de Renaissance, Franck Riester aussi vole au secours de son champion. «De nos jours, un ralliement, ça fait parler 24h, puis c'est fini.» Et le seum, ça se digère en combien de temps ?

Il ne pourra en rester qu'un. Photo Quentin de Groeve. Hans Lucas via AFP (2026)

LE PRINTEMPS DES POÈTES • Les attalistes ont du mal à cacher leur jalousie ? Les Républicains semblent moins affectés. Un proche de Retailleau moque, dans le Monde, cette reconstitution de «l’aile gauche de l’UMP» qui «avait bien souri à Juppé lors des primaires [sic] en 2016». Le vice-président de LR, Julien Aubert, est encore plus cinglant : «C’est le cercle des poètes disparus.» Voilà qui ne manque pas d'ironie quand on sait que, contrairement aux héros du film saluant leur professeur M. Keating, Philippe ne veut pas «monter sur la table pour faire le malin». Oh capitaine mon capitaine ?

DES CHIFFRES ET DES PERTES • L'affrontement entre les deux camps se fait sur tous les plans. Par exemple : qui a la plus longue (liste de parlementaires). Pour le meeting parisien de samedi dernier, l'entourage d'Attal en espérait 80. Un chiffre encore diffusé, mais sans plus de détail, après le grand raout. Mais d'après les calculs de l'Opinion, le compte n'y est pas. Le quotidien a dénombré 45 parlementaires, soit presque moitié moins qu'annoncé : 33 députés, 6 sénateurs et 6 députés européens. Le camp Attal a, depuis, revu son affichage à la baisse et parle désormais de 75 parlementaires : 61 députés, 8 sénateurs et 6 eurodéputés. De son côté, le Monde évoque «une soixantaine» de parlementaires présents samedi porte de Versailles. Ce qui, dans tous les cas, fait un paquet d'absents sur les 107 que compte Renaissance. 

Chez Attal quand on parle de calculs. DR

VOTE, REVOTE ET VOTE DE DER • Les militants PS ne vont pas voter une fois, ni deux fois, mais peut-être bien trois fois. Le parti a confirmé hier ce qui avait été, soi-disant, simplement «évoqué» : les encartés roses voteront d'ici au 9 juillet sur la stratégie présidentielle du parti, à savoir l'organisation à la rentrée d'une sorte de pré-primaire du «bloc socialiste» et social-démocrate (avec Raphaël Glucksmann et François Hollande ?) avant que le vainqueur ne participe, ou pas, à une primaire plus large de la gauche non mélenchoniste avec les écolos, François Ruffin et cie. Le coup de la campagne interne permanente.

QUAND C'EST BIEN, IL FAUT LE DIRE AUSSI • Ces dernières années, les axes de campagne de Jean-Luc Mélenchon et LFI (quartiers populaires, «créolisation», lutte contre l'islamophobie, Gaza, «Nouvelle France») leur valent d'innombrables procès en communautarisme. Y compris de la part de ceux qui, à gauche, ont pu ou pourraient être leurs alliés - on ne va pas refaire l'histoire de la poule et de l'œuf, les torts sont a minima amplement partagés. Mais même chez certains de leurs contempteurs au PS, il y a parfois une forme de reconnaissance de leur flair et de leur travail sur ces sujets. Très critique des insoumis, la députée PS Ayda Hadizadeh, née en Iran et qui a grandi en banlieue, l'admet tout de même auprès du Figaro : «Ce sont les premiers à avoir dénoncé la violence subie par les musulmans. Ce sont aussi eux qui prennent le plus position sur le combat du peuple palestinien. Et ce sont aussi eux qui érigent le concept de "nouvelle France" pour nommer cette France qui émerge dans les quartiers populaires, qui existe. […] Rima Hassan, Bally Bagayoko sont de nouvelles égéries qui parlent à cette jeunesse qui, jusqu’ici, se sentait oubliée. Ils sont de nouvelles incarnations de la banlieue. LFI a compris que la politique était aussi une affaire de casting.» Un long satisfecit, sans même un petit «mais» pour nuancer, voilà qui est rarissime à gauche.

ET SINON ••• Ayé. Équinoxe, le petit mouvement écolo-centriste et pro-nucléaire, inspiré par le médiatique ingénieur Jean-Marc Jancovici, a officiellement désigné son candidat pour la présidentielle, rapporte le streamer politique Hugo Couturier. Un certain «Antoine Miko, 27 ans et ingénieur de formation».

Télé prise qui croyait prendre

Hier après-midi, un peu plus de 48h après les débordements en marge de la victoire du PSG en Ligue des champions, CNEWS pensait faire son miel en diffusant les questions au gouvernement, attendant avec un plaisir pas du tout dissimulé que les députés et les ministres ressassent le sujet. Alors, la chaîne de Bolloré était en direct lorsque le député PS Arthur Delaporte a pris la parole. Et là, c'est le drame. Car l'élu socialiste a interrogé le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, sur Xenia Fedorova, qui fait la pluie et le beau temps sur CNEWS et dans le JDD : «Ma question est simple. La carte de résident de 10 ans de Fedorova, proche de Bolloré et propagandiste du Kremlin, agent déstabilisateur de notre pays, a été délivrée de façon indue et dysfonctionnelle par vos services de préfet de police. Allez-vous lui retirer son titre et engager une procédure d’expulsion ?» Le plateau de CNEWS est pris de court. Coupure immédiate de la retransmission. Mal à l'aise et énervé par «le piège» tendu par le rose, le présentateur lance : «Voilà pour cette première question qui était supposée être sur les violences. Il faut croire que les députés de gauche sont plus intéressés par le petit monde médiatique plutôt que les violences…» «On reçoit une heure avant la liste des députés qui vont poser des questions avec le thème de la question et M. Delaporte avait noté sur la fiche de l'Assemblée que la question concernait les violences», ajoute un autre journaliste de la chaîne d'extrême droite. 

«Oui, j'avais dit que je poserais une question sur les violences, s'amuse Delaporte auprès de Chez PolMais la guerre en Ukraine et les ingérences, ce sont des violences. Je ne pensais pas qu'ils le diffuseraient.» Et la suite de l'échange avec le ministre ? Coupée elle aussi. «Ils m'ont quand même censuré sur la réponse, poursuit le député normand. Je n'avais pas forcément imaginé une telle réaction mais, bizarrement, les retraits de titres de séjour, c'est pas pour les propagandistes du Kremlin. C'est que quand ça les arrange.» Sur le fond, Delaporte n'a pas été convaincu par la réponse de Nuñez qui a assuré que «ce titre a été accordé parce que les conditions légales et réglementaires de son attribution étaient réunies». «Il y a une faille quand même : Nuñez le nie mais les titres ne sont jamais automatiques», dit-il, espérant que l'affaire n'en restera pas là. 

En attendant le GO

Mais que'est-ce, mais qu'est-ce qu'on attend ? Photo Bertrand Guay. AFP (2013)

Outre ceux qui sont déjà déclarés (et dieu sait qu'il y en a), le monde de droite se divise en 2 catégories de candidats : ceux qu'on n'en finit plus d'attendre et ceux que personne n'attend. Xavier Bertrand fait partie des premiers, Bruno Le Maire des seconds.

Car oui, vous étiez peut-être persuadés que le président des Hauts-de-France était officiellement en lice, tant il répète depuis des années (au moins 2024) son «intention» d'être candidat. Mais pas du tout. Malgré ces innombrables quasi-annonces de candidature, la vraie de vraie n'a toujours pas eu lieu. Et «le moment n’est pas venu» de l’officialiser, nous calme son entourage dans le Figaro. «Quand on se déclare, il faut que les gens puissent comprendre en quoi les choses changeraient. Pour l’instant, personne, à part Mélenchon, n’y parvient.» 

Faux départs et intentions intactes 

Alors attention, ça ne saurait tarder : le président des Hauts-de-France «sera bientôt prêt»tease encore son entourage. Qui tente de clarifier tout cela d'une métaphore running : «Tout le monde confond tout : une présidentielle, c’est un marathon. Mais une campagne, c’est un sprint.» Complexe. D'autant que depuis 2011, Bertrand est plutôt adepte des faux départs, lui qui a toujours consciencieusement préparé la course sans jamais réussir à enfiler son dossard le jour J...

Mais revenons à nos catégories et donc à Le Maire. Le pays ne crie pas exactement son envie de «BLM» depuis son départ du gouvernement, son mythique retour-re-départ après un passage de 14 heures au ministère des Armées et son interminable défense dans le dossier des milliards de dette. Et pourtant, le 5e homme de la primaire de la droite de 2016 (2,38%) fait monter la sauce, lui aussi auprès du Fig (décidément) : «Vous l'avez compris, je ne compte rester ni muet ni inactif.» Le quotidien affirme que l'ex-ministre de l'Économie hésiterait entre «se lancer en son nom propre ou se ranger derrière un candidat déclaré du ''bloc central''». Mais les propos qui suivent sous-entendent que personne d'autre que lui-même ne trouve grâce à ses yeux : «II n'y a pas d'idées, pas de vision. Moi, j'assume mes positions sur la transformation européenne, sur le franco-allemand, sur la refondation du modèle social, sur le modèle politique, sur le modèle social, sur les retraites. J'assume tout et je dis tout clairement, car pour moi, c'est la seule réponse au RN.» Les intentions intactes de l'auteur prolifique se lisent donc comme dans un livre ouvert.

Le député PS Iñaki Echaniz peut souffler : son prénom, d'origine basque, est enfin correctement orthographié par les services de l'Assemblée. Une première depuis son élection comme député des Pyrénées-Atlantiques, en 2022. Qu'est-ce qui a changé ? Le tilde, cette petite vaguelette qui orne la lettre «n». «Il est désormais inscrit sur l’ensemble des occurrences de mon prénom : sur mon badge, au Journal Officiel, sur les documents législatifs, s'enthousiasme Echaniz, cité par Sud OuestCertains trouvent ça anecdotique, voire ridicule, mais c’est une reconnaissance importante de nos langues et de nos territoires.» Voilà qui devrait également ravir le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. Cette modification survient quelques semaines après la directive donnée par le ministre de la Justice Gérald Darmanin de ne plus poursuivre les parents donnant un prénom avec un signe diacritique à leur enfant. «Parfois, j'ai entendu des collègues sur ces débats dire que le tilde, ou en tout cas le fait de mettre en avant notre héritage culturel, était un danger pour la République, poursuit Echaniz sur Ici Pays BasqueNos histoires, nos territoires, nos langues ne sont pas un danger pour la République.» Bien orthographier un prénom est pourtant essentiel. À Chez Pol par exemple, l'un des auteurs dont nous garderons l'anonymat écrit son prénom «Etienne», sans accent sur le «E». Et c'est tout naturellement que nos services se conforment à ce choix, sans faire de vague.

• Invalides, 11h Juste après avoir présidé le conseil des ministres, Macron va filer aux Invalides pour présider l'hommage au sociologue et philosophie Edgar Morin, décédé vendredi à l'âge honorable de 104 ans. Le Président retournera ensuite à l'Élysée pour un déjeuner de travail avec le nouveau Premier ministre hongrois qui a fait chuté Viktor Orban, Peter Magyar.

• Et aussi Les députés examinent la proposition de loi écolo sur le cadmium ; le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, déjeune avec le maire de Paris Emmanuel Grégoire pour parler encadrement des loyers ; les députés de la capitale sont reçus par le préfet de police de Paris pour débriefer les violences après la victoire européenne du PSG ; et le ministère de la Culture organise une conférence de presse sur le prêt de la tapisserie de Bayeux au Royaume-Uni.

On termine avec notre jeu du jour. Sur quel mot le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray a-t-il échoué lors d'un test d'orthographe sur France 5 ?

• Coccyx
• Cirrhose
• Dilemme
• Ecchymose
• Ornithorynque
• Rhododendron
 

Pour jouer, cliquez sur ce qui vous semble être la bonne réponse ci-dessus. 


Eh oui !

Le ministre de l'Education Edouard Geffray, qui prône "l'intransigeance" sur l'orthographe au bac, a subi mardi un test d'orthographe plus rigolard que sérieux sur le plateau de "C à vous", trébuchant sur "dilemme", mais obtenant l'indulgence du jury en se rattrapant avec "rhododendron". 



Et enfin, les résultats de notre jeu d'hier avec une pensée pour Jean-Marc qui, pour la première en 247 tentatives, a eu la bonne réponse du premier coup hier. Comme quoi, avec un peu de persévérance, tout est possible. Et justement, le titre de travail du manifeste politique de Matthieu Pigasse est Tout est possible. Et non le Grand bluff ni C'est pas sorcier.

Sur ce, bonne journée👋. Et à demain sur les routes de l'info.

 

Chez Pol a été concoctée par 
Etienne Baldit, Sylvain Chazot et Sébastien Tronche

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